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30/03/2008

Marx licencie Bakounine

Le Monde puis Marianne (mais d’autres suivront), se sont fait l’écho du règlement difficile d’un problème interne à la LCR sous l’intitulé " La direction de la LCR licencie son principal opposant ". De quoi s’agit-il ?

Christian Piquet, membre du bureau politique de la LCR, avait depuis plus d’une vingtaine d’années un statut de permanent, c’est-à-dire qu’il était rétribué pour accomplir certaines tâches politiques, entre autre la direction de Rouge. Mais depuis plus de deux ans, Christian Picquet est également la figure publique de l’opposition (minoritaire) à la ligne politique (majoritaire) de l’organisation. C’est son droit mais ce n’est pas sans conséquence. La première étant que notre " appareil ", comme certains ont bien voulu qualifier notre petit noyau de permanents, fort de 4,5 postes (généralement à temps partiel) ne peut se permettre trop longtemps de voir une partie de son temps consacré... à combattre la ligne majoritaire (à plus de 80%) de la LCR. Dans aucun parti une telle anomalie serait permise.

Sauf qu'à la LCR le débat en tendance est organisé. Même la plus petite a ses représentants nationaux et des moyens financiers pour son expression. Mieux, toute tendance a la possibilité de se maintenir en tant qu’opposition publique. C’est le cas pour celle que dirige Christian Picquet. C’est ainsi que LCR-Unir (nom publique de cette tendance) a obtenu un budget et un ½ poste de permanent.

Voilà donc " l’affaire ". On aurait pu en rester là. Mais Christian Picquet a voulu porter le problème sur la place publique considérant qu’il s’agit d’un réglement de compte politique, prétextant même de son ancienneté, comme s'il s'agissait d'un banal conflit entre un salarié et son employeur. Ce qui n'est pas le meilleur des arguments. Vingt-huit ans permanent, c'est au moins vingt de trop (mais il n'est pas le seul dans ce cas) dans une organisation qui milite pour la rotation dans les responsabilités politiques. Mais Christian Picquet est toujours membre de la direction nationale au titre de la minorité, et s’il le souhaite il est tout à fait possible qu’il occupe ce ½ poste de permanent.

En fait tout ceci advient au moment même où la LCR, après avoir obtenu d’excellents résultats à la présidentielle, se lance dans la construction d’un nouveau parti. Rappelons à ceux qui ne le savent pas que cette tendance minoritaire est également POUR la construction de ce nouveau parti, elle diverge seulement sur les moyens et les rythmes. C’est du moins ce qu’elle a défendu à l’intérieur de la LCR. Sauf que publiquement elle dit l’inverse. Dans les tribunes qu’elle signe, dans les déclarations qu’elle fait, aucune mention de ce projet. En revanche, elle s’affiche avec d’autres courants (le plus souvent des individualités) qui militent quant à eux pour tout autre chose : un rassemblement de toute la gauche qui irait de Besancenot à…. En fait on ne sait pas exactement jusqu’où. Ce dont on est certain c’est qu’il irait jusqu’au PS. Encore que, rien n’est clair dans ce que disent ces militants. ET pour faire quoi au juste ? " La renaissance d'un espoir ne peut davantage procéder d'une addition de partis que d'un rassemblement autour d'un seul d'entre eux. " (Dans une tribune récente dans le Monde). Voyez la précision de l’objectif !

C’est un peu le côté tragi-comique de cette affaire. Christian Picquet défend une ligne politique dont on peut facilement montrer qu’elle ne tient à pas grand chose. Que représentent aujourd’hui les anciens comités antilibéraux de la présidentielle ? Qu’ont-il fait depuis la campagne Bové ? C’est avec la LCR, et le plus souvent avec les moyens financiers de la LCR et l’impact national de Besancenot, qu’ils ont pu se présenter dans une quarantaine de villes aux dernières municipales. A Clermont-Ferrand, où la LCR locale est la plus en pointe dans l’opposition aux thèses majoritaires, on n’a pas fait appel entre les deux tours à José Bové (ou à Picquet) pour soutenir la liste de Alain Laffond mais à…. Olivier Besancenot. Et puis nationalement que représente ces courants très divisés entre eux et dont on a bien du mal à percevoir les ambitions et les projets ?

