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21/11/2008

La « gauche » du PS se saborde

Ça va être quand même difficile à Hamon de justifier son ralliement à Aubry comme allant dans le sens de «  l’intérêt de la gauche ». « L’intérêt de la gauche » serait donc de reconduire à la tête du PS ceux qui l’ont définitivement plombé du côté du social libéralisme : quatre 1er ministre de la gauche au pouvoir, par ordre chronologique Mauroy, Fabius, Rocard et Jospin, plus celui qui incarna longtemps la droite du PS : DSK.

C’est que la fable d’un affrontement gauche-droite au PS, Royal représentant la « droite », et tous les autres la « gauche », sert tous les intérêts, même les plus mesquins. Hamon, qui aspire certainement à un destin national, sait très bien, qu’au PS, ce ne sont pas les idées qui comptent - ils ont tous signé le même texte principiel -, mais la posture. Et qu’en temps de crise, celle du Saint-Michel pourfendant les dragons capitalistes, permet de se positionner sur de solides bases pour arbitrer.

Au PS, c'est bien connu, on a toujours besoin d’une « gauche ». Elle fait et défait  les majorités comme on l’a vu si souvent. Mitterrand s’en est servi pour abattre Mauroy puis Rocard. Jospin, Fabius (en 2005), Hollande en ont aussi abusé. Sans la « gauche » pas de synthèse au Mans. La même manœuvre a même failli réussir il y a quelques jours à Reims.

Si j’étais « socialiste », et un tant soit peu intelligent, je ne me laisserais pas prendre à ce jeu de dupe. Car si j’étais « socialiste », je serais comme Royal, Aubry ou Hamon, pour l’économie de marché et les institutions de la Ve république, mais je me poserais une question très simple : que faut-il faire pour revenir au pouvoir ? Car pour tous ces « apparatchiks », c’est bien la seule chose qui compte. Et je répondrais : trouver de nouvelles alliances, pardi, au vue des scores des Verts et du PC ! Mais évidemment pas du côté de Besancenot puisque lui et ses amis sont hostiles au système mais de l’autre, du côté du centre droit, du côté de ces classes moyennes dont le portefeuille est à droite et le cœur à gauche.

Car c’est bien là la seule issue possible pour les socialistes. Dire enfin la vérité ; dire qu’il s’agit pour eux de défendre cette économie en la rendant plus acceptable, moins cruelle mais sans rien changer au fond. Or ce langage de vérité, Royal est la seule à le tenir. Alors, si j’étais « socialiste », je voterai Royal. Ça éviterait le double langage et les arnaques d’après victoire.

« Oui, mais !», me dira-t-on, quid des « classes populaires » ? Ou bien : aucunes marges de manœuvre pour des réformes sociales, une fois au pouvoir ! Surtout avec des alliés de droite. L’alliance de la SFIO, du PCF et des radicaux en 1936 dans le Front populaire a-t-elle empêché la réforme des congés payés et des 40 heures ? Non, même si ce n’était pas inscrit au programme du Front, même si c’est finalement la grève générale qui les ont imposées. Mais si je comprenais ça, je ne serais pas « socialiste », mais antilibéral conséquent, c'est-à-dire anticapitaliste.

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