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02/12/2008

La révolution ? Inch Allah !

Les révolutionnaires d'aujourd'hui sont avares de pronostics. Il faut les comprendre. Minoritaires, n’ayant pas accès au parlement, pris dans les médias pour des rêveurs, sympathiques ou inquiétants  - même si leurs propos semblent aujourd’hui connaître une embellie dans une « opinion publique » déconcertée par la crise -, n’ayant dans le mouvement syndical qu’une influence marginale, rien ne semble les mettre en position favorable pour accéder un jour au pouvoir. D’autant plus qu’ils refusent très clairement de participer à des alliances avec la gauche parlementaire.

A une toute autre époque, jamais, ni Marx, ni Lénine, ni Trotski n’auraient tenu un tel langage. Pour eux la révolution était imminente. Il fallait seulement attendre la bonne opportunité, s’armer d’un peu de patience et se préparer en conséquence. Les révolutionnaires d’aujourd’hui n’ont pas cette confiance. Ils sont fatalistes. Ce qui ne les empêche pas, paradoxalement, d’appeler à la lutte, au « tous ensemble », à la « convergence » de mobilisations dont ils savent pourtant qu’elles ne sont pas en mesure de  modifier, dans l’immédiat, les rapports de force.

De cette attitude, qui conduit fatalement au repli sur soi, on en avait hier soir une bonne illustration à « Complément d’enquête » sur France 2. Titre de l’émission : « La France voit rouge ». Tout un programme où l’on pouvait voir des ouvriers révoltés, suivre Besancenot et Laguiller prendre le train pour aller soutenir des salariés frappés par un plan social, un reportage consacré à ces jeunes de Tarnac accusés d’avoir saboté les lignes ferroviaires et un autre à une réunion interne du Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot à Lyon.

L’interview d’Arlette donnait en quelque sorte le ton général de ce document consacré aux révolutionnaires respectables. Aucune révolte ne perçait dans les propos de la vénérable porte parole de Lutte ouvrière. Rien à voir avec la saine colère des ouvriers vus précédemment. Au lieu de cela, l’étalage de cette bonne conscience du révolutionnaire éternel, certain d’avoir fait son boulot sur terre avant de passer la main. Curieusement, Besancenot, que l’on a connu plus vindicatif, tenait des propos tout aussi mesurés.

Mais c’est finalement le dirigeant de la LCR de Lyon (30 ans de militantisme) qui fournissait la clé de cette apparente sérénité qui est celle du croyant fervent. A la question du journalisme l’interrogeant sur cette impatience qui pourrait être le moteur d’une « montée d’une certaine ultragauche » (voir les déclarations de plusieurs ministres), il répondait très clairement qu’il y avait une dichotomie entre une perspective révolutionnaire imprévisible (elle pourrait intervenir dans les dix prochaines années ou dans un siècle) et les souhaits d’une génération.

A contrario, il faisait preuve au cours d’une réunion interne du NPA, d’un immobilisme langagier forcené face à un nouvel adhérent s’interrogeant sur l’emploi d’un certain vocabulaire et plus généralement sur la façon la plus opportune de faire de la politique aujourd’hui. Le révolutionnaire éternel, c’est cela. D’un côté, il ne touche pas au dogme, figé dans son droit canon ; de l’autre il s’en remet au « ciel ».

Mélenchon, invité en conclusion de cette émission, apparaissait bien plus vivant et mobilisateur : « Un front de gauche peut être majoritaire aux Européennes », pronostiquait-il, déclenchant l’hilarité de Benoît Duquesne. Très certainement, Mélenchon se trompe, mais au moins offre-t-il  à ses partisans un objectif concret, une poire pour la soif, en attendant le « grand soir ».

Commentaires

Alors, tous chez Mélanchon!!!!!

Écrit par : sim | 02/12/2008

Pas certain. Les gens ne sont pas fous. Entre le pessimiste millénariste des révolutionnaires éternels et l’enthousiaste opportunisme d’un réformiste défroqué, il y a de la marge. Je persiste à penser que c’est au sein du NPA que se mène la bataille centrale, que c’est bien là que peut se construire ce nouveau parti. Mais pour cela il faudrait précisément que les gens qui pourraient être séduits par Mélenchon, réfléchissent. Mélenchon, c’est le piège, séduisant, d’une autre impasse.

Écrit par : Gilles | 02/12/2008

Aujourd'hui le grand soir devrait être pour le moins Européen,le contexte Franco Français n'y suffirait pas,car voué à l'échec économique Alors tout ces clowns tristes le savent pertinemment Je reconnais toute fois qu'ils œuvrent, d'utilité publique dans la mesure ou ils catalysent ceux pour qui la frustration sociale les mèneraient vers des passages à l'actes violents Les discours enflammé et les manifs sont d'excellent exutoires Et puis c'est très formateur pour les jeunes qui veulent se lancer dans la politique Beaucoup d'homme politique ,de droite comme de gauche ,y ont fait un passage plus ou moins long Pour certains comme Melanchon c'est devenu leur fond de commerce,la marque qui leur permet d'exister Un créneau politique ou il n'y a pas foule et ou perdre,c'est une victoire contre le grand méchant loup,qui s'abreuve du sang des travailleurs

Écrit par : antimythe | 05/12/2008

pour que le peuple se revolte il n y a pas besoin d appartenir a un parti politique c est devant l evidence que les francais reagissent ils sont comme ca mais moi je dis qu ils se revolteront cette annee
car on nous ment sur toute la ligne le clerge moderne en a assez
on parle d esclavage anterieur mais l esclavage moderne existe bel et bien des enfants qui travaillent dans ce monde qui sont vendus par leur propre famille les patrons qui s en mettent plein les poches
le profit sur le dos du peuple alors vous etes encore contents et aveugles ou si ignards bonne entente ouvrez vos oreilles

Écrit par : GENDREAU | 24/02/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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