Ainsi, la presse nationale se fait les gorges chaudes d’un petit incident sans grand intérêt politique mais qui donne néanmoins du grain à moudre à tous ceux (et ils sont nombreux) qui n’ont aucune envie de voir se construire à gauche, une autre force politique, anticapitaliste, indépendante du PS et de ses alliés. Que Picquet se soit prêté à ce jeu est regrettable, désolant, dérisoire, minable. Quarante ans de militantisme à la LCR pour en arriver là !

Mais rien de neuf sous le soleil. L’histoire du mouvement révolutionnaire est parsemé de ces petites " affaires ". En son temps Marx " licencia " Bakounine. Et quel était l’objet du litige ? La construction du parti. Marx militait pour un grand rassemblement de toutes les forces révolutionnaire de son temps (blanquistes, socialistes, communistes, possibilistes, proudhoniens, anarchistes, allemanistes...) dans une même organisation : l’AIT (Alliance internationale des travailleurs). Ce qui est en gros notre projet. Bakounine y était opposé et trouvait tous les prétextes pour combattre ce projet. C’est pourtant ainsi que se réalisa à l’aube du 20ème siècle l’unification du mouvement ouvrier.

PS : Besancenot n'est pas Marx tout comme Picquet n'est pas Bakounine. Ni l'un, ni l'autre n'avaient d'ailleurs dans ces temps anciens les faveurs de la grande presse qui se souciait fort peu de ces querelles groupusculaires. En outre il fallut attendre 1905 pour qu'en France, du moins car c'était déjà fait en Allemagne, le mouvement socialiste s'unifie, mais au final c'est bien Marx qui emporta le morceau.

25/03/2008

Emmanuelli tire des leçons… sur la comète

Sous le titre, abusivement titré par Le Monde, " les électeurs veulent une gauche de gauche ", Henri Emmanuelli et Benoît Hamon  tirent leurs leçons des municipales. Première leçon : le " Parti socialiste a été l'acteur majeur de la victoire de la gauche dimanche 16 mars. " Deuxième leçon : " A force de vouloir être partout à la fois, le MoDem n'a fini nulle part. " Jusque là, il n’était nul besoin de prendre son stylo pour écrire de telles banalités.

C’est avec la troisième leçon que ça devient franchement rigolo : " glissement à gauche de notre électorat. " Ah bon ? Tiens donc ! Commentaire d’un lecteur : " Ceux qui seraient étonnés ce sont les électeurs de Lyon et de Paris, même les électeurs de Nantes doivent rigoler en lisant ce point de vue. " Et comment donc ont-ils constaté ce " glissement " de leur électorat, nos deux compères ? " Partout où la gauche était rassemblée, elle réalise de très bons scores. Quand elle était divisée de notre fait, alors communistes, écologistes ou extrême gauche réalisaient des scores qu'il serait absurde d'ignorer. "

Première remarque, cet électorat qui a voté pour les listes soutenues par la LCR, en alliance dans une quarantaine de villes avec des écolos, des communistes ou des alter, n’appartient pas aux socialistes. L’électorat de gauche est libre s’émanciper du PS.

Deuxième remarque, il ne s’agit pas de listes qui se seraient construit faute de rassemblement de la gauche, mais en toute indépendance du PS. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Tel est le cas à Clermont-Ferrand où la liste " 100% à gauche " réalise plus de 13 % au 1er tour face à une liste où coexistent le PS, le PC et… Lutte ouvrière.

Comme quoi l’électorat n’est pas dupe d’une fausse gauche rassemblée autour du PS même avec la caution d’une extrême-gauche dévoyée. Car s’il y a bien " radicalisation " d'une partie de l’électorat, la " gauche ", rassemblée ou pas, n’en bénéficie pas lorsqu’elle accepte d’être soumise aux diktats du PS. Mais cette leçon, MM Emmanuelli et Hamon ne sont pas prêts en tirer toutes les conséquences.

18/03/2008

Une « victoire » sans conséquence… hélas !

Arlette Laguiller, a appelé "les classes populaires" à engager des "luttes amples et déterminées" après les municipales, estimant que seule "l'explosion sociale" pourrait faire reculer le gouvernement et le grand patronat. Voilà bien le genre d’appel parfaitement idiot, et sans conséquence aucune, prononcée par la porte-parole d’une organisation qui a choisi, rappelons le, d’intégrer dès le premier tour les listes de la gauche plurielle, comme si la victoire électorale de cette gauche pouvait être le meilleur levier pour combattre la droite et sa politique.

