Avertir le modérateur

23/11/2007

Besancenot, l'incontournable

Besancenot serait-il finalement le principal bénéficiaire du dernier conflit social ? C’est un peu ce que semblent suggérer de nombreux commentaires. Articles dans Le Monde, Libération, Le Figaro, Marianne, thème d’éditoriaux radiophoniques ou de débats entre " experts " à la radio ou sur des plateaux télévisés, le " Facteur " est devenu incontournable.

Phénomène conjoncturel ou durable ? Pour Jarreau dans Le Monde d’aujourd’hui c'est entendu : il n'y aura pas de suite. Il est bien le seul à penser ainsi. Plus prudents ses collègues se contentent d’observer et estiment que tant que durera la crise du PS, un espace politique restera ouvert pour la gauche radicale. Ils établissent à cet effet un parallèle entre le phénomène Le Pen qui durant vingt ans tailla des croupières à une droite désorientée jusqu’à ce que Sarkozy arrive, et l’embellie actuelle que connaît la figure médiatique de la LCR, conséquence directe de la guerre inaudible des chefs du PS.

Mais la politique n’est pas qu’une affaire de vide à remplir. Si le PS est muet aujourd’hui, ce n’est pas faute d’avoir des leaders potentiels (c’est le trop plein) ou des idées, c’est tout bonnement parce que ses idées sont en gros les mêmes que celle de la droite au pouvoir et que les hommes ou les femmes qui postulent à retourner aux affaires y ont déjà fait leur preuve ou pourraient être, pire encore, tout aussi bien dans l’actuel gouvernement. Alors il y a question de la " méthode ". Hollande n’a trouvé que ce seul reproche à faire à Sarkozy. Mais qu’aurait pu faire de plus le PS s’il avait été au pouvoir ? Aurait-il mieux réussi ? Ce n’est même pas sûr.

Cependant loin de moi l’idée que la droite néo-libérale et la gauche sociale libérale soient interchangeables. La formule qui fait florès actuellement c’est : " Entre Besancenot et nous (l’UMP), il n’y a rien. " C’est une paraphrase d’un discours fameux de Malraux prononcé en 1949 à propos des communistes alors tout puissants et des gaullistes qui tentaient de revenir au pouvoir. Ce que l’on oublie de dire c’est que c’était faux. Les gaullistes durent patienter près de dix pour revenir aux affaires et l’alliance que les communistes passèrent dans les années 70 avec le PS fut pour eux le début de la fin.

En vérité il y a bien un espace pour la gauche sociale libérale (n’enterrons pas le PS), mais cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas parallèlement un terrain propice pour construire à la gauche de la gauche, un autre parti, anticapitaliste et révolutionnaire. Evidemment, pour nos journalistes politiques c’est une absurdité, un anachronisme, un fantasme, car il n’y a pas pour eux d’autre horizon que l’économie de marché à laquelle tout le monde est sommé de se rallier, même ceux qui en pâtissent. Et c’est bien là l’enjeu à terme.

Au-delà du phénomène politico-médiatique, la question posée par l’effet Besancenot c’est celle du ralliement ou non des classes sociales exploitées et paupérisées au projet libéral. Depuis 1981, c’est cette question qui taraude la base sociale des partis de la gauche réformiste (PC compris). C’est la raison pour laquelle, une partie de l’électorat ouvrier et populaire a trouvé un expédiant dans le vote Le Pen ou s’est réfugié dans l’abstention ; c’est aussi ce qui a contribué à la victoire de Sarkozy en mai dernier.

Cet électorat - 15 millions de personnes – c’est après les retraités, le plus gros bataillon du corps électoral. En 1981, Mitterrand en ralliait 70 %. En 2007 la droite et l’extrême-droite s’en attribuaient ensemble 65 %. Mais cet électorat ne peut être qu’insatisfait. Par nature il ne trouvera jamais son compte dans une politique qui ne peut que le maintenir dans son état. C’est là où l’effet Besancenot prend tout son sens. En s’appuyant sur une conjoncture favorable, la petite LCR, si elle s’en donne les moyens, en construisant un vrai parti et pas une petite avant-garde, peut, peut-être, offrir à cet électorat une raison durable d’espérer d’autres lendemains. A suivre.

Commentaires

Vive Besancenot !

Écrit par : ALLAIN JULES C@MMUNICATION | 25/11/2007

"Au-delà du phénomène politico-médiatique, la question posée par l’effet Besancenot " au dela du phenomene médiatique qu'est "l'ami Besancenot" (Claire Chazal), sa jolie frimousse et ses chemises de marque façon Kiabi, il y'a pas grand chose exceptée de la démagogie pour collégiennes...

Écrit par : Emmanuel Rousselet | 22/12/2007

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu