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14/06/2007

A la soupe !

Une dépêche d’abord : " Les Knorr ne veulent pas être délocalisés en Allemagne et en Pologne."

"Les salariés de l’unité de recherche de Duppigheim protestent contre les conditions de délocalisation. La fermeture de l’unité de recherche basée à Duppigheim (Bas-Rhin), a été annoncée début juin. Elle concerne une trentaine de salariés à qui on a proposé des postes en Pologne et en Allemagne. Le site de Duppigheim spécialisé dans la production de soupes et de sauces, emploie au total environ 500 personnes. Selon, Sophie Jayet, porte-parole du groupe interrogée par l’AFP, Unilever garantit pendant les trois premières années un salaire compris entre 90% et 110% du salaire français. Au-delà de ces trois ans, le salaire proposé serait, selon qualification, de 1.700 à 2.500 euros par mois. Pour la direction, l’objectif est de garantir un niveau de vie équivalent dans le pays. " Ensuite, de nombreuses opportunités d'évolution seront offertes vers les autres centres ou fonctions chez Unilever en Europe". La direction espère ainsi assurer un avenir professionnel adapté à chacune des trente personnes concernées par cette délocalisation. Selon elle, " un tiers des trente salariés a déjà postulé dans les différents centres européens, en Allemagne, en Angleterre, en Italie et Pologne" et "trois personnes ont une solution identifiée". Des chiffres que conteste Léa Vaché, déléguée syndicale CGT du groupe : "A ma connaissance, personne à l'unité de recherche ne semble intéressé par un départ en Pologne". "

Ce sont les 30 salariés du pôle recherche & développement, des ingénieurs pour la plupart, qui sont concernés. Certains ont déjà choisi la démission. En fait les propositions de la direction de maintenir salaires et avantages sociaux pendant trois ans font suite au refus des ces salariés de répondre favorablement à ce transfert. Ainsi on ne se contente plus aujourd’hui de délocaliser pour aller chercher des bas salaires, c’est le savoir faire, " l’intelligence  économique ", qui sont aussi touchés. Je croyais bêtement que c'est en investissant dans la valeur ajoutée que l'on lutterait efficassement contre ce genre de procédé. Naiveté. Tout ça est l'illustration de la logique en action d'une l’Europe libérale qu’une majorité de Français avait cru repoussé en votant " non " au TCE. Mais le capitalisme s’en fiche de la démocratie, des votes, des opinions. Il est, pour ainsi dire, hors la loi.

Et pendant ce temps là les socialistes recherchent des motivations, des prétextes, des arguments pour que la défaite annoncée de la gauche au second tour des législatives (à grands coups de clairons par des médias unanimes) soit moins dure à digérer. Et qu’ont-ils trouvé ? Une possible (probable ?) augmentation de la TVA d’ici 2008-2009 ! On appelle ça la TVA sociale. Une idée de la gauche, de DSK, paraît-il, empruntée aux Allemands, à la sociale démocratie nordique ; que c’est même l’ancien responsable des questions économiques au PS qui a été chargé d’étudier le dossier pour le gouvernement.

Personnellement – je ne dois pas être le seul – je n’ai pas encore tout compris. Mais peu importe, si j’ai bien suivi, il va bien falloir que quelqu’un paye pour les nouveaux " cadeaux " fiscaux et les allègements fiscaux aux patronat promis par Sarkozy, et plus généralement pour combler les déficits sociaux. Question : ce genre de mesure va-t-elle dissuader les entreprises de délocaliser ? Fillon dit que c’est précisément l’objectif. Donc, moi, je devrai payer un peu plus de taxe pour que Unilever maintienne ses emplois en France. Mais on me dit aussi que cette augmentation sera indolore, que je n’en verrai rien ; ou tout du moins que c’est une hypothèse. L’autre hypothèse c’est que l’inflation soit plus forte. C’est ce qui s’est passé en Allemagne. Oui, mais j’ai lu aussi, qu’en Allemagne, la reprise s’est faite pour d’autres raisons. Vous me suivez ?

Bref je dois croire désormais sur parole CE gouvernement et CES ministres qui gouvernent la France depuis cinq ans et qui n’ont jamais rien fait pour empêcher cette multinationale hollando-britannique (2ème rang mondial dans le secteur) et bien d'autres, de bénéficier, entre autre, des avantages d’un système de formation – payé par le contribuable français – et de transférer ensuite ce savoir faire acquis dans un pays tiers pour bénéficier d’avantages salariaux conséquents.

Mais que proposent les socialistes français pour contrecarrer ces jolis tours de passe-passe ? Un détail. L'action Unilever a augmenté de 31,60% en un an.

Commentaires

"travailler plus pour payer plus"

Écrit par : Kreelin | 15/06/2007

Mais que proposent les socialistes français pour contrecarrer ces jolis tours de passe-passe ?
Evidemment rien, dans la mesure de leur orientation néolibérale.
Existe-t-il des solutions nationales d'ailleurs, sinon à la marge (taxations de types divers) ?
En revanche cela pourrait certainement plus efficace à