Car qu’ont-elles fait au juste les " classes populaires " ? Majoritairement elles se sont vraisemblablement abstenus après avoir majoritairement voté pour la droite en mai 2007. Nous voilà donc revenus à notre point de départ de 2002 : ces " classes populaires " ont durablement perdu confiance dans leurs anciens partis, qui le méritent, comme en témoigne la perte subie par le PC de Montreuil, Calais, Pierrefitte, Aubervilliers et de la Seine-Saint-Denis, villes et département gagnés respectivement par les Verts, la droite et le PS, le plus souvent avec l’appui des électeurs " centristes ". Comme si désormais abandonné par son électorat traditionnel, le PC était dépecé, pièce après pièce.

Quant au reste, la " déferlante rose ", parlons en. Paris n’a pas bougé (aucun gain d’arrondissements), et Marseille et Bordeaux sont restées à droite. Ce qui limite cette " grande " victoire aux gains de Toulouse et Metz, acquis de justesse, et à la reconquête de Strasbourg et de quelque dizaines d’autres villes perdues en 2001.

Mais admettons qu’un certain mécontentement se soit fait entendre (ce qui est vrai), que son ampleur soit réelle (bien que limitée à une clientèle électorale dont les intérêts économiques et sociaux ne sont pas du même ordre que ceux des " classes populaires "), que va-t-elle faire la " gauche " de cette victoire sinon s’en servir à ses propres fins, pour régler ses comptes internes, sans autres préoccupations pour le smicard, le petit retraité, le jeune à la dérive, la femme à temps partiel, le travailleur précaire, licencié, chômeur…

Et comment ceux, qui savent fort bien que la dégradation de leur condition de vie et de travail ne date pas d’aujourd’hui, que droite et gauche y ont eu leur part, feraient-ils pour " engager des luttes amples et déterminées " ? Qui va les y aider ? Sur qui s’appuyer ?

La reconstruction d’un mouvement ouvrier capable de tels combats sera longue. Elle se fera en partie contre cette " gauche " qui l’a abandonné, en opposition à son programme et à ses dirigeants. Elle aura surtout besoin d’un outil politique, d’un nouveau parti, indépendant du PS et de ses alliés, en qui elle se reconnaîtra. C’est l’émergence d’un tel parti qui est en germe dans les résultats encourageants des listes soutenues par la LCR, d’autant plus lorsque ces listes ont su fédérer communistes, altermondialistes, antilibéraux et écologistes.

16/03/2008

La leçon de Clermont

Le PS avait prononcé son oukase. Interdiction de fusionner avec les listes de la LCR, ou soutenue par elle, au deuxième tour des municipales, contrairement à une " tradition " inaugurée précisément à Clermont-Ferrand en 1995. Il est vrai que ces fusions étaient contractées sans engagement de la part de la LCR, et en particulier surtout pas celle de voter les budgets. Ce type de fusion, dite " technique ", avait été mise en place en 1995 à Clermont-Ferrand alors que la gauche, affaiblie, risquait de perdre la ville.

Cette fois-ci, dès avant le 1er tour, Serge Godard, le maire de Clermont-Ferrand, avait en quelque sorte pris les devants. Ayant accepté l’offre de Lutte ouvrière d’intégrer la liste de la gauche plurielle, il n’y avait mis qu’une seule condition : que LO s’engage à voter les budgets. Ce qui fut fait.

Mais la liste soutenue par la LCR, les AlterEkolo et les Collectifs antilibéraux avait réussi un tel score (5.437 voix, soit 13,81 % des exprimés) qu’il était difficile de l’ignorer. Les discussions furent engagées avec le PS. On crut un moment que l’accord était proche. Cependant au dernier moment les socialistes rompirent.

Il ne restait plus qu’une seule solution à la liste " A gauche 100%… ", conduite par Alain Laffond, se maintenir et faire la démonstration au PS et à ses amis, et accessoirement à Lutte ouvrière, que le refus du social-libéralisme et des compromissions à gauche pouvaient être compris par les électeurs. En obtenant 15,34 % des exprimés (4 élus), améliorant ainsi de plus de trois points son score du premier tour, Alain Laffond et ses colistiers ont fait la démonstration qu’ils avaient été entendus.

