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30/04/2008

Céder ou résister ?

La cote de confiance des Français en Sarkozy a beau être au plus bas, le président n’en persiste pas moins dans ses " réformes ". Mais pourquoi devrait-il s’en priver ? L’opposition de " gauche " ? Elle n’existe pas ! Les confédérations syndicales ? Elles reculent, repoussant chaque jour l’échéance de l’affrontement dont elles ne veulent manifestement pas. Alors peut-être que, finalement, l’échec de la grève des cheminots en 2007 a été ce tournant que la droite attendait. La France serait donc mûre, mûre pour le dégraissage des acquis sociaux, mûre pour un Etat libre enfin de défaire ce que des générations de salariés avaient réussi à conquérir.

Ce n’est pas si simple. Si manifestement au niveau national la " gauche " semble avoir baissé la garde, à la base il semble bien que l’on commence à relever la tête. La lutte des salariés de la Redoute à Wattrelos est exemplaire à cet égard. Il y a aussi le mouvement de grève de quelque 500 " sans papier ". Et comme ça des dizaines de conflits locaux, pilotés par des équipes syndicales courageuses avec des salariés qui savent qu’ils risquent beaucoup à se battre ainsi, le dos au mur, mais beaucoup plus encore à ne rien faire.

Car désormais, pour le patronat, tout est permis. Belle illustration de cette conduite avec l’affaire de Peugeot Motocycles : " renégociez le temps de travail (sans augmentation de salaire) ou on délocalise ! " Et quand les médias s’emparent de l’info, ils ne s’embarrassent de rien pour trafiquer la réalité. Ainsi sur Europe 1 : " Avec un vote de trois voix "pour" sur quatre, les délégués de Peugeot Motocycles à Mandeure dans le Doubs et à Dannemarie dans le Haut-Rhin ont décidé mardi lors d'un comité central d'entreprise d'accepter le principe d'une renégociation de l'accord sur le temps de travail. " C’est ce que l’on a entendu sur les ondes. Néanmoins, quand on prolonge la lecture de l’article (publié sur le site de la radio) on peut lire : " La CGT (une voix, majoritaire chez les ouvriers), et la CFDT (avis consultatif sans élu titulaire) ont maintenu leur opposition. Elles dénoncent un "inacceptable chantage à l'emploi". FO a également donné un avis défavorable (consultatif). " Cela n’empêche pas cependant radio d’enfoncer le clou et de faire un reportage sur une autre entreprise (Bosch à Vénissieux) où les salariés avaient accepté en 2004 de passer à 36 heures.

Et gare aux récalcitrants. Goodyear donne le ton. La direction du fabricant mondial de pneumatique envisage ainsi de supprimer 402 postes à Amiens, suite au refus des syndicats de signer un accord sur la réorganisation du travail. Et c’est comme ça que, jour après jour, mois après mois, année après année, on fabrique une autre vérité, la seule qui convienne au patronat et à l’Etat : " il faut travaillez plus ", pour la compétitivité des entreprises, pour les retraites, pour la sécurité sociale et les dividendes... Quant aux salaires… ils attendront.

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