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18/09/2007

Les boucs émissaires

La politique de relance de la croissance de Sarkozy a momentanément échoué. Le gouvernement précédent a bien évidemment sa part de responsabilité dans cet échec, et plus généralement c’est très certainement la structure même du capitalisme français qui explique ce marasme français. Mais depuis une bonne dizaine d’années, c’est un tout autre brouet que l’on nous sert en guise d’analyse. Si la France va mal, à ce qu’ILS disent, ce serait la faute des fonctionnaires TROP NOMBREUX ; aux salariés QUI NE TRAVAILLENT PAS ASSEZ  ; à notre système de protection sociale TROP COUTEUX ; à la cherté du travail PLOYANT SOUS LES CHARGES ; à nos régimes spéciaux INDIGNES ; à notre système éducatif qui fabriquerait des CRETINS ; à une émigration NON CHOISIE ; à ces millions de Français ASSISTES… Il faudrait également ajouter, toujours selon eux, l’EUROPE : la politique de l’euro fort voulue par la banque européenne, dirigée par un Français, encouragerait la spéculation financière et pénaliserait la France.

C’est le propre d’un discours idéologique de ne jamais apporter la preuve de ce qu’il avance. Tout ce qui est produit dans les thèses du déclinisme pourrait être contredit. Il est bien connu, par exemple, que si la France travaille moins que d’autres pays de même taille, en revanche elle travaille mieux, que la productivité y est très forte, et que les 35 heures n’ont pas été pour rien dans cette augmentation de la productivité, et qu’au final c’est la raison pour laquelle la France est un pays très prisé par les capitaux étrangers. En revanche, on débat moins de la structure du capitalisme français. En fait on a, en France, un capitalisme entrepreneurial privé de faible qualité. Car c’est bien connu, c’est d’abord l’Etat qui a fait la France. Ce sont, historiquement, la qualité de la fonction publique, des infrastructures, des services publiques qui ont en grande partie permis au capitalisme français d’être dans le peloton de tête des nations industrialisées, l’Etat ayant mis longtemps la main à la poche dans bien des secteurs décisifs : l’énergie, les transports, l’armement... L’Etat dit providence le fut aussi pour des secteurs entiers du capitalisme français, et pas des moindres. Depuis une quinzaine d’années, l’affaiblissement de cet Etat, son démantèlement, pierre à pierre, voulu, souhaité, par la grande bourgeoisie française, est très certainement l’un des éléments qui explique ce " déclin ".

Mais ce laissez faire en matière d’économie de la part de tous les gouvernements, de gauche comme de droite, a très lourdement handicapé le pays, plombé par un chômage massif pendant plus de vingt ans. Aujourd’hui la bourgeoisie française, qui a déjà très largement profité des largesses de l’Etat (en matière de préretraites, de licenciements collectifs, d'accompagnement social du chômage, d'allègement de charges…), exige que l’on solde la facture. Elle a, croit-elle, trouvé enfin l’homme de la situation pour terminer le travail.

Cet homme, Nicolas Sarkozy, a repris à son compte tout ce que le délabrement moral du pays a produit en idéologies putrides. Le Pen en avait fait son beurre. Nicolas Sarkozy s’en est emparé bénéficiant, contrairement à l’autre, de sa couverture de républicain démocrate. L’objectif principal, c’est évidemment d’abaisser encore plus le coût du travail et alléger le char de l’Etat. La situation est semble-t-il favorable ; le consensus possible. Les lois contre la récidive, celle sur le service minimum, sur les heures supplémentaires, ou en préparation, pour la suppression des régimes spéciaux de retraite, ou pour modifier les conditions de l’immigration, n’ont en soi aucune valeur décisive. Elles ont en revanche une fonction précise : préparer l’opinion aux réformes en profondeur touchant au code du travail. Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui, dans sa déclaration, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois affirmé son intention d'assouplir encore plus les 35-heures, un pas "incontournable", critiquant "une ligne Maginot juridique" et la lenteur des procédures de rupture de contrat, affirmant en conclusion que la solution "passe par différentes pistes" pour réformer le contrat de travail, dont l'idée d'une rupture négociée et d'une simplification des prud'hommes.

Commentaires

On est dans le vinaigre... Pas de mouches à enculer aujourd'hui.





http://andy-verol.blogg.org

Écrit par : Andy Vérol | 20/09/2007

"Elles ont en revanche une fonction précise : préparer l’opinion aux réformes en profondeur touchant au code du travail."

Je pense aussi que beaucoup de grelots sont agités qui ne servent qu'à masquer le bruit de la déchiqueteuse... de code de travail.

Cependant, les autres mesures ne sont pas sans signification pour autant et sont cohérente avec ce projet. Mais tout ceci n'est pas très nouveau. Ce qui l'est pas contre c'est l'adhésion de la majorité de la population. Personne ne conduit ce genre de politique sans un large soutien dans l'opinion publique.

On ne peut changer de peuple, alors il faudrait peut-être changer d'opposition ? Et comment reconstruire une critique sociale qui ne soit pas récupérée aussi rapidement par le système ? Big problème...

Écrit par : juliette dze | 21/09/2007

L'etat,la grande bourgeoisie,le capitalisme,la fonction publique tout y est ou presque dans ce texte emaillés de contre verité et d'affirmation ideologique
Eternel rethorique Marxiste du complot du grand capital et de la bourgeoisie pour asservir le bon peuple Hum ! Enfin bon mais con le peuple qui se laisse berner par la propagande "du bouc emissaire"
Enfin j'ai compté beaucoup de boucs dans votre texte et ma foi cela resume trés bien ce que subissent au quotidien une partie de ces Français que vous méprisez

Écrit par : antimythe | 22/09/2007

@antimythe

En effet on adhère ou pas à la « pensée dominante » ; mettre la dette (son "état de faillite", dixit le Premier ministre) de la France sur le compte de tous ceux qui ne travaillent pas ou pas assez (« je vais remettre la France au travail »), c’est un peu simpliste, mais apparemment il y a assez d’imbéciles ou de naïfs pour y croire et vous en faites partie. En revanche on s’interroge peu sur les faiblesses « structurelles » du capitalisme français et osons le dire sur sa posture d'éternel assisté, réclamant à l’Etat toujours plus. Voir la question d'Airbus.

Écrit par : Ajamais | 22/09/2007

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