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20/11/2007

Baroud d’honneur ou prémisse d’une vague de fond ?

Au soir de cette journée de grève des fonctionnaires, sur fond, depuis une semaine, d’une paralysie importante des transports publics, on peut s’interroger sur l’avenir du mouvement social. Plusieurs précisions. Premièrement ce mouvement ne mobilise que des catégories qui ont un lien direct ou indirect avec l’Etat. Deuxièmement, c’est un mouvement fort mais dont l’ampleur est quand même relative comparée à 1995 par exemple. Troisièmement le pouvoir ne peut pas reculer sur l’essentiel. Sa " majorité " ne le comprendrait pas. Surtout cela signifierait pour lui une révision à la baisse de ses projets à terme.

Le " mouvement " ne doit donc pas perdre de vue que le pouvoir ne bougera pas sur le fond, sauf à se trouver face à une mobilisation plus large englobant non seulement les catégories déjà partiellement en branle mais aussi des secteurs significatifs du privé. Or nous sommes à cette heure très loin du compte. Certes les cheminots tiennent encore bon mais il n’y a pas parmi les organisations de fonctionnaires la volonté de faire la jonction. Cette disjonction est préjudiciable aux deux mouvements. Mais elle sera maintenue, car ce qu’espèrent les fonctionnaires (du moins leurs organisations) c’est que le pouvoir lâche " quelque chose " sur le pouvoir d’achat. Ce qu’a laissé entendre Sarkozy. Quant au privé, nous assistons bien à quelques mouvements, mais ils sont très isolés.

Néanmoins il faut bien comprendre que le pouvoir pensait certainement il y un mois qu’il ne rencontrerait pas une telle opposition et qu’il devient urgent de la circonscrire au plus vite. Pour lui l’alternative est la suivante : ou il paye le prix de ses erreurs d’appréciation en cédant rapidement un maximum de compensations aux cheminots, gaziers, électriciens et traminots pour la perte de leurs " régimes spéciaux ", et sur le pouvoir d’achat aux fonctionnaires, – ne cédant en revanche ni sur les 40 années, ni sur les suppressions de postes –, ou il continue à jouer au chat et à la souris avec le mouvement, en tentant de rejeter sur " une minorité " (" Une petite minorité ne saurait imposer sa loi à une majorité, ni dans les services publics, ni dans les universités… ") la responsabilité de l’échec des négociations.

Il semble, si l’on entend bien le discours de Sarkozy d'aujourd’hui, que le pouvoir va tenter de jouer sur les deux tableaux. C’est risqué, mais en même temps il ne veut pas donner l’impression de reculer, même si ce n’est pas sur l’essentiel. Dès lors pour le mouvement, la CGT donnant des signes qu’elle va se comporter en syndicat " responsable ", il s’agit de préserver le plus longtemps possible l’unité syndicale sans pour autant brader cette grève pour qu’elle serve d’exemple à des mouvements futurs.

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