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31/10/2007

Une lente érosion

"La confiance accordée au président de la république pour "résoudre les problèmes qui se posent à la France" passe de 57%, en octobre, à 53% en novembre, soit une baisse de quatre points, selon le baromètre TNS-Sofres pour le Figaro*. Sur deux mois, Nicolas Sarkozy a donc vu sa cote de confiance baisser de 11 points. Elle était de 64% en septembre. Selon le sondage, 42% des français ne lui font pas confiance, soit dix points de plus qu'en septembre. Le premier ministre, quant à lui, bénéficiait d'une cote de confiance de 52% le mois dernier, il décroche de huit points, à 44 %. 47% des Français ne lui font pas confiance, contre 42% en octobre."

Grève des transports publics, grève à Air France, des tribunaux qui regimbent, des fonctionnaires qui s’apprêtent à une action d’ensemble, un chômage en baisse selon l’ANPE - mais seuls comptent les chiffres de l’INSEE qui ne sont pas encore publiés - , mais surtout " les inscriptions consécutives à un licenciement économique (qui) ont progressé de 4,1 %, tandis que celles consécutives à un licenciement pour un autre motif ont augmenté de 6 %. "

Et toujours ce même sondage qui dit que " cette baisse de confiance intervient dans un contexte de pessimisme de l'opinion, au regard de la situation politique et sociale. La lutte contre le chômage reste la tâche jugée prioritaire, pour 34 % des Français, mais la lutte contre la hausse des prix gagne du terrain : 28 % des Français la considèrent comme primordiale, soit une hausse de quatre points. Concernant ces dossiers, justement, les sondés ne croient pas en l'efficacité du gouvernement : 85% pensent qu'il n'est pas efficace contre la hausse des prix et 73% qu'il ne l'est pas contre le chômage. "

On a cru ce gouvernement fort, ce pouvoir de combat, et l’on ne voit que vaine agitation, sans résultats probants. L’appel fait par six fédérations de cheminots, d’électriciens et de gazier à une grève reconductible le 13 novembre est le signe que la tendance est peut-être en train de s’inverser. Ce gouvernement ne fait plus réellement peur ; ses faiblesses sont trop criantes.

Nous l’avons dit ici à plusieurs reprises, la force de Sarkozy n’est qu’un trompe l’œil. Elle fait illusion parce qu’en face il n’y a rien : aucun programme alternatif, aucune personnalité crédible pour disputer à la droite un leadership déjà bien entamé. Comme si la " gauche " s’apprêtait déjà à jouer petit bras aux prochaines élections ; comme si elle n'espérait finalement qu’une seule chose : que ce pouvoir dure le temps qu’elle se reconstruise.

* Baromètre TNS-Sofres effectué pour le Figaro Magazine été réalisé les 24 et 25 octobre auprès d'un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population de 18 ans et plus, à leur domicile.

28/10/2007

« Ces pauvres qui polluent… »

Eric Le Boucher pose la question en conclusion de son éditorial du Monde : " … il faut trouver une réponse au défi que n'ont jamais voulu regarder les militants de l'environnement : en règle générale, l'écologie est anti-sociale. Un pauvre avec une vieille 205 pollue plus qu'un riche au volant d'une Mercedes dernier modèle, une décharge brésilienne qu'une usine de retraitement en France. C'est ça le grand, le vrai problème. Si on aide le pauvre à moins polluer, quelle autre aide sociale faut-il sacrifier ? Qui l'acceptera vraiment ? "

Le Boucher a comme ça toute une réserve de paradoxes. Ainsi, selon lui, ce sont les cheminots qui " interdisent " le fret " depuis dix ans " et les " ayatollahs verts " qui en imposant la suspension de la culture commerciale des " OGM pesticides " favorisent le mercantilisme des maïsiculteurs. Démonstration : " Il faut savoir qu'une tonne de maïs OGM importée (par exemple d'Argentine) coûte 50 € de moins. La vérité est que l'interdiction de l'OGM accordée aux " Bové " se compense par le cadeau fait aux maïsiculteurs de pouvoir protéger leur marché, maintenir un prix élevé et de pouvoir polluer tranquilles pendant une décennie. " Il s’en prend également à " une inquiétante écologie qui serait le dernier avatar du protectionnisme " à propos de la déclaration de Sarkozy qui voudrait " imposer aux producteurs hors de nos frontières le respect de nos exigences ".

En résumé, pour Le Boucher il y aurait donc deux écologies : " une écologie restrictive, malthusienne, pour qui l'homme est le destructeur de la belle nature " et " une écologie offensive, qui veut réorienter le développement économique, pas le freiner. " Irréductible progressiste, il ne craint pas les caricatures. Sa foi dans la " vérité des prix ", c’est-à-dire du marché (" Pour avancer vers la solution efficace, celle fondée sur les prix, il faut remettre en route le marché des permis de polluer et il faut complètement rebâtir la fiscalité sans alourdir les prélèvements globaux. "), lui fait bien voir ce qui a tenu du marché de dupe dans ce " Grenelle ", mais l’aveugle sur l’essentiel. L’économie chinoise, celle de l’Inde ou celle du Brésil n’est pas une économie de pauvres (8 des plus importantes capitalisations boursières mondiales sont désormais chinoises), mais l’extension du marché mondial à ces pays sur les mêmes bases qui ont fait la richesse des pays industrialisés. Et cette extension, loin de pénaliser les pays " riches ", les enrichisse en retour. Le Boucher sait très bien que la croissance mondiale chuterait dramatiquement si la Chine ou l’Inde cessaient de se développer à ce rythme effréné.

En fait c’est à un tout autre échelle qu’il faut envisager la question de l’écologie. Destructeur de matières premières, des sources naturelles d’énergie, de l’eau, des sols, des forêts, du climat, le mode de développement capitaliste ne peut cesser de lui même sa course infernale. La croissance est son seul carburant ; les profits, la seule vérification possible que tout cela marche. Aucun correctif possible. C’est une autre économie qu’il faut inventer et pour cela détruire les bases même de l'économie existante.

PS : Dans le même journal on peut lire un article de Hervé Kempf consacré à la même question. Mais là il s’agit d’un travail d’expert qui contredit les élucubrations libérales de Le Boucher. Extraits :

" Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) "la privatisation généralisée des ressources et des services serait le plus mauvais scénario du point de vue de l'environnement (...) En actualisant la description par de nombreuses sources, le rapport du PNUE synthétise le mouvement de dégradation du climat, de la biodiversité, de la santé des sols, des ressources en eau... Il souligne la rétraction des ressources disponibles par habitant : la surface de terre disponible pour chaque humain est ainsi passée de 7,91 hectares en 1900 à 2,02 en 2005. La rapidité du phénomène est soulignée : l'étendue et la composition des écosystèmes terrestres "sont modifiées par les populations à une vitesse sans précédent". Les experts insistent sur la notion de seuil : "Les effets cumulés de changements continus dans l'environnement peuvent atteindre des seuils qui se traduisent par des changements brutaux" et irréversibles. Cette idée de "points de basculement" ne s'applique pas seulement au changement climatique, mais aussi aux phénomènes de désertification, de baisse des nappes phréatiques, d'effondrement d'écosystèmes, etc. (...)

Les experts ont défini quatre scénarios, selon le type de politique suivie. Dans le premier, l'Etat s'efface au profit du secteur privé, le commerce se développe sans limite, les biens naturels sont privatisés. Le deuxième scénario se base sur une intervention centralisée visant à équilibrer une forte croissance économique par un effort pour en limiter les impacts environnementaux et sociaux. Une troisième voie serait de privilégier la sécurité pour répondre aux désordres civils et aux menaces extérieures : un effort important y serait alors consacré. Enfin, la quatrième option est celle d'une société faisant le choix de la durabilité par l'environnement et l'équité, dans laquelle les citoyens jouent un rôle actif."

22/10/2007

Convergence ?

