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30/12/2007

L’année des « SANS »

Le mouvement de protestation des sans-papiers du centre de rétention du Mesnil-Amelot commencé le 20 décembre s'est étendu, samedi 29 décembre aux deux centres de rétention de Vincennes. Ces trois centres accueillent quelque 400 personnes. Dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de l'ordre sont intervenues au centre de rétention de Vincennes pour faire rentrer dans leurs chambres des étrangers protestant contre leurs conditions d'arrestation et de détention.

Sans papiers, sans domicile fixe, sans logements, sans ressources, sans droits… il ne fait pas bon être " SANS " dans la France de Sarkozy. Les " SANS  ", c’est la face sombre de cette présidence tout en paillettes et en strass, qui ne jure que par et pour " le fric ". La France n’est pas une exception : voir la situation des Roms en Italie. Au Brésil, il y a les sans terre, aux Etats-Unis, des millions d’Américains sans couverture sociale.

Le " SANS " ne possède rien ; même sa vie ne lui appartient plus. La mer, ou le passeur, peut en disposer entre l’Afrique et l’Italie ou l’Espagne. Mais c’est aussi le paysan indien à qui on a vendu des semences génétiquement modifiées et qui devient dépendant, pour la première fois depuis des millénaires, d’une multinationale pour semer ; plus près de chez nous, c’est aussi le salarié qui n’a pas d’autre choix que de travailler 40, 41 ou 42 heures, voire plus, le dimanche ou les jours fériés aussi, selon le bon vouloir des actionnaires.

Durant les " trente glorieuses " on nous avait laissé entendre que le capitalisme, enfin assagi, allait pouvoir offrir à chaque homme sur terre sa part du gâteau. C’était le temps de l’Etat-providence, du " welfare state ". On est désormais bien loin de cette promesse. Dans les années d'après guerre, Hanna Arendt avait dit aussi que la figure du " réfugié " était devenue l’avant-garde de l’humanité. Les " SANS " occupent cette place aujourd’hui.

28/12/2007

L’effet Continental

Continental, du nom de cette entreprise allemande de pneumatique de Sarreguemines en Moselle où les salariés viennent d’approuver le retour aux 40 heures de travail hebdomadaires. Il faut dire que l’on ne leur avait guère laissé le choix puisque la direction de l’usine avait expliqué que c’était ça ou la fermeture de l'usine.

C’est désormais à l’échelle de la France que le Premier ministre veut étendre cette mesure souhaitée par la patronne du Medef. Il vient en effet dans une lettre adressée le 26 décembre aux dirigeants syndicaux et patronaux, de préconiser que la définition du temps de travail soit intégrée dans la négociation interprofessionnelle sur la représentativité qui doit s'ouvrir le 24 janvier. En clair c’est le feu vert à la remise en cause, entreprise par entreprise, de la durée légale du travail de 35 heures et la porte ouverte au retour aux 40 heures, voire plus, puisque l’Europe a fixé la barre à 48 heures.

Pour le patronat, l’intérêt est double. Outre l’allongement du temps de travail, cette mesure permettra de faire sauter le seuil de déclenchement des heures supplémentaires au taux de 25 % dès la 36e. Pour le gouvernement, cette disposition allégerait d'autant la charge des exonérations fiscales et sociales accordées dans la loi TEPA. Ce sera donc " travailler plus, pour gagner moins ! " Quant au volontariat, à Sarreguemines, c’est une affaire entendu : il n’en est plus question, ni pour les heures supplémentaires, ni pour le travail le dimanche.

" Effet Continental ", mais également contrecoup de l’acceptation par les confédérations syndicales de la négociation autour de la suppression des régimes spéciaux. Chaque recul du mouvement syndical est ainsi exploité. Fillon a fixé au 31 mars 2008 le délai pour que la négociation aboutisse avant que le gouvernement s'en saisisse ; il l’a également lié à la révision de la représentativité des organisations syndicales. Et ne l’oublions pas, en mars, aura lieu le premier rendez-vous politique post-présidentiel : les municipales. On va bien s’amuser en 2008 !

26/12/2007

De plus en plus ! De moins en moins !

On fustige souvent les discours militants pour lesquels rien ne s’arrange, tout va de mal en pis. Et pourtant, il faut s’y résoudre, il ne s’agit pas là d’idéologie mais d’une tendance lourde de la période. Ici même j'ai donné à plusieurs reprises des chiffres sur l’augmentation du travail intérimaire ou la stagnation du revenu salarial net moyen entre 1978-2005, chiffres puisés à de bonnes sources, très officielles. Une enquête récente du Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) révèle également l'explosion des inégalités dans l'accès à la propriété depuis maintenant un quart de siècle.

Réalisée auprès de 2 000 foyers, cette enquête montre qu'en 1980, 45 % des familles à revenu moyen ou modeste étaient propriétaires de leur logement. Cette proportion est tombée en 2007 à 33 % pour les familles modestes et est restée stable à 46 % pour celles à revenu moyen. A l'opposé, la propriété gagne du terrain parmi les hauts revenus, qui sont désormais 70 % à posséder leur logement, contre 51 % en 1980.

Rien de surprenant, il en est de même plus généralement du partage inégal des richesses entre le capital et le travail. Car les désaffiliés, les sans-rien, les exclus de la manne, ne sont pas les oubliés ou les retardataires de la mondialisation, ils en sont la contrepartie nécessaire et la condition. Il faut bien qu’au final quelqu’un paye pour cette fuite en avant d’un capitalisme financier, rentier et agioteur pour lequel une croissance de 3 % peut " créer " une plus-value boursière de 15 %, 50 %, 100 % par an ! Ce miracle (un vol) a un coût et les risques ne sont supportés que par les plus faibles comme on le voit actuellement aux Etats-Unis avec la crise des subprime.

Evidemment une telle enquête ne bouleversera pas la politique suivie par Sarkozy, lui qui a pourtant souhaité que les Français accèdent plus nombreux à la propriété. Pur boniment ! En fait la crise du logement est l’une des plus belles illustrations de l’écart grandissant entre les revenus de la rente et ceux du travail. Car c’est d’abord la hausse des loyers et la spéculation immobilière qui écartent de nombreux foyers de l’accès au logement et pas le manque de logements sociaux. Ou plus précisément, le logement social n’est que la contrepartie que la société est contrainte à payer pour que les revenus de l’immobilier puissent continuer leur folle course.

24/12/2007

Vous allez adorer 2008 !

Après une visite aux travailleurs de Charles Jourdan, à Romans dans la Drôme, dont l’entreprise est en liquidation judiciaire, l’ancienne candidate socialiste interpelle le gouvernement sur le logement social. On voit également fleurir sur les murs de nos villes des affiches du parti socialiste exigeant une hausse du pouvoir d’achat, sans précision de combien elle devrait être et par quels moyens l'obtenir.

Un PS qui penche à gauche (modérément), ça ne s’était pas vu depuis longtemps. Quasiment muets durant les grèves de novembre, atones pratiquement depuis six mois face à la déferlante Sarkozy, absents des luttes pour les sans-logis, les socialistes prennent-ils enfin conscience qu’à force d’évitement, ils risquent d’ici quelques mois de subir une nouvelle défaite électorale ?

Il est vrai que l’on parle peu encore de ces municipales de 2008. Il y aurait pourtant beaucoup à dire sur ces alliances qui se nouent ici et là. Bayrou soutenant Juppé à Bordeaux, Wehrling – porte-parole des Verts – sur la liste du MoDem à Strasbourg, Nadine Morano, porte-parole de l'UMP, faisant alliance avec le PS David Melloni à Toul… jusqu’à Lutte ouvrière offrant ses services au PC voire au PS. Et ce n’est qu’un début. On mettra peut-être au crédit du locataire de l’Elysée d’avoir inaugurer cette pratique de l’ouverture sans principes en accueillant dans son gouvernement les Kouchner, Amara, Hirsch et autre Besson. C’est surtout un signe des temps. A force de raboter dans tous les angles, ce qui différentie la gauche de la droite devient extrêmement mince.

Royal, justement, passe d’un extrême à l’autre. Un jour, elle nous explique froidement qu’en mai, elle avait demandé à Bayrou d’être son Premier ministre ; un autre jour elle nous la joue Besancenot, comme à Romans. Sarkozy aussi verrait bien le porte-parole de la LCR au parlement. Toutes ces simagrées, c’est limite insultant. Mais au fond cela dénote chez ces gens de peu de conviction qu’ils sont prêts à beaucoup céder si on y met les moyens.

Les municipales sont un excellent moyen de brouiller les pistes. Les enjeux locaux servant de cache-sexe aux enjeux nationaux, en plein euphorie d’ouverture, on va de gauche à droite s’en donner à cœur joie. Ces élections sont aussi un tremplin pour les ambitieux. C’est ainsi qu’à droite, en 1995, se sont révélé les Copé, Jego, Bertrand, et autre Woerth…. Alors pourquoi ne pas créer une vraie surprise en donnant une prime au parler vrai des listes anticapitalistes, 100 % à gauche ? Faire mentir tous les ensorcelés, faiseurs d’opinion et propagandistes de l’ordre établi, leur donner une première leçon, eux qui ne voient rien venir. Vous n’avez pas aimé 2007 ? Vous allez adorer 2008 !

21/12/2007

Les bons et les méchants

Olivier Besancenot est devenu le révolutionnaire préféré des Français. Bien entendu, ceux qui l’écoutent ou qui le lisent attentivement s’aperçoivent vite que le José Bové des villes est aussi le porteur d’une idéologie dogmatique et surtout mécanique, que son univers est d’un manichéisme absolu, qu’il se fait de la société, de l’économie et du monde une vision tellement réductrice, tellement immobile, tellement unilatérale qu’elle finit par acquérir une dimension paranoïaque. Dans son univers, il y a les bons et les méchants, comme dans un tableau de Jérôme Bosch, l’oligarchie des puissants maléfiques, flanqués de leurs vassaux et de leurs mercenaires, prêts à tout pour exploiter toujours davantage une humanité réduite au servage. L’actualité sociale n’est faite que de licenciements crapuleux, de fusions malintentionnées, de lois injustes, de mesures oppressives et de régression généralisée. A l’entendre, à le lire, on a le sentiment que la société tout entière marche rapidement à reculons, que le niveau de vie s’effondre, que le chômage augmente irrésistiblement, que la France tout entière vit plus mal qu’il y a cinquante ans. "

C’est du Alain Duhamel, dans Libération, le 19 décembre. Déjà Duhamel dans " Libé " ! Quel chemin parcouru ! Pas Duhamel, lui il n’a pas bougé. C’est " Libé " qui est venu à Duhamel. Mais le sujet n’est pas Duhamel et encore moins " Libé ", mais les propos qu’il tient. Donc en écoutant Besancenot " on a le sentiment que la société tout entière marche rapidement à reculons ". Justement, j’ai trouvé un exemple dans Les Echos,ce fleuron de la presse d’extrême-gauche. Selon ce titre " un total de 688.000 personnes occupaient un emploi intérimaire fin octobre en France, soit une baisse de 0,9% par rapport au mois de septembre, mais une hausse de 4,2% sur un an, en données corrigées des variations saisonnières (CVS), a annoncé mercredi l'Unedic. Le régime d'assurance chômage a aussi donné les chiffres définitifs pour le mois de septembre: 694.200 personnes travaillaient en intérim, en données CVS ( 2% sur un mois, 4,4% sur un an). Le recours à l'intérim reste prépondérant dans l'industrie, où il a légèrement augmenté en octobre ( 0,3%), en particulier dans l'industrie automobile ( 2%). Alors que l'industrie ne représente que 20,8% de l'emploi salarié total, ce secteur employait 45,3% des intérimaires fin octobre, souligne l'Unedic. L'industrie automobile (12,8%), la construction (10,6%) et les industries agricoles et alimentaires (10%) sont les secteurs où la part d'intérimaires par rapport à l'effectif total est la plus élevée. "

C’est très certainement ce que Duhamel appelle " un progrès " et Besancenot, qui voit le mal partout, un " recul ". Si j’ai pris cet exemple, c’est que je travaille dans un secteur où les intérimaires peuvent aller jusqu’à représenter… 40 % du personnel. Certes un certain taux d’intérimaires peut être justifié pour des raisons qui tiennent au caractère fluctuant des commandes. Mais récemment j’ai pu entendre un cadre de cette entreprise (dirigé par un élu socialiste) tenir un tout autre discours. En substance, il expliquait à de futurs stagiaires ce qu'était la politique de recrutement dans l’entreprise : intérimaire donc, puis si vous faîtes l’affaire, un CDD, et enfin CDI. Bref, un vrai système d’écrémage assumé. Pourtant dans cette entreprise, ce n’est pas le bagne. C’est même une " bonne " entreprise avec des avantages, sauf les salaires qui restent très bas (le Smic). Précisons, pour l’instant, que cette industrie ne subit nullement la pression de la concurrence étrangère. Récemment, il y a pourtant eu une grève dans cette entreprise, sur les salaires. Une petite grève. Salauds d'ouvriers qui ne comprennent rien à la marche du progrès.

