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19/04/2008

Le nouveau parti de Jean-Claude Gayssot

L’ancien ministre de Jospin, pour l’heure vice-président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, explique dans Le Monde d’aujourd’hui qu’il "  il faut rompre avec la conception qui a prévalu à la création du PCF " et construire une nouvelle force " indépendante du PS mais unitaire et constructive ". Selon lui, il ne s’agirait pas d’une aile gauche du PS ni d’une LCR bis mais d’un parti " pour la transformation sociale ", avec les militants du PS " refusant l'alliance avec le MoDem ", " l'extrême gauche unitaire, les altermondialistes, les écologistes de gauche... C'est – conclut-il – le PCF qui doit prendre l'initiative, débattre de cette hypothèse au congrès. Qu'il dise qu'il veut participer à la création de cette force sans que l'étiquette PCF soit un préalable ".

Le profil d’une telle formation n’est pas sans ressemblance avec le " Die Linke " allemand ou avec la coalition italienne " Arc-en-ciel " autour du Parti de la refondation communiste (PRC), dit " Rifondazione " (3 % aux dernières élections). De la part de cet ancien apparatchik de l’ère Marchais, aujourd’hui " huiste ", et comme tel opposé à une candidature commune des antilibéraux en 2007, qui contribua enfin, comme ministre de Jospin, à la privatisation d’Air France, une telle intention ressemble plus à un coup de sonde pour déstabiliser les partisans du statu quo au sein du PC qu’à une véritable intention de construire quelque chose de viable. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Gayssot envisage une telle formation. Il y a un an déjà il avait formulé quasi à l'identique la même proposition soulignant en quoi elle se démarquait du Nouveau Parti Anticapitaliste initié par la LCR, "lié, selon lui, à une stratégie uniquement contestataire et d'isolement." Car il s'agit bien d'un projet concurrent, hostile même.

Mais comme nous l’avons déjà dit ici, une telle initiative ne dépend pas du PC mais de ce que fera la " gauche " du PS à l’issue de son congrès. Or cette " gauche ", divisée, sans leader, programme et stratégie commune, n’a dans l’immédiat nulle intention de quitter le giron du vieux parti qui se solderait par la perte sèche de la plupart de ses élus. En somme, nous avons là une nouvelle preuve qu’une partie de la " gauche de gauche " se raconte une histoire. Qu’il y ait la place en France pour une vraie gauche d’opposition, c’est une évidence mais elle ne passera pas par une décision d’en haut. Le mode de scrutin est le principal frein aux velléités des scissionnistes. Les milliers d’élus du PS ou du PC, fussent-ils de gauche, ne lâcheront pas la proie pour l’ombre. Il ne reste donc plus qu’une seule solution : reconstruire par le bas.

Commentaires

"Qu’il y ait la place en France pour une vraie gauche d’opposition, c’est une évidence mais elle ne passera pas par une décision d’en haut."

Je suis d'accord mais n'est-ce pas ce qu'a fait la Ligue ? Une décision d'en haut. Enfin, c'est comme ça que je l'ai ressentie.

Écrit par : juliette dze | 20/04/2008

Non la LCR n'attend plus que les différentes formations succeptibles de s'unir le fassent. Elle construit d'ores et déjà ce nouveau parti par le bas. On a trop attendu et d'ailleurs, il faudrait un coup de tonnerre pour que les autres organisations se décident. Mais la réussite du projet de la LCr servira peut-être de déclencheur.

Écrit par : Gilles | 21/04/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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