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15/12/2008

Communistes « unitaires », quel avenir ? Et un appel intersyndical pour le 29 janvier

Les « communistes unitaires » avaient présenté leur propre liste au congrès de leur parti. Ils arrivent en seconde position, autour de 16% contre un peu plus de 60% à la direction sortante et 15% (10 + 5) aux « identitaires » et autres « orthodoxes ». Mais maintenant, les « unitaires » se posent la question : rester ou sortir et pour faire quoi ? Rejoindre le Parti de Gauche de Mélenchon ? Se fédérer avec les « antilibéraux » ? Entrer au NPA ? Voire, créer leur propre courant ?

Rester semble être la plus mauvaise des solutions. L’inertie du PC lui promet une longue agonie. Ses capacités à être encore une force autonome est singulièrement réduite. On le verra si le PC constitue ses propres listes aux européennes. Même avec le renfort de Mélenchon, l’hypothèse d’un succès relatif est problématique. Un tel parti peut-il se payer plusieurs échecs électoraux consécutifs ?

Rejoindre le PG ? Pourquoi pas, mais Mélenchon et ses amis s’illusionnent. La France n’est pas l’Allemagne. Un « die Linke » à la française est impossible si le NPA ne s’y rallie pas. Or le NPA a tout à perdre à aller se fourrer là-dedans et n’ira pas.

Une fédération, oui c’est, momentanément, certainement une des solutions : on peut se compter, louvoyer dans cette « gauche de gauche » décidemment incapable de se fixer sur quelque chose de précis et de s’y tenir. Mais à quoi peut servir de se retrouver à deux ou trois mille (au mieux) ? La seule solution, celle qui serait un véritable saut qualitatif, serait de rejoindre le NPA en entraînant les « antilibéraux ». Une telle force permettrait de faire éclater le fragile consensus qui est entrain de se réaliser dans ce parti et de bâtir un véritable programme d’opposition, voire de gouvernement, concurrent de celui du PS et de ses alliés.

Et ça, c’est possible. Il faut simplement le vouloir et, sans mettre son « drapeau » dans sa poche, ravaler ses larmes : le PC c’est fini ou presque, et passer à autre chose. Pour ma part, je vous attends. Vous serez le bien venu.

PS : Bravo aux lycéens et profs qui les ont soutenus. mais attention à ce recul tactique du pouvoir. Sarkozy va manoeuvrer comme il l'a fait avec les cheminots. Un pas en arrière, puis, le moment venu, deux pas en avant. On verra ça à la rentrée.

APPEL DES ORGANISATIONS SYNDICALES

CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNSA.

La crise économique amplifiée par la crise financière internationale touche durement une grande partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus. Alors qu’ils n’en sont en rien responsables les salariés, demandeurs d’emploi et retraités, en sont les premières victimes. Elle menace l’avenir des jeunes, met à mal la cohésion sociale et les solidarités ; elle accroît les inégalités et les risques de précarité.

Surmonter cette crise implique des mesures urgentes d’une autre nature que celles prises par l’Etat et les entreprises, pour être au service de l’emploi et des rémunérations.

C’est pourquoi, les organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU,

SOLIDAIRES, UNSA) appellent les salariés du privé et du public, les chômeurs et les retraités, à une journée nationale de mobilisation interprofessionnelle le 29 janvier 2009 : elle donnera lieu dans tout le pays à des grèves et des manifestations.

Elles appellent à agir massivement et interpeller les responsables gouvernementaux, les responsables patronaux et les employeurs pour :

- défendre l’emploi privé et public,

- lutter contre la précarité et les déréglementations économiques et sociales,

- exiger des politiques de rémunérations qui assurent le maintien du pouvoir d’achat des salariés, des chômeurs et des retraités et réduisent les inégalités,

- défendre le cadre collectif et solidaire de la protection sociale,

- des services publics de qualité qui assurent en particulier tout leur rôle de réponse aux besoins sociaux et de solidarité.

Les organisations syndicales rendront publique le 5 janvier 2009, une déclaration commune développant leurs propositions et revendications.

 

Paris, le 15 décembre 2009

 

Commentaires

Il faudra que tu m'expliques pourquoi le NPA aurait tout à perdre à s'allier à d'autres (le front de gauche), mais les autres (communistes unitaires) tout à gagner à rejoindre le NPA.

En raisonnant ainsi : le rassemblement "oui, mais seulement sous mon drapeau à moi", chacun restera chez soi, et on y arrivera jamais.

Qu'est ce que le NPA a à perdre à un front de gauche ?

Mélenchon a raison sur deux points :
a) L'union ne pourra se faire que dans le respect de l'individualité de chacune des organisations.
b) Collectivement, la gauche anticapitaliste peut être devant le PS ! Et on a tous à gagner à ce que le PS ne soit plus hégémonique à gauche. C'est possible !

Et les européennes sont une opportunité : le "non au traité de lisbonne" est un dénominateur commun tout autant qu'un thème de campagne pour les électiones européennes.

Et le "préalable" d'un programme clairement anticapitaliste est un faux prétexte. Qui oserait dire que le PCF n'est pas anticapitaliste ? Et si tu prends 5 mn pour lire le texte fondateur du PG, il y est écrit "tourner la page du capitalisme", qu'est ce que tu veux qu'il dise de plus ?

Écrit par : Pingouin094 | 16/12/2008

Je ne suis pas contre les alliances, les compromis, etc. Aux Européennes par exemple. Franchement je ne vois pas l'intérêt d'y aller seuls, pour se compter.

En revanche, le désaccord avec Mélenchon, mais aussi les "communistes", sur la question des moyens pour stopper l'offensive du "pur capitalisme" et parvenir au pouvoir sont énormes.

Même si l'on doit utiliser le parlement, c'est quand même la mobilisation majoritaire de la population, du mouvement social, par la grève, qui sera décisive, en dernière instance. Contrairement à Mélenchon mais aussi au PC (dont l'anticapitalisme reste à prouver), nous ne misons pas tout sur les élections. Et ça, ça délimite un parti.

Écrit par : Gilles | 16/12/2008

Gilles,

Que faut-il donc que le PCF fasse pour te prouver qu'il est anticapitaliste ? Son nom seul le dit. Et lors de son congrès, cette volotné a été réaffirmé par les délégués, amendant le texte du congrès en ce sens.
D'ailleurs, si je voulais jouer les intégristes, je pourrais moi même dire qu'en abandonnant la référence au communisme pour un vague mot "anticapitaliste" qui dit ce contre quoi on est, mais pas ce pour quoi on est, le NPA est bien moins révolutionaire et affiche des objectifs bien plus troubles que le PCF dont le nom seul indique l'ambition : "le communisme".
Tout est une question de point de vue. Heureusement, je n'ai pas cette vision étriquée du NPA, mais avoue qu'en jouant sur les mots, elle pourrait exister.

Quant au Parti de Gauche je te fais deux extraits du bulletin d'adhesion du PG : "programme républicain de dépassement de la logique capitaliste" et plus loin "nous ne pouvons ni accepter ce système, ni nous contenter de l'amender et de l'humaniser". Je pense que là encore, ça annonce le ton.

La seule différence effectivement, c'est sûr la méthode. S'il faut amasser des fusils dans une cave, ça sera sans moi. Je suis communiste, ça veut aussi dire que je sais regarder ce qui s'est passé en 1917 avec des yeux lucides.
Et en 1917, c'est par les armes, la grève et des manifestations que les bolchéviques ont pris le pouvoir, puis l'ont confisqué au peuple et aux soviets pour faire une dictature dont les premières victimes furent les troskystes dont le NPA descend en ligne directe.
Moi, je respecte profondément la démocratie. Si la société doit changer, ce sera comme au Venezuela, comme en Bolivie, par les urnes. Et pas comme en Chine ou en en ex-URSS par les armes.

Mais bon, si les élections n'ont pas de sens, pourquoi alors se présenter ?

Par contre, je connais aussi mon histoire. En 1936, les acquis sociaux ont été acquis par la grève générale, avec un gouvernement de gauche au pouvoir. Et qui a appelé à la grève générale, si ce n'est la CGT ? Et qui composaient le gros des rangs de la CGT si ce n'est des communistes ?
Et en 1968, où étaient les communistes si ce n'est dans les cortèges de la CGT pour réclammer dans la rue un changement de société ?
Comment peux tu penser que les communistes ne soutiendraient pas un tel scénario : un gouvernement de gauche à l'élysée, et les syndicats dans la rue pour imposer le changement ? C'est l'histoire des communistes, ça. De tout temps.

Alors camarade, descillons nous les yeux, arrêtons de nous inventer de fausse différences qui n'existent pas.

Écrit par : Pingouin094 | 22/12/2008

Le PCF est-il anticapitaliste ? Qu’ils y aient des anticapitalistes dans ce parti, c’est probable. Mais plus de 70 ans de culture politique (donc depuis 1936) où le respect de la sanction des urnes tout comme cette quasi soumission, hier à la social démocratie, aujourd’hui aux sociaux libéraux, l’emporte sur toute autre possibilité pour parvenir au pouvoir, ça forge un parti et ses membres. Quant à sa direction, je n’ai nul doute. Elle a bien renoncé à toute ambition révolutionnaire.

Peut-on être anticapitaliste et respectueux des formes et des moyens imposés par la démocratie parlementaire ? C’est à dire TOUT miser sur les élections. Je dirais, oui, mais ça ne sert à rien, autant alors être comme les « socialistes » s’adapter au système, jusqu’à lui ressembler. Ça vaut aussi bien pour le PCF que pour le Parti de Gauche.

Etre anticapitalistes et dire au salariat : si un jour vous voulez être au pouvoir, c'est-à-dire être réellement partie prenante des décisions, à tous les niveaux, dans le cadre d’une démocratie étendue, sans restriction et intermédiaires (ses « représentants », ses « élus » qui font carrière), il n’y a qu’une seule solution, les élections. Alors, évidemment, vous vous moquez de lui. Et le salariat le sait.
Et tu le sais aussi. La « gauche » a été au pouvoir dans les années 30 (quelques mois), dans les années 50, dans les années 80, puis encore entre 1997 et 2002. En quoi la population, le salariat a-t-il participé aux décisions ? Quand est-il devenu « maître » de son destin ? Jamais.

Alors ne croit pas que je sous-estime cette question des élections et de la démocratie parlementaire. Contrairement à beaucoup de mes camarades du NPA, j’y attache une très grande importance. Si le mouvement social, les grèves (en 36 et 68) ont permis d’arracher de substantiels avantages qui sont devenus des acquis, jamais ces mouvements, quelque soit leur force, leur puissance, n’ont eu raison de la démocratie parlementaire. En 1936, il a suffit que « l’allié radical » change de camp pour que le Front populaire s’écroule. Je te rappelle que c’est cette même assemblée élue en 1936 qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain. En 1968, l’appel aux urnes a sonné le glas du mouvement et la gauche a ramassé l’une de ces plus belles déculottées de son histoire.

Comment résoudre ce problème ? Les révolutionnaires se sont longtemps contentés de dire que c’était la faute aux réformistes, aux staliniens, qui trahissaient. C’était vrai mais insuffisant. Aujourd’hui que le PC n’est plus ce qu’il était et que le PS a bien du mal à formuler ce qu’il veut, les révolutionnaires ont une chance inouïe. Celle d’être plus clairement entendu, voire d’être suivi. Mais faudrait-il encore qu’ils disent ce qu’ils veulent et qu’ils soient compris. Ce moment n’est pas encore arrivé, car il faudrait pour cela qu’ils acceptent de conjuguer lutte sociale, politique et parlementaire. Dans l’immédiat, le NPA, la LCR, ne voient que par le mouvement. Ils oublient qu’il faudra ruser avec cette « démocratie parlementaire », lui enlever toute substance, la rendre inefficace, du moins du point de vue des adversaires du « mouvement ».

Enfin comment éviter le bain de sang et la guerre civile ? Je n’évite pas cette question. Je ne répondrais pas non plus par une pirouette comme Besancenot a tendance à le faire parfois. La première chose : il faut que ce nouveau pouvoir soit légitime, qu’il soit l’expression d’une très large majorité du salariat, mais également des couches sociales (artisans, petits entrepreneurs, agriculteurs, etc.) qui peuvent avoir intérêt à s’allier au salariat parce qu’ils partagent les mêmes conditions de vie.

