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11/10/2008

Terrorisme financier

Plus fort que Ben Laden !  En quelques semaines, les voyous de la haute finance ont fait mille fois plus pour dynamiter le système économique mondial que ne l’avaient fait les kamikazes du 11 septembre. Et ils l’ont fait de l’intérieur. Après l’effondrement des deux tours, les bourses avaient d’ailleurs connu l’une de leur plus belle envolée. Aujourd’hui, elles s’effondrent et jouent la crise jusqu’à plus soif.

 

Rien d’irrationnel là dedans. C’est la logique de la purge qui l’emporte et peu importe les dommages collatéraux. A cet égard, Ben Laden n'est pas plus nocif à l'équibre du monde que les petites racailles le sont à l'échelle des banlieues. La voyoucratie mondialisée de la haute finance a des armes de destruction massive autrement plus efficaces.

 

C’est bien pourquoi cette crise, contrairement à ce que l’on nous explique, ne va pas déboucher sur une « moralisation », c'est-à-dire une réglementation contraignante. Elle va bien plutôt servir à masquer l’essentiel. Le crime ayant été commis, on va tenter d’en détruire toutes les preuves. Car il faut bien se mettre dans la tête que le Capital ne va pas remettre en cause ce qu’il lui a permis de s’enrichir depuis une trentaine d’années dans des proportions jamais vues.

 

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que cette crise n’est que la résultante de politiques mises en place au début des années 80 dont le principal objectif était la reconquête sur le Travail d’une partie de la richesse produite et ce, grâce à des politiques d’abaissement généralisé du coût du travail. D’où, pour faire fonctionner malgré tout le système (c'est-à-dire éviter une crise de surproduction), l’endettement des ménages et la création de cette bulle nourrie par l’inflation inconsidérée du crédit.

 

Que faudrait-il pour inverser cette tendance ? Que le Travail se mêle de cette crise et impose ses solutions, en premier lieu une hausse généralisée des salaires. La grande chance du Capital, c’est que l’accumulation des défaites a transformé le salariat en spectateur de la crise, incapable dans l’immédiat de réagir. A moins que la crise ne se prolonge, que la récession dure non pas quelques mois mais plusieurs années et que la résistance du salariat s'organise.

 

C’est pourquoi les Etats du G7 tentent de reprendre la main le plus vite possible quitte à s’endetter encore plus. Il y va évidemment de leur statut de puissances mondiales, régionales, nationales. Mais le Capital mondialisé s’est largement affranchi des frontières. Il est apatride. Ce qu’il vise c’est une croissance à la chinoise ou à la russe. Réussira-t-il à l’imposer ?

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