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22/09/2007

La politique du résultat

Il faudrait désormais que le pouvoir commette une grosse maladresse pour que lui échappe cette réforme des régimes spéciaux sur laquelle avait buté plusieurs gouvernements précédents. Tout le monde sait en effet que la situation n’est plus la même qu’en 1995. Depuis, la gauche parlementaire a subi deux défaites majeures (2002 et 2007) et le " mouvement social " issu des luttes contre le plan Juppé n’a trouvé aucun relais sur le terrain politique malgré la victoire du " non " au référendum sur le TCE.

Les organisations syndicales et les secteurs du mouvement social (CGT, Solidarité-SUD, FSU, cheminots, enseignants…) qui avaient été partie prenante de cette opposition le savent bien. Leurs marges de manœuvre sont restreintes et l’opinion publique, travaillée au corps par les médias et une rhétorique présidentielle désormais bien huilée, risque cette fois ci de ne pas leur apporter un quelconque soutien.

Il ne faut donc pas se le cacher nous sommes à la veille d’une nouvelle défaite du mouvement social. Sera-t-elle décisive et ouvrira-t-elle grandes les portes pour une révision en profondeur du contrat social ? On ne retient surtout du slogan sakoziste que le " travaillez plus ", mais il contient une promesse : " pour gagner plus ! " Nicolas Sarkozy le sait pertinemment. Dans ses dernières déclarations il s’est même adressé aux patrons les exhortant à " récompenser " le surcroît d’effort qui sera demandé aux salariés. C’est qu’il connait bien les limites de son pouvoir. S’il est en mesure aujourd’hui de faire céder les syndicats, il sait aussi que le patronat, d’autant plus dans une conjoncture de faible croissance, n’est certainement pas prêt à l’écouter. Ces réformes n’auront donc aucune contrepartie. Tout comme le " paquet fiscal ", elles n’auront pas d’autre effet que d’alourdir un peu plus la charge qui pèse sur le salariat.

Deux tonalités coexistent aujourd’hui dans l’exécutif. Alarmiste du côté de Matignon et de Bercy où l’on ne cache plus qu’il faudra consentir à de plus grands sacrifices encore. Volontariste et rassurant à l’Elysée où l’on s’en tient à la thématique du discours tenu tout au long de la campagne présidentielle. Sarkozy exige de ses collaborateurs des résultats. Il est désormais au premier chef concerné par ses propres consignes.

Commentaires

"l’opinion publique, travaillée au corps par les médias et une rhétorique présidentielle désormais bien huilée, risque cette fois ci de ne pas leur apporter un quelconque soutien"

S'il n'y avait que ça ! Je pense que la société française est gangrenée par une conception de la justice qui n'est plus référée ni à l'intérêt général ni à l'égalité, là est la principale victoire d'une pensée libérale matinée de communautarisme : le principe d'équité n'est que la feuille de vigne de l'abandon de l'égalité des droits.

D'accord par contre avec le fait que Sarkozy ne peut réussir car il n'a rien à offrir en contre partie du cassage qu'il organise, son électorat va s'en rendre compte... dans son porte monnaie.

Écrit par : juliette dze | 23/09/2007

Nicolas Sarkozy fonctionne actuellement comme un bucheron qui couperait tout le bois de la forêt pour le vendre, parce qu'il se saurait condamné sur le court terme.*

D'ailleurs, dans tous les entretiens privés (discours non préparés) il en vient toujours à dire "je ne veux pas durer".

Les contreparties de ses promesses ne le concernent pas (à tort ou à raison) il vit comme s'il ne devait plus être là au moment de les honnorer.

*Lui seul sait de quoi il en retourne
mais sa fascination pour Kennedy y a peut-être un sens ?

Écrit par : le bateleur | 23/09/2007

Je crois qu'il est parti de l'idée que son programme était le bon. Et puis il y a eu cette mauvaise nouvelle d'une croissance en dessous de 2 % du PIB. Je pense que son entourage commence à douter que les choix du Président soient les meilleurs dans ces circonstances. Mais lui persiste. Je rappelle la très mauvaise nouvelle des derniers chiffres du déficit de la sécu. Encore un clignotant qui s’allume. Combien va-t-il falloir de temps pour que l’on commence dans les « milieux autorisés » à se poser des questions ?

Écrit par : Ajamais | 23/09/2007

Ce qui m'inquiète, c'est que beaucoup de critiques (enfin, celles qui sont audibles) vont dans un sens libéral: on n'en fait pas assez pour la dette, pour la réduction des déficits, on n'est pas dans les clous de l'europe Voir l'éditorialdu Monde sur leur site aujourd'hui: du pur catéchisme néolibéral à la Le boucher.

Écrit par : Valdo Lydeker | 23/09/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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