Avertir le modérateur

30/01/2008

La clôture du « trotskisme »

La décision était attendue. Elle a été confirmée, et avec quelle ampleur, par le XVIIème congrès de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). C’est en effet par un vote de plus 80 % des mandats que le coup d’envoi a été donné ce dernier week-end à la création, fin 2008-début 2009, d’un nouveau parti, anticapitaliste. A cet effet une adresse a été rédigée.

Elle s’adresse à toutes celles et tous ceux, individus, équipes militantes, courants politiques, qui veulent se regrouper dans un cadre politique organisé, militant, national et démocratique : aux femmes et aux hommes de toutes origines, avec ou sans papiers qui pensent que leurs vies valent plus que les profits ; à la jeunesse qui répond " résistance ! " quand on cherche à précariser son avenir ; aux militant-es associatifs, syndicalistes, qui agissent au quotidien dans leurs quartiers ou entreprises ; aux militantes et militants socialistes, antilibéraux, communistes, verts qui n’acceptent plus les recentrages, les reniements et les demi-mesures ; aux militant-es anticapitalistes, révolutionnaires, à toutes les organisations et courants politiques nationaux ou locaux, qui pensent qu’il est temps de se rassembler par delà les divisions anciennes ; et surtout à celles et ceux qui jusque là n’ont pas trouvé de parti leur donnant suffisamment envie de s’engager…

Je reviendrai longuement, les mois prochains, sur le formidable enjeu d’une telle initiative et en particulier sur son caractère historique. Car sont réunies, pour la première fois, certaines conditions qui permettent d’espérer donner corps au projet de tous ceux qui luttent depuis des décennies, pied à pied, contre le système d’exploitation capitaliste. Il est cependant une conséquence d’une telle décision qui a été pour le moins occultée par tous les " observateurs ". La création d’un parti anticapitaliste, large, à vocation de masse, clôt un moment de l’histoire du mouvement ouvrier révolutionnaire : celui du trotskisme.

Par facilité et paresse journalistique – et même si aujourd’hui la tendance est plutôt à parler du " parti d’Olivier Besancenot ", ce qui est un autre poncif –, et parce que le qualificatif a permis ainsi de maintenir les révolutionnaires dans les marges de la vie politique, on a perpétué jusqu’à aujourd’hui l’idée que l’extrême-gauche, française en particulier, était un anachronisme. Car pour les médias, cette référence au " trotskisme ", donc à Trotski, ne peut que signifier perpétuation d’une nostalgie, preuve de la parfaite inadéquation du projet porté par ce courant politique à notre époque.

Evidemment le trotskisme n’a jamais été une nostalgie. Il fut d’abord et avant tout un combat pour perpétuer à contre courant du stalinisme qui a été la négation même du socialisme et du communisme, l’héritage du mouvement ouvrier révolutionnaire. Néanmoins, il faut bien en convenir, TOUS les trotskismes n’ont pas été à la hauteur et le " trotskisme " a bien fini parfois par ressembler à la caricature que l’on en faisait. Mais ce n’est pas l’essentiel. En fait, le trotskisme vivant, celui qui a été porté en particulier par la LCR depuis les années 60, se pensait d’abord comme une avant-garde minoritaire, une organisation de " cadres ", une petite élite, qui attendait, l’arme de la critique aux pieds, qu’une brèche se présente pour s’y engouffrer. Les conditions de l’époque (un PC longtemps hégémonique sur le mouvement ouvrier, un PS ensuite électoralement majoritaire dans la gauche) ne permettaient guère d’autre alternative. Ce courant vivait alors dans l’attente d’une crise qu’elle espérait déterminante sinon décisive.

Enfin la crise est venue, mais ce n’était pas celle qui était attendue. Au lieu d’une crise révolutionnaire ou pré-révolutionnaire, c’est à une accumulation de défaites, de reculs importants, du mouvement social et des idées politiques de gauche que nous avons assistée ces vingt-cinq dernières années. Désormais SANS PARTI (le PC et encore moins le PS ne peuvent aujourd’hui prétendre le représenter), le prolétariat (productif, " cognitif ", de service… ), disloqué par le nouveau capitalisme, libéral, financier, mondialisé, a perdu totalement (ou presque) confiance dans ses anciens mandataires qui l’ont conduit là où l’on sait. De rage ou par désespoir, il se vend désormais, selon les moments, aux plus offrants. Le Pen, Chirac puis Sarkozy ont su momentanément le séduire. Pour autant des résistances se sont organisés. Tout n’est donc pas perdu.

