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22/09/2008

Le PS peut-il contrecarrer la poussée du NPA ?

Le NPA aurait tort de ne pas s’intéresser à ce qui va se passer au PS dans les prochains mois parce que ce parti reste le seul parti dominant à gauche (et très largement) et qu’il constitue, dans l’immédiat, le seul porteur potentiel d’un débouché politique crédible en l’absence de radicalisation sociale. D’une certaine façon, l’atonie du mouvement social est une chance pour le PS. Elle lui donne du temps pour régler ses problèmes internes et l’incite à chercher une solution uniquement sur le terrain politique.

 

Quels sont les enjeux ? Il y a en premier lieu un problème de leadership. Aucune personnalité (Royal, Aubry ou Delanoë) n’arrive à s’imposer. Dans le système de la 5e république, dans lequel le PS s’est moulé et ne veut plus sortir, cette absence d’un leader reconnu et accepté par tous les courants paralyse le parti. Tant que cette question ne sera pas réglée la crise persistera. En second lieu il y a le problème des alliances. Seule Royal a le courage de la clarté. Sa proposition de travailler à un débouché politique avec le MoDem est conforme à la dérive droitière (social libérale) des socialistes. En revanche, en laissant planer le doute sur une telle alliance, en faisant comme si une gauche plurielle était encore possible, Aubry et Delanoë peuvent certes plus facilement, contrairement à Royal, devenir majoritaires dans le PS, mais ils prennent le risque de se retrouver très vite sans solution politique gouvernementale viable.

 

Quid des « alliés » du PS ?  Pour le PC, s’est entendu, aucune issue possible. Le PC est condamné à l’éclatement et à la dissolution. Le PC a manqué le coche en 2005-2007. Il aurait pu jouer le jeu du rassemblement antilibéral ; il a cru qu’il pouvait s’en servir à son seul profit ; il a échoué et ne s’en remettra pas. Pour les Verts, le projet de Cohn-Bendit est leur dernière chance. Ils peuvent en effet encore faire illusion. Qu’ils fassent entre 8 à 10 % aux Européennes et ils redeviendront provisoirement pour le PS un allié crédible. S’ils échouent, le parti Vert pourrait connaître le même sort que le PC.

 

Le temps joue pour le NPA. Dans la tête des Hollande-Aubry-Fabius-Delanoë, il y a apparemment le pari que, tôt ou tard, les socialistes seront en mesure de récupérer les débris du PC et des Verts. Mais cela risque de prendre beaucoup de temps. Ce temps qui joue pour le NPA et pour le mouvement social. Pour le NPA une solution viable à court terme à la crise du PS constituerait en effet un obstacle important à sa montée en puissance, d’autant plus en l’absence d’un mouvement social dynamique. C’est pourquoi le NPA ne peut uniquement s’en remettre à la renaissance de ce mouvement et se nourrir d’illusion sur l’impossibilité d’une solution à la crise du PS. C’est pourquoi le NPA devra dans les mois à venir montrer qu’il n’est pas seulement le porteur d’une radicalité sociale mais également celui d’une radicalité politique qui reste à définir.

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