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04/02/2009

Les 4 vérités du NPA, plus une

L’engouement médiatique pour Besancenot a quelque chose de surprenant. Autant de nombreux journalistes peuvent partager ouvertement les idées de tel ou tel homme politique de « gauche » comme de droite, sans forcément être adhérent d’un de leur parti, autant il est exclu qu’un journaliste qui entretiendrait une proximité trop forte avec le NPA puisse se voir confier la tâche de le suivre. Et pourtant, Besancenot jouit d’un tel traitement de faveur dans les médias que ça en devient presque gênant.

 

N’ayant aucune inclinaison pour les théories du complot, j’exclus toute politique de manipulation. Non, ce qui fascine les journalistes chez Besancenot, c’est la même chose que ce qui les fascinait hier chez Le Pen, Laguiller et plus récemment chez Royal, c’est à dire la capacité de ces hommes et de ces femmes, sans gros moyens et partant de rien, à briser la chape de plomb d’un système politique verrouillé.

 

Mais dans les médias, Laguiller a toujours été traitée avec une certaine condescendance ; Royal a dû essuyer pas mal de quolibets ;  quant à Le Pen difficile d’affirmer qu’il a toujours été le bienvenu dans les rédactions. Avec Besancenot, rien de tout cela, ça confine même au délit de « bonne gueule ». Il est vrai que le NPA ne fait courir aucun danger à la démocratie parlementaire et au capitalisme. Néanmoins, peut-être est-il nécessaire d'établir 4 vérités (plus une) sur le NPA.

 

L’abandon du trotskisme. Voilà une thématique qui plait. La dissolution de la LCR serait la preuve que ce courant a été capable de faire ce que les socialistes n’ont pas su faire, rompre avec un certain « archaïsme ». Or l’orientation du NPA n’est ni plus ni moins la même orientation que celle de la LCR depuis 40 ans. On pourrait la résumer ainsi : réussir ce qui a échoué en mai 1968. Quelle nouveauté !

 

Un « parti des luttes ». Autre affabulation. Le NPA n’est rien d’autre qu’une petite force électorale qui est en train de réaliser une OPA sur l'électorat de l’extrême-gauche et sur celui de la « gauche de la gauche ». D’où son refus des alliances. En revanche, ce petit parti, marginal dans le monde du travail, n’a évidemment aucun moyen de peser sur les luttes sociales en France. Et les nouveaux adhérents sont bien dans le même spectre sociologique que celui de la LCR, moins les militants syndicaux expérimentés que le NPA n'attirent pas.

 

Le mouvement social contre le « vieux » mouvement ouvrier. Encore un fantasme. Contourner les appareils du vieux mouvement ouvrier a toujours été l'ambition de la LCR. Mais le 29 janvier, c’est le « vieux » mouvement ouvrier qui est sorti dans la rue. Ce fut la même chose en 1995. En vérité, Besancenot joue sur le même registre que Royal : la détestation des appareils et donc des vieilles formes du militantisme ouvrier. D'où un anti-syndicalisme rampant qui infecte désormais le NPA. Dans cette voie, toutefois, Royal a plus de chance de réussir que Besancenot.

 

Un parti démocratique. Pour la première fois dans toute l’histoire de ce courant « trotskiste », il n’y aura aucune minorité représentée dans les instances de direction. Le choix de la procédure des débats a annihilé toute opposition. Ainsi l’ancienne direction de la LCR sera reconduite au NPA, moins les minorités. La preuve en est concernant les Européennes. Depuis plusieurs mois le choix a été fait : aucune alliance avec le PC et autres courants de la "gauche de gauche". Nul doute que le congrès va enterriner comme un seul homme cette orientation prise par la seule LCR. Belle opération de manipulation. Evidemment, beaucoup de nouveaux adhérents n’y ont vu que du feu.

 

Combien d'adhérents ? Jusqu'à la fin décembre il existait un compte-rendu officiel. Depuis plus rien, sinon des chiffres avancés par Krivine ou Besancenot. Officiellement il y avait au 1er décembre 3.700 cartes placées. Le NPA compterait aujourd'hui 9.000 adhérents, soit en gros 100 adhésions par jour depuis le 1er décembre. Sur la base de 400 comités ça nous donne 2 adhésions par comité et par semaine. A mon humble avis, ce chiffre est bidonné.

Commentaires

La ligue est donc autodissoute.

Il serait peut être intéressant pour l'histoire de cette organisation de rassembler tous les points de vue de ceux des ex LCR qui n'acceptent pas la légende en train de se faire à savoir "le NPA est la continuité de la LCR".
Le NPA commence son histoire qui est autre. Elle est la tentative de refonder une nouvelle mythologie révolutionnaire qui remplacerait le communisme disparu.
L'histoire de la LCR est celle d'un courant en France qui a cru au renouveau "révolutionnaire" du communisme existant mais qui a en fait accompagné son déclin.
Ce déclin, commencé en 1968, est tout simplement celle de "l'identité ouvrière", conception stalinienne de l'ouvrier réduit à sa fonction de travail, portée par le Parti communiste français. Le declin du PCF est avant tout le déclin de cette identité, par ailleurs fort contestable politiquement.
Le NPA tente de redonner vie à cette identité "prolétarienne" au temps du déclin final du communisme. Le NPA est dans le déni de la crise identitaire "ouvrière".

L'émancipation humaine est de sortir des identités "classistes" dans lesquelles le stalinisme (et au delà toutes les idéologies communistes révolutionnaires ) a enfermé le prolétariat pour mieux le réduire à l'esclavage sans fin.(ce que le Parti Communiste Chinois n'a aucun problème à réaliser dans un cadre capitaliste)
Commencer à voir que les ouvriers sont des salariés comme les autres, et que les salariés sont comme les ouvriers.
Que le pluralisme est la forme naturelle de l'expression des salariés.
Qu'il faudra beaucoup de savoir faire unifiant pour fédérer et constituer une alternative concrète à la dictature des marchés.
Et non pas tenter de refonder une identité ouvrière utopique qui serait la base (ethnique ?) d'une "vraie gauche".
Besancenot, salarié postier qui ne se réduit pas à "son job", mais qui au contraire s'en émancipe en faisant de la politique et en s'exprimant dans les médias, est le contraire de la figure ouvrière d'antan (celle de la discipline et de la fidélité au parti de classe). La figure de Besancenot, c'est au contraire celle du citoyen actif qui s'émancipe individuellement de sa condition salariée en s'exprimant librement. Nous sommes tous des Besancenot en puissance et c'est pourquoi il ne faut pas un seul NPA, mais au contraire de nombreux NPA qui apprennent à agir et à s'exprimer dans la pluralité des identités.

Ce n'est qu'un début ! Vive le pluralisme du 21 eme siècle

http://chroniquescitoyennes-dominique.blogspot.com/2009/01/vive-le-pluralisme-du-xxie-sicle-vive.html

Écrit par : Dominique | 04/02/2009

Moi personnellement je suis au chomage et je suis en total désaccord avec ce texte
l'émancipation sociale ne peut pas s'obtenir individuellement mais par la lutte de classe on n'obtient jamais rien lorsqu'on est seul . La seule émancipation sociale que l'on peut obtenir de maniere individuelle c'est l'enrichissement personnel, ce texte a donc une conception bourgeoise de l'émancipation . A un moment comme aujourd'hui ou on a plus que jamais besoin de reconstruire la lutte de classe , vanter la participation aux médias bourgeois et cautionné une culture capitaliste de l'émancipation est vraiment navrant

Anthony NPA 66

Écrit par : anthony | 22/02/2009

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