Cette légitimité, ensuite, il ne l’acquerra, pas par la force, mais par la persuasion, le débat, la participation aux décisions de tous. Il faudra donc changer les formes actuelles de la démocratie. Les « représentants » devront être non seulement élus mais révocables, sans rétribution excessive, avec le moins de cumul possible de mandat, avec une rotation rapide : pas d’élus à vie. Enfin, ceux qui exécuteront les décisions prises, les fonctionnaires de l’Etat nouveau, ne seront que des exécutants, soumis au contrôle permanent des assemblées. Là aussi, la rotation sera nécessaire pour éviter les phénomènes de bureaucratisation de l’appareil d’Etat. J’oubliais, et c’est très important, aucune restriction à la liberté de parole, d’association, etc. même pour les adversaires de cette nouvelle démocratie.

Écrit par : Gilles | 22/12/2008

Je suis adhérent au PCF et je suis d'accord avec l'essentiel de ce que tu viens de dire, comme un très grand nombre de militant du PCF.

La direction actuelle n'ose plus dire son anticapitalisme, c'est un fait. Elle a écrit une base commune en ce sens. C'est aussi un fait que cette base commune a été amendée au congrès par les délégués, c'est à dire les représentants de "la base" dans le sens de rappeler l'exigence anticapitaliste.
Alors, oui, le PCF a un problème interne, celui d'une direction dont un nombre important de ces membres, dont l'executif n'osent plus dire qu'ils sont anticapitalistes. Mais la base reste majoritairement communiste et anticapitaliste. C'est ma vision de l'intérieur, au sortir du congrès et je la crois plus juste que celle des médias.

Quant au lien entre la rue et les urnes. L'implication du PCF dans la CGT a été trop souvent critiquée et dénoncée pour qu'on puisse dire que le PCF ne mise que sur la démocratie parlementaire et a renoncé au mouvement social.
L'immense majorité des adhérents du PCF sont syndiqués et un très grand nombre sont également militants dans leurs syndicats. Là encore, ma vision est que "la base" du PCF envisage indissociablement les luttes syndicales et l'action électorale et parlementaire.

Quant à Mélenchon, j'ai été lire son bulletin d'adhésion. Sur l'anticapitalisme, les mots sont là, net et sans appel : un programme républicain de dépassement de la logique capitaliste ; nous ne pouvons ni accepter ce système, ni nous contenter de l’amender et de l’humaniser ; nous devons le dépasser
(PS : n'ergotons pas sur le mot "dépasser". J'emploie le mot "dépasser" pour dire comme Marx que le capitalisme est un progrès par rapport au féodalisme et que le communisme est lui même un progrès par rapport au capitalisme. On peut discuter cette notion de "progrès de l'histoire" mais ça ne change pas le fond des choses sur ce que les gens veulent).
Sur le lien avec le mouvement social, c'est tout simplement la conclusion du bulletin d'adhésion, ce qui laisse supposer que Mélenchon y accorde une certaine importance. Là encore, je cite : "Mais nous n’oublions pas non plus que le progrès social résulte le plus souvent d’oppositions et de rapports de force. La conquête du
pouvoir d’Etat par le suffrage universel n’est efficace que si elle s’appuie sur des citoyens mobilisés et acteurs de leur propre changement."

Sur le modèle de société, ni Mélenchon ni le PCF n'ont vraiment définit la "république sociale". Néanmoins si tu creuses dans les propositions du PCF, tu retrouvera beaucoup de ce que tu viens de dire sur la nouvelle société.

Honnêtement, à te lire et à comparer avec ma connaissance du PCF, je ne pense pas que les différences soient si profondes. Je pense bien au contraire que si on prend le temps de discuter plutôt que de se jeter des idées préconçues sur l'autre à la tête, on s'appercevra que sur bien des points les différences sont faibles et qu'on peut s'entendre.

En tout cas, à te lire, c'est ce que je ressent.

Écrit par : Pingouin094 | 23/12/2008

"..../...... Par contre, je connais aussi mon histoire. En 1936, les acquis sociaux ont été acquis par la grève générale, avec un gouvernement de gauche au pouvoir. Et qui a appelé à la grève générale, si ce n'est la CGT ? Et qui composaient le gros des rangs de la CGT si ce n'est des communistes ?..../....."

C'est en 1936 que la CGT se ré-unifie et à ce moment la CGTU, pro-communiste est minoritaire. Dans le nouveau rapport de forces en 1937, les communistes deviennent les plus influents dans l'organisation réunifiée . Les communistes, au début du processus de 1936 sont minoritaires.

Le PCF est très petit au début des années 1930.

