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18/05/2008

Alternative à gauche : vouloir n’est pas pouvoir !

55 personnalités viennent de signer dans Politis un appel intitulé " L’alternative à gauche, organisons-la ! ". C’est l’énième appel du genre et il a autant de chance d’être entendu que les précédents. Ce  n’est pas la qualité des hommes et des femmes qui est en cause – la plupart d’entre eux sont des hommes et des femmes sincères – mais l’objectif même de cet appel.

Vouloir une alternative est une chose. Qu’elle puisse se concrétiser en est une autre ! Pour se faire il faudrait que de forces politiques significatives de la gauche de gauche y consentent. Or aucun courant organisé, aucune force politique susceptibles de (ou inviter à) participer à un tel rassemblement ne souhaite, dans l’immédiat, y jeter toutes leurs forces : ni la " gauche " du PS ; ni la " gauche " des Verts ; ni le PC ; et d’autant moins Lutte ouvrière, sauf… et c’est là tout le paradoxe, la LCR. Et c’est justement parce qu’elle est la seule à vouloir changer la donne à gauche en en tirant toutes les conséquences (la dissolution à terme de la LCR) que ce courant a initié seule le projet d’un nouveau parti.

En fait la question centrale qui plombe cette alternative est la même que celle qui avait fait échoué la candidature commune antilibérale en 2007 faute de réponse claire. Y a-t-il à gauche du PS, au sein du PS lui-même, dans le PC, chez les Verts, une quelconque velléité de rompre clairement et définitivement avec la dérive gestionnaire social libérale des socialistes ? Non !

Ou bien ces courants pensent qu’il est encore possible de modifier le rapport des forces entre un social libéralisme dominant et un anti-libéralisme minoritaire. La victoire du " non " en 2005 aurait, soit disant, démontré que cela était possible. Mais c’est négliger un gros détail. Dans un premier temps la majorité du PS s’était prononcé pour le " oui ". Il avait fallu la manœuvre de Fabius, sentant le vent venir et pensant ainsi reprendre l’initiative au sein du PS, pour que les socialistes se divisent sur la question. Il avait fallu ensuite l’apport des votes d’une partie des électeurs de droite et de l’extrême-droite pour que le " non " l’emporte.

Ou bien, et cela est plus grave encore, ces courants ne souhaitent en fin de compte qu’une inflexion un peu plus à gauche du programme du PS, en gros un peu plus de social. On comprend dès lors que des personnalités qui ont participé à la gauche plurielle du gouvernement Jospin puissent signer un tel appel sans se renier. C’est l’emploi avec toutes ses ambiguïtés du terme d’anti-libéralisme qui permet de telles gymnastiques. Mais apparemment ce terme est encore trop fort. Dans cet appel il est non seulement pas question d’anticapitalisme, mais pas plus d’anti-libéralisme. Désormais il ne s’agit plus que de " transformation sociale et écologiste ".

On atteint là un sommet dans le genre sournois. Ainsi, d’appel en appel, on gomme tout ce qui pourrait déplaire. C’est ce qui avait été déjà tenté en 2007, pour séduire le PC, un PC qui ne devait pas aller trop loin lui aussi, pour ne pas rompre les ponts avec le PS… et ainsi de suite. En résumé le PS court après le centre ; le PC et les Verts court après le PS ; et la " gauche de transformation sociale et écologiste " court après tout ce beau monde. Cours toujours, comme dirait l’autre !

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