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09/10/2008

Purgeons bébé !

A quoi servent les crises ? Personne n’ose en parler. Elles ont pourtant leur utilité. Ce trop plein d’argent fictif, sans solvabilité, il va bien falloir s’en débarrasser. C’est alors que la crise joue son rôle, celui d’une grande purge. Il faut donc s’attendre au pire pour les mois à venir. Au vue de l’ampleur des pertes, la récession va être terrible. D’autant que la crise financière n’est pas la seule responsable. La crise de l’automobile, par exemple, – l’un des moteurs de la croissance des années 70-80 –, n’a pas grand-chose à voir avec la crise immobilière aux Etats-Unis ; pas plus que la hausse des matières premières au cours des derniers mois.

On assiste en réalité à plusieurs types de crises qui s’enchevêtrent et finalement à une crise globale d’un mode de développement qui était présenté il y a quelques semaines encore comme idéal, le nec plus ultra. Que ce qui lui servait de carburant vienne à manquer et tout s’écroule. Et ce n’est pas prêt de s’arranger car la planche à billets des Etats déjà lourdement endettés ne pourra pas servir longtemps de prothèse. L’inflation guette. C’est bien pourquoi les banques centrales ont tardé à intervenir.

Ce qui ne signifie pas pour autant que l’argent manque ; c’est sa disponibilité qui n’existe plus. Si les banques saines ne veulent plus prêter, cela ne signifie pas qu’elles n’ont plus de liquidité mais bien plutôt qu’elles attendent des jours meilleurs. C’est sans compter également sur les actifs de toutes ces grandes entreprises mondiales qui ont ces trente dernières années engrangé des profits considérables. Toutes n’ont pas fait de mauvaises opérations. Elles aussi attendent la purge. A l’issue de chaque crise on assiste toujours à une plus grande centralisation du capital.

Enfin, même s’ils ne sont pas à l’abri du tsunami, des pays émergents peuvent tirer également profit de cette purge. Une crise, c’est aussi une redistribution des cartes au niveau mondial. Peut-être que dans quelques années on s’apercevra que deux pays, la Chine et la Russie, auront su tirer les marrons du feu de cette première crise du siècle. Qui l’eut cru ? La Chine et la Russie ! Ironie de l'Histoire ! Victoire post-mortem du « communisme » !

Tous anticapitalismes !

 

Alain Krivine a piqué une grosse colère jeudi soir chez Tadéï à France 3. Face à un aréopage politiquement très large d’écrivains et d’experts (d’un représentant de l’ex Nouvelle droite reconverti à la décroissance au Suisse Jean Ziegler en passant par un écrivain chiraquien et deux économistes, un strausskahnien du PS et un haut fonctionnaire), le fondateur de la LCR n’a pu que constater non sans ironie: « Vous voilà donc tous devenus peu ou prou anticapitalistes ! » Et Krivine de poursuivre : « Parlons concret : nous, la LCR, le NPA, avons des propositions, les voici : levée du secret bancaire ; création d’une banque de service public sous contrôle de la population ; interdiction des licenciements ; minima sociaux à 1.500 euros nets ; 300 euros pur tous… » Réponse du haut fonctionnaire : « Nous sommes en gros d’accord… » A quelques bémols prêts, mais pas des moindres, en particulier sur les licenciements. Et d’expliquer alors que ces mesures étaient des mesures de réforme du système, pas celles de sa mise à mort. Krivine en rit certainement encore.

 

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