09/12/2007

Pour le PC, le temps est compté

En faisant moins de 2 % à la présidentielle, il est de plus en plus difficile pour le PCF de peser dans le débat politique. Mais le PCF s’est encore une dizaine de milliers d’élus, des municipalités, des députés, des conseillers généraux (le PCF vient de remporter un canton dans l’Allier, faisant basculer la majorité du département), des syndicalistes aussi dont le poids dans la CGT est encore important. D’où le flottement d’une ligne politique qui hésite depuis de nombreuses années quant au choix « historique » à faire pour un parti qui ne peut plus avoir d’existence pour lui-même. Soit le « maintien de la matrice communiste » dans un parti « rénové et réinventé », c’est la ligne Buffet et des « orthodoxes » ; soit l’immersion dans un ensemble plus large, mais dont on a bien du mal aujourd’hui discerner à quoi il pourrait ressembler, vu qu’il existe chez le partenaire socialiste la même valse hésitation.

Car la crise du PC est pour une bonne partie liée à celle du PS. Le PCF serait-il prêt à rallier un projet comme celui annoncé par Royal : une espèce de coalition arc-en-ciel à l’italienne, allant du MoDem à Bové ? Ou bien le projet de Hollande d’une grande fédération des gauches lui conviendrait-il mieux ? Ou, last but not least, se verrait-il plutôt à la tête d’un nouveau parti à l’image du Links Parti en Allemagne, tel que le préconisent Mélenchon et le PRS ? Sauf que aucun de ces projets n’a pour l’instant le moindre début de réalisation. Et peut-être même qu’aucun d’eux ne verra le jour. Le PCF risque donc d’attendre longtemps, or plus le temps passe…

Contrairement au PS qui a encore du temps devant lui, pour le PC, le temps presse. Il sait que son déclin comme parti autonome est irréversible, qu’il ne peut survivre qu’à la seule condition d’avoir des alliés pour sauver ses élus. C’est même devenu sa seule raison d’être. Il est donc impensable, comme l’avait cru les « antilibéraux » lors de la présidentielle, qu’il change son fusil d’épaule et bascule dans le cap de la radicalité. Pour des élus habitués à gérer des villes et des départements depuis vingt ou trente ans, une telle solution est inenvisageable. Ce qu’ils visent c’est le court terme, c’est-à-dire retrouver leur poste.

La décision qui a donc été prise, lors de l'assemblée extraordinaire des samedi 8 et dimanche 9 décembre à La Défense, de ne rien décider avant le congrès, c’est-à-dire d’attendre que les choses s’éclaircissent au PS – qui doit lui aussi théoriquement trancher sur sa ligne politique à venir – est donc dans la nature des choses. Mais y verrons nous plus clair dans six mois, un an ? Au train où va la rénovation du PS, ce n’est pas certain. 2012 c’est encore loin. A moins qu’une troisième défaite consécutive pour la gauche aux municipales ne bousculent le calendrier des prétendants à la candidature suprême et remette tout en cause.

01/12/2007

Faut-il sauver la gauche ?

Le récent virage à 180° de Lutte ouvrière, proposant comme à Saint-Brieuc, Besançon, Angers, Orléans, mais aussi dans le Nord et le Rhône, de faire alliance aux municipales avec le PC, voire avec le PS, au sein de listes d’union de la gauche ne constitue pas une exception au sein de la " gauche radicale ". Ce qui surprend c’est que l’initiative vienne de LO qui s’était jusqu’ici mis à l’écart de toute problématique de " rassemblement". Souvenons nous de son refus de rejoindre le camp des " nonistes " en 2005 et de les suivre ensuite dans l’hypothétique tentative de présenter une candidature commune à la présidentielle. Jusqu’alors, LO ne mangeait pas de ce pain là. Mais qu’est-ce qui aurait radicalement changé dans la situation politique pour qu’ils en soient réduits à de telles extrémités et finalement à se renier ?

