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30/04/2008

Céder ou résister ?

La cote de confiance des Français en Sarkozy a beau être au plus bas, le président n’en persiste pas moins dans ses " réformes ". Mais pourquoi devrait-il s’en priver ? L’opposition de " gauche " ? Elle n’existe pas ! Les confédérations syndicales ? Elles reculent, repoussant chaque jour l’échéance de l’affrontement dont elles ne veulent manifestement pas. Alors peut-être que, finalement, l’échec de la grève des cheminots en 2007 a été ce tournant que la droite attendait. La France serait donc mûre, mûre pour le dégraissage des acquis sociaux, mûre pour un Etat libre enfin de défaire ce que des générations de salariés avaient réussi à conquérir.

Ce n’est pas si simple. Si manifestement au niveau national la " gauche " semble avoir baissé la garde, à la base il semble bien que l’on commence à relever la tête. La lutte des salariés de la Redoute à Wattrelos est exemplaire à cet égard. Il y a aussi le mouvement de grève de quelque 500 " sans papier ". Et comme ça des dizaines de conflits locaux, pilotés par des équipes syndicales courageuses avec des salariés qui savent qu’ils risquent beaucoup à se battre ainsi, le dos au mur, mais beaucoup plus encore à ne rien faire.

Car désormais, pour le patronat, tout est permis. Belle illustration de cette conduite avec l’affaire de Peugeot Motocycles : " renégociez le temps de travail (sans augmentation de salaire) ou on délocalise ! " Et quand les médias s’emparent de l’info, ils ne s’embarrassent de rien pour trafiquer la réalité. Ainsi sur Europe 1 : " Avec un vote de trois voix "pour" sur quatre, les délégués de Peugeot Motocycles à Mandeure dans le Doubs et à Dannemarie dans le Haut-Rhin ont décidé mardi lors d'un comité central d'entreprise d'accepter le principe d'une renégociation de l'accord sur le temps de travail. " C’est ce que l’on a entendu sur les ondes. Néanmoins, quand on prolonge la lecture de l’article (publié sur le site de la radio) on peut lire : " La CGT (une voix, majoritaire chez les ouvriers), et la CFDT (avis consultatif sans élu titulaire) ont maintenu leur opposition. Elles dénoncent un "inacceptable chantage à l'emploi". FO a également donné un avis défavorable (consultatif). " Cela n’empêche pas cependant radio d’enfoncer le clou et de faire un reportage sur une autre entreprise (Bosch à Vénissieux) où les salariés avaient accepté en 2004 de passer à 36 heures.

Et gare aux récalcitrants. Goodyear donne le ton. La direction du fabricant mondial de pneumatique envisage ainsi de supprimer 402 postes à Amiens, suite au refus des syndicats de signer un accord sur la réorganisation du travail. Et c’est comme ça que, jour après jour, mois après mois, année après année, on fabrique une autre vérité, la seule qui convienne au patronat et à l’Etat : " il faut travaillez plus ", pour la compétitivité des entreprises, pour les retraites, pour la sécurité sociale et les dividendes... Quant aux salaires… ils attendront.

21/04/2008

Radicaux… socialistes

Au PS on aime les blagues. Ne vient-il pas de confirmer solennellement sa nature " réformiste " tout en se voulant porteur " d'un projet de transformation sociale radicale ". Passe encore pour " réformiste " encore que – hormis les 35 heures – on se demande bien à quelle réforme il est fait allusion. Mais " un projet de transformation radicale ", là évidemment on reste bouche bée.

Chacun a en mémoire les dernières campagnes électorales des socialistes. Où et quand a-t-il été question de ce programme ? Dans le programme présidentiel de Ségolène Royal nous n’en avons pas vu la moindre ébauche, mais pas plus dans ceux de ses concurrents malheureux. D’ailleurs, ce texte a été voté à l’unanimité des membres de la commission qui était chargé de le rédiger. Seul Mélenchon s’est abstenu mais uniquement pour un article concernant l’Europe. C’est dire le sérieux de l’entreprise à moins que cette unanimité exprime bien la réalité de ce qu’est le PS : un parti où les divergences sont de pure forme.

Tout aussi significatif est la disparition dans ce texte de toute référence aux " rapports de classes ". Cette omission volontaire rend en effet caduque l’assertion du projet. Historiquement, quand les socialistes et les communistes mettaient en avant leur " projet de transformation sociale radicale ", ils pensaient évidemment à la fin du salariat et à la réalisation d’une société sans classe. Mais puisque la lutte des classes n’est apparemment plus le moteur de l’histoire, comment " transformer radicalement la société " ? Et pour mettre quoi à la place ?

En d’autres termes peut-on à la fois être partisan d’une " économie de marché régulée par la puissance publique ainsi que par les partenaires sociaux " ou affirmer que "  la régulation (…) est un des rôles majeurs de l'Etat pour concilier l'économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale " – ce qui existe peu ou prou aujourd’hui – sans s’interroger pourquoi on a assisté ces vingt dernières années à une telle dégradation des " rapports sociaux  " au seul bénéfice du capital ?

