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11/11/2008

Besancenot… tous derrière et lui devant

Que serait le NPA sans Besancenot ? Evidemment ce serait une absurdité de réduire le NPA à la seule personnalité du « facteur de Neuilly », et pourtant  j’en arrive à me demander : « et s’il n’existait pas ? » Car l’orientation que prend depuis quelque temps le NPA est en quelque sorte masquée, brouillée, par le bon aloi du facteur. Quoique ? Sa « sortie » assez vive, à ce que l’on m’en a dit, au meeting parisien du 6 novembre montre que l’on n'est plus désormais dans le temps de la tempérance. En clair, la crise aidant, l’affirmation des réponses du NPA comme les seules possibles, à l’exclusion donc de toutes les autres, ne sont pas un signe d’ouverture.

La coordination nationale qui débattait les 8 et 9 novembre à la Plaine Saint-Denis des textes Principes Fondateurs et Orientation (plan d’urgence), elle aussi, a montré les limites du dialogue avec d’autres courants anticapitalistes. Aucune voix discordante n’a pu réellement s’exprimer, bridée par un fonctionnement dit "au consensus", mais qui permet surtout d’éliminer tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule du « parti des luttes ». Que disent ces textes ? Que l’objectif c’est la convergence des luttes, leur généralisation vers un nouveau Mai 68. Bien qu’ils ne le disent pas d’une façon aussi tranchée, pour qui veut bien lire là où se niche cette orientation gauchisante, il y a de quoi faire. Et quand ce n’est pas assez, il se trouve toujours un ou une camarade de la fraction Etincelle de Lutte ouvrière pour en rajouter une couche : les luttes ! Les luttes ! Les luttes !

Evidemment tout ceci est absurde. Où sont-elles ces luttes ? Dans le texte on cite celle des ouvriers du Livre des NMPP ! Je les aime bien, mais quand même, ce n’est pas exactement le modèle de la lutte offensive à prendre comme exemple ! On aurait pu tout aussi bien parler de la CAMIF où les salariés après plusieurs plans sociaux avalisés par le syndicat FO se retrouvent le dos au mur, quémandant quelques euros à l’Etat qui s’en fiche. Mais il y a les travailleurs de l’automobile (Renault, Peugeot). Besancenot s’est beaucoup investi ces derniers jours à leurs côtés. Mais ni la LCR et encore moins le NPA ont un quelconque poids dans ce secteur, et pas plus à la SNCF et autres secteurs décisifs.

Plus globalement le NPA n’est qu’un mouvement en devenir, encore très peu implanté, sans réelles assises syndicales et ouvrières. Tout est à faire ou presque et c'est le bon moment pour commencer ce travail. Mais un mouvement social ne se décrète pas, il se construit, et certainement pas à coups de déclarations enflammées et péremptoires. Mais le plus inquiétant c’est à l’intérieur du nouveau parti que ça se passe. Qui n’est pas sur cette ligne, est évidemment droitier, au mieux, réformiste au pire, quand on le taxe pas « d’électoraliste », l’injure suprême. Mais d’où tient-il sa notoriété et sa popularité  Besancenot ? Des luttes ou des élections ? LO a joué le même petit jeu durant dix ans. On sait comment ça s’est terminé : autour de 1% et une retraite bien méritée pour cette brave Arlette.

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