Nous verrons ce qu’il en sera également dans les autres villes où des listes soutenues par la LCR ont été maintenues : Foix, Ventabren, La Couronne, Louviers, Saint-Nazaire, Cavaillon, Prades-le-lez, Quimperlé, Palaiseau, Noisy-le-Grand. D’ores et déjà, nous savons que pour la plupart, elles ne se sont pas effondrées et que ces listes ont eu des élus comme à Saint-Nazaire ou à Foix. A contrario, à Marseille, la défaite de la gauche qui avait préféré fusionner avec le MoDem plutôt qu’avec les listes soutenues par la LCR est une autre leçon de chose. Globalement, victoire donc des socialistes, certes mais surtout défaite de la tactique d’alliance privilégiée avec le MoDem. La " rénovation " du PS et de son projet ne sera pas un lit de roses.

" La gauche de gauche " résiste (17/03/08)

Dans les 11 villes où les listes présentées ou soutenues par la LCR s’étaient maintenues, faute d’avoir pu fusionner avec la gauche plurielle du fait de l’oukase du PS, elles ont maintenu globalement, voire amélioré, leur score du 1er tour. Alain Laffond, à Clermont-Ferrand est le symbole de cette " résistance " au " vote utile ". Malgré une abstention plus forte qu’au 1er tour (quelque 3.000 votants en moins) qui se traduit par une perte de plus de 500 voix pour le maire PS sortant, la liste " 100% à gauche " améliore son score : 190 voix en plus, soit 15,37 % (1,5 point en plus) et 4 élus (1 poste en plus). Tendance identique à Saint-Nazaire : 1.321 voix en plus soit 17,69 % ; à Cavaillon : 4 point en plus (14,31 %). A Quimperlé, l’obstination du PS lui fait d’ailleurs perdre la mairie qui était largement gagnable, le total PS-LCR faisant au 2ème tour 53,09.

12/03/2008

Un PC pas encore assez à droite et une LCR décidément trop à gauche !

L’électorat Modem est donc devenu l’enjeu du deuxième tour. Malgré des scores souvent modestes (à Marseille, le MoDem ne pèse guère plus que, électoralement parlant, que la gauche radicale) la droite et la gauche, à quelques exceptions notables comme à Paris, s’arrachent les services de la formation de François Bayrou.

Pour la droite, rien de plus normal : la droite va à la droite. Pour la gauche, en revanche, il semble bien que nous soyons là à un tournant historique. Il y avait déjà eu en mai 2007 la proposition faite par Ségolène Royal à François Bayrou d’un « ticket » au second tour de la présidentielle. Depuis quelques semaines l’ex-futur candidate multipliait de nouveau les appels du pied pour des accords de second tour, « partout », avec les centristes, évoquant même le principe d’un accord au sommet.

Or, si un tel accord n’a pas eu lieu, en revanche on assiste dans de nombreuses villes (Dijon et Grenoble dès le 1er tour, Anières, Marseille, Lille, Brive, Chartres, Melun, Sèvre, Poissy… au second tour ) à des fusions locales des listes d’union de la gauche et du MoDem, même (disons franchement que l’on assiste là à la levée d’un tabou) lorsque la gauche n’a nul besoin de l’apport des voix centristes pour l’emporter. Le cas de Lille est à ce titre remarquable. La grande prêtresse des 35 heures accueillant sur sa liste des gens qui ont toujours pourfendu cette mesure, ne manque pas de saveur. On voit donc bien aussi que le refus Bertrand Delanoë de s'allier avec le MoDem à Paris est moins une question de principe qu’une façon de se démarquer de sa rivale au PS.

Dans cette course au fromage municipal, le pompon revient néanmoins aux communistes d’Aubagne. La fusion des listes du PCF et du MoDem est une première historique. N’oublions pas qu’il y a encore quelques mois, ce parti se revendiquait de l’antilibéralisme et prétendait imposer Marie-Georges Buffet comme candidate unique de la gauche de la gauche à la présidentielle (en l'occurrence, le maire d'Aubagne avait apporté son soutien à... José Bové, me signale un lecteur, ponctuant la remarque d'un : "Faut suivre !" En effet !). Mais las ! Pour Bayrou on dépasse là les limites de la bienséance. Travailler avec la gauche plurielle sous la férule du PS, aucun problème. Avec le seul PC : jamais ! En clair, le PCF n’est pas encore assez à droite pour le Béarnais ! Patience, ça viendra.