Ils nous disent avoir rejoint nos analyses, explique-t-on à la direction du PCF. Au  moment où les coups de Sarkozy pleuvent dru, il ne faut pas que la gauche se divise. Ils vont même jusqu’à parler gestion, ce qui est nouveau. " Adepte le plus souvent de la tactique du cavalier seul, LO aurait donc été finalement convaincue de l’urgence du recours à la vieille " tactique du Front unique ouvrier " chère aux trotskistes au moment même ou la LCR lui tournerait le dos. Car c’est en filigrane, ce qu’il faut comprendre à ce langage codé. Longtemps la LCR fut en effet partisane d’œuvrer au rassemblement de la gauche, pas sur les bases du programme commun, de l’union de la gauche ou de la gauche plurielle mais sur celles d’un programme dit de transition où étaient concentrées toutes les mesures d'urgence sociale d'une période.

Donc si l’on comprend bien LO, ce n’est pas eux qui auraient changé mais la LCR. Sauf qu’à cette proposition d’alliance, LO ne pose aucune condition. C’est en quelque sorte une opportunité " technique " qu’ils proposent au PC, LO gardant sa totale indépendance de critique. On est donc à mille lieues de la tactique du FUO. Explicitement, elle n’aurait qu’une seule justification : au moment d’une offensive sans précédent de la droite et du patronat, la perte d’une mairie communiste aurait un effet dévastateur sur le moral des travailleurs. Ainsi, LO en venant au secours d’un PC moribond, ferait office de pompier pour ne pas désespérer un peu plus la classe ouvrière. Avec cette complication que dans bien des cas, c’est le PS qui chercherait à ravir sa place au PC. LO s’interposerait alors pour empêcher que la gauche se déchire. Les bons apôtres !

Il faut rapprocher cette curieuse initiative de celle des anciens collectifs antilibéraux rangés aujourd’hui sous la bannière de " Maintenant, à gauche ! ". Avec un gros bémol cependant. Ces derniers, contrairement à LO, ne proposent pas, du moins en apparence, une alliance sans principes. Pour eux, en effet : " l’objectif est de faire converger l’ensemble de la gauche de transformation sociale pour que son projet renouvelé ambitionne de devenir majoritaire à gauche. Pour y parvenir, pas d’échappatoire : il faudra bien que cette gauche devienne de façon durable force politique ". Mais au final, de quoi s’agit-il sinon de continuer à alimenter l’illusion que le PS et ses alliés pourraient encore constituer aujourd’hui une force d’opposition crédible. La seule différence entre LO et les " antilibéraux ", c’est que les premiers n’y croient pas une seconde et que les seconds font comme si une telle hypothèse était possible. En bref nous sommes là face à deux opportunismes.

Pour LO, ruminant son échec de la présidentielle, il s’agit à tous prix de se refaire une santé et d’avoir des élus. Pour sauver les siens, le PCF, pensent-ils, ne crachera pas sur les quelque 1, 2 ou 3 % des voix de trotskistes qui n’exigeront d’eux en retour aucune conditions et surtout pas celle de ne pas s’allier avec le PS en cas de besoin, lui-même étant prêt au mariage avec le MoDem. Pour les " antilibéraux ", tout aussi mal en point après la débâcle de la candidature Bové, c’est, en quelque sorte, une seconde chance qu’ils se donnent. Mais comme ils ne représentent rien, eux aussi iront à Canossa.

Au travers de ces deux exemples, est posée finalement la question suivante : faut-il sauver cette gauche agonisante ou en reconstruire une autre ? Pour le PS, la cause est entendue. Plus jamais il ne renoncera à son programme social libéral. Quant au PC, on a vu avec quelle duplicité il a tenté durant la campagne présidentielle d’instrumentaliser les "collectifs" pour négocier un accord avec le PS. Mais les " travailleurs ", qu’en pensent-ils ? Ce que n’ont pas compris LO et les " antilibéraux ", c’est que depuis longtemps déjà, de ce côté là, ont a perdu tout espoir. La défaite de la gauche en 2002 et 2007, n’a pas d’autres explications : dans leur majorité, les " travailleurs ", c’est-à-dire les ouvriers et les employés, ont lâché cette gauche là et voté à droite ou à l’extrême-droite. Et qu’est-ce qui aujourd’hui pourrait leur laissé espérer qu’il y a encore dans ces partis quelque chose à sauver ? Rien.

 
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