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08/10/2008

Le capitalisme est un bloc

Pour les besoins de leur cause - défendre coûte que coûte un système failli - les partisans de l’économie de marché capitaliste tentent de différencier le capitalisme financier du capitalisme d’entreprise. Or l’un ne va pas sans l’autre. Sans le capitalisme financier pas de capitalisme d’entreprise. Le grand régulateur de la vitesse de la circulation absolument nécessaire au bon fonctionnement de l'ensemble du système et donc à sa survie, c’est le crédit.

 

Dans les pages consacrées au crédit (Livre III du Capital), Marx en présente ainsi le fonctionnement : « C’est la suppression du mode de production capitaliste à l’intérieur du mode de production lui-même, donc une contradiction qui se détruit elle-même (…) Elle fait renaître une nouvelle aristocratie financière, une nouvelle espèce de parasites (…) tout un système de filouterie et de fraude (…) C’est la de la production privée sans le contrôle de la propriété privée (…) »

 

Comme nous le voyons, le phénomène n’est donc pas nouveau. Marx encore : « Voici les deux aspects de la caractéristique immanente du système de crédit : d’une part, développer le moteur de la production capitaliste, c'est-à-dire l’enrichissement par l’exploitation du travail d’autrui pour en faire le système le plus pur et le plus monstrueux de spéculation et de jeu, et pour limiter de plus en plus le petit nombre de ceux qui exploitent les richesses sociales ; mais, d’autre part, constituer la forme de transition vers un nouveau mode de production. » Marx entendant par là que ce système renferme de « façon latente » « la suppression de la propriété capitaliste ». Car la crise « est un puissant moyen de centralisation de la richesse financière ».

 

Toujours dans ces pages Marx emploie quasiment les mêmes termes que nos analystes d’aujourd’hui pour décrire la crise : « une quantité énorme de ces effets ne représente que des affaires spéculatives qui, venant à la lumière du jour, y crèvent comme des bulles. » Dans le même chapitre, quelques lignes plus loin, il évoque également précisément ce que font actuellement tous nos Etats et nos banques centrales : « la Banque d’Angleterre s’avise alors de donner à tous les spéculateurs, en papier-monnaie émis par elle, le capital qui leur manque, d’acheter à leur ancienne valeur nominale la totalité des marchandises dépréciées. »

 

Si donc ce phénomène n’est pas nouveau, c’est bien qu’il est inscrit au cœur même du système partiquement dès l'origine : « C’est le fondement même de la production capitaliste qui veut que de l’argent apparaisse en tant que forme autonome de la valeur en face de la marchandise (…) En période de crise où se produit un resserrement du crédit ou une disparition totale du crédit, l’argent apparaît soudain absolument en face de la marchandise (…) ». Il s’en suit immanquablement une dépréciation générale des marchandises. « Ainsi la valeur des marchandises est-elle sacrifiée pour garantir l’existence mythique et autonome de cette valeur qu’incarne l’argent (…) Aussi faut-il, pour sauver quelques millions d’argent, sacrifier bien des millions de marchandises. »

 

Et Marx de conclure : « Ce phénomène est inévitable en système de production capitaliste et en constitue une des beautés. »

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