Le déclenchement des grèves se fait contre le gouvernement de gauche, qui, au début du conflit, envoie même des flics pour essayer de déloger les grévistes. Le mouvement s'étend et le gouvernement finit par lâcher.

En 1968, malgré un gouvernement de droite le mouvement social obtient une augmentation de + de 30% du SMIC, des sections syndicales et une trouille bleue de la bourgeoisie pendant un moment (il lui faut 10 ans pour repasser à l'offensive).

En 1945, le peuple sort en armes de la résistance, les conquêtes sociales se produisent dans ce rapport de forces global. Quand les armes sont rendues que le PCF aide à remettre en état l'appareil industriel sans en disputer la nature, il se fait virer une fois le boulot accompli.

Une leçon, les grandes conquêtes sociales sont fondamentalement le fruit d'un fort mouvement social . Par contre des gouvernements, même de gauche, finissent rapidement par faire une politique de droite en l'absence d'un mouvement social.

C'est cela qu'il faut avoir en tête dans toute campagne électorale, pas se la jouer les maitres du monde.

Ce qui me semble important, en France, c'est le travail pour aider à reconstruire ce mouvement social, pas de se précipiter pour aboutir au meilleur gouvernement qui fera à la place de....

Ca, ça ne marche pas (du moins rarement).

Si une gauche vraiment honnête devait se présenter unie aux élections européennes, NPA, P de G et PCF, voir LO, ça ne serait pas avec comme objectif d'obtenir le + de députés dans un parlement européen sans pouvoirs, mais pour aider le mouvement social, son indépendance organique des partis, son unité , sa démocratie...

C'est le mouvement social, l'aide qu'on pourrait lui donner qui donnerai sens à une campagne électorale.

Et cerise sur le gâteau il y aurait des députés...

Pour ce qui est du P de G et du PCF, si ils veulent l'unité, il leur faut comprendre qu'ils doivent ne pas compter que ce soit toujours au NPA, à LO et à d'autres de faire des concessions.

Écrit par : copas | 29/12/2008

Copas, tu écris : « Ce qui me semble important, en France, c'est le travail pour aider à reconstruire ce mouvement social, pas de se précipiter pour aboutir au meilleur gouvernement. »
J’ai bien connu mai 68, j’étais présent de la première à la dernière manifestation. J’ai vu aussi autour du 10 mai les jeunes ouvriers de Michelin venir par centaines nous rendre visite dans les facultés. Ils n’avaient qu’un seul mot à la bouche : « on veut faire comme vous !» La « grève générale » se déclencha ainsi, sans, me semble-t-il de mot d’ordre central. Une fois la négociation terminée, il y avait bien autre chose à faire que d’aller aux urnes et de rentrer dans les usines, ne serait-ce que de pousser l’avantage, de former un gouvernement par exemple avec la SFIO et le PCF. Oui, mais depuis plusieurs années, la « gauche » avait d’autre plan en tête. La SFIO s’était noyée dans un grand ensemble, avec pas mal de petits partis, de gauche et du centre, c’était la FGDS. Et le PC était à la remorque de ce machin. Le PC qui avait déjà appelé à voter Mitterrand en 1965, Mitterrand qui n’était même pas alors « socialiste ».
Je me souviens des pleurs de Quillot, maire adjoint de Clermont-Ferrand, professeur de lettre à la fac, partie prenante de ce grand rassemblement du centre aux communistes : « Vous fichez tout en l’air ! » Eh, oui, nous avions totalement chamboulé leur belle stratégie de conquête du pouvoir, devenue obsolète après l’émergence du mouvement. Après 68, c’est ce qu’ils firent. Plus de dix pour arriver enfin au pouvoir. Puis à partir de 1982-83, faire l’inverse de ce pourquoi ils avaient été élus.
Tout ça pour te dire que c’est la conjugaison d’un mouvement social déterminé et d’un gouvernement, sinon issu de ce mouvement, du moins porté et surveillé par lui qui est important. Le mouvement seul n’arrive à rien. Les acquis sont toujours plus ou moins repris à la longue et il faut toujours recommencer. Un gouvernement « ouvrier » (mais aujourd’hui on aurait bien du mal à le constituer), seul ne peut que se retourner contre le salariat. On l’a vu encore entre 1997 et 2002, quelque soit la sincérité de ceux qui y sont.
Voilà ce que j’ai voulu dire.

Écrit par : Gilles | 29/12/2008

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