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18/03/2008

Une « victoire » sans conséquence… hélas !

Arlette Laguiller, a appelé "les classes populaires" à engager des "luttes amples et déterminées" après les municipales, estimant que seule "l'explosion sociale" pourrait faire reculer le gouvernement et le grand patronat. Voilà bien le genre d’appel parfaitement idiot, et sans conséquence aucune, prononcée par la porte-parole d’une organisation qui a choisi, rappelons le, d’intégrer dès le premier tour les listes de la gauche plurielle, comme si la victoire électorale de cette gauche pouvait être le meilleur levier pour combattre la droite et sa politique.

Car qu’ont-elles fait au juste les " classes populaires " ? Majoritairement elles se sont vraisemblablement abstenus après avoir majoritairement voté pour la droite en mai 2007. Nous voilà donc revenus à notre point de départ de 2002 : ces " classes populaires " ont durablement perdu confiance dans leurs anciens partis, qui le méritent, comme en témoigne la perte subie par le PC de Montreuil, Calais, Pierrefitte, Aubervilliers et de la Seine-Saint-Denis, villes et département gagnés respectivement par les Verts, la droite et le PS, le plus souvent avec l’appui des électeurs " centristes ". Comme si désormais abandonné par son électorat traditionnel, le PC était dépecé, pièce après pièce.

Quant au reste, la " déferlante rose ", parlons en. Paris n’a pas bougé (aucun gain d’arrondissements), et Marseille et Bordeaux sont restées à droite. Ce qui limite cette " grande " victoire aux gains de Toulouse et Metz, acquis de justesse, et à la reconquête de Strasbourg et de quelque dizaines d’autres villes perdues en 2001.

Mais admettons qu’un certain mécontentement se soit fait entendre (ce qui est vrai), que son ampleur soit réelle (bien que limitée à une clientèle électorale dont les intérêts économiques et sociaux ne sont pas du même ordre que ceux des " classes populaires "), que va-t-elle faire la " gauche " de cette victoire sinon s’en servir à ses propres fins, pour régler ses comptes internes, sans autres préoccupations pour le smicard, le petit retraité, le jeune à la dérive, la femme à temps partiel, le travailleur précaire, licencié, chômeur…

Et comment ceux, qui savent fort bien que la dégradation de leur condition de vie et de travail ne date pas d’aujourd’hui, que droite et gauche y ont eu leur part, feraient-ils pour " engager des luttes amples et déterminées " ? Qui va les y aider ? Sur qui s’appuyer ?

La reconstruction d’un mouvement ouvrier capable de tels combats sera longue. Elle se fera en partie contre cette " gauche " qui l’a abandonné, en opposition à son programme et à ses dirigeants. Elle aura surtout besoin d’un outil politique, d’un nouveau parti, indépendant du PS et de ses alliés, en qui elle se reconnaîtra. C’est l’émergence d’un tel parti qui est en germe dans les résultats encourageants des listes soutenues par la LCR, d’autant plus lorsque ces listes ont su fédérer communistes, altermondialistes, antilibéraux et écologistes.

Commentaires

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Écrit par : nef | 29/03/2008

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