Aujourd'hui, excusez-moi l'expression, mais on emmerde tout le monde pour pas grand-chose (...), alors qu'en restant plus unis on est plus forts. " François Chérèque unitaire ! Rappelez moi le nom du syndicat qui, en 2003, précisément sur les retraites, fit cavalier seul ? Car si nous en sommes là aujourd’hui c’est un peu grâce à la CFDT. Sauf qu’aujourd’hui le gouvernement ne peut se suffire de la seule signature de ce syndicat, c’est la CGT qu’il veut. Sans elle, un accord n’aura aucune valeur. Et la CGT le sait et hésite à la conduite à suivre. Alors elle joue la pression… verbale, fort de la réussite du 18 octobre : " Nous attendons du gouvernement qu'il formule de nouvelles propositions, il ne peut pas conserver la même attitude qu'avant le 18 octobre ", estime ainsi Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT cheminots, dans un entretien à L'Humanité publié lundi 22 octobre, et annonce sa volonté d'organiser " des suites unitaires et interprofessionnelles au mouvement du 18 octobre ". Mais pas avant le 31 octobre.

Mais quelles sont ces " nouvelles propositions " ? On voit mal le gouvernement reculer aujourd’hui sur l’essentiel de sa réforme. Cela signifie-t-il que la CGT serait prête, en échange d’aménagements importants, à entériner la fin des 37,5 annuités pour les cheminots, les électriciens et les gaziers ? Autre question : à partir de quand ou de quoi considérera-t-on que le gouvernement a reculé. En fait cette question des " régimes spéciaux " est un terrain piégé ; et le piège date de 2003, grâce encore une fois à la CFDT. Mais c’est un piège qui peut se refermer aussi bien sur les salariés que sur le gouvernement.

Les cheminots et les autres " RS " peuvent-ils gagner seuls ? Non. Une convergence est nécessaire et en premier lieu avec les fonctionnaires. L’annonce faite par sept syndicats de fonctionnaires d’une grève le 20 novembre va-t-elle dans ce sens ? On peut l’espérer même si cela donne pratiquement un mois de battement au pouvoir pour trouver une solution.

Et la " gauche " dans tout ça ? L’embarras des dirigeants socialistes est manifeste. Eux aussi veulent la fin des régimes spéciaux mais comment faire pour ne pas soutenir les salariés en grève ? Alors ils ne font rien ou si peu. Extrait de l’interview de Royal dans Libération : " conduire un pays moderne à la grève est la marque d’un pays mal gouverné. " Il est vrai que pour elle " cela ne sert à rien de mener une opposition frontale, à tout propos. " A tout propos ? Les retraites ? Un détail, dirait Fillon.

21/10/2007

La division

La FGAAC (les autonomes, majoritaires chez les roulants) et la CFDT ont déjà commencé à négocier. On ne se faisait guère d’illusion sur le front syndical du 18 octobre et l’on comprend que Xavier Bertrand et François Fillon affichent une assurance à toute épreuve : " L'harmonisation à quarante annuités n'est pas négociable. " Il ne resterait donc plus qu’à négocier les aménagements de cette réforme.

Dans ces conditions la tactique préconisée par la CGT (" Une grève carrée " le 18, pour voir) est à double tranchant. Prise entre SUD-Rail et FO qui ont tenté d’entraîner les salariés dans une grève reconductible et le pôle des " réformateurs ", la CGT est la clé de la résolution de ce conflit : " Puisque les règles sont fixées au niveau global par le gouvernement, il faut les négocier au niveau global, ce n'est pas un accord avec la CFDT ou la FGAAC qui va régler le problème ", a ainsi précisé Jean Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral.

La journée du 18 n’est donc pas la dernière journée de grève à laquelle nous allons assistée dans les transports publiques. Des " queues " de grève persistent d’ailleurs dans la région parisienne, preuve que tous les salariés du secteur ne sont pas prêts à abandonner comme ça leurs acquis. C’est bien pourquoi le gouvernement lâche déjà du lest sur les modalités et les délais de la mise en œuvre de cette réforme.

Mais cela suffira-t-il à amener l’ensemble des syndicats à la raison gouvernementale ? Le gouvernement ne peut pas parier sur un pourrissement du mouvement ; il ne peut pas non plus trop céder aux plus radicaux ; il est condamné à réussir et vite, car le risque qu’il court c’est de voir s’élargir le mécontentement social à d’autres secteurs. A ce titre la division syndicale n’est pas la seule faiblesse du mouvement ; elle réside également dans l’isolement de chaque secteur. Les salariés du privé, ceux qui connaissent la précarité, les bas salaires et les petites retraites peuvent-ils se reconnaître dans le combat des cheminots, des électriciens et des gaziers ? Et les fonctionnaires, comment envisagent-ils de mettre en échec le non remplacement de plusieurs dizaines de milliers de départ à la retraite ?

