Avertir le modérateur

31/01/2009

Olivier, Jean-Luc et Marie-Georges sont dans un bateau…

Jean-Luc veut faire la « révolution » par les élections ; Olivier, par la « grève générale ». Quant à Marie-Georges, elle hésite encore. On croirait au énième remake de "Il était une fois la Réforme ou la Révolution ». Mais l’électeur lambda, habitué au hard discount électoral, sait que la date de péremption est dépassée depuis bien longtemps.

 

Pour noyer le poisson, le bon sens voudrait alors qu’ils s’allient. Jean-Luc a même commandé un sondage à cet effet. « Vois-tu, a-t-il expliqué à Olivier, si nous constituons une liste commune aux européennes, en y ajoutant Marie-Georges, nous arriverons en troisième position, avec 14,5% des voix, derrière le PS (22,5%) et l'UMP (25,5%) ».

 

Mais Olivier a ces jours-ci la grosse tête. Le « Che » des plateaux (pas de Bolivie, mais de la télé) est sur un petit  nuage. Son nouveau parti, le NPA, s’annonce comme « l’un des plus grands  événements de l’histoire du mouvement ouvrier ». Ce sont  Alain, François et Daniel, qui l’affirment, pas moi. Olivier cherche donc le KO qui lui permettrait d’éliminer une fois pour toute ses adversaires dans la course au titre du leader incontesté de la « gauche de gauche », réitérant le coup de 2007, quand Olivier « écrasa », de ses « petits bras musclés » (Olivier aime bien cette expression) de son 4%, et des poussières, Marie-Georges, Arlette et José.

 

C’est que ce parti, il en a les clés désormais. Il est tout à son image. A la Ligue (la LCR) on essayait encore, tant bien que mal, de parler théorie, marxisme et prolétariat. On disait les « militants ». Il arrivait même que l’on se penche encore sur l’un de ces vieux grimoires du père Marx ou de l'oncle Léon, histoire de se rafraichir un peu la mémoire. Fini tout ça. « Marx, connait pas ! », dit « l’encarté » du nouveau parti et « aux chiottes le « vieux » mouvement ouvrier ! Nous sommes les nouveaux partisans ». Quant aux autres, les antilibéraux lâchés par José, les « socialistes » honteux du Parti de Gauche, les « communistes » repentis et les ex de tous poils, qu'ils aillent au diable.

 

Comment dès lors ces nouveaux croisés de l’anticapitalisme pourraient-ils se mettre en ménage avec de tels mollassons alors que la crise est là, que l’on est à deux doigts de l’explosion sociale, que ça a déjà commencé en Grèce, que le « vieux monde « craque de partout. Le troupeau et son berger ont d’autres chats à fouetter. Et puis, la « Révolution », comme argument électoral, ça a quand même plus de gueule que leur mouton à trois pattes du « bouclier social ».

 

Donc, vraisemblablement, la NPA se présentera seul. Il est dit que la décision se fera au congrès, mais on voit mal ce congrès aller à l'inverse de ce que Olivier explique sur tous les plateaux (deux dans le week-end). Quid de Mélenchon ? Et de Marie-Georges ? Mais juin, c'est encore loin.

 

Tout le monde connait la formule. Dans le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, Marx, qui tenait ça de Hegel, écrit que l’histoire se répète toujours deux fois et il précise : une première fois comme tragédie, une seconde fois comme comédie. J’y apporterai un codicille : une troisième fois comme une farce. Olivier, Jean-Luc  et Marie-Georges sont dans un bateau… Mais qui tombe à l'eau ?

30/01/2009

Au secours, le social est revenu

Belle reprise en main des confédérations syndicales. On les disait à genoux, en crise, incapables d’un « tous ensembles », ne mobilisant que la fonction publique. Quel démenti ! Voilà les politiques – de Sarkozy à Besancenot en passant par Bayrou et Aubry – bien embarrassés. Des « gauchistes » qui rêvaient d’un « débordement » des syndicats compromis dans le « dialogue social » jusqu’au pouvoir qui pensait avoir mis la CGT dans sa poche,  tous, peu ou prou, avaient calqué leur stratégie politique sur cette impuissance du social à s’exprimer.

Mais cette mobilisation forte, unitaire et large pose plus de questions qu’elle ne donne de réponses. Les marges de manœuvre du pouvoir sont extrêmement étroites. Que peut lâcher Sarkozy ? Il s’est déjà beaucoup renié ; ouvrir la vanne à une augmentation des minima sociaux, par exemple, consisterait à scier définitivement la branche sur lequel il paradait hier. Pour « gauche »  parlementaire s’est encore plus problématique ? Contrairement à ce qui s’était passé à la fin des années 80 ou surtout après 1995, il y a peu de chance qu’elle représente un recours pour le mouvement social. Aubry n’est en mesure ni de refaire le coup de Mitterrand en 1988, ni celui de Jospin en 1997. Et puis pas d’élections majeures avant trois ans. En quoi les Européennes de juin pourraient-elles être un « exutoire » à cette exaspération sociale ?

Reste ceux qui n’attendaient plus rien du « vieux » mouvement ouvrier ; qui avait inscrit imprudemment dans leur « orientation » que la « crise du syndicalisme hypothéquait tout mouvement d’ensemble » (il s’agit du NPA, évidemment). Certes, ils auront toujours le loisir de surenchérir, d’espérer que cela fasse « tâche d’huile ». Incorrigibles « gauchistes », réduits à jouer sempiternellement les mouches du coche.

Bien difficile de faire désormais un quelconque pronostic. Cette mobilisation peut constituer un encouragement à la lutte pour toutes les victimes des plans sociaux. Les confédérations vont également tenter de pousser l’avantage en proposant de nouvelles initiatives nationales. Mais les salariés ont bien conscience que tout cela ne peut représenter que des pis-aller ; qu’il faudra bien autre chose pour déverrouiller cette société bloquée. La crise globale du système ne pourra être réglé par quelques artifices.

25/01/2009

Ce n’est pas à la population de payer la crise

Les classes populaires sont durement touchées par la crise. L'inquiétude pour l'avenir grandit. La politique du pouvoir est plus que jamais au service des privilégiés. L'heure est à la riposte. Les organisations signataires de cet appel défendent des propositions pour une autre politique, et s'engagent dans le soutien et la participation aux mobilisations, notamment à la journée interprofessionnelle de grèves et manifestations du 29 janvier. 

En deux mois, le nombre de chômeurs a augmenté de plus de 100 000. Dans les entreprises privées, sous couvert de crise, les plans de licenciements se multiplient et le chômage partiel touche des secteurs entiers. Les intérimaires et l'ensemble des précaires sont touchés de plein fouet. La remise en cause des droits des chômeurs continue. Au nom de la lutte contre « les déficits », le pouvoir a réduit les budgets publics, a privatisé, mis en concurrence « libre et non faussée » les services publics. C'est un véritable plan de mutation libérale et de privatisation qui s'accentue avec les suppressions d'emplois publics. 

Le gouvernement il y a encore quelques mois nous annonçait que « les caisses sont vides ». Depuis il a trouvé des centaines de milliards (plus de 428 milliards d'euros) pour sauver les banques, assurances et autres organismes financiers. Les divers « plans de relance » ici et là dans le monde n'ont qu'un seul objectif: maintenir les profits des grands groupes capitalistes. La crise est une crise européenne et mondiale. Dans ce contexte, nous devons également nous mobiliser pour une Europe sociale, écologique, démocratique, féministe. 

Des résistances existent ! Des salarié-e-s se mobilisent contre les licenciements, organisent des manifestations avec le soutien de la population. Les mouvements dans l'Education Nationale, notamment des lycéen-ne-s et de leurs professeur-e-s montrent qu'il est possible de faire reculer ce gouvernement. Des familles mal-logées ou sans logis se battent pour l'application de la loi de réquisition des logements vides. Les salarié-e-s sans papiers poursuivent la lutte pour leur régularisation. Nous sommes parties prenantes de toutes ces résistances et nous nous inscrivons dans les prochaines mobilisations de janvier, Education Nationale le 17, Santé et Hôpital Public le 24, grève interprofessionnelle et manifestations de masse du 29 janvier.  

Une autre politique est possible, en s'attaquant aux profits et à la spéculation financière, en remettant en cause la rémunération du capital. Il faut donner la priorité aux salaires et aux droits sociaux, mettre à contribution les profits et les dividendes versés aux actionnaires, en remplaçant le « bouclier fiscal » pour les privilégié-e-s et les spéculateurs par le bouclier social permettant au plus grand nombre de vivre mieux.

Nous exigeons l'augmentation des salaires, du SMIC, du minimum vieillesse et des minima sociaux. Nous proposons l'annulation du paquet fiscal de l'été 2007; une redistribution du budget de l'Etat pour répondre aux besoins sociaux et développer les services publics à tous les niveaux; une réforme de la fiscalité afin que les entreprises ne puissent plus, comme aujourd'hui, privilégier la spéculation au détriment de l'emploi et des conditions de travail. 

Nous nous opposons aux licenciements, exigeons le droit de veto suspensif des salarié-e-s sur les licenciements. Nous exigeons le maintien du contrat de travail, le maintien de l'intégralité des revenus et des droits des salariés mis au chômage technique.

Nous réaffirmons le principe du CDI comme référence du contrat de travail dans le privé et de l'emploi statutaire dans le public. Nous défendons les reprises autogestionnaires d'entreprises par les salarié-e-s.  Nous refusons toute aide publique aux entreprises qui licencient. 

Nous agissons pour la suppression des paradis fiscaux, pour une appropriation publique du système de crédit permettant une autre politique d'investissement au service de l'emploi, du logement social, des services publics et de projets prenant en compte l'urgence écologique.  

Nous voulons remettre en cause le pacte de stabilité et les directives européennes de privatisation; agir pour un nouveau type de développement; pour combattre toutes les formes de discrimination qui affectent le champ social;  pour créer des emplois utiles sur le plan social et écologique. Nous proposons de dégager les moyens nécessaires à des objectifs de production économes en termes d'énergie et producteurs d'emplois notamment dans le domaine de l'environnement, des transports collectifs, du secteur des énergies renouvelables et du soutien à l'agriculture paysanne.  

Nous voulons rompre avec les logiques financières développées par l'Union européenne et ses institutions, en particulier la Banque centrale européenne.  

Nous refusons les suppressions d'emplois dans le secteur public, exigeons l'annulation des 30.000 suppressions de postes décidés, le retrait de la privatisation de la santé (loi Bachelot), la création d'emplois socialement utiles (Santé, l'Ecole, Poste, Recherche, et de nouveaux services publics, du logement, de la petite enfance, etc.) Nous agissons pour la réduction du temps de travail sans flexibilité ni annualisation avec embauches correspondantes.  

Les grèves et manifestations comme celle du 29 janvier expriment les colères et amplifient les luttes. Une riposte populaire d'ensemble est urgente. Nous nous engageons à mettre toutes nos forces au service de la convergence des luttes contre les licenciements, la vie chère, le chômage et la précarité, et pour la défense et l'élargissement des services publics. C'est le moment !

Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo, Alternative Libertaire (AL), Association des Communistes Unitaires (ACU), Coordination Nationale des Collectifs Unitaires pour une alternative au libéralisme (CNCU),  Les Alternatifs,  Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA),  Parti Communiste Français (PCF),  Parti communiste des ouvriers de France (PCOF),  Parti de Gauche (PG).

18/01/2009

Echec de « l’opération de police »

J’avais souhaité dans un précédent billet un échec de l’armée israélienne, cet échec devant nécessairement produire une crise politique en Israël. C’est ce qui s’est produit. La trêve unilatérale décidée par le gouvernement israélien et son annonce d’un retrait possible sont moins un effet des pressions diplomatiques que le fait que l’armée israélienne a été au bout de ce qu’elle pouvait faire dans les limites d’une « opération de police », évidemment à la mesure de la réplique de l’ennemi palestinien.

Ce qui invalide tous les propos outranciers sur une volonté « génocidaire » de cet Etat, les termes de « crimes de guerre » ou de « massacres ». Car si telle avait été la politique suivie par Israël, ce ne serait pas 1.000 morts palestiniens qu’il faudrait déplorer mais 10.000 à 20.000. Et peut-être alors, Israël en serait sorti vainqueur. Mais Israël ne peut pas se permettre une telle politique.

Deuxième échec donc en quelques années, après l’expédition au sud-Liban, et preuve par le fait qu’Israël n’arrivera à rien par ces méthodes. Reste qu’en procédant ainsi, les politiciens israéliens ont un peu plus encore renforcé le camp islamique. C’est le revers de la médaille à cette défaite d’Israël. Il faudra donc faire avec. A moins que le camp le plus extrémiste l’emporte en Israël dans les élections qui vont prochainement avoir lieu.

Car nul doute que le Hamas n’entend pas, de son côté, profiter de cette trêve pour engager des négociations pour une paix "honorable" avec l’ennemi. Je l’ai déjà dit ici, Hamas a tout intérêt à faire le jeu des extrémistes israéliens. C’est grâce à la non résolution du conflit qu’il a pu parvenir à déloger les organisations laïques de Gaza, c’est toute la Palestine qu’il ambitionne de voir passer sous son hégémonie. Tel est l’enjeu des élections israélienne : voter pour le camp de la guerre en Israël c’est voter pour le Hamas. Mais les électeurs israéliens vont-ils le comprendre ?

14/01/2009

Le NPA, un parti-téléthon

A moins d’un mois du 1er congrès du NPA, où en sommes-nous ? Plus de 10.000 adhérents espérés, 6.000, tout au plus, au final. Une orientation qui fait le pari d’une « explosion sociale » qui n’arrive pas (mais quand on la foi du charbonnier, on ne craint rien), qui contournerait le « vieux » mouvement ouvrier en crise - qui « hypothèque » selon les rédacteurs des textes « toute possibilité de mouvement d’ensemble »-, qui mise tout sur un « mouvement social » imaginé, fantasmé, qui rejette avec mépris les alliances. Lourd bilan.

On nous dira que c’est un processus comme on n’en a jamais vu dans « toute l’histoire du mouvement ouvrier », preuve en est que la LCR va se dissoudre et que les textes fondateurs ont été débattus et amendés dans les 400 comités pour arriver à un consensus à plus de 90 %. Quelle bonne blague ! Les 500 amendements au total, ne seront même pas lus par 80% des adhérents (Seulement 50% des « encartés » participent aux réunions), et la plupart ne seront pas votés, car il faudrait plusieurs jours ne serait-ce que pour les lire et les présenter.

La dissolution de la LCR ? Parlons-en ! A ce congrès on va porter à la discussion une éventuelle adhésion du NPA à la… 4e internationale, pour le prochain congrès dans deux ans. Mais comme l’orientation, déjà acquise, est celle de la LCR depuis 40 ans, ça ne posera aucun problème. Petite escroquerie de « trotskistes » qui ont, finalement, tout appris de leurs frères-ennemis en manipulation : les « staliniens ».

Quel avenir pour ce parti ? Celui d’une petite force électorale qui engrangera les votes protestataires comme on enfile les perles. Quel bénéfice pour le mouvement social ? Pas grand-chose. Mais le mouvement social n’a pas besoin d’un tel parti. D’ailleurs combien de militants syndicaux ouvriers, de militants du mouvement associatif radical (alter, écolo, antilibéraux…) ont-ils adhéré à ce parti ? Dans la région Poitou-Charentes, aucun ! Il est vrai qu’il est difficile d’intégrer une formation politique où l’on affiche un profond mépris pour le « vieux » mouvement ouvrier, où les syndicats sont presque vus comme des ennemis et dont on en arrive finalement à nier l’utilité. Quant à l’écologie il y a l’alibi Jemar. L’arbre qui cache la forêt.

Le NPA se veut « le parti des luttes ». Mais ce parti ne dirige aucune lutte et n’en dirigera aucune à ce train là. Même dans la jeunesse scolarisée, il reste une formation marginale. Comment, pour des jeunes, adhérer à un parti où les retraités représentent 15% des effectifs, où la moyenne d’âge est assez élevée, où les enseignants sont légions. Mais il est vrai que ce n’est pas mieux ailleurs. Le NPA sera-t-il la dernière occasion perdue de construire une force politique anticapitaliste conséquente ? Pour qu’il n’en soit pas ainsi, il est nécessaire d’y amener du sang neuf, non contaminé par la maladie sénile d’un gauchisme décidément indestructible. Ce sang neuf ne peut venir que du mouvement ouvrier, le vieux, comme le nouveau. Demain ? Espérons-le.

10/01/2009

Un conflit régional instrumentalisé

Si l’Etat israélien ne revendiquait lui-même sa « judaïté », s’il n’avait pas lui-même tout fait pour donner une dimension international au conflit qui l’oppose à quelques millions de Palestiniens pour le partage d’un territoire, si les organisations palestiniennes, et en particulier le Hamas, ne visaient pas d’autre but que le règlement « à l’amiable » de ce conflit… nous ne parlerions pas de « massacres », « d’Etat assassin » et encore moins de « crimes de guerre » et de « génocide ».

Quand l’Etat russe a pratiqué ces crimes là en Tchétchénie, massivement (combien de morts : 50.000, 100.000 ?), qui s’est mobilisé pour soutenir les Tchéchènes ? Personne ! Quand à la frontière du Congo et du Rwanda, des populations subissent depuis plusieurs mois massacres et déplacements, avec des milliers de morts chaque jour dans des conditions pour le moins aussi atroce que se qui se passe aujourd’hui à Gaza, le monde s’en fiche. Oui mais, aucun « juif » n’est en cause dans ces deux conflits. En cinq ans, il y a-t-il eu une seule manifestation contre les menées impérialistes des armées américaines, anglaises, françaises en Irak ? Combien réunirait de manifestants une manifestation pour exiger le retrait des troupes françaises d’Afghanistan ? Peu de monde, il est vrai.

Le plus scandaleux dans ce conflit, c’est que ce sont les Israéliens eux-mêmes qui instrumentalisent ce statut de descendants de victimes de la Shoa. Aujourd’hui (peut-être ce le fut au début) aucun Etat de la région ne remet en cause l’existence de cet Etat. En cinq années les victimes des tirs de roquettes venus du Liban ou de Gaza ont fait tout au plus 40 victimes. Israël n’est sous la menace d’aucune force conséquente. Qui se risquerait à affronter cette armée ? A l’inverse, si le Hamas et le Hezbollah cessaient de mener cette politique de fuite en avant qui les servent, à la seule fin d’islamiser ces populations et de les faire passer sous leur contrôle – car tel est bien leur but –  enlevant ainsi un prétexte aux Israéliens, alors une solution serait trouvée.

Mais ni les Islamistes, ni les politiciens israéliens ne souhaitent une telle solution. Tant que dure la crise, ils sont confortés dans leur pouvoir. Alors certes, nous devons soutenir les populations palestiniennes et plus que jamais, mais sans être dupes du jeu des uns et des autres. Et surtout éviter de donner à ce conflit une place qu’il n’a pas. A La Rochelle – mais je pense qu’il doit en être de même dans toute la France – on voit bien que les islamistes sont à la manœuvre. La présence de nombreuses jeunes femmes « voilées », c’est quand même du jamais vu ici. Le plus impressionnant, c’est le contrôle qui doit être exercé sur ces jeunes filles. Pas un dérapage verbal, juste ce qu’il faut pour cibler Israël.

Les organisations cultuelles musulmanes modérées s’en inquiètent. Et elles ont raison. Il va arriver avec la « communauté musulmane » la même chose qui est arrivée avec la « communauté juive ». Chacun prend partie et ce sont les plus radicaux, les plus réactionnaires qui emportent le morceau. Et ils ont le champ libre. A gauche, des modérés à l’extrême gauche, on suit, sans trop réfléchir. Il est vrai que la gauche à depuis longtemps perdu la « bataille des quartiers » et de la jeunesse d’origine immigrée.

08/01/2009

La première pierre

Le Hamas aurait rompu la trêve. La riposte de Tsahal, quelque soit son caractère disproportionné, trouverait là sa justification. Passons sur cette trêve qui a duré quand même plusieurs mois. Ainsi, Israël aurait traité avec des terroristes ! A l’évidence, on patauge là dans ce qu’il faut bien appeler de la pure propagande. Et comme à leur habitude, dans leur majorité, les médias occidentaux prennent ça pour argent comptant. Mais alors faudrait-il remonter à l’origine de ce conflit : qui a jeté la première pierre ? A ce titre, ce sont bien les groupes terroristes d’idéologie sioniste à la fin des années 40, quand Israël n’existait pas encore, sinon à l’état de promesse.

Ainsi, les nations occidentales, appuyées par les Russes, en compensation de la tragédie de la Shoa, laissèrent, non sans quelques réticences, des nationalistes « juifs »  se découper un territoire dans cette Palestine qui n’était pas encore un pays, mais une région au statut vague, du moins eu égard aux principes occidentaux. Il  n’empêche que dans cette région vivaient majoritairement une population arabe à laquelle on ne demanda pas son avis.

Nous connaissons la suite. Des nations arabes limitrophes de cette région refusant un compromis et puis, peu à peu, l’émergence d’un nationalisme palestinien qui s’autonomise, son recours à des méthodes « terroristes » pour se faire un nom et une place ; plusieurs guerres entre le nouvel Etat et les pays arabes de la région ; des accords de paix ; un processus de règlement du conflit avec la reconnaissance pratiquement par tout le monde d’un droit égal d’existence à une nation pour les Israéliens et les Palestiniens… mais au final toujours pas de solution viable pour les uns et les autres.

Qui est responsable ? A la fois Israël, les Etats de la région et les organisations palestiniennes (mais au moins elles avaient, elles, la légitimité de revendiquer un statut et des droits), et puis la « communauté internationale », qui, parce qu’elle a toujours considéré le cas d’Israël comme une exception, n’a jamais voulu faire pression sur ses dirigeants pour qu’ils concluent enfin une paix acceptable.

En dehors de ça, aucune raison économique et politique à ce conflit qui a au final permis l’émergence de courants politiques arabes ultraréactionnaires. N’oublions pas qu’il y a vingt ou trente ans, le nationalisme palestinien était d’obédience laïque. Certes, la vague islamique actuelle n’a pas uniquement pour origine la question israélo-palestinienne, mais le pourrissement de ce conflit y a largement contribué.

Dans un tel conflit, gardons nous d’employer des termes inappropriés et qui alimentent les haines de part et d’autre. Contrairement à ce qu’affirme de « Mouvement de la Paix » dans son communiqué d’appel à la manifestation de samedi à La Rochelle, l’agression de l’armée israélienne contre la population de Gaza n’est pas un « génocide ». Son objectif n’est pas « d’exterminer » une population, mais de porter des coups à un mouvement (Hamas) en atteignant intentionnellement une population qui est sensée le soutenir. Ces opérations sont criminelles et doivent être condamnées comme tel, mais nul besoin d’en rajouter. Si « génocide » il y avait, alors Israël serait un Etat génocidaire, et alors c’est devant le tribunal international de la Haye que ses dirigeants devraient être déférés. Qui l’exige ? Personne.

Le Collectif Rochelais pour la Palestine appelle à un RASSEMBLEMENT :

SAMEDI 10 JANVIER 2009

Devant  l'Hôtel de Ville de La Rochelle

à partir de 15 heures

05/01/2009

Pour une défaite militaire de l’armée israélienne

J’ai autant de mépris pour le Hamas, cette bande de gangsters  politico-religieux qui, en toute légalité, ont pris la population palestinienne en otage à la seule fin de servir leurs intérêts, que pour les politiciens israéliens, de gauche comme de droite, qui, repoussant chaque jour toujours un peu plus la résolution d’une solution politique acceptable au règlement de la question palestinienne, s’acharnent contre une population (hommes, femmes et enfants mêlés) avec le seul objectif de briser sa résistance. Mais je souhaite sincèrement une défaite de l’armée israélienne.

Elle mettrait un coup d’arrêt à cette fuite en avant d’un pays qui n’a aucun intérêt politique et économique à persister ainsi à nier leur droit aux Palestiniens à un Etat. J’en veux aussi aux citoyens d’Israël. Ils estiment, non sans commisération pour les peuples de la région, qu’ils sont la seule démocratie dans un monde arabo-musulman où dominent les régimes autocratiques. Mais quelle visage donnent-ils de la démocratie, ces citoyens israéliens ? Les intérêts particuliers de quelques colons fanatisés valent-ils que l’on maintienne dans un état de misère morale et sociale des centaines de milliers d’autres hommes, femmes et enfants, sous prétexte que leur dirigeants, se refusent, eux-aussi, à établir une paix durable dans la région.

Longtemps l’Etat israélien a refusé de traiter avec l’OLP au motif de ses méthodes terroristes. Quand l’OLP, reconnaissant le droit à l’existence d’un Etat israélien, a abandonné ses objectifs militaristes qui ne menaient à rien, ce même Etat a posé d’autres conditions. Ainsi il a poussé la population palestinienne dans les bras des islamistes. Aujourd’hui, cet Etat exige de cette population qu’elle rompt avec ces formations. Est-ce ainsi que devraient se comporter des démocrates ?

