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11/11/2007

Les boutefeux de la République

Qu’est-ce qui peut pousser le Président, le Premier ministre et le ministre du Travail à s’engager ainsi sur un terrain aussi aventureux ? La certitude qu’ils vont gagner ? Le Figaro, qui est à la pointe des va-t’en-guerre, titre aujourd’hui : " Retraites : Fillon n’a pas peur ! " Nous serions donc à deux jours du " Grand affrontement " voulu, souhaité, espéré par le pouvoir. On croit rêver !

Mais qu’attendent-ils au juste ? Ils savent bien que la majorité des confédérations syndicales sont prêtes à bien des accommodements. La CGT n’a-t-elle pas été à la veille de ce mouvement jusqu’à proposer la négociation de la dernière chance, laissant entendre que le conflit était évitable. Mais apparemment du côté du pouvoir c’est la guerre que l’on veut.

Le raisonnement est semble-t-il extrêmement simple, voir simpliste. Cette grève va être très vite impopulaire et l’opinion va se retourner contre les grévistes. En somme le pouvoir va utiliser les usagers des services publiques comme " otages " pour arriver à ses fins : affaiblir un peu plus encore les syndicats, et les contraignant à céder sur cette question de principe des " régimes spéciaux ", préparer ainsi le terrain pour d’autres " réformes ", plus radicales celles-ci, et qui toucheront TOUS les salariés comme sur le contrat unique.

Mais l’objectif irait, selon certains, bien au-delà. Ainsi, au PS, on s’alarme de cette montée de la " grogne " avec en plus les étudiants maintenant qui s’en mêlent. De plus en plus autiste sur la question sociale, les " sociaux libéraux " qui pensaient se refaire la guigne aux élections en arrivent à se demander si cette dégradation du climat social ne va pas leur coûter des voix au profit d'autres qu'eux. Julien Dray, sur Europe1, ce soir, a été très clair : en substance, Sarkozy ferait le jeu de … Besancenot.

Evidemment, je ne crois pas une seconde à ces sornettes. Le pouvoir se prend aujourd’hui à son propre piège. C’est lui qui a poussé au conflit, pensant très certainement qu’après les autonomes de la SNCF, la CFDT lâcherait le morceau et que de fil en aiguille… D’ailleurs je ne suis pas si sûr qu’ils (Sarkozy, Fillon et Bertrand) ne viennent pas là de commettre une faute grave en refusant la proposition de la CGT."

"Dernière minute" (le 14 novembre 2007) : "Ni perdants, ni vainqueurs"

L’épreuve de force est tout juste enclenchée que déjà, de part et d’autre, on semble en redouter l’issue. La nouvelle initiative de la CGT, la seconde en deux jours, montre que du côté syndical, on paraît chercher le plus rapidement une issue honorable. Une fois encore, la balle est dans le camp du gouvernement. S’il refuse de nouveau cette seconde proposition de la dernière chance, c’est que décidément, il veut l’affrontement. S’il y consent, nous nous dirigeons vers une " paix des braves " où il n’y aurait " ni perdants, ni vainqueurs ". A voir ?

Commentaires

analyse simple,claire et juste.
il me semble aussi que les usagers vont etre les otages,mais pas des cheminots,mais bel et bien du gouvernement.

Écrit par : lebo fredo | 12/11/2007

paranoïa : "troubles caractériels (orgueil démesuré, méfiance, susceptibilité excessive, fausseté du jugement avec tendance aux interprétations) engendrant un délire et des réactions d'agressivité."
Je cite le Petit (sans allusion) Robert, et je suooligne "tendance aux interprétations" et "réactions d'agressivité". Comprenne qui pourra (ou qui voudra)

Écrit par : matheux | 13/11/2007

Quoiqu'il en soit, à Nanterre, la matraque est de sortie.

Écrit par : f | 13/11/2007

Ajamais, que penses-tu de la grève "par gratuité" ou grève de la pince ? Son efficacité ?
Je sais que Sud-Rail a étudié cette possibilité, que la SNCF rechigne pour des motifs de "sécurité"...
La Cour européenne des droits de l’homme ayant validé le 17 juillet dernier cette forme de grève.

http://www.liberation.fr/rebonds/283421.FR.php

Écrit par : f | 13/11/2007

"f"

Je n'y vois aucun inconvénient ; que des avantages. Mais j’ai toujours cru que c’était illégal. Plenel en a parlé l’autre jour à RTL dans « On refait le monde ». Sauf que dans le contexte actuel, je pense que les esprits ne sont pas à ça. La tension va être très forte ces prochains jours. C’est effectivement un bras de fer qui s’engage. Le gouvernement comme les syndicats peuvent y perdre gros. Je pense que l’on va aller à une « conciliation » où il n’y aura ni perdant, ni vainqueur.

Écrit par : Ajamais | 14/11/2007

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