La réponse à cette interrogation est en fait contenue dans cette formule retenue par les socialistes : " changer la vie par la loi et le contrat ". C’est avec une telle méthode qu’ont été mis en place les 35 heures avec le résultat que l’on sait : le blocage des salaires et l’annualisation des heures de travail ce qui a eu pour conséquence une intensification des rythmes de travail. Et c'est ainsi qu'une réforme a produit l'inverse de ce pourquoi elle avait été faite.

19/04/2008

Le nouveau parti de Jean-Claude Gayssot

L’ancien ministre de Jospin, pour l’heure vice-président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, explique dans Le Monde d’aujourd’hui qu’il "  il faut rompre avec la conception qui a prévalu à la création du PCF " et construire une nouvelle force " indépendante du PS mais unitaire et constructive ". Selon lui, il ne s’agirait pas d’une aile gauche du PS ni d’une LCR bis mais d’un parti " pour la transformation sociale ", avec les militants du PS " refusant l'alliance avec le MoDem ", " l'extrême gauche unitaire, les altermondialistes, les écologistes de gauche... C'est – conclut-il – le PCF qui doit prendre l'initiative, débattre de cette hypothèse au congrès. Qu'il dise qu'il veut participer à la création de cette force sans que l'étiquette PCF soit un préalable ".

Le profil d’une telle formation n’est pas sans ressemblance avec le " Die Linke " allemand ou avec la coalition italienne " Arc-en-ciel " autour du Parti de la refondation communiste (PRC), dit " Rifondazione " (3 % aux dernières élections). De la part de cet ancien apparatchik de l’ère Marchais, aujourd’hui " huiste ", et comme tel opposé à une candidature commune des antilibéraux en 2007, qui contribua enfin, comme ministre de Jospin, à la privatisation d’Air France, une telle intention ressemble plus à un coup de sonde pour déstabiliser les partisans du statu quo au sein du PC qu’à une véritable intention de construire quelque chose de viable. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Gayssot envisage une telle formation. Il y a un an déjà il avait formulé quasi à l'identique la même proposition soulignant en quoi elle se démarquait du Nouveau Parti Anticapitaliste initié par la LCR, "lié, selon lui, à une stratégie uniquement contestataire et d'isolement." Car il s'agit bien d'un projet concurrent, hostile même.

Mais comme nous l’avons déjà dit ici, une telle initiative ne dépend pas du PC mais de ce que fera la " gauche " du PS à l’issue de son congrès. Or cette " gauche ", divisée, sans leader, programme et stratégie commune, n’a dans l’immédiat nulle intention de quitter le giron du vieux parti qui se solderait par la perte sèche de la plupart de ses élus. En somme, nous avons là une nouvelle preuve qu’une partie de la " gauche de gauche " se raconte une histoire. Qu’il y ait la place en France pour une vraie gauche d’opposition, c’est une évidence mais elle ne passera pas par une décision d’en haut. Le mode de scrutin est le principal frein aux velléités des scissionnistes. Les milliers d’élus du PS ou du PC, fussent-ils de gauche, ne lâcheront pas la proie pour l’ombre. Il ne reste donc plus qu’une seule solution : reconstruire par le bas.

17/04/2008

Ces ouvriers qui votent à droite

Comme en France en 2007, en Italie c’est le vote ouvrier (et employé) qui assure, dans un fauteuil, l’élection du candidat de la droite. Ce vote ouvrier à droite est particulièrement remarquable dans le nord de l’Italie où sévit la formation xénophobe et nationaliste d’Umberto Bossi, la Ligue du Nord.

Dans certaines villes très ouvrières de la Vénétie, la Ligue obtient des score de 20 % à 30 %, frôlant même les 50 % à San Pietro Mussolino. Avec certes moins d’ampleur, c’est le même phénomène en Ligurie et en Romagne. A Cittadella, au nord de Vicence, où le maire, membre de la Ligue, avait pris un arrêté pour refuser les étrangers démunis, elle obtient 42 %. Dans les deux grandes régions du Nord, la Lombardie et la Vénétie, elle fait jeu égal avec le parti de Berlusconi, le Peuple de la liberté (PDL). Dans la deuxième circonscription lombarde, elle obtient 27, 8 % à la Chambre des députés, contre 31,3 % au PDL, en Vénétie 28,2 % dans la 1ère circonscription contre 27,1 % au PDL, 25,4 % dans la deuxième, contre 27,8 %. A Milan, le mouvement d'Umberto Bossi a des résultats à deux chiffres : 12,3 % des voix à la Chambre.

