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22/06/2007

« Le travail, le travail, le travail, le travail… » (Nicolas Sarkozy)

Les délocalisations ! Pour rendre la TVA " sociale " plus présentable, François Fillon l’appela, entre les deux tours des législatives, TVA "anti-délocalisation". Auraient été visés les biens d’importations, ceux qui sont fabriqués à bas prix en Inde, en Chine… Mais les délocalisations ne concernent pas que l’étranger lointain. Certaines se passent à l’intérieur même de l’Hexagone, tout près de chez nous, entre deux villes, deux départements, deux régions. Question d’opportunités.

Marans, petite ville sur la Sèvre niortaise, en plein Marais poitevin. Une entreprise (Protimer) y fabrique et y conditionne du surimi. L’entreprise appartient au groupe Bongrain, 3.000 salariés dans toute la France. Le résultat opérationnel du groupe en 2006 était en augmentation de 9,7%, son bénéfice net de 78,3% se situant pour la même année à 112,1 millions d’euros. Le malheur de Protimer est que l’entreprise a vieilli, que sa rentabilité n’est plus exactement au niveau souhaité par les actionnaires, qu’il faudrait rénover les locaux et les installations, voire construire un établissement neuf dans un autre lieu, plus opérationnel. Toutes choses possibles à Marans même. Mais Bongrain a trouvé une autre solution : délocaliser l’entreprise en Normandie.

Ainsi 60 emplois (essentiellement féminin) vont disparaître dans une région qui n’est pas exactement un centre d’affaires florissant. Mais Bongrain s’en fiche. Bien sûr il propose aux salariés de suivre l’usine, et pour celles et ceux qui ne le souhaiteraient pas une prime de 2.500 euros et un congé de reclassement de 5 à 7 mois. Autant dire rien. Les salariés ont refusé la transaction. Normal. Mais la direction qui compte fermer l’entreprise à la fin de l’année ne bouge pas. Alors les salariés se sont mis en grève. Ils manifestaient ce samedi dans les rues de la ville. Maïté Bézinaud, déléguée CGT du personnel, regrettait la non-participation des élus à cette manifestation. " Cela aurait été une bonne chose que les élus de Marans soient là pour montrer les soutiens ". Petite chronique de la France qui se lève tôt et qui n’aura bientôt plus de raison de le faire. " Le travail, le travail, le travail, le travail… "

P.S. : Sur le site Internet de Protimer on peut lire ceci : "1989. Convaincus par le projet d'implantation d'une usine de fabrication de surimi à proximité de La Rochelle, partenaires financiers et collectivités apportent leurs concours à la création de PROTIMER." Les "collectivités" locales sont très souvent à l'origine des soutiens à l'implantation des enteprises. Après, quand ça marche, c'est une autre histoire. Protimer remboursera-t-il les aides ?

Commentaires

Un truc qui va vous amuser surement

Vous vous rappelez sûrement que dans les derniers instants de la campagne DSK s'était porté garant du programme économique de la candidate! Programme économique qui comprenait donc ce fameux smic à 1500 euros!

Voila ce que le garant du programme économique de Royal avait à dire sur le sujet très très récemment:
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Dominique Strauss-Kahn a regretté samedi que la gauche soit "décalée par rapport à la réalité", critiquant durement la proposition de hausse du Smic à 1.500 euros, "loin des préoccupations des Français".

En déplacement dans le XIIe arrondissement de Paris pour soutenir Sandrine Mazetier, candidate socialiste aux législatives dans la 8ème circonscription, l'ancien ministre PS de l'Economie a critiqué les "réponses décalées par rapport à la réalité" apportées parfois par son parti.
Il a rapporté les propos d'un ouvrier rencontré récemment en Haute-Marne: "+Si le Smic passe à 1.500 euros, le patron va délocaliser, mais moi, ce que je veux surtout, c'est garder mon boulot+".
Et le député du Val-d'Oise de conclure: "il me donnait une leçon de réalisme, parce que le bien le plus précieux pour lui, c'était l'existence même de son emploi".
Lors de la campagne présidentielle, le projet du PS prévoyait de porter le salaire minimum à "1.500 euros au moins" en cinq ans.
"La gauche doit réfléchir sur elle-même, sans concession", a ajouté DSK, devant plusieurs dizaines d'habitants du XIIe arrondissement, tout en précisant qu'il ne visait personne et que les erreurs avaient été "collectives".
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Aucun cris d'effroi au PS! DSK n'avait il pas vu à l'époque cette mesure etait inclus dans le pacte?

Écrit par : Vegeta | 22/06/2007

Traduction de ce titre extrait de la novlangue sarkozyenne, en français normal :
- pour les actionnaires :
- le profit, le profit, le profit ...
- la plus-value, la plus-value, la plus-value ;
- pour les salarié(e)s :
- le mépris, le mépris, le mépris...
- la surexploitation, la surexploitation, la surexploitation...

Écrit par : mbj | 23/06/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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