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11/09/2008

Organiser la riposte ? Oui ! Mais par où commencer ?

Le succès du « nouveau parti anticapitaliste » qui tiendra son congrès de fondation en janvier 2009 est bien réel si l’on en croit divers sondages et les premières rencontres de ce mouvement. Quelque 10.000 militants se reconnaîtraient déjà dans ce projet et ce n’est apparemment qu’un début. Suscité par la popularité d’Olivier Besancenot dans les couches populaires, chez les jeunes, les syndicalistes et dans les rangs même de la gauche parlementaire (parmi les militants du PCF, Besancenot fait jeu égal avec Marie-Georges Buffet) sur fond de situation économique et sociale très dégradée et de désengagement de la gauche, ce succès apparaît cependant comme un paradoxe.

Autant on peut dire que ce nouveau mouvement cristallise l’exaspération de nombreux salariés et un souhait non dissimulé de changer de gauche, autant il semble impossible d’espérer rapidement traduire cette radicalisation en actes. Besancenot et le NPA ont beau appeler à la riposte, au « tous ensemble », il est vraisemblable qu’il ne se passera rien. C’est que le mouvement social est au plus bas. Il n’est qu’à voir, par exemple, l’effet produit par l’annonce de 5.000 suppressions d’emplois chez Renault. Aucune colère, la résignation.

C’est que refroidis par des années de reculs syndicaux, les salariés ont bien compris qu’ils ne peuvent plus dans l’immédiat s’appuyer sur leurs organisations pour engager la lutte. Les directions syndicales semblent en effet avoir pris leur partie de cette situation. Même le projet de privatisation de la Poste ne suffit pas à leur faire redresser la tête. Un seul objectif les intéresse : savoir qui de la CGT, de FO ou de la CFDT sera en tête à la fin de l’année aux élections prud’homales ? Quant à SUD-Solidaire, trop petite pour être l’outil du déclic, elle ne peut qu’espérer prendre le train en marche. Mais faudrait-il encore qu’il se passe quelque chose, qu’une faille s’ouvre quelque part.

Alors Besancenot prêche-t-il dans le désert ? Aujourd’hui cela ne fait aucun doute. Même si son « prêche » est entendu ou écouté. Il faudrait cependant se méfier. Cette « résignation » n’est pas uniforme. Si le mouvement social est atone, aphone, le mouvement démocratique reste mobilisé comme en témoigne depuis plusieurs années déjà l’ampleur de la riposte à la « chasse » aux sans papier, et plus récemment la mobilisation citoyenne qui s’est faite autour de la légalisation du fichier des RG, le projet Edwige. Avec à la clé, une premier recul du gouvernement. Comme quoi, la lutte est possible et peut être payante, à condition de délimiter ces cibles. Le NPA à cet égard doit ainsi momentanément modérer ses appels à une riposte d’ensemble, impossible dans les conditions présentes, et axer plutôt son travail de mobilisation sur des points précis : le retrait des troupes de l’Afghanistan ; la lutte contre la vie chère et pour la hausse des salaires; la mobilisation contre la privatisation de la Poste ; l’abandon total et définitif du projet Edwige.

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