Avertir le modérateur

21/04/2008

Radicaux… socialistes

Au PS on aime les blagues. Ne vient-il pas de confirmer solennellement sa nature " réformiste " tout en se voulant porteur " d'un projet de transformation sociale radicale ". Passe encore pour " réformiste " encore que – hormis les 35 heures – on se demande bien à quelle réforme il est fait allusion. Mais " un projet de transformation radicale ", là évidemment on reste bouche bée.

Chacun a en mémoire les dernières campagnes électorales des socialistes. Où et quand a-t-il été question de ce programme ? Dans le programme présidentiel de Ségolène Royal nous n’en avons pas vu la moindre ébauche, mais pas plus dans ceux de ses concurrents malheureux. D’ailleurs, ce texte a été voté à l’unanimité des membres de la commission qui était chargé de le rédiger. Seul Mélenchon s’est abstenu mais uniquement pour un article concernant l’Europe. C’est dire le sérieux de l’entreprise à moins que cette unanimité exprime bien la réalité de ce qu’est le PS : un parti où les divergences sont de pure forme.

Tout aussi significatif est la disparition dans ce texte de toute référence aux " rapports de classes ". Cette omission volontaire rend en effet caduque l’assertion du projet. Historiquement, quand les socialistes et les communistes mettaient en avant leur " projet de transformation sociale radicale ", ils pensaient évidemment à la fin du salariat et à la réalisation d’une société sans classe. Mais puisque la lutte des classes n’est apparemment plus le moteur de l’histoire, comment " transformer radicalement la société " ? Et pour mettre quoi à la place ?

En d’autres termes peut-on à la fois être partisan d’une " économie de marché régulée par la puissance publique ainsi que par les partenaires sociaux " ou affirmer que "  la régulation (…) est un des rôles majeurs de l'Etat pour concilier l'économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale " – ce qui existe peu ou prou aujourd’hui – sans s’interroger pourquoi on a assisté ces vingt dernières années à une telle dégradation des " rapports sociaux  " au seul bénéfice du capital ?

La réponse à cette interrogation est en fait contenue dans cette formule retenue par les socialistes : " changer la vie par la loi et le contrat ". C’est avec une telle méthode qu’ont été mis en place les 35 heures avec le résultat que l’on sait : le blocage des salaires et l’annualisation des heures de travail ce qui a eu pour conséquence une intensification des rythmes de travail. Et c'est ainsi qu'une réforme a produit l'inverse de ce pourquoi elle avait été faite.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu