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24/07/2007

« Maintenant, à gauche ! »

" Maintenant, à gauche ! ", c’est le titre d’un " blog-club-espace-carrefour-chantier pour une refondation à gauche ! " créé à l’initiative de plusieurs des anciens " cadres dirigeants " des collectifs pour une candidature unique de la gauche antilibérale à la présidentielle de 2007, dont Clémentine AUTAIN (féministe, élue à Paris, app. PCF), Eric COQUEREL (président Mars Gauche Républicaine), Emmanuelle COSSE (journaliste, ex-présidente d’Act Up), Claude DEBONS (ex-coordinateur collectifs du 29 mai), François LABROILLE (élu régional IDF Alternative Citoyenne), Roger MARTELLI (PCF), Marion MAZAURIC (éditrice), Claude MICHEL (syndicaliste), Christian PICQUET (courant UNIR de la LCR), Catherine TRICOT (communiste), José TOVAR (syndicaliste).

Chacun jugera par lui même du contenu de leur " appel " (lancé dans ce blog) très consensuel puisqu’il s’adresse aussi bien à la gauche du PS qu’à l’extrême-gauche. Il me semble cependant qu’il y manque quelque chose d’essentiel : le bilan que les signataires, tous impliqués au plus haut niveau dans l’initiative précédente, font du fiasco qu’a été, in fine (avec la double candidature de Bové et de Buffet, 3,25% des exprimés à eux deux), cette promesse d’une candidature unique de la gauche antilibérale pour 2007, tant sur les méthodes que sur le contenu qui avait été donné à cette initiative. Pourtant que lit-on dans cet " appel " ? " Dans un moment où le Parti socialiste risque d’aller jusqu’au bout de sa conversion aux vertus d’un libéralisme tempéré, laissant au bord de la route des milliers de militants et des millions d’électeurs, l’objectif est de faire converger l’ensemble de la gauche de transformation sociale pour que, le plus vite possible, son projet renouvelé s’impose à gauche. Rien moins que l’objectif de conquête d’une majorité à gauche ! " En fait, exactement la poursuite du même objectif qu’en 2005 et 2006. Or c’est sur cet objectif là que s’est justement brisé l’élan unitaire, et pas comme on a pu le dire, ici et là, trop rapidement, à cause des " logiques d’appareils " (du PCF et la LCR), mais bien parce que cet objectif aurait impliqué que l’extrême-gauche renonce à ce qui est l’essentiel pour elle, son anticapitalisme foncier au profit d’un anti-libéralisme flou plus unitaire et plus susceptible, il est vrai, de rallier une " majorité ".

Mais une majorité pour faire quoi exactement ? En contribution au débat, je propose cette réflexion tiré d’un texte de bilan de la présidentielle fait par Samy Johsua l’un des dirigeants de la LCR qui a le mérite de mettre, enfin (si j’ose dire), les points sur les " i " :

" J’ai toujours été surpris par la place donnée par nombre de militants y compris de la LCR à l’opposition antilibéralisme/anticapitalisme. Pas plus bête qu’un autre, je sais bien où résident les différences. Dans un cas on est dans une contestation d’ensemble du système ; dans l’autre pas obligatoirement, le libéralisme étant une des formes du capitalisme. Mais est-ce bien ce qui fut en jeu dans les violentes divisions de ce camp " antilibéral " ? En partie, mais en toute petite partie seulement. Yves Salesse a écrit un livre pour défendre l’idée que l’on pourrait parfaitement arriver à un gouvernement antilibéral qui ne soit que très partiellement non-capitaliste. En ce sens (et contrairement au titre de ce livre qui prétend renouveler le débat entre réforme et révolution) ce qu’il traite ne s’arrête pas seulement aux formes du changement, mais produit l’idée d’une étape de longue durée où un gouvernement de gauche romprait avec l’essentiel des recettes néo-libérales sans pour autant verser dans le socialisme. On peut polémiquer sur l’adieu à la révolution que cela signifie, mais le plus notable à mes yeux est le profond irréalisme du projet. Même sous cette forme il supposerait un affrontement national, européen et international d’une telle ampleur qu’un gouvernement sur ces bases serait balayé dans le mois ou bien devrait rompre bien plus profondément avec le système.

Sans négliger ce genre de débats, il me semble que la question, si elle se présente comme une discussion sur des lignes de programme par nombre " d’antilibéraux ", cache en fait des renoncements beaucoup plus profonds. Tous les thèmes qui ont été opposés à la LCR, parfois délirants [" la gagne " (1)] parfois moins (le refus du " témoignage ") sont marqués du sceau d’un glissement vers la survalorisation électorale couplée avec le rejet définitif de l’option d’une mobilisation extra-parlementaire victorieuse ou même seulement efficace. Les choses les plus simples ne pouvaient plus être entendues, comme celle-ci : jamais il n’y aura à froid de " majorité " électorale pour l’application d’un programme même seulement " antilibéral ", par exemple sur la base de la plate-forme adoptée à Nanterre par les collectifs. Une telle victoire doit d’abord se combiner avec des victoires " dans la rue " pour, peut-être, avoir une traduction parlementaire. Nous savons bien que dans des pays comme les nôtres, les deux processus (parlementaires et extra-parlementaires) se combineront si la radicalité avance. Mais sans une mobilisation de masse auto-organisée approchant un mai 68, c’est un mythe absolu de penser que même les " antilibéraux " pourraient être majoritaires dans les urnes. La facilité avec laquelle ce thème purement électoraliste l’a emporté fut à mes yeux une surprise marquante et le signe d’une évolution très profonde. On peut y relier la critique, reprise de toute part (de Yves Salesse à Christian Piquet, en passant par Clémentine Autain et Claude Debons) de la candidature " de témoignage " à la Présidentielle. Laquelle critique ne peut signifier qu’une seule chose : hors de la possibilité de lutter pour une majorité à l’élection (ou, sur un mode mineur, d’influer de manière marquante sur une telle majorité), il n’y a que " du témoignage ". L’ironie du vote du 22 avril 2007 est que deux des figures les plus virulentes contre " la candidature de témoignage ", MG Buffet et José Bové se sont retrouvés à 1,9 et 1,3… Mais cela n’enlève rien au débat de fond qui est derrière. Pendant des décennies l’idée qu’un mouvement politique pouvait être influent en étant pourtant durablement écarté du pouvoir central ne choquait personne. Ceci fut au contraire considéré massivement dans les collectifs unitaires, comme au PC et chez les Verts, comme le comble de la bêtise " protestataire ".

Voilà qui constitue un changement dont la portée politique est immense, un glissement " à droite ", un engrenage qui n’a d’autre fin que l’intégration plus ou moins rapide au système dans son ensemble. Tardivement, Clémentine Autain a souligné que cette question était l’une de celle, majeure, qui avait bloqué l’unité antilibérale avec la LCR. Mais, classiquement, ce fut pour opposer ceux qui veulent " agir dès maintenant " et ceux (la LCR donc) qui attendent " le grand soir ". Opposition polémique et commode, mais trompeuse. Elle suppose (à la suite des dirigeants du PS, grands spécialises de la critique du prétendu " refus de mettre la main dans le cambouis ") que la participation " aux affaires " gouvernementales est la seule efficace, ou même seulement la plus efficace pour les intérêts immédiats du plus grand nombre. En ce qui concerne les vrais et grands changements (je ne parle pas ici de révolution, mais même seulement de réformes de quelque importance), toute l’histoire du siècle dernier montre pourtant que cette supposition est au mieux une illusion, au pire une tromperie pure et simple. C’est le mouvement extra gouvernemental, issu d’une résistance militaire et de la chute du nazisme, qui fonde les réformes de la Libération (sous la présidence de De Gaulle…). C’est la grève qui pousse en 36 aux réformes (2), consenties d’ailleurs en vue de combattre sa possible radicalisation. C’est 68 qui impulse les réformes de la décennie qui suit (sous des gouvernements de droite) et explique, même dix ans après, en 1981, la première victoire de la gauche à une présidentielle sous la 5ème République (laquelle présidence, comme on le sait, n’a pas tardé à tourner le dos à une " poussée d’en bas " qui avait épuisé sa dynamique).

Mais la lutte politique ne se limite pas à ces moments héroïques. Alors que l’entourage de Sarkozy se flatte d’avoir compris et mis en œuvre le concept gramscien " d’hégémonie ", il faudrait voir à le saisir pour ce qu’il est. Quand le " grand soir " (la " guerre de mouvement ") est loin, il reste une stratégie pour des révolutionnaires qui ne soit pas " l’occupation " du gouvernement (selon les termes de Blum), et c’est " la guerre de position ". Dans celle-ci, par l’articulation de la lutte idéologique et culturelle, l’impulsion de pratiques alternatives nouvelles (y compris des pratiques de gestion au niveau local, comme à Porto Alegre), la lutte associative (comme on dirait maintenant), syndicale, politique, on peut influer vraiment sur le cours des rapports de force, sur l’évolution de la société dans son ensemble, et même sur les mesures prises par un gouvernement que l’on combat par ailleurs. Un excellent exemple de tout ceci est le combat couronné de succès pour la libéralisation de l’avortement dans les années 70. Mais évidemment ceci n’a de sens que dans le cadre d’une contestation globale du système en place, une " extériorité " constante et revendiquée, jusqu’à imaginer et à imposer des aspects contre-sociétaux. Il est certes impossible d’échapper au fait d’évidence qu’on ne peut sortir du " système " par simple décision (on participe inévitablement de ce système en revendiquant un emploi, donc en acceptant un statut salarial, voire simplement en achetant sa baguette de pain). Mais c’est une question de posture d’ensemble. Considérer cette " protestation " liée intrinsèquement à l’extériorité recherchée par rapport aux systèmes de domination comme " inutile ", c’est rendre les armes avant d’avoir combattu.

Sur le siècle dernier donc qu’est-ce qui vient en appui à la critique de Clémentine Autain ? Rien ! Pire : quand s’est imposée l’idée que la seule gauche qui vaille était la gauche de gouvernement (l’autre étant " de témoignage "), on a vu le résultat depuis 1981. Où sont les exemples de bénéfices obtenus sérieusement, à l’échelon national, par la participation gouvernementale (allez, soyons beaux joueurs : l’abolition de la peine de mort est de ceux-là, mais combien d’autres peut-on citer à côté de tant de renoncements et de trahisons ?). Accessoirement comment ne pas voir que cette stratégie alimente par nature " le vote utile " vers les partis réellement en mesure de l’emporter et de gouverner ? D’où sans doute le délire sur " la gagne ", contraire à la réalité la plus aveuglante, et dont la fonction de dénégation, au sens de la psychanalyse, n’est guère difficile à décrypter. D’ailleurs cette pression vers " l’utilité " n’est pas limitée au seul moment électoral. Elle pèse en permanence pour pousser au regroupement autour du parti le plus puissant dans le jeu institutionnel, surtout à partir des mécanismes de la présidentialisation et du vote majoritaire propres à la France.

Qu’on me comprenne bien. Ce que je défend ici est que ce désaccord, stratégique, est déterminant. Pas que l’on ne puisse rien faire d’unitaire entre " antilibéraux ". Entre le point de vue de la LCR et celui des porte parole les plus éminents des " antilibéraux " il y a bien une différence touchant au plus profond de la stratégie, et donc de l’idée qu’on se fait du combat politique dans la durée. Ceci n’empêche ni le débat, évidemment, ni non plus l’unité d’action dans les luttes (ce qui va de soi), et pas plus l’unité politique elle-même. C’est ce qui fut mis en œuvre avec le succès que l’on sait lors de la campagne référendaire. D’ailleurs, avec mon camarade Daniel Bensaïd, j’ai expliqué en son temps que je comprenais aussi la démarche de ceux qui, partageant les positions de la LCR, militaient pour un compromis sur la question gouvernementale avec les autres " antilibéraux ", misant sur une future " dynamique " pour clarifier les choses dans leur sens. Nous ne partagions pas cette option, car si " dynamique " il y avait, nous la sentions plutôt de l’autre côté, surtout après le ralliement des nonistes du PS à la synthèse. Mais le débat en lui-même avait sa légitimité. Ce qui était illégitime en revanche fut de faire comme si la question était réglée, et que seuls les " intérêts d’appareil " de la LCR lui interdisait de souscrire au texte de St Denis " Ambition/Stratégie ". Cette position démagogique, misant outrageusement sur l’apolitisme qui gagnait les collectifs et pour lequel " l’unité " était l’alpha et l’oméga, cachait un coup de force : contraindre la LCR à se fondre dans un moule stratégique qu’elle refusait, et ce en lui déniant la légitimité même de ses positions. Mais comme on l’a vu lors de la campagne présidentielle – et aussi avec les contributions ultérieures très intéressantes de ce point de vue de Claude Debons et Clémentine Autain – ce débat ne peut être mis de côté. Il était et demeure central, et va polariser toutes les confrontations futures. "

(1) L’espoir, voire la certitude, qu’une candidature unitaire antilibérale pouvait accéder à l’Elysée, après être passée devant la candidate du PS au premier tour. Cette idée sert encore de trame à nombre de commentateurs antilibéraux pour le bilan de l’élection présidentielle. Mais sur le mode rétrospectif : l’unité antilibérale aurait empêché le surgissement de Bayrou, le succès de Royal au premier tour, ou à défaut sa défaite au second et donc la victoire de Sarkozy. Le mode d’analyse du PS en 2002 (" la faute à la dispersion ") semble devoir désormais servir de matrice de justification à n’importe quel échec à gauche.

(2) Rappelons une fois de plus que les congés payés ne faisaient pas partie du programme électoral du Front Populaire.

Commentaires

Ce qui est bien avec Clémentine AUTAIN c'est que, elle est de toutes les tribunes "anti-capitaliste". On n'en compte plus le nombre depuis l'après-présidentielle...

Clémentine AUTAIN, c'est celle qui travaille à la mairie de Paris avec le grand "bobo" ? Très anti-libéral tout ça...

Écrit par : Julien | 25/07/2007

"On n'en compte plus le nombre depuis l'après-présidentielle"
Heu, on vit pas dans le même monde, là...Puisque j'ai plutôt le sentiment que ce sont les articles à la gloire du chef de l'état, qu'on ne peut plus compter...

Sinon, excellent billet. Tout simplement. Qui explicite clairement les enjeux, et le glissement généralisé des "comités" vers le PS, qui les avalera tout rond.

Écrit par : CSP | 25/07/2007

La théorie léniniste/trotskyste de la construction et donc de l'existence du parti révolutionnaire "d'avant-garde" comme préalable à la victoire des luttes dites "de masses" (grève générale) prévalant fondamentalement à la LCR (et au PCF même si les raisons sont en partie différentes ), explique sa logique d'appareil, voire sa méfiance à l'égard des "mouvements informels" du type de celui de "la gauche de gauche antilibérale". C'est ce que cache également la querelle des mots "(anti-)capitaliste" / "(anti-)libéral". Vieux débat que celui de la dialectique (et de la hiérarchie politique, si on peut dire) Parti/Syndicats/Mouvements/Luttes. Tant mieux si ce débat peut reprendre concrètement vie aujourd'hui, la vision du champ politique devenant moins brouillée dès lors que le PS rejoint le camp des capitalistes-libéraux, fussent-ils sociaux, démocrates ou "de gauche". Les récentes expériences unitaires aussi bien en France (Non au TCE mais aussi celle des collectifs antilibéraux) que mondialement représentent un petit espoir de dépassement possible de ces apparentes contradictions Parti/Mouvement et Luttes/Parlementarisme.

Écrit par : jmdg | 28/07/2007

@jmdg

Aucune méfiance. De plus les « collectifs » n’avaient (n’ont) rien d’informels. C’est un courant certes hétérogène mais qui s’est construit entre 1995 et 2005 sur la base d’actions auxquelles la LCR a participé mais en tirant de cette expérience une analyse différente de celle de la LCR. En gros, ce courant a cru (et croit toujours) qu’il est possible de rassembler à la gauche du PS une MAJORITE, qui plus est dans les urnes, susceptible d’être une alternative à la gauche social-libérale. C’est cette illusion que critique la LCR (voir le texte de Joshua). C’est une surestimation de ce que représente le courant anti-libéral, et l’on en a eu la preuve en mai 2007 : Buffet et Bové n’ont pu récolter que 3,25 % des exprimés. D’où le débat entre anti-libéralisme et anticapitalisme qui n’est pas une querelle de mot mais bien un débat de fond. Il s’est traduit en 2007 par le refus du PCF et des collectifs de s’exprimer clairement sur leur attitude vis à vis du PS. En gros, le PCF et les collectifs pensaient qu’il était possible d’imposer au PS (sur la base d’un rapport de force) un programme de réformes antilibérales. Donc qu’une alliance était possible. C’est précisément ce que refusait d’admettre la LCR et c’est pourquoi il n’y a pu avoir de candidature commune.

Écrit par : Ajamais | 28/07/2007

@ Ajamais
J'écrivais "mouvements informels" avec des "..." pour parler des "Collectifs" , par opposition à la conception "rigoriste" (pour ne pas dire plus) de "parti révolutionnaire d'avant-garde". Voilà qui fait beaucoup de "..." !!!
A vous lire, l'affaire semble entendue. Pas pour tout le monde.
Je pense que votre analyse participe de la conception sectaire de la majorité de la LCR, dès lors que vous englobez dans la nébuleuse politiquement et organisationnellement informelle (c'est-à-dire confuse, imprécise, inaboutie, en devenir...mais vivante) des Collectifs antilibéraux dans le terme générique de "courant" ("ce courant a cru que..." - sic). Que le PCF et certaines personnalités voire courants des Collectifs croient ou aient cru à une majorité électorale à la gauche du PS, c'est certainement vrai. Mais ce n'est certainement pas le cas de l'ensemble des composantes individuelles et collectives des Collectifs antilibéraux. En tous cas pas dans mon coin. Personnellement, je n'ai pas eu le sentiment et la preuve que Bové, et avant lui, les autres prétendants candidats antilibéraux, aient invoqué une impossible majorité gouvernementale antilibérale. De plus, je ne vois pas en quoi les scores ridicules de Buffet et Bové sont une preuve de l'illusion électoraliste des Collectifs dès lors que leur dynamique a été dynamitée par le PCF et la LCR pour des enjeux différents mais qui avaient ceci de commun : leurs intérêts d'appareils. Bref, ce n'est pas à vous que j'apprendrai que le débat sur cette question ne fait pas concensus dans et hors la LCR et que ce n'est pas un hasard si des gens comme C. Piquet de la LCR ne partagent pas tout à fait le même point du que S. Joshua de la même LCR . Beaucoup de participants aux Collectifs avaient l'espoir qu'à travers ces derniers la critique et l'action antilibérale de gauche connaissaient une renaissance populaire en France, en dehors des sectes et partis plus ou moins figés ou en crise depuis des décennies. Parmi eux, nombreux sont ceux qui avaient conscience du très long chemin semé de difficultés qu'il fallait parcourir pour construire, unifier, organiser politiquement et organisationnellement le mouvement. La majorité de la LCR, qui aurait pu faire son miel de cette occasion historique, a préféré tuer dans l'oeuf ce nouveau front par crainte de s'y diluer, la vieille stratégie trotskiste de l'entrisme n'étant plus de efficace. Et bien, cela se fera sans elle.

Écrit par : jmdg | 30/07/2007

@jmdg

"Personnellement, je n'ai pas eu le sentiment et la preuve que Bové, et avant lui, les autres prétendants candidats antilibéraux, aient invoqué une impossible majorité gouvernementale antilibérale."

Et bien tu ne les a pas lu et écouté. Ils n'ont eu de cesse au contraire d'invoqué cette potentialité ; leur programme ne pouvait être qu'anti-libéral et pas anti-capitaliste (pour faire simple) pour cette raison là. C'est également tout le sens du projet de Salesse dans son dernier livre et cette argumentation est reprise dans leur dernier "appel" : "Rien moins que l’objectif de conquête d’une majorité à gauche !" (je cite)

Écrit par : Ajamais | 30/07/2007

@Ajamais
Certes je n'ai pas lu le dernier bouquin de Salesse. Mais comment peut-on dire des énormités pareilles : "Ils (= les antilibéraux)n'ont eu de cesse au contraire d'invoquer cette potentialité" (de majorité électorale gouvernementale, s'entend) ?.M'avez-vous bien lu ? J'avais bien dit "gouvernementale". Bové n'a cessé de répéter le contraire aux médias qui lui posaient systématiquement la question de la conquête du pouvoir électoralement et de même à Besancenot, Laguiller... qui ont fait le même genre de réponse. Je ne vous comprends pas. Quant à l'ambition "de conquête d'une majorité à gauche" (c'est-à-dire au sein de la gauche ), quoi de plus normal pour tout mouvement ou parti minoritaire dans un camp et j'espère bien que c'est aussi l'ambition de la LCR. J'ai l'impression qu'on ne parle pas de la même chose ou que vous me lisez mal. Moi je ne vous suis plus. Des limites du bloguisme. Cordialement. Fin.

Écrit par : jmdg | 30/07/2007

"Notre objectif est une politique apportant des solutions durables aux grands problèmes de notre société, répondant aux besoins et aux aspirations populaires, donc la constitution d’une majorité et d’un gouvernement de gauche qui mènent une politique de rupture avec le libéralisme et développent une politique de transformation sociale, environnementale et démocratique."

Texte adopté par la réunion nationale des collectifs unitaires et populaires
le 10 septembre 2006 à Saint Denis.

Je lis bien : "un gouvernement de gauche", évidemment la voie électorale étant ici la plus probable. Je tiens l'ensemble du texte à votre disposition.

Écrit par : Ajamais | 31/07/2007

"Nous ne partons pas pour faire un « coup » électoral. L’enjeu est bien plus vaste. Il s’agit de construire un rassemblement durable des forces antilibérales de gauche. Changer la gauche pour que ça change vraiment et durablement !"
Extrait de :
Collectif d’initiative national
pour un rassemblement antilibéral de gauche
et des candidatures communes.
Nous voulons que ça change,
et que ça change vraiment. Il y a urgence !
Texte adopté par la réunion nationale des collectifs unitaires et populaires
le 10 septembre 2006 à Saint Denis.

Écrit par : Ufry | 31/07/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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