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22/11/2007

Thibault le héros

La gauche " moderne " (social libérale) sort de ce conflit ragaillardie. Exit Chérec, le patron de la CFDT, désormais has been. Le nouveau héros c’est Bernard Thibault, salué unanimement pour avoir ramené les cheminots à la raison. Et la droite d’applaudir. Enfin un syndicalisme " responsable " ! Soit. Hier encore, les mêmes pensaient que " la gauche radicale " voulait " déborder les directions syndicales en généralisant le mouvement. " (Sylvia Zappi dans Le Monde).

Il est vrai que le patron de la CGT tente depuis longtemps d’imposer sa vision d’un syndicalisme " réformiste " à une base rétive et qu’il est loin le temps où la confédération était tenue par les tenants d’un syndicalisme " dur ". Encore que toutes ces considérations sont relatives. Souvenons nous de Séguy en juin 1968 et rappelons à tous que c’est en juin 1936 que Maurice Thorez prononça à l'assemblée d'information des communistes de la région parisienne ce discours fameux : " Si le but est d'obtenir satisfaction pour les revendications de caractère économique, tout en élevant progressivement le mouvement des masses dans sa conscience et son organisation, alors il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n'ont pas encore été acceptées, mais si l'on a obtenu la victoire sur les plus essentielles et les plus importantes des revendications. "

Comme quoi, rien de neuf sous le soleil de France, le " réformisme " s’est toujours bien porté bien qu’il ait revêtu à certaines occasions des couleurs plus vives. Mais nous ne sommes ni en juin 36, ni en juin 68. Nous ne ferons donc pas le procès d’un dirigeant syndical qui savait comme tout le monde que " tout n’était pas possible " en cette période de vaches maigres et qu’il aurait fallu une mobilisation d’une toute autre ampleur pour faire revenir l’ensemble des régimes de retraites à 37,5 annuités.

Néanmoins, en acceptant dès aujourd’hui d’aligner les régimes spéciaux sur le régime général, avec encore une dose de spécificité puisque l’alignement se fait en réalité sur le régime des fonctionnaires, le syndicalisme français s’est mis une belle épine dans le pied, ouvrant grande la porte au vent mauvais d’autres " réformes " : au passage de 40 à 41 puis 42 annuités et au glissement progressif vers une retraite à 61, 62… 65 ans, de fait. Les salariés de ce pays auront donc perdu d’ici peu tous les acquis de ces vingt-cinq dernières années. Car que ferons désormais nos syndicalistes " responsables " face à la menace qui se précise de remise en cause des 35 heures, reformulée il y a peu par Laurence Parisot ?

Commentaires

Il ne faut pas revenir aux 37,5 ans et demi, mais aller vers les 15 ans de cotisations pour tous.
Certaines catégories (femmes fonctionnaires ou personnels des régimes spéciaux avec trois enfants, militaires d'active) peuvent prendre une retraite à partir de quinze ans de service.
Pourquoi ne pas aligner toute la population active sur ces acquis?
Un problème de financement? Ce sont les syndicalistes réformistes qui posent la question dans ces termes. Tout le monde sait bien quil y a un trésor caché (dont la caisse noire de l'UIMM n'est que la partie émergée) et qu'il n'y a qu'à taper dedans.

Écrit par : Marino_elle | 29/11/2007

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