Nous sommes le parti des ouvriers ! ", a pu ainsi déclaré Bossi. Le Pen avait fait la même chose il ya quelques années et Sarkozy s’en est souvenu en 2007. Il ne faut pas être un fin analyste des scrutins électoraux pour comprendre les raisons profondes de cette captation du vote des ouvriers par la droite : la gauche n’a plus rien à leur promettre. Je ne parle même pas des "lendemains qui chantent" – cette gauche là a tué depuis longtemps tout espoir d’émancipation sociale –, mais elle n'a même pas à leur offrir ce minimum syndical que l’on est en droit d’attendre d’elle.

Alors les ouvriers se vengent, comme ils peuvent, prenant pour argent comptant ceux qui leur disent que les responsables de leur malheur ce sont les immigrés ; ou l’Europe ; ou Rome ; ou la gauche, et peu importe qui, il faut un coupable ! C’est un discours identique que leur a tenu en France un Le Pen, puis un Sarkozy. Et ça ne peut que marcher. Car quels sont les premiers à avoir appelé aux lynchage de la gauche sinon la gauche elle-même, celle des Prodi et des Veltroni et bien d'autres avant eux : "n’écoutez pas les " nains " (la gauche de gauche) ! Ils ont fait votre malheur."

En Italie peut-être faut-il également ajouter le traumatisme " des années de plomb " quand une partie de l’extrême-gauche c’est fourvoyé dans le terrorisme urbain tandis que l’autre, celle de Berliguer (le dirigeant de PCI du " compromis historique " entre la droite et la gauche) commençait le travail de liquidation de l’héritage. Le principal ennemi de la gauche, c’est la gauche !

14/04/2008

Le PS sur la voie italienne

Quel contraste entre l’enthousiasme (si, si, vous avez bien entendu, voir Libération) des médias français pour ces élections italiennes réduites à un affrontement factice entre une gauche " hyper recentrée " et une droite " berlusconisée " - vive le bipartisme, disaient-ils - et l’accueil que lui ont réservé les électeurs italiens : une participation en baisse (même si les Italiens votent plus que les Français) et la victoire probable de la honte des chefs d’Etat européens, déjà deux fois au pouvoir avec le succès que l’on sait.

Les deux camps avaient à quelques détails prêts le même programme, mais pour les médias français l’intérêt était ailleurs. Voici, en résumé, comment Le Monde analysait hier l’enjeu du scrutin dans un éditorial : " (…) le paysage politique italien est en mutation. Sous la houlette de Walter Veltroni, la gauche démocratique s'est rassemblée sans s'embarrasser d'alliés dans les différents avatars des rescapés du communisme. Ce refus risque de lui coûter le pouvoir, mais il peut contribuer à faire progresser le bipartisme dans un pays célèbre pour ses coalitions contradictoires et éphémères. Ce serait un immense progrès, qui devrait être consolidé par une réforme de la loi électorale. "

En clair, il s’agissait pour la " gauche " de se débarrasser de tout ce qui de près ou de loin la rattache encore à une gauche sociale. Car c’est comme ça qu’il faut comprendre " sans s'embarrasser d'alliés dans les différents avatars des rescapés du communisme ". La conclusion de l’éditorial est à ce titre sans ambiguïté : " (…) le gouvernement de centre-gauche mené par Romano Prodi n'a pas démérité. S'il est désavoué par les électeurs, c'est au contraire parce qu'il a su engager des réformes courageuses que l'équipe précédente, justement présidée par M. Berlusconi, avait négligées. Il s'est heurté à des intérêts catégoriels et n'a pas pu mener à bien la mue d'un système économique qui a naguère été performant, mais qui est maintenant à bout de souffle. "

C’est dans cette même voie (" courageuse ") que s’est engagé la " gauche " française. Bertrand Delanoë était d’ailleurs venu récemment à Rome pour saluer son ami Walter Veltroni en ces termes : " Le projet de Veltroni est celui d'une Italie du XXI siècle. Son offre est courageuse, c'est une personnalité qui a une dimension morale, ce qui me paraît utile pour l'Italie aujourd'hui. " Il y a deux ans Ségolène Royal avait fait le voyage à Rome avec la même ferveur. Prodi l’avait emporté. Déjà, à l’époque, les médias s’étaient réjoui de l’aggiornamento de la " gauche " italienne, espérant que le PS français en ferait de même. Mais il faut croire que ce n’était pas encore assez. Veltroni a donc poussé plus loin l’éradication du peu qui restait de social dans son programme. La prochaine fois, c’est juré, Veltroni proposera à Berlusconi un gouvernement d’union nationale.

