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12/10/2008

L’antilibéralisme discret de la « gauche » du PS

La « gauche » du PS montre des dents déjà bien élimées. Parmi les mesures préconisées par Benoît Hamon (création d’un pôle financier public à côté du secteur bancaire privé ; favoriser l’investissement à long terme de la recherche et d’une croissance verte ; taxer les flux financiers en provenance des paradis fiscaux...), rien de précis sur les salaires dont la compression au niveau mondial est, comme nous l’avons ici maintes fois expliqué, l’une des clefs de voûte du système mis en place dans les années 80 par les politiques néo-libérales. Tout au plus, l’apprenti Robespierre invoque-t-il le souhait d’ « en finir avec ce système qui privilégie depuis trente ans la rémunération des actionnaires à celle des salariés, par exemple en posant un certain nombre de restrictions au libre-échange pour éviter le dumping social ou environnemental de certains États. » En finir ? Oui, mais quand et comment ? Mystère !

 

En cela, la « gauche » du PS ne se démarque guère des libéraux reconvertis récemment en partisans d’une régulation et d’une « moralisation » d’un système dont ils applaudissaient hier encore les exploits. Tous sont au moins d’accord sur un point : les salaires devront être maintenus en l’état, quoiqu’il advienne. Ainsi, avant même de savoir quel effet aura sur le marché les mesures prises par le G8 et l’Eurogroupe, mesures largement inspirées par le plan Gordon Brown, le salariat est averti : tout sera fait pour préserver et réalimenter la belle machine à engranger les profits mais pas un kopeck pour ceux qui, par leur travail, créent les richesses.

 

Le salariat doit donc s’attendre au pire. Non seulement il risque d’être frappé par un retour en force du chômage mais il devra également se résigner à voir son pouvoir d’achat, au mieux maintenu dans des basses eaux, au pire rogné un peu plus encore. Ce pronostic est d’autant plus inquiétant que rien ne dit que le retour à la normale est pour bientôt. L’atonie du mouvement social est en effet un atout pour tous ceux qui entendent tirer les meilleurs profits d’un prolongement du krach. C’est pourquoi, la « gauche », en restant dans les limites de l’acceptable pour le Capital, prend le risque d’alimenter un peu plus encore cette formidable entreprise de démoralisation que constitue cette crise.

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