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24/11/2008

Mouvement social : la solution est politique

Déjà durement touché par vingt années de « pur capitalisme », le mouvement social prend la crise de plein fouet et courbe l’échine. C’est peu dire que les directions syndicales ne sont pas à la hauteur mais ce n’est pas de ce côté-là que l’on peut espérer un sursaut.  Ça ne va pas plus fort du côté de ces milliers de militants actifs, prêts à la bagarre, qui rongent leur frein, cherchant désespérément à organiser la résistance. A ce titre le cavalier seul de SUD-Rail contre la politique de la direction de la SNCF est emblématique de la conjoncture. On ne peut rien, seul contre tous.

Et pourtant, il serait faux de dire qu’il ne se passe rien. La crise interne du PS, le départ du « vieux » parti de quelques centaines de socialistes derrière Mélenchon, la popularité de Besancenot, sont autant de signes que rien n’est définitivement réglé et que l’on cherche une issue. Mais cette issue, dans l’immédiat, ne peut pas être sociale. A quoi bon se disent les salariés lutter alors que nous n’avons aucune alternative politique à court terme pour changer la donne dans l’ensemble du pays, car entreprise par entreprise, impossible de gagner. Même dans la fonction publique où l’on ne risque rien, ni répression syndicale et encore moins le chantage à la délocalisation, le mouvement gréviste est incapable de faire reculer le gouvernement sur les suppressions de milliers de postes.

Evidemment la résolution politique à cette crise ne réglera pas tout. Même après une victoire de la gauche en 2012, il est certain que les patrons ne changeront pas leur fusil d’épaule, qu’ils ne se mettront pas à céder sur les salaires ou à arrêter de licencier ou de délocaliser. C’est la logique du capital de procéder ainsi, d’autant plus en temps de crise. Il faudra donc bien une mobilisation sociale pour les contraindre. Mais au moins la droite ne sera plus aux commandes.

Oui, mais la gauche peut-elle gagner en 2012 ? Et puis peut-on faire confiance aux socialistes pour écouter le mouvement social ? Et entre temps que faire ? Si c’est la « gauche » Royal-Aubry qui gagne, il ne faudra pas attendre de miracles. Nous connaissons tous leur capacité à détourner le mouvement de ces objectifs et faire au pouvoir le contraire de ce qu’ils ont affirmé dans l’opposition. Mais le PS n’est pas toute la gauche. De la gauche du PC à Besancenot en passant par Mélenchon et des dizaines de milliers de militants anticapitalistes et antilibéraux, c’est une autre gauche qui s’organise. Elle ne sera pas majoritaire, elle n’avancera pas toujours en toute clarté, mais au moins le PS ne pourra pas faire ce qu’il veut. Du moment que cette gauche là ne cédera en rien sur l’essentiel à ce parti, alors tout sera permis. Et le mouvement social, revigoré par cette gauche de la rupture, pourra entrer en action.

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