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18/11/2008

A la gauche du PS, on trépigne

La crise non résolue du PS va exciter les appétits. En premier lieu ceux d’un Bayrou pour qui la victoire annoncée – et à quel prix – de tout ceux qui ont eu à tremper à un haut niveau dans la politique gouvernementale depuis 1981 (Mauroy, Fabius, Rocard, DSK…) est une sacrée aubaine. On peut faire la même hypothèse à la gauche du PS. Car contrairement à ce qu’affirment les médias, toujours près au raccourci, ça va se bousculer entre le PS et le NPA de Besancenot. Prenons les un par les un.

Les Verts. Ils étaient finis, laminés. La proposition de Cohn-Bendit et l’appui de Hulot les a réveillés. Ils peuvent espérer faire un bon score aux Européennes en faisant le choix du cavalier seul et en instillant un peu de social dans leur programme. Ça ne coûte rien et ça peu rapporter.

Le PC. C’est le plus malade de la bande. Mais ils ont encore quelque 10.000 élus. Mélenchon leur offre une bouée de sauvetage, pas par bonté d’âme, mais parce que l’ancien socialiste aura obligatoirement besoin d’eux pour constituer ses listes et rebondir le plus vite possible après sa sortie par la petite porte du PS. Mais Mélenchon peut-il sauver Buffet et ses amis ? Le veulent-ils d’ailleurs ?

Les « antilibéraux ». Remis du fiasco Bové, relancés par l’Appel de Politis, ils cherchent une porte de sortie. Le frein mis par le courant UNIR de la LCR et les unitaires du PC à la constitution d’une nouvelle organisation politique ne va pas résister longtemps à la proposition des mélenchonistes.

Lutte ouvrière. Qui sait ce que prépare aujourd’hui LO ? On voit mal LO revenir vers le NPA. Pourtant qu’est-ce qui sépare aujourd’hui ces deux organisations : pas grand-chose. Il y a plus de différences entre le NPA et les autres (PC, antilibéraux, etc.) qu’entre LO et le NPA. Mais si LO était logique avec ce qu'elle a expliqué en 2008 elle proposerait de rejoindre les listes du PS comme aux municipales (!?)

Le NPA. C’est celui qui a le vent en poupe, celui à qui tout réussi. Attention cependant au retour de bâton. On voit mal comment une liste commune (gauche des Verts, PC, antilibéraux et NPA) pourrait se constituer. Le NPA a claironné qu’il envisageait d’être autour de 10.000 d’ici la fin janvier. Le danger, c’est que le NPA se retrouve seul, ou quasiment en juin, et que les adhésions ne soient pas à la hauteur de l’objectif au terme choisi. Le NPA tout juste constitué peut-il se payer à la fois une défaite électorale et une révision à la baisse de ses ambitions ?

La grosse inconnue c’est aussi l’état à venir de la mobilisation sociale. Le NPA parie sur le développement des luttes. Il mise même tout là-dessus, sa chemise et son pantalon. En bons « électoralistes », Mélenchon, le PC ou les Verts s’en moquent. Mais, suffit-il de prier tous les saints anticapitalistes pour faire arriver la pluie ? C’est le point faible du NPA, sa confiance aveugle dans une mobilisation qui peine à décoller. C’est même son talon d’Achille.

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