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12/01/2008

La bonne blague de Bling Bling

" La société britannique est une société dure, et les dix années de gouvernement Blair ont renforcé cet aspect. " (" Tony Blair, 1997-2007, le bilan des réformes ", Florence Faucher-King, Patrick Le Galès, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques).

En invitant Blair au conseil national de l’UMP, Sarkozy fête d’abord un allié, un frère jumeau, un modèle en politique. Le bilan du blairisme n’est pourtant pas aussi fameux qu’on le dit ici. En se plaçant du seul point de vue des élites capitalistes il peut certes apparaître comme une belle victoire remportée sur le Travail. Ainsi selon les calculs des économistes, la situation des revenus britanniques évolue vers une répartition à l’américaine avec les 1 % les plus riches détenant 13 % de la richesse, contre 17 % aux Etats-Unis. (Les Echos). Résultat pour Patrick Le Galès d’une gouvernance qui a " agi massivement en faveur du capital pour favoriser la croissance ; a discipliné la main-d’œuvre et s’est un peu occupé d’inégalités ".

Pour autant, notent les auteurs de cette enquête, " malgré des investissements massifs dans l'éducation et la santé, le " business model " britannique s'est heurté à deux échecs cuisants : l'aggravation des déséquilibres Nord-Sud et l'incapacité à moderniser les infrastructures de transport. Pis : le gouvernement travailliste n'a pas réussi à redresser le niveau de la productivité britannique. " Ils concluent : " Si les échecs sur la compétitivité et le développement de la base industrielle de l'économie venaient à être renforcés par un krach immobilier, une hausse de l'inflation ou un déficit commercial intenable, le bilan travailliste apparaîtra singulièrement obscurci. "

Avec quelques dix années de retard, c’est pourtant la même voie que prend Sarkozy avec très certainement les mêmes effets si l’on en juge par le bilan des six premiers mois de son gouvernement. Mais l’intérêt du blairisme pour Sarkozy est peut être avant tout politique. Le " new Labour " clôt la fin d’une imposture, celle d’un réformisme socialiste dont le PS français a cru pouvoir entretenir la nostalgie jusqu’à la corde. En valorisant le chef de fil du social-libéralisme européen, Sarkozy signifie aux socialistes français qu’ils n’ont désormais plus guère d’alternative : devenir blairistes ou rien !

Commentaires

"Avec quelques dix années de retard, c’est pourtant la même voie que prend Sarkozy"

Je me demande en fait... N'y a-t-il pas un décalage entre les fanfaronnades et la réalité de sa politique qui est moins libérale que ce qu'elle s'affiche ?

La baisse inexorable dans les sondages devant le rendre encore plus prudent d'ailleurs.

Quant à : "Le " new Labour " clôt la fin d’une imposture, celle d’un réformisme socialiste dont le PS français a cru pouvoir entretenir la nostalgie jusqu’à la corde."

Je ne crois pas qu'elle soit terminée en fait, au contraire elle se poursuit avec d'autres variantes.

Écrit par : juliette dze | 20/01/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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