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18/12/2008

Est-ce que ça peut craquer ?

D’un côté des lycéens qui, en un rien de temps, ont réussi à faire reculer un ministre sûr de lui. De l’autre un gouvernement qui enfourne les réformes (l’audiovisuel, le travail dominical, etc.), qui sent que quelque chose de grave peut arriver pour lui comme une mobilisation sociale qu’il n’aurait pas vu venir, mais qui sait aussi que la température dans les entreprises est encore tiède.

Cette « explosion sociale », évidemment nous l’espérons tous, mais autant il est facile pour des lycéens de sortir dans la rue, autant ça va être une autre paire de manches pour les salariés du public et du privé. Les résultats des prudhommales illustrent assez bien la difficulté dans le monde salarial à sortir d’une période d’abattement et de résignation, et surtout comment. La réponse des confédérations proposant pour le 29 janvier une journée interprofessionnelle est, à cet égard, assez significative. Large unité certes, mais réponse tardive après plusieurs mois de crise, et avec un objectif bien timide : « interpeller responsables gouvernementaux, les responsables patronaux et les employeurs… ».

« Interpeller » alors qu’il s’agirait très clairement de faire obstacle, d’entrer en résistance, de bloquer les politiques gouvernementales et patronales. C’est mieux que rien, mais ça donne le ton : surtout ne rien  brusquer. De plus c’est assez vague. Rien de chiffré. Mais on nous promet pour bientôt un cahier de revendications plus précis. Attendons donc.

Du côté du pouvoir on devrait pourtant s’alarmer. La majorité elle-même se fendille et commence à donner des signes d’énervement, parfois sur le contenu même des réformes, surtout sur la méthode du passage en force et leur accumulation. Bref voilà un pouvoir qui devrait donner des signes qu’il entend. La question étant : pourra-t-il longtemps ne pas se préoccuper des problèmes de fond et continuer à ruser en tournant autour.

Et puis, enfin, il y a la « gauche ». Cette fois, elle semble avoir compris qu’il y avait urgence. Mais les moyens qu’elle propose pour s’opposer à la droite sont dérisoires. En quoi les batailles d’amendements au parlement peuvent-elles casser la dynamique gouvernementale ? Faudra-t-il donc attendre 2012 pour que cela change ? Il peut y avoir là comme un hiatus entre une mobilisation sociale qui pourrait arriver et des échéances électorales maintenues, et surtout une absence dramatique d’alternative au pouvoir de la droite. Mais la « gauche » peut-elle raisonner autrement qu’elle l’a toujours fait ?

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