P.S. : Sur RTL plusieurs journalistes, dont un correspondant de journaux italiens, se sont félicité de la défaite de "la gauche de gauche" à ces élections. Pour qui ne connait rien à la complexité du paysage politique italien, voilà qui déjà ne veut rien dire car il n'y a pas en Italie de "gauche de gauche" en construction, sinon récemment ("Gauche critique"). Mais c'est surtout faux. Car c'est l'inverse qui s'est produit, la prétendue "gauche de gauche" (Refondation) s'était noyé dans une grande coalition avec le centre gauche sous la houlette de Prodi. Veltroni, cette fois ci, a procédé différemment, il s'est présenté avec sa seule formation, le Parti démocrate, fusion entre une partie de l'ex parti communiste et la gauche des ex démocrates chrétiens (Margherita), sans plus de succès d'ailleurs. En deux ans, deux tactiques saluées à chaque fois par certains socialistes français comme la voie à suivre, ont abouti à un échec.

09/04/2008

Qui veut de Die Linke ?

Combien sont-ils exactement en France les partisans déclarés d’un Die Linke à la française ? Si l’on en croit Christian Picquet, membre (minoritaire) de la direction de la LCR, qui publie une tribune dans Marianne, ils ne seraient pas légion : " À la gauche du social-libéralisme, bien que les scrutins de mars aient attesté qu'il existait bien en France un espace politique similaire à celui qu'a révélé Die Linke en Allemagne, c'est le statu quo qui menace. On en devine d'ores et déjà les conséquences : la poursuite, au PS, d'une coexistence chaque jour moins lisible, entre les tenants d'une alternance molle et l'aile militante qui, ainsi qu'elle l'a prouvé dans la bataille du "non" de gauche au traité constitutionnel européen, n'a pas renoncé au changement social ; le retour de la direction du PCF à l'immobilisme et à une posture identitaire, au nom de l'illusion selon laquelle ce courant demeurerait la "troisième force" d'un pays qui n'en compte plus vraiment que deux ; la réduction de la visée stratégique de la LCR à la proclamation d'un nouveau parti qui, s'il reste confiné au seul espace de l'extrême gauche, ne disposera pas des moyens de bouleverser le rapport des forces à gauche et d'y disputer l'hégémonie dont jouit par défaut la rue de Solferino. "

Constat amer mais parfaitement exact et qui devrait inciter Christian Picquet à poser la question : " Pourquoi ? " Essayons pour notre part d’y voir plus clair.

Pour la gauche du PS, prétendre comme le fait Picquet qu’une " aile militante, ainsi qu'elle l'a prouvé dans la bataille du "non" de gauche au traité constitutionnel européen, n'a pas renoncé au changement social ", c’est aller vite en besogne. Difficile de mettre Fabius, Emmanuelli, Weber, Mélenchon et Filloche (pour ne citer qu’eux) dans le même panier. Admettons cependant que Mélenchon et Filoche répondent aux critères. Or si Mélenchon évoque bien ici et là l’hypothèse Die Linke, Filloche en revanche y est farouchement opposé.

Passons au PC. L’épisode de la candidature commune à la présidentielle a suffisamment montré que le PC ne visait dans cette opération qu’à phagocyter le mouvement antilibéral et à en prendre la direction. L’échec cuisant qu’il a subi ne l’incitera pas à y revenir. Il faut donc se faire une raison. Le PC restera encore longtemps sous sa forme actuelle, accroché à un PS qui fera tout pour le maintenir à flot dans cette position de vassalité.

Ne reste plus que l’extrême-gauche, et la mouvance alter et antilibérale. Et là encore les partisans d’un Die Linke à la française sont minoritaires.

En fait les conditions d’existence d’un tel parti ne sont pas réunies. En Allemagne c’est le refus du SPD de gouverner avec son aile gauche et l’ex-PC de l’ex Allemagne de l’Est - le SPD préférant s’allier avec la CDU d’Angela Merkel - qui a permis la création de Die Linke. Comme on voit mal dans quelques mois ou quelques années le PS gouverner avec l’UMP, il est fort à parier que les choses resteront ainsi longtemps en l’état.

On se demande donc à quoi peuvent servir, dans ces conditions, les appels comme celui de Picquet ou encore des ex collectifs du 29 mai ? C’est bien pourquoi, quelque périlleux soit-il, seul le projet de la LCR garde une cohérence. C’est même à terme, si la réussite vient, la seule possibilité pour inciter les autres courants à sortir du " statu quo ". Un petit parti de 7.000 à 8.000 membres pèserait en effet beaucoup plus que tous ces prêches dans le désert. Et l’on pourrait, dés lors, parler peut-être plus concrètement de cette hypothèse.

04/04/2008

Quimperlé, capitale de la LCR

Moi, Eric, révolutionnaire et breton... Aux municipales, à la tête d'une liste trotskyste, il a frôlé les 15%. Et tant pis si le maire est désormais de droite. Claude Askolovitch, Le Nouvel Observateur

En décembre 2005, son fils s'est effondré au centre commercial. " Je ne veux rien, ce n'est pas grave ", a-t-il lâché en pleines courses de Noël. Puis il s'est mis à verser des larmes inarrêtables. Eric Rudwill en reste désarmé. " Il avait vu une affichette de "Ouest France " qui annonçait le plan social de Nestlé. On lui a dit que ce n'était pas fichu, que je n'étais pas encore chômeur, et au pire, que sa maman travaillait aussi..."