Soixante ans de conflits armés n’ont mené à rien. C’est aux populations israéliennes et palestiniennes de prendre aujourd’hui leur destin en main. Leurs dirigeants respectifs les ont conduits dans une impasse. Des deux côtés, la seule solution viable consisterait à se débarrasser de ces dirigeants incapables et assassins. C’est pourquoi une défaite militaire d’Israël serait la meilleure chose qui pourrait arriver à cette région. Mais un tel événement renforcerait le camp des islamistes ? Aucunement. Le Hamas, comme le Hezbollah au Liban, a tout intérêt, de son point de vue, à ce que à ce que dure cet état de guerre permanent. C’est là-dessus qu’ils prospèrent et maintiennent leurs mains de fer sur la population palestinienne et du sud Liban. Il en est même pour les militaro-politiques israéliens qui utilisent la guerre comme moyen pour se maintenir au pouvoir, quelque en soit le prix pour les deux peuples.

Enfin, certaines formations cultuelles juives appellent en France au soutien à cette agression. Attendent-elles que des Français musulmans en fassent de même ? Il est inadmissible que des citoyens français, quelque soit leur croyance, manifestent et prennent ainsi parti pour l’un ou l’autre camp pour des motifs religieux. La guerre qui se mène là-bas n’est pas une guerre de religion. Ce n’est qu’un conflit localisé, régional, dans lequel n’est en cause qu’une seule chose : les Palestiniens ont-ils le droit, comme les Israéliens, à une nation ?

 

Le Collectif Rochelais pour la Palestine appelle à un RASSEMBLEMENT :

SAMEDI 10 JANVIER 2009

Devant  l'Hôtel de Ville de La Rochelle

à partir de 15 heures

04/01/2009

Pauvre « gauche » !

C’est reparti. Nouvelle année, premier sondage : « A travers les sondages, quatre dirigeants socialistes se dégagent nettement ; deux femmes (Martine Aubry, Ségolène Royal) et deux hommes (Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn). "Les unes et les autres fondent leur popularité sur des registres différents", souligne Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département Opinion de l'IFOP. "Rivales directes pour la direction du PS, Martine Aubry et Ségolène Royal se situent dans l'action alors que le maire de Paris et "DSK" s'inscrivent plus en retrait, voire en recours. » (Le Monde, 3 janvier 2009)

Brillante analyse dont on ne serait se passer pour comprendre les enjeux de la conjoncture. Je plaisante. D’autant que la suite de l’article montre bien l’ampleur de la supercherie : « la nouvelle première secrétaire enregistre une forte hausse de sa popularité dans les sondages. En un mois, elle a gagné neuf points dans le baromètre Paris Match-IFOP publié dans l'hebdomadaire le 18 décembre, où elle atteint 66 % de bonnes opinions. Elle plafonnait à 20 % en juillet 2006. "Le pays a tellement besoin de se dire qu'il peut exister une alternative face au président de la République, que Martine Aubry ne peut que bénéficier d'un a priori positif", souligne Stéphane Rozès, directeur général de l'Institut CSA. »

Aubry, « championne » de la gauche ! La preuve – toujours selon Le Monde–, la très bonne opinion dont elle bénéficie parmi l’électorat communiste. Nul ne doute qu’avec un tel concours, la « gauche » va être irrésistible dans les mois et les prochaines années ! Ce n’est évidemment pas à moi de départager les deux championnes, ce dont je me contrefiche, en donnant des bons points à l’une pour sa posture « gauchisante », tandis que l’autre mériterait le bonnet d’âne pour nous inciter à aller vers la droite, ce que nous ne voulons pas.

Et dire qu’il y aurait beaucoup d’électeurs de gauche, même parmi mes propres amis, pour marcher à fond dans cette combine. Aubry, serait en quelque sorte, la preuve que le pays vire à gauche. Rozès, dans ces précautions oratoires, lève d’une certaine façon le lièvre : « Le pays a tellement besoin de se dire qu'il peut exister une alternative… » Tellement besoin, en effet, de croire au miracle, qu’il est prêt à enfourcher n’importe quelle bourrique, eut-elle été élevée au petit lait de la collaboration de classe par un père intime du grand patronat, grand ordonnateur de l’Europe libérale, ex ministre de Pompidou et de Mitterrand et ex futur candidat à la présidentielle. On ne choisit pas ses parents, mais on n’est pas obligé non plus de leur ressembler.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu