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02/02/2009

Royal et Besancenot contre le "vieux" mouvement ouvrier

Ce week-end, Royal était à Belém avec les altermondialistes et Besancenot sur les plateaux de télé. C’est un peu le monde à l’envers. Ça pourrait être contradictoire, ça ne l’est pas. Ces deux là sont  désormais interchangeables : on est dans le même système politico-médiatique, infra-politique, populiste et, somme toute, vain. Car ça peut marcher un temps jusqu’à ce que les vraies forces politiques se reconstituent. La droite a mis vingt ans à se débarrasser de Le Pen, la « gauche » mettra le temps qu’il faudra mais elle aura au final la peau des deux trublions.

 

Pour ce qui concerne le PS, je n’ai jamais caché ma joie de voir Royal piétiner les « ours savants de la social-démocratie ». Les « socialistes » n’ont eu que ce qu’ils méritaient.  Pour Besancenot, en revanche, je déplore ce dévoiement d’un petit parti dont la vocation était d’aider à la reconstruction du mouvement ouvrier, en petite machine électorale dont le seul objectif est de casser ce projet.

 

Car il est maintenant clair que le NPA n’est rien d’autre qu’une petite force électorale qui va s’opposer à toutes les tentatives de recomposition. Evidemment cela n’apparaît pas toujours aussi clairement. Besancenot est assez malin pour ne pas se prêter ouvertement devant les caméras à ce petit jeu. Mais à la base, l’anti-syndicalisme et l’aversion pour le « vieux » mouvement ouvrier gagne du terrain.

 

Même ceux qui sont hostiles à cette orientation, la poignée de militants syndicaux CGT qui vient pour l’essentiel de la LCR, se cherche des excuses : « le « vieux » mouvement est le premier responsable de ce qui lui arrive ; si les jeunes ne veulent plus se syndiquer, c’est entièrement de la faute des confédérations. » C’est un peu vrai, mais un peu court. Et surtout ça ne même à rien. Flatter tous ces nouveaux adhérents (pas toujours jeunes d’ailleurs, beaucoup de retraités adhérent) dans le sens du poil, en  leur faisant croire que l’on va se passer des syndicats pour engager le combat contre la droite, c’est les embarquer dans une aventure sans lendemain.

 

D’ailleurs la journée du 29 a été un premier démenti cinglant à cette orientation. Mais ça ne suffira pas à calmer leur excitation bien naturelle. Les nouveaux adhérents du NPA sont comme des « groupies », ils sont dans leur bulle, imperméables au monde extérieur.

 

PS : Sylvia Zappi consacre dans Le Monde un énième article convenu à Besancenot. Extrait : « Côté militants, le succès ne se dément pas. Depuis que la LCR a lancé des comités pour lancer un nouveau parti, les salles de réunion ne désemplissent pas. "On a choisi de se dépasser et on a réussi", claironne Pierre-François Grond, bras droit d'Olivier Besancenot. Jeunes salariés du privé, fonctionnaires, précaires, intermittents ou chômeurs, le public est varié. A côté des quelques militants aguerris dans l'altermondialisme ou le syndicalisme, la très grosse majorité sont des "primo-militants", comme les appelle Florence Joshua, doctorante au Cevipof. Une gauche plus ouvrière, plus jeune et plus rageuse : "Ils débarquent avec leur révolte brute", remarque-t-elle. »

 

« Une gauche plus ouvrière, plus jeune et plus rageuse », où ont-ils vu cela. Membre du NPA et ouvrier moi-même, je ne l’est pas rencontrée cette gauche là, ni au NPA, ni ailleurs.

Commentaires

Bien vu, bien dit!
J'ai comme l'impression qu'on est un peu les seuls a avoir vu et compris la même chose le 29 janvier:
http://www.causeur.fr/la-crise-du-29-janvier-choses-vues,1810
Une confirmation sidérante de la thèse adverse dans le blog de Juju,
http://juliendray.blogspot.com/
en date du 31/1. Sa thèse en grossissant à peine le trait: le succès du 29 est un effet collatéral de la victoire d'Obama, comme il l'explique dès l'intro du billet:

"La journée de mobilisation du 29 janvier, par son ampleur, fera date. C’est précisément pour cette raison qu’il faut la replacer dans son contexte, sans la surestimer, ni la sous-estimer.

Il ne s’agit pas, tout d’abord, d’un événement strictement franco-français. Il y a une continuité entre la colère et la crainte sociales qui se sont cristallisées hier dans toute la France, et les événements qui se produisent autour du globe depuis deux mois – et tout particulièrement depuis la nuit du 4 novembre. L’élection de Barack Obama a à la fois révélé, et contribué à produire, un profond changement des mentalités"

C'est tellement lumineux! Comment n'y avions-nous pas pensé plus tôt. Ce doit être à cause de nos oeuillères archéo-ouvrièrisrtes, hélas…
Amitiés,
Marc

Écrit par : marc cohen | 04/02/2009

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