Révolutionnaire, on a ça dans le ventre, paraît-il. Mais il faut autre chose. Eric Rudwill, 39 ans, révolutionnaire à Quimperlé, Finistère, le sait bien : les larmes de Ritchie, son fils, ont compté dans cette histoire. Et aujourd'hui, les étoiles qui brillent dans les yeux du gosse justifient bien des peines. " Quand je suis entré en politique, ça l'a transformé. Il a 13 ans, il a suivi toute la campagne. Pour lui, Besancenot est un héros..." Et papa ? Papa, l'autre héros, était chef de file de la LCR aux dernières municipales. Recordman de France des listes trotskistes avec plus de 15% au premier tour ! " On était une liste d'ouvriers, les gens nous disaient de ne pas laisser tomber. Rudwill s'est maintenu au second tour. Sa "vraie gauche " n'attendait rien de la liste socialiste, laquelle n'avait pas grand-chose à lui proposer.

C'est ainsi que Quimperlé est passée à droite : un contre-exemple frappant en pleine vague rose ! La faute à des décisions venues de loin, qui ont fragilisé Quimperlé : les menaces industrielles, l'hôpital en peau de chagrin, privé de maternité et de chirurgie, le tribunal d'instance fermé ! Le maintien de Rudwill a donné le coup de grâce : un ouvrier plein de revanche, et qui danse sur les tombes socialistes. " Il ne fallait pas nous mépriser, ni nous envoyer la police municipale quand on distribuait des tracts ! " Quand il parle des socialistes, " la fausse gauche, la gauche molle ", Eric le gentil, a le regard mauvais.

Paysage du tueur. Il travaille chez Nestlé-Purina, fabriquant d'aliments pour animaux domestiques. Marié à Corinne, aide-soignante à l'hôpital, qui accompagne les vieillards saisis par l'alzheimer. Ses parents, retraités de chez Mauduit, une papeterie locale, lui ont transmis un vieil adage : " Tu votes le plus rouge possible, ça aura toujours le temps de déteindre." Longtemps, il n'a pas vraiment compris. Sa rage et le temps qui use, il les conjurait sans militer. Eric avait deux boulots. L'usine le jour, et puis le soir, il faisait le videur en boîte de nuit, pour s'étourdir. Un jour, Corinne lui a demandé d'arrêter. Il a cédé. " Mais la politique, je la garderai, il ne faudra pas qu'elle me demande de choisir." Il a un air grave, sous le visage poupin. " J'ai trouvé ma voie. On se demande toujours à quoi on sert..." Maintenant, il sait. Représenter ceux qu'on ne voit plus : les petites gens, les ouvriers qu'on ballotte. Il pousse devant les journalistes des copains de Smurfit, une usine d'emballage menacée de disparition. Ils sont souriants et timides, tétanisés par la catastrophe attendue. Eric a connu ça, en 2005, à l'annonce de la fermeture de Nestlé. En deux ans de lutte, les ouvriers ont sauvé la moitié du site : on fabrique toujours des croquettes, mais plus de conserves. Les plus de 52 ans sont partis en préretraite. Eric a encore du boulot. Entre-temps, il est entré à la LCR. Parce qu'elle faisait écho à sa colère. Et parce que Besancenot, lui seul, était venu les voir à Quimperlé, et les avait accompagnés, amenant avec lui les caméras et la notoriété salvatrices ! Eric avait repéré le facteur dès 2002. Ils sont devenus potes et un peu plus : camarades.

Quand il rejoint la Ligue, en 2006, Eric Rudwill est seul, dans tout Quimperlé. A désespérer d'être le seul en colère ! Puis quelque chose bascule. Des gens adhèrent. Un copain de boulot, un frère désormais, Fabrice : un géant venu du Midi, ancien du PC, pilier de la CGT, aussi extraverti dans sa colère que lui, Eric, l'intériorise. " En 2002, j'aurais été capable de voter Le Pen, au second tour, juste pour mettre le bordel maxima l", dit Fabrice faisant tonner son accent d'Agen. Tout le monde sait que c'est faux, juste une provoc, " pour qu'on comprenne à quel point on en a marre ! " En juin dernier, Fabrice était candidat aux législatives. La liste aux municipales a suivi. Eric a mené une équipe bringuebalante, faite de copains et d'ouvriers. Ils ont inventé un programme. Il a pensé à la rue Savary, l'artère commerciale de son enfance, aujourd'hui désertée... " On est pour l'ouverture des magasins le dimanche - pas les grandes surfaces, comme les socialistes, mais les magasins de centre-ville ! Sinon, Quimperlé va crever !" Au premier tour, ils étaient 835 à voter pour lui; et 5 11 au second tour, malgré la pression du vote utile.

