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15/11/2008

Détruire le PS. Oui ! Royal le peut

Entre Royal et Besancenot il n’y a rien mais beaucoup de monde qui s’interroge. La querelle des chefs au PS n’est qu’un écran de fumée. Derrière, ce qui se joue, c’est la disparition du « vieux » parti, l’héritier de la SFIO, le lointain rejeton du parti de Jaurès et de Guesde, produit miraculeux en 1905 de la fusion de plusieurs groupes ouvriers qui se tiraient la bourre depuis la Commune. Il y a donc réellement de quoi inquiéter les dizaines de milliers d’élus qui en vivent de ce parti et au premier chef tous ceux qui furent une, deux, trois fois ministre, et qui s’y verraient bien de nouveau un jour proche et pourquoi pas, tout en haut de la pyramide : grand sachem.

Il faut dire qu’en 1981, il revenait de loin le PS. Quasi moribond à la fin des années 60, s’étant compromis jusqu’au cou dans « l’affaire algérienne », ayant , par sa politique, précipité le retour d’un de Gaulle qui méprisait ses chefs (et il avait bien raison), sa renaissance au milieu des années 70 tint du miracle, fruit des alliances entre un politicien de droite qui jouait là sa dernière carte et une bande de jeunes bourgeois, arrivistes et pressés d’occuper le pouvoir. Leur coup de maître : bâtir un authentique projet social-démocrate et convaincre un parti stalinien qu’il avait tout a gagné au change. Le « peuple de France » les prit aux mots : on allait « changer la vie ».

En moins d’un an de pouvoir, le projet fut mis au placard. Très vite les « socialistes » ne jurèrent plus que par l’argent. Tapis et les « affaires » les plombèrent quasi définitivement. On croyait qu’ils étaient morts. Chirac leur offrit une dernière chance qu’ils gâchèrent, réussissant l’exploit de rendre impopulaire chez les ouvriers une loi pourtant inscrite, dès 1936, dans le programme des… trotskistes : les 35 heures. En 2002, Chirac fut réélu avec plus de 80 % des voix.

La crise ouverte en 2002 connaîtra-t-elle son dénouement  dans quelques jours à Reims ? Rien n’est moins sûr. C’est que la mise au rebus de l’illusion social démocrate pose de sérieux problèmes. Formaliser comme le souhaite Royal une ouverture au centre s’est prendre le risque de s’aliéner définitivement les « classes populaires » pensent-ils ? Ils n’ont pas tort. Mais on peut faire la même chose sans cela. Les socialistes l’ont suffisamment montré jusqu’ici. Ce n’est pas plus la réaction de leurs alliés qui les gêne. Ils en ont vu d’autres et le poids électoral de ces satellites est si faible qu’ils ne risquent guère de se montrer exigeants.

Alors quoi ? La peur du vide, voilà ce que ressentent les socialistes au bout du terme. Ils ne connaissaient jusqu’ici qu’une méthode : se faire passer pour ce qu’ils ne sont plus, socialistes. Et que leur propose Royal ? De s’assumer tels qu’ils sont devenus : des démocrates libéraux, au sens anglo-saxon du terme. Finies, terminées, nada, à la trappe, les envolées sociales des Hamon et consort. Un seul programme : « fra-ter-ni-té ! » et nous, les bons gestionnaires, nous nous occupons du reste. Il y a de quoi être effrayé. Même si l’on peut ne pas croire une seconde à la flamme sociale de tous ces gens, on peut les comprendre. Sauter dans l’inconnu, sacré mâtin, quel programme !

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