Une réorientation des revendications syndicales devrait être menée parallèlement à la bataille pour préserver les acquis des salariés des transports publiques. Associer d’autres revendications comme une hausse du Smic et des bas salaires à ces luttes permettraient de rompre l’isolement et de contraindre le gouvernement à la retraite.

15/10/2007

Quitte ou double, le 18 octobre ?

Xavier Bertrand annonce un jeudi noir. Curieux fatalisme de la part du ministre chargé de négocier la fin des " régimes spéciaux ". Dans les confédérations syndicales on sait que l’opinion publique ne se trouve pas dans les mêmes dispositions qu’en 1995. Cette année là la grève des transports publics avait servi d’exutoire à un ras le bol généralisé contre le gouvernement Juppé. Aujourd’hui, le gouvernement pense qu’il ne s’agira qu’un mouvement circonscrit aux seuls secteurs concernés par ces " régimes spéciaux ". Mieux, il pense à un rapide isolement de ces secteurs autour d’une revendication " corporatiste ", forcément impopulaire. Car même chez les fonctionnaires, touchés pourtant par un plan de réduction drastique des effectifs, on se refuse à une action intercatégorielle. Il est vrai qu’aucun syndicat n’a demandé un retour aux 37,5 années d’annuités pour tous. En fait tout le monde a intégré peu ou prou l’idée qu’il faudra travailler plus longtemps. Ainsi les confédérations syndicales portent une lourde responsabilité quant à l’issue du mouvement.

On pourrait résumer la situation en ces termes : ou le mouvement du 18 n’est qu’un succès relatif, voire un demi échec, alors le gouvernement sait qu’il pourra pousser l’avantage et contraindre ces secteurs à la réforme qu’il souhaite ; ou la mobilisation est forte, très forte, et les syndicats devront alors se poser le problème soit d’un élargissement du front revendicatif (les raisons ne manquent pas) ou de restreindre la mobilisation à cette seule journée. En fait, le gouvernement cherche à piéger des syndicats très divisés sur la question de la réforme des retraites et en même temps tente la mise en échec des secteurs qui ont été pendant plus de dix ans à l’avant-garde du mouvement social.

Pari pas impossible mais risqué. Rappelons ce qui a été le fondement même de la politique sociale de Sarkozy : " Travaillez plus pour gagner plus ", et écoutons les " experts ". Tous estiment que les promesses présidentielles ne seront pas tenues ; que les heures supplémentaires défiscalisées, surtout dans une période de basse croissance, n’auront qu’un effet marginal. Nous allons donc vers une stagnation prolongé du pouvoir d’achat. Si le " travaillez plus " ne marche pas, qu’en sera-t-il alors du " travaillez plus longtemps " ? Car la réforme des " régimes spéciaux ", c’est l’arbre qui cache la forêt, à terme la remise en cause de fait de la retraite à soixante ans. Tout est donc, en quelque sorte, une affaire de calendrier. Ce que le gouvernement veut c’est éviter d’avoir à se battre sur plusieurs front à la fois. Les fonctionnaires en ne s’intéressant pas à la cause des régimes spéciaux lui donnent du grain à moudre. Mais attention, en 1995, rien n’avait été programmé. La dégradation de la cote de popularité depuis quelque temps du président et de son Premier ministre est peut-être une première alerte pour un pouvoir un peu trop sûr de lui.

09/10/2007

L’effet boule de neige

Il y a l’affaire de l’amendement sur les tests ADN et le refus de l’hébergement d’urgence aux sans papiers ; les tiraillements entre les magistrats et leur ministre ; les écarts de langage (" Etat en faillite ", " le détail ") du Premier ministre, voire ses divergences de vue avec le Président quant à l’Etat du pays et les remèdes à y apporter ; le scandale d’EADS et celui du syndicat patronal de la métallurgie. Sur fond de croissance en berne et au moment précis où s’ouvrent des négociations décisives entre le gouvernement et les syndicats sur la fonction publique et les régimes spéciaux de retraite, toute cette accumulation de problèmes peut provoquer à plus ou moins long terme une première crise du régime.

On me dira qu’un pouvoir qui cherche à " réformer " vite et tous azimuts en mettant à profit le désordre régnant dans l’opposition, n’est pas à l’abri d’incidents de parcours. Il est vrai aussi que Sarkozy pense avoir tirer toutes les leçons de 1995. Il tient sa majorité d’une main ferme non sans quelques rappels à l’ordre ; il a " ouvert " son gouvernement à des personnalité de " gauche " ; surtout il a, en premier lieu (dès juillet), récompensé la partie la plus aisée de son électorat en multipliant les avantages fiscaux. Enfin, en faisant des immigrés, des fonctionnaires, des cheminots et des salariés de EDF et de GDF, ses cibles principales, il a donné des gages aux plus réactionnaires de ses soutiens. Mais cela suffira-t-il à franchir le cap de cette mauvaise passe ?

Sarkozy entend profiter d’une situation exceptionnelle. Sa victoire en mai s’est faite dans un contexte de débâcle idéologique profonde de la gauche produit d’une accumulation de plus de vingt cinq années de défaites du mouvement ouvrier. Sa force il le tire essentiellement de la faiblesse de ses adversaires. Mais faudrait-il encore qu’il puisse en tirer profit. Or cinq mois après son élection, les résultats sont maigres : une loi contre la récidive et pour un service minimum (qui ne fonctionnera même pas le 18 octobre prochain), un " paquet fiscal ", une détaxation des heures supplémentaires… et puis c’est tout. C’est à dire rien. Et qu'en sera-t-il dans un, deux ou trois mois ? Tout devait être terminé à la fin de l’année 2007, avions nous cru comprendre. Ça n’en prend pas exactement le chemin. Tout porte à croire que c’est même l’inverse qui va se produire.

02/10/2007

Lutter « contre l’immigration »

Christian Estrosi, secrétaire d'État à l’Outre-mer, est le fils d’un immigré italien. Ce matin, sur RTL, interrogé par Jean-Michel Aphatie à propos de l’amendement de son collègue le député du Vaucluse proposant d’instaurer un test ADN comme preuve de filiation (il s’agit de la question du regroupement familial), a eu cette phrase très significative à propos de l’immigration. Il n’a pas évoqué le problème très complexe de la régulation des flux migratoires mais bel et bien celui de la " LUTTE CONTRE L’IMMIGRATION ".

Son interlocuteur n’a pas réagi. D’une certaine façon on le comprend. C’est entendu, tout cette agitation autour des tests ADN n’est qu’un leurre. Tout comme l’avait été l’évocation par Nicolas Sarkozy au cours de la campagne présidentielle d’une politique des quotas assortie d’une aide au développement. Pour le gouvernement et le chef de l’Etat, il s’agit bel et bien d’agiter la question de l’immigration comme un épouvantail pour plaire à son électorat. On reconnaît bien là cette droite qui a ravi à Le Pen son arme électorale principale. On voit très bien d’ailleurs qu’il s’agit moins de parvenir à quelque chose d’efficace (de l’aveu même de son inspirateur ces tests ne concerneraient au mieux que 2.000 personnes) que de montrer, grâce à l’agitation qu’un tel amendement a provoqué, que l’on agit.

Cette proposition – qui pourrait d’ailleurs au final n’être pas avalisée par le parlement – n’a en fait qu’une seule fonction. Tout comme la " chasse aux clandestins ", elle est là uniquement pour détourner l’attention, substituer aux vraies questions, de fausses réponses. Car l’immigration est une tendance lourde du nouveau monde dans lequel nous sommes désormais entrés. C’est même du simple point de vue capitaliste une nécessité. L’idée que l’on entend souvent comme quoi nous, l’Occident, ferions du travail immatériel tandis qu’il y aurait en Chine ou en Inde qu’un travail matériel, fordiste, est une idée fausse. L’Occident aussi a besoin de ce travail matériel, pour entretenir les classes les plus aisées et le système (voir la place qu’ont pris les travailleurs d’origine étrangère, en majorité des femmes, dans l’assistance aux personnes âgées), et surtout au moindre coût. La preuve en est que l’on entend jamais du côté du Medef une quelconque proposition pour " lutter contre l’immigration ".

 
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