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15/10/2007

Quitte ou double, le 18 octobre ?

Xavier Bertrand annonce un jeudi noir. Curieux fatalisme de la part du ministre chargé de négocier la fin des " régimes spéciaux ". Dans les confédérations syndicales on sait que l’opinion publique ne se trouve pas dans les mêmes dispositions qu’en 1995. Cette année là la grève des transports publics avait servi d’exutoire à un ras le bol généralisé contre le gouvernement Juppé. Aujourd’hui, le gouvernement pense qu’il ne s’agira qu’un mouvement circonscrit aux seuls secteurs concernés par ces " régimes spéciaux ". Mieux, il pense à un rapide isolement de ces secteurs autour d’une revendication " corporatiste ", forcément impopulaire. Car même chez les fonctionnaires, touchés pourtant par un plan de réduction drastique des effectifs, on se refuse à une action intercatégorielle. Il est vrai qu’aucun syndicat n’a demandé un retour aux 37,5 années d’annuités pour tous. En fait tout le monde a intégré peu ou prou l’idée qu’il faudra travailler plus longtemps. Ainsi les confédérations syndicales portent une lourde responsabilité quant à l’issue du mouvement.

On pourrait résumer la situation en ces termes : ou le mouvement du 18 n’est qu’un succès relatif, voire un demi échec, alors le gouvernement sait qu’il pourra pousser l’avantage et contraindre ces secteurs à la réforme qu’il souhaite ; ou la mobilisation est forte, très forte, et les syndicats devront alors se poser le problème soit d’un élargissement du front revendicatif (les raisons ne manquent pas) ou de restreindre la mobilisation à cette seule journée. En fait, le gouvernement cherche à piéger des syndicats très divisés sur la question de la réforme des retraites et en même temps tente la mise en échec des secteurs qui ont été pendant plus de dix ans à l’avant-garde du mouvement social.

Pari pas impossible mais risqué. Rappelons ce qui a été le fondement même de la politique sociale de Sarkozy : " Travaillez plus pour gagner plus ", et écoutons les " experts ". Tous estiment que les promesses présidentielles ne seront pas tenues ; que les heures supplémentaires défiscalisées, surtout dans une période de basse croissance, n’auront qu’un effet marginal. Nous allons donc vers une stagnation prolongé du pouvoir d’achat. Si le " travaillez plus " ne marche pas, qu’en sera-t-il alors du " travaillez plus longtemps " ? Car la réforme des " régimes spéciaux ", c’est l’arbre qui cache la forêt, à terme la remise en cause de fait de la retraite à soixante ans. Tout est donc, en quelque sorte, une affaire de calendrier. Ce que le gouvernement veut c’est éviter d’avoir à se battre sur plusieurs front à la fois. Les fonctionnaires en ne s’intéressant pas à la cause des régimes spéciaux lui donnent du grain à moudre. Mais attention, en 1995, rien n’avait été programmé. La dégradation de la cote de popularité depuis quelque temps du président et de son Premier ministre est peut-être une première alerte pour un pouvoir un peu trop sûr de lui.

Commentaires

Moi je propose des tests ADN pour 'les cheminots et les cheminottes' pour voir comment c'est possible d'être aussi stupide.

Et je souhaite beaucoup de patience à beaucoup de gens et surtout à Sarko.

Écrit par : JF | 17/10/2007

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