Toutes ces petites et grandes trahisons sont à rapprocher de la décision nationale prise par le PS de refuser toute fusion technique (fusion de liste sans accord sur le programme politique) avec les listes présentées ou soutenues par la LCR comme à Toulouse, Amiens, Nancy, Clermont, Brest… On aura compris. Comme l’a déclaré Martine Aubry, ce sont les valeurs communes (humanisme, la république, etc) au PS et au MoDem qui justifient les fusions, valeurs que manifestement le PS ne partage pas avec la LCR, mais apparemment avec Lutte ouvrière accueillie par les socialistes sur plusieurs listes d'union de la gauche comme à Clermont-Ferrand. La LCR n’en attendait pas tant. L'indépendance a un prix. Les trahisons aussi.

12:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

10/03/2008

Petite victoire pour la « bourgeoisie rose »

Plus que les prolos, les bobos fournissent une base fiable au PS. La gauche s’embourgeoise : elle en tire le bénéfice. " Laurent Joffrin, dans Libération, a eu effectivement le mot juste. Et bien évidemment il se réjouit d’une telle évolution. Sauf que cette victoire, bien timide, des socialistes repose la question de l’avenir de la " gauche " dans ce pays. Car cette gauche là, celle qui s’embourgeoise, si elle peut être une alternative à la droite dans cette démocratie confisquée par certaines catégories sociales qui tirent tout profit du capitalisme libéral, ne peut être à l’évidence une solution politique pour les couches populaires, celles qui en souffrent.

Nous verrons d’ailleurs bien dans quelques jours comment les ouvriers et les employés ont voté. Ou plutôt dans quel pourcentage ils n’ont pas voté, préférant revenir à l’abstention comme ils l’avaient fait depuis une vingtaine d’années. Mais nul doute que l'on soit retourné aux chiffres de participation d'avant 2007. La participation à ces élections est en effet légèrement inférieure à celle de 2001 et très faible en particulier dans les quartiers populaires, ces quartiers qui avaient massivement voté Royal à la présidentielle.

Nous analyserons également, dans le détail, la progression (parfois très importante comme à Clermont-Ferrand ou à Sotteville les Rouen où ces listes obtiennent autour de 14 %) des listes soutenues par la LCR. Certes le parti d’Olivier Besancenot ne s’attendait pas à un miracle, mais en présentant ou en soutenant (avec le concours d’antilibéraux ou de communistes locaux) quelque 200 listes, c’était un premier test grandeur nature pour envisager la construction à terme d’une véritable force d’opposition, anticapitaliste, radicalement écologiste et féministe.

Cette analyse, nous serons les seuls à la faire. Pour le PS, le PC et les Verts c’est un tout autre objectif qui est visé. L’alliance ou non avec le MoDem est en effet très clairement devenu l’enjeu. Ce qui confirme que l’avenir d’une gauche d’opposition n’est plus dans sa recomposition mais dans la reconstruction d’une autre gauche, sans le PS et ses alliés.

1er bilan (sur 200 villes)

Nos listes dépassent les 5 % dans 109 villes et les 10% dans 29. Nous avons d'ores et déjà 71 élu(e)s.

Lu dans Le Monde

"La LCR a tenté et réussi "de bonnes petites percées", comme le remarquait son porte-parole, Olivier Besancenot, dimanche 9 mars. Avec ses listes "100 % à gauche", l'organisation trotskiste a obtenu des scores inattendus dans un certain nombre de villes moyennes. Ainsi, à Quimperlé (Finistère), la liste LCR atteint 15,2 %, à Sorgues (Vaucluse), 15 %, 14,8 % à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime), 13,8 % à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), 10,8 % à Foix (Ariège), 10 % à Bar-le-Duc (Meuse), ou à 8,9 % à Brest (Finistère).

"Ce sont d'excellents résultats, qui montrent la justesse de notre stratégie d'indépendance vis-à-vis de la gauche institutionnelle", assure Guillaume Liégard, membre de la direction nationale. Les résultats sont plus modestes dans les banlieues où l'enjeu gauche-droite était important, ainsi que dans les villes PCF.

La LCR, qui a appelé à la création d'un "nouveau parti anticapitaliste", va se sentir confortée dans son projet de lancer seule la construction d'un pôle "100 % indépendant". "L'exaspération vis-à-vis des politiques nationales a profité à la gauche et à la gauche de la gauche", analyse M. Besancenot. Reste à savoir si ces listes vont se désister à gauche pour le second tour. "On n'a pas l'habitude de jouer la politique du pire mais on attend les discussions avec le PS", lâchait-on, dimanche soir, au siège à Montreuil."

"Oukases" du PS contre la fusion avec ses listes.

PARIS, 11 mars 2008 (AFP) - A quelques heures de la clôture des listes pour le second tour des municipales, la LCR a dénoncé mardi le refus du PS d’accepter une fusion avec ses listes dans nombre de ville où elle a obtenu plus de 5%. "En vue du deuxième tour, les oukases du PS vis-a-vis des listes soutenues par la LCR en vue d’une fusion démocratique se multiplient", affirme le parti d’Olivier Besancenot dans un communiqué. "A Toulouse mais aussi dans plusieurs autres villes - Amiens, Nancy, Clermont, Brest, etc. - le PS a refusé notre proposition de fusion", souligne Pierre-François Grond, responsable des élections à la LCR.

La multiplication de ces refus montre, selon lui, qu’il y "une consigne nationale" du PS à ce sujet. "Plus surprenant, selon lui, le PCF a également refusé la fusion à Saint-Denis et à Choisy-le-Roi". Olivier Besancenot va tenir une conférence de presse en début d’après-midi pour dénoncer cette situation avant la clôture des listes à 18H00. Sur les 200 listes présentées ou défendues par la LCR, 109 ont obtenu plus de 5%, dont certaines plus de 10%. La LCR, qui revendique une ligne "d’indépendance" vis-à-vis du PS propose une "fusion technique" qui "écarte toute perspective d’accords de gestion, de vote du budget, de participation à la majorité municipale". En revanche, les élus LCR voteraient "les mesures qui leur sembleraient "aller dans le bon sens". A Toulouse la tête de liste PS Pierre Cohen a refusé une telle fusion expliquant qu’il souhaitait réunir "une majorité unie et solidaire".

07/03/2008

Votez utile ! Votez 100 % à gauche !

Quels assauts de précautions ! Faisant échos aux déclarations de Fillon expliquant que la politique du gouvernement ne changera pas d’un iota après ces municipales, quelque en soit le résultat, les socialistes n’en finissent pas de multiplier les avertissements à leur électorat.

Première crainte, l’abstention. Que signifierait en effet une victoire de leurs candidats, si elle était obtenue sur un fond d’abstention record en particulier parmi les couches populaires, sinon que ces électeurs là ne leur feraient toujours pas confiance pour défendre leurs intérêts.

Deuxième crainte, à l’inverse, qu’ils se trouvent investis, par un votre sanction sans ambiguïté, d’une mission, celle de bousculer les plans gouvernementaux en cours. Or comme plusieurs dirigeants socialistes l’ont souligné ces derniers jours, Sarkozy est encore là jusqu’en 2012. Pas question de contrarier la légitimité de son élection. En clair, le président peut être tranquille, les socialistes, même vainqueurs sans contestation possible, ne feront rien pour l’obliger à changer de politique.

Ainsi, quelque soit le cas de figure, voter pour les socialistes et leurs alliés n’aura aucune conséquence. Ce sera en quelque sorte un vote sans lendemain. Tout juste servira-t-il aux uns et aux autres à parfaire leur prétention à obtenir le leadership de cette " gauche " de pacotille en… 2012. Les uns privilégiant une alliance avec le MoDem, d’autres pensant qu’il suffira de repeindre en rose vif la formule usée jusqu’à la corde de l’alliance des " gauches " molles (PS, PC, Verts).

Dans ces conditions, il n’y a qu’un seul vote utile, celui pour les 200 listes " 100 % à gauche ! ". Les seules prêtes à s’engager à soutenir les salariés dans leurs luttes contre les licenciements, la vie chère et de meilleures conditions de vie.

 
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