La construction d'un nouveau parti anticapitaliste initiée par la LCR c’est la réponse à cette nouvelle période. Le temps des avant-gardes est terminé. Une nouvelle histoire, celle d'un mouvement ouvrier combatif, de lutte de classe, anticapitaliste, va s’écrire.

Commentaires

je ne peux m empecher de pleurer sur la "mort" de la lcr et surtout du trotskisme,cela represente toute une generation de militants qui y ont crus avec force et conviction, la dissolution de la ligue va entrer dans l histoire mais aussi dans le passe.creer un parti de rassemblement dela vraie gauche anticapitaliste,un parti de masse donc un parti qui doit faire front a sarkosy, me, parait politiquement juste, par contre la question qui n est pas des moindre que je me pose, est celle ci,quelle structure democratique allez vous mettre en place dns ce parti( federative,leniniste) je suis un peux inquiete la dessus ,un parti de masse demande plus de largeur"disciplinaire" mais moins democratique'ps pc etc).pensez vous faire des meetings pour en discuter avec les personnes interressees.

Écrit par : france | 31/01/2008

Sur un "chat" du quotidien Le Monde.fr, le leader de la LCR raconte (comme tous les autres politiciens) que Sarkozy est "élu par 53 % de la population".

M. Besancenot qui se dit opposé au capitalisme n'envisage apparemment pas d'en abandonner les bonnes vieilles recettes manipulatrices car, rappelons-lui, la population en âge de voter est évaluée par l'INSEE à 50 millions de français. Or le président actuel est élu par 18 millions de personnes.

Prenez votre calculatrice M. Besancenot et vous allez trouver ...36% de la population et non 53% comme le répètent sans arrêt médias et politiciens jusqu'à ce que nos cerveaux finissent par le croire. Le plus triste est que le cerveau anticapitaliste de Besancenot finisse par le croire aussi !


PS: le pourcentage magique "53%" concerne les suffrages exprimés au second tour de la présidentielle
D'ailleurs personne n'a même retenu que Sarkozy ne représente que 42% des électeurs inscrits

les chiffres officiels du ministère de l'intérieur sont:

Inscrits : 43 650 354 français

Sarkozy : 18 799 721 suffrages

Écrit par : léo | 31/01/2008

Sur un "chat" du quotidien Le Monde.fr, le leader de la LCR raconte (comme tous les autres politiciens) que Sarkozy est "élu par 53 % de la population".

M. Besancenot qui se dit anti-capitaliste n'envisage apparemment pas d'en abandonner les bonnes vieilles recettes manipulatrices car, rappelons-lui, la population en âge de voter est évaluée par l'INSEE à 50 millions de français. Or le président actuel est élu par 18 millions de personnes.

Prenez votre calculatrice M. Besancenot et vous allez trouver ...36% de la population et non 53% comme le répètent sans arrêt médias et politiciens jusqu'à ce que nos cerveaux finissent par le croire. Le plus triste est que le cerveau anticapitaliste de Besancenot finisse par le croire aussi !

36% !


PS: le pourcentage magique "53%" concerne les suffrages exprimés au second tour de la présidentielle. D'ailleurs personne n'a même retenu que Sarkozy ne représente que 42% des électeurs inscrits

chiffres officiels du ministère de l'intérieur:

Inscrits : 43 650 354 français

Sarkozy : 18 799 721 suffrages

Écrit par : léo | 31/01/2008

@France
Evidemment la LCr va entrer à partir de maintenant dans un "processus constituant". Des comités vont être mis sur pied pour accueillir les nouveaux entrants ; des débats auront lieu dans ces comités pour élaborer un programme, une ligne politique, le plus démocratiquement possible afin de ne fermer la porte à personne qui se situe sur des bases anticapitalistes. Des comités de pilotages au niveau régional, puis national, permettront de faire le point de mois en mois jusqu'à un congrès final qui devrait se situer fin 2008, début 2009.

Écrit par : Ajamais | 31/01/2008

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu