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18/09/2008

Afghanistan : les raisons d’un retrait sans délais

Toutes les guerres ne se ressemblent pas. L’enjeu afghan n’est pas l’enjeu irakien. En Afghanistan, pas de pétrole, quant aux dangers que pourraient représenter pour ses voisins un Etat taliban, ils sont nuls. L’Afghanistan n’est ni l’Iran, ni la Corée du Nord, ni l’Irak de Saddam Hussein. Reste le pavot. On raconte que 90% de la production d’héroïne aurait sa source dans ce pays. Mais on raconte ce que l’on veut en la matière. Les meilleurs experts disent qu’ils n’en savent rien. Et puis les Talibans, quand ils étaient au pouvoir, avaient commencé à lutter contre cette culture. C’est l’intervention étrangère, puis la guerre, qui en a relancé la production.

 

Pour quelle raison alors l’Occident est-il intervenu dans cette région qui n’a aucun intérêt stratégique ou économique ? Pour éradiquer le terrorisme islamique ? Mais les auteurs des attentats du 11 septembre, de Londres ou de Madrid étaient-ils Afghans ? Non ! Pour établir la démocratie ? Mais alors pourquoi ne pas intervenir en Syrie ou en Arabie saoudite, terre d’origine du fondamentalisme religieux, mère partie de Ben Laden, qui a longtemps financé et finance très certainement encore de nombreux imams radicaux de part le monde. Ou bien encore au Pakistan, pays détenteur de l’arme atomique, politiquement instable où l’extrémisme religieux pactise avec les services secrets et certaines fractions de l’Etat et de l’armée.

 

Mais tout le monde sait que le phénomène taliban n’est que la version locale d’un cancer qui ronge l’ensemble du monde musulman qui se nourrit principalement de la misère, de l’absence de démocratie et de la corruption qui sévit dans ces pays. Pis, les auteurs de certains attentats se recrutent jusque parmi les jeunes de la deuxième génération d’immigration comme au Royaume Uni. Enfin les Talibans, contrairement aux islamistes marocains, algériens, saoudiens ou égyptiens n’ont jamais exporté leurs attentats. Ils sont restés dans leur montagne et n’ont jamais menacé ni les Etats-Unis, ni le Royaume-Uni, ni la France.

 

En fait le terrorisme islamique – et singulièrement en Afghanistan – n’est qu’un danger mineur, localisé. La crise financière qui se propage aujourd’hui constitue une tout autre menace pour l’équilibre du monde. Tout comme pourrait l’être à terme une Russie ayant retrouvée sa puissance d’antan ou une Chine accédant au rang de puissance mondiale.

 

Le choix de l’Afghanistan comme cible est donc purement symbolique, politique, idéologique. Les Talibans sont en quelque sorte les boucs émissaires d’une vaste opération de propagande dont les motivations ne sont certainement pas de promouvoir la démocratie dans le monde mais bien plutôt de montrer que les Etats-Unis n’entendent pas céder d’un pouce leur position de super-puissance et de gendarme du monde. Choix et avertissement dérisoires, eu égard à la pauvre et faible menace que représentent ces montagnards fanatisés.

 

Evidemment les Etats-Unis se fichent comme de leur dernière chemise du sort des femmes et des jeunes filles afghanes. Les néo conservateurs américains ne valent guère mieux, question droits des femmes. Alors pourquoi continuer à vouloir entretenir la fiction d'un Occident (dont la France) menant là-bas une guerre contre la barbarie ? Le sort des femmes afghanes ne vaut guère mieux aujourd’hui qu’au temps où les Talibans régnaient en maîtres. La corruption du régime soutenu par les armées occidentales est même un puissant ferment de revalorisation de leur ancien pouvoir. C’est bien pourquoi, les armées étrangères – dont le contingent français – doivent quitter ce pays, sans délais.

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