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29/08/2007

« Besancenot veut créer un nouveau parti ! » (les médias)

Qu’est ce qu’il y a d’important dans cette déclaration ? Passons rapidement sur le " Besancenot veut… " Besancenot n’est que l’un des porte parole de la LCR et c’est aux militants de cette formation qu’il adviendra, en temps et en heure et en dernier ressort, de décider ce qu’ils feront. Ce qui est vrai cependant, c’est que l’idée de clore une ère, en gros celle du " trotskisme ", est dans l’air depuis plusieurs années dans les rangs de cette organisation. Non que le " trotskisme " aurait failli – nous pourrons revenir un jour sur son bilan, somme toute honorable –, mais parce qu’il ne correspond plus à la nouvelle période qui s’est ouverte après l’effondrement du " monde soviétique " et à la nouvelle phase d’expansion du capitalisme.

Evidemment, tout cela est un peu abscons. Alors allons au plus simple. La LCR, seule rescapée de la débâche du camp " antilibéral " en mai 2007, et fort d’un renfort d’un voire deux milliers de nouveaux adhérents, proposerait de construire un parti " large ", rompant avec les mœurs militants d’un autre temps, ouvert à tous les anticapitalistes d’où qu’ils viennent, et ce, sans l’accord préalable des appareils des partis et formations qui se réclameraient, peu ou prou, de la même " idéologie ". Bref, chacun pourrait apporter dans ce parti ses idées, sa conception du combat révolutionnaire, ses méthodes, quitte par la suite à les confronter et en à en débattre démocratiquement.

Quel est l’objectif de ce pari et a-t-il quelque chance de réussir ?

L’objectif est très clair. Le PS, en crise, et poursuivant sa dérive social-libérale, n’est plus en mesure de proposer une réelle alternative de gauche aux couches populaires qu’il est censé représenter. Ses anciens alliés de la gauche plurielle (le PCF, les Verts…) sont dépendants de cette crise et incapables de la moindre autonomie. Point donc de recours possible de ce côté là. Que reste-t-il ? Le camp antilibéral (les anciens " collectifs "). Quelque soit les raisons de l’échec de la candidature commune antilibérale, force est de constater, que les courants qui ont au final soutenu Bové (pour certains en désespoir de cause et faute de mieux) ne s’en sont pas remis, du moins dans l’immédiat. LO, enfin. Là encore, l’effondrement électoral d’Arlette Laguiller, ne donne pour l’instant aucune piste à cette formation pour rebondir. En conclusion, la LCR a momentanément devant elle un espace qu’elle entend bien occuper.

Que l’on ne se trompe pas cependant. Pour la LCR, ce nouveau parti en devenir ne pourrait s’ériger en alternative, même si c’est à terme l’objectif lointain souhaité. Ce nouveau parti ne serait, en effet, absolument pas en mesure de rivaliser électoralement avec un PS même en crise, même lorgnant de plus en plus vers le centre, même affichant sans honte son programme social-libéral. Il ne s’agit pas là de refaire la même erreur d’appréciation des " collectifs " il y a un an. Après la victoire de Sarkozy, continuer de croire que la gauche antilibérale et anticapitaliste puisse être majoritaire dans ce pays en forçant qui plus est la main à un PS tirant à droite de toute ses forces, relève de l’affabulation, même en y mettant le prix et les moyens.

Mais si l’objectif n’est pas de rechercher la plus large alliance à gauche (PS compris) pour offrir " au peuple de gauche " une alternative à court terme, quel est-il alors ? Et bien tout simplement de commencer à poser les premières pierres de la reconstruction d’une véritable opposition, anticapitaliste s’entend, et totalement indépendante de la vieille gauche. Moins qu’un pari, cet objectif est surtout une nécessité. Pour tous ceux et celles qui entendent lutter pied à pied contre l’offensive de la droite, sur le terrain des luttes en premier lieu, mais également sur le terrain électoral, il est absolument nécessaire d’avoir un outil commun qui puisse servir de laboratoire d’idées, centralisant toutes les expériences et tous les acquis du mouvement social, pour en faire le réceptacle le plus large possible de la refondation du combat anticapitaliste. C’est en cela que ce parti ne serait être un prolongement de la LCR ou une LCR-bis. Non pas parce que la LCR aurait finalement abdiqué sur son programme, mais plutôt parce que rien dans la situation politique présente ne peut dire qui a raison ou qui a tort sur les moyens à mettre en œuvre. Dans une situation qui est tout sauf révolutionnaire, où la classe ouvrière ne sait plus à quel saint se vouer, il faut d’une certaine manière recommencer par le début, regrouper ses forces, s’unir, se rassembler, offrir le plus large contre feux à l’offensive de la droite. Et c’est bien cet outil là qui manque aujourd’hui.

Reste à convaincre les adhérents potentiels à un tel projet. C'est loin d'être gagné. Comment en effet être sûr de la bonne foi de la LCR ? Trop de doutes subsistent encore. Le LCR devra donner des gages. Elle a plusieurs mois devant elle.

21/08/2007

La pédophilie, domaine réservé

Les gros dossiers, ceux qui touchent à l’économie – chômage, commerce extérieur, dette publique, crise financière, croissance… – sont gardés sous le coude, attendant des jours meilleurs. Aussitôt rentré des States, Nicolas Sarkozy a été à l’essentiel. Son objectif : éradiquer la pédophilie ! Sujet déterminant, touchant aux plus grands intérêts de la France que seul un président est en mesure de traiter, sachant que le taux de récidive des délinquants sexuels (qui ne sont pas tous pédophiles) est de moins de 2 %. Oui mais ces crimes sont ressentis par l’opinion comme les plus abjects. Alors la meute aura ce qu’elle demande : des peines alourdies ; des contrôles supplémentaires, plus sévères ; on ouvrira des établissements spécialisés ; on préconisera des traitements spéciaux… Et demain ? dans quelques jours ? quelques semaines ? quand l’émotion, soigneusement entretenue, sera retombée ? que fera le président ? à quel dossier sensible s’attaquera-t-il ?

Gouverner avec et pour la meute, n’est pas précisément le signe d’un pouvoir fort. Généralement on utilise de tels moyens pour cacher ses points faibles. Et si c’était justement ça, la marque de ce pouvoir ? Il sait, autant par pratique que par idéologie, qu’il ne peut pas faire grand chose, que les baisses d’impôts ou que la détaxation des heures supplémentaires n’auront qu’un faible impact sur l’économie française, alors comme il doit pourtant montrer qu’il agit, il cogne, à la marge, d’autant plus dur que l’émotion est grande ou que la fable est belle.

Prenons par exemple cette question de la grève. On nous raconte depuis des années que c’est, en France, " un sport national ", tandis qu’au Danemark… Combien de fois n’avons nous pas entendu vanter, à droite comme à gauche, ce paradis de la concertation. Souvenons nous de Royal pendant la campagne présidentielle. Et puis un beau jour on apprend – pas dans la presse évidemment –, que tout ceci est faux. Que c’est le Danemark qui détient justement  la palme du plus grand nombre de journées individuelles non travaillées (218 pour 1000 salariés) alors que la France occupe une modeste 10ème place sur 25 pays avec seulement 37 JINT toujours pour mille salariés, la moyenne européenne tournant autour de 43 JINT. Et bien malgré cela, la loi sur le service minimum a été votée, car c’est bien ce que voulait la meute. Cette loi aura-t-elle une quelconque efficacité ? Nous le verrons bien dès la prochaine grève. Et si ça ne marche pas finalement ? Car qui peut dire, qu’au moment voulu, l’opinion suivra ?

Sur la pédophile, Sarkozy peut tout se permettre. Il n’a rien à craindre. Sur le reste, le contrat de travail par exemple ou sur un tout autre sujet touchant aux vrais problèmes des Français, ça sera une autre affaire. Tôt ou tard nous serons ce qu'il a dans le ventre ce pouvoir. Tôt ou tard...

 
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