Depuis, Eric Rudwill est un Besancenot local, une petite star médiatique détestée des socialistes. Il veut construire le nouveau parti d'Olivier. Il bosse à l'usine comme avant. Il regarde Ritchie, et ses yeux brillent, comme si la classe ouvrière allait encore au paradis.

01/04/2008

« Pourquoi ne pas tester la LCR »

par Raoul Marc JENNAR, militant et chercheur altermondialiste, principal animateur de la campagne référendaire française contre le projet de Traité constitutionnel européen

Phnom Penh, 31 mars 2008

Je suis, pour le moment, loin de France, mais tellement proche par le cœur et par la pensée. D’excellents amis s’emploient chaque jour à m’envoyer informations et documents. Je reçois aussi très régulièrement des courriels qui m’expriment des opinions et sollicitent la mienne. Je suis intervenu dans des échanges sur l’avenir de la gauche de gauche. Le moment me semble venu de synthétiser mon point de vue.

D’abord, je voudrais revenir sur 2006, l’année de l’espérance fracassée, ce qui implique de ma part la reconnaissance de certaines erreurs d’analyse :

1. Les 125 propositions. Ce n’était pas un projet de société ; ce n’était même pas un programme présidentiel ; c’était tout au plus un catalogue d’intentions pour un programme gouvernemental. Ces propositions contenaient des incohérences nées d’une volonté de concilier des points de vue relevant de conceptions très éloignées de la fonction de l’économie dans la société. Une réponse identique aux problèmes posés par les finalités de la production et de l’échange n’existait pas.

Il faut en tirer une leçon qui ne me semble pas assez présente dans les débats d’aujourd’hui : on ne peut rassembler au-delà d’une même vision globale du futur. Rassembler sur un projet qui se contente d’être " antilibéral " ou " anticapitaliste ", c’est-à-dire un projet qui se limite à exprimer des rejets fussent-ils partagés, ne fournit pas le lien fort nécessaire pour bâtir une coalition porteuse d’une espérance commune. Rassembler sur une utopie – pour les uns l’autogestion, pour d’autres la décroissance, pour d’autres encore l’écologie, chacune présentée comme la réponse à tout – ne peut davantage suffire, car un projet de société, même visionnaire, doit rester crédible.

2. Les relations avec le PS. Au sein du collectif national, nous étions profondément divisés sur notre perception du PS. Certains partageaient avec un certain nombre de ceux qui militent courageusement au sein du PS la conviction que le PS pouvait modifier son orientation néolibérale et qu’un nouveau rapport de forces à gauche y contribuerait ; d’autres, dont j’étais (j’avais adressé une lettre ouverte aux socialistes du " non " après le congrès du Mans et sa synthèse inacceptable), développaient la théorie dite des deux gauches. Ce sont les premiers qui l’ont emporté. Or, la suite a confirmé et même accentué la dérive néolibérale massive du PS avec la candidature de Ségolène Royal, les ralliements qu’elle a suscités y compris de la part d’anciens ténors PS du " non ", l’orientation du programme du parti et de sa candidate et ses appels au Modem. Il faut tirer les conséquences de cette évolution. Il ne peut y avoir de rassemblement d’une gauche de gauche en dehors d’un constat non équivoque : le PS comme tel n’est pas un partenaire pour la transformation sociale.

3. La question du pouvoir. Toute notre démarche (voir le document stratégique) reposait sur un postulat : nous nous battons pour le pouvoir, nous entendons gouverner. Nous avons entretenu l’illusion jusqu’en décembre 2006 que c’était à portée de main. Je crois que ce fut une erreur majeure. Ce fut une erreur parce que cela ne reposait que sur un acte de foi. Je crois aux vertus mobilisatrices du volontarisme. Mais à partir d’un minimum d’éléments concrets. Il est certain qu’une candidature unique de la gauche de gauche aurait fait l’évènement et aurait créé un nouveau rapport de forces à gauche. C’était une erreur de croire et de faire croire que nous pouvions nous substituer au PS comme premier parti à gauche. Nous avons cultivé cette illusion en nous appuyant sur les résultats du référendum et sur la place du " non " de gauche dans ce résultat. Je crois aujourd’hui que nous avons commis une erreur et que le " non " de droite était plus important que ce que nous avons cru et affirmé. Ce qui signifie que notre candidat(e) unique n’aurait pas pu espérer l’emporter. Et qu’aux législatives, dans le meilleur des cas, nous n’aurions été en position que de négocier une participation gouvernementale. Ce qui signifiait en fait la reconduction de la gauche plurielle. Nous avions indiqué que nous refuserions cette perspective, mais il était manifeste que ce n’était la position ni du PCF, ni même de certains " altermondialistes " comme la suite des évènements l’a mis en évidence. Il y avait dans nos rangs des gens et des structures prêts à collaborer avec le PS. Nous n’aurions donc été, dans l’hypothèse la plus favorable, que l’élément d’appoint du PS et alors se serait immédiatement posée la question des concessions à faire, c’est-à-dire la question de notre capacité à conduire vers une réelle transformation sociale. Reconnaissons aujourd’hui que la direction de la LCR avait quelques raisons de douter de notre capacité à faire fléchir le PS. Nous avons perdu le soutien de la LCR parce que nous avons cessé avec le document " Ambitions et stratégies " d’être crédibles sur nos ambitions et notre capacité à les réaliser.

C’est la leçon que je tire aujourd’hui : une ambition crédible doit être triple :

- nous devons être les porteurs d’un projet pour une autre société

- nous devons être la force qui se crée autour des luttes à la fois de résistance au capitalisme et d’alternative à ses pratiques

- nous devons construire une force en capacité d’influencer : nous ne devons pas lutter pour le pouvoir, nous devons lutter pour avoir du pouvoir, c’est-à-dire de l’influence ; une influence telle qu’elle force les autres à changer.

Cette triple ambition nécessite un outil approprié : nous devons créer un nouveau sujet politique.

C’est qui " nous " ? Pour faire court, je dirai les acteurs possibles de la gauche du non.

Passons-les en revue. Mais avant souvenons-nous que la campagne référendaire, c’est-à-dire l’action à la base de militants venus de tous les horizons (partis politiques, syndicats, mouvements, associations, ONG, y compris de femmes et d’homme ayant renoncé à militer dans un parti et d’autres n’ayant jamais milité du tout), a provoqué le plus formidable débat politique en France comme on n’en avait plus connu depuis Mai 1968. Je suis de ceux qui pensent que cette réappropriation du politique par les citoyennes et les citoyens n’a pas encore produit tous ses effets.

Même si certains de ces effets sont déjà observables. Le monolithisme des partis à la gauche du PS a vécu. Une nébuleuse de sympathisants de thèses alternatives (Alternatifs, Altermondialistes, Décroissants,…) est apparue au sein de laquelle des aspirations variées se manifestent.

Il y a donc bien eu un ébranlement. On en a vu des traces : lors du premier tour de l’élection présidentielle, des PCF unitaires et des LCR unitaires ont fait campagne pour d’autres candidats que celle ou celui de leur parti. Lors du premier tour des élections municipales, des alliances en tous genres se sont constituées, certaines dans la cohérence du rejet du système, d’autres dans la cohérence du maintien du système.

Qu’est-ce qui émerge aujourd’hui ?

  • Du PCF, rien pour le moment, en dehors de propos incantatoires en faveur de l’unité de toute la gauche du non, propos partagés par des cartels de personnalités comme " Maintenant à gauche " ou ce qui reste du Collectif national du 29 mai. Une unité de cette ampleur est en fait impossible, comme 2006 nous en a fourni la démonstration. On ne rassemble pas des contraires sur un projet pour l’avenir.
  • De la LCR, la décision de transformer le parti en un nouveau parti anticapitaliste.
  • Du côté des " Alter ", la recherche improbable d’une structuration incertaine de gens dont la plupart ne se retrouvent que pour manifester haut et fort ce qui les différencie.

Bref, j’ai le sentiment que sur le champ de ruines que je décrivais dans ma note du 15 juin 2007 (" Pour une gauche nouvelle ") la reconstruction n’a pas encore vraiment commencé. J’avais alors espéré que la gauche nouvelle que j’appelais de mes vœux puisse naître du rassemblement des " Alter ", riches de la variété de leurs idées, de leur désintéressement et de leur lucidité. J’avais invité à ce que se multiplient des réunions pour penser un projet de société et des nouvelles manières d’agir ensemble dans l’espace publique. Même si le manifeste de La Louvesc est un beau texte, force m’est de constater qu’il n’a pas mis fin aux divisions des " Alter " engagés dans un processus hallucinant de scissiparité qui confirme les analyses de Bourdieu. Sans parler de toutes celles et tous ceux qui se sont retirés dès 2006, dégoûtés par nos impuissances cumulées.

Triste tableau. Et pourtant. Pourtant, il y a une initiative concrète : celle de la LCR. Elle est la seule. Quel accueil faut-il lui réserver ?

J’observe que ceux qui ne conçoivent que des cartels d’appareils l’ont d’emblée descendue en flammes. Le numéro de Politis du 24 janvier en offre une spectaculaire démonstration. J’observe aussi le ni-ni d’une partie des " Alter " (ni le PCF-ni la LCR). Quelle ironie de l’Histoire que de voir ceux qui ne conçoivent l’action politique qu’au travers de négociations d’états-majors et ceux qui récusent les appareils devenir, comme disent les marxistes, des alliés objectifs !

Le ni-ni d’une partie des " Alter " ne débouche que sur l’impasse de l’éparpillement dans l’addition des sectarismes. Restons lucides sur ce qu’ont été le PCF et la LCR et sur ce qu’ils sont aujourd’hui, mais surmontons nos rancœurs et nos déceptions de 2006/2007 (et je n’ai pas manqué d’exprimer les miennes) et voyons quelles sont les possibilités concrètes de construire un nouveau sujet politique. Et avec qui.

Je considère comme positif qu’un des partis de la gauche du non se remette en question et ouvre des perspectives nouvelles. Bien entendu, ce qui se prépare suscite des interrogations et même, chez certains, de la méfiance. Bien entendu, cette initiative appelle à tout le moins qu’on en débatte. Mais voyons là un fait nouveau. Car, c’est trop rare à gauche qu’un parti décide de se transformer.

Jusqu’à quel point ? C’est bien là toute la question. Mais je me refuse à faire partie de ceux qui d’emblée écartent une initiative parce qu’elle n’entre pas dans les schémas qu’eux veulent rendre incontournables. Pourquoi décider immédiatement que ce n’est qu’un ravalement de façade ? Au nom de quoi affirmer que la LCR ne modifiera pas ses pratiques internes ? Pourquoi décréter dès maintenant qu’il ne s’agit que d’un subterfuge ?

Peut-être est-ce tout cela.  Peut-être. Mais avant de l’affirmer ne conviendrait-il pas de vérifier ? Pourquoi ne pas tester la LCR sur l’ampleur des changements qu’elle annonce ?

Nous nous prétendons cartésiens, nous disons ne vouloir affirmer que ce que nous avons démontré. Il serait temps de conformer nos attitudes aux principes que nous claironnons.

Je ne propose pas de dire d’emblée oui à la LCR. Mais je me refuse à dire non, dès à présent. Je propose de discuter avec elle pour vérifier ses intentions et savoir jusqu’où elles vont. En gardant toute ma liberté. Et ma proposition n’empêche en aucune façon les Alter de poursuivre leurs tentatives de s’organiser, s’ils sont enfin capables de surmonter leur individualisme exacerbé, leur sectarisme, leur propension à couper les cheveux en quatre.

Je ne veux pas prendre le risque de rater un nouveau rendez-vous avec l’Histoire. Parce que, et c’est cela qui m’angoisse par-dessus tout, nous sommes confrontés à une double urgence : l'urgence sociale et l'urgence écologique. Ceux qui ne possèdent que leur force de travail sont de plus en plus nombreux à sombrer dans la pauvreté ; les agressions contre notre cadre de vie et la planète toute entière sont chaque jour plus nombreuses et annoncent des catastrophes majeures. Deux évolutions qui trouvent une même origine : le système capitaliste. Il détruit des vies et il détruit la vie. Ainsi doivent nécessairement se rejoindre les sensibilités sociales et les sensibilités écologiques. Nous n’avons pas l’éternité devant nous. Il ne s’agit pas, bien entendu, de se précipiter et de bâcler ce qui demande réflexions et débats. Mais il ne peut être question de passer par pertes et profits les souffrances humaines qui s’accumulent et les déséquilibrent écologiques qui s’accélèrent au prétexte qu’il faut prendre tout son temps pour construire un nouveau sujet politique. Si – ET SEULEMENT SI - la mutation de la LCR offre une vraie opportunité, il faut la saisir.

Et qu’est-ce que ça coûte de dialoguer avec la LCR ? Serions-nous devenus des politiciens traditionnels que ne veulent jamais prendre le risque de dire " nous nous sommes trompés " ? Rejoignons-nous la cohorte des infaillibles de droite et de gauche dont les erreurs cumulées font nos malheurs ? En outre, en quoi serait-ce une erreur que d’entamer un dialogue même s’il n’aboutit pas à une conclusion positive ?

Ce n’est pas ma conception de la politique de rester pétrifié dans des certitudes quand il s’agit de modalités et non de principes. Or, à mes yeux, un parti n’est qu’un outil, un instrument pour réaliser des objectifs. C’est un moyen pour réaliser un projet. Pas une fin en soi.

J’ai une série de questions à poser aux dirigeants de la LCR sur le projet politique, sur les modalités de son élaboration et de son approbation, sur la manière dont elle va prendre en compte les différentes cultures politiques des militants qu'elle souhaite rassembler et sur le mode de fonctionnement de la nouvelle formation politique. J’observerai aussi la suite du processus qu’elle a enclenché en son sein. Et, d’ici à la fin de l’année, en toute liberté, en pleine connaissance de cause, après avoir débattu avec le plus grand nombre, je prendrai attitude. J’ignore aujourd’hui ce qu’elle sera. Chacun peut en faire autant.

Il ne suffit pas de proclamer qu’on veut faire de la politique autrement. Il faut se comporter en conséquence. Il ne suffit pas d’appeler à l’unité. Il faut tenter concrètement de la faire. Et ne pas avoir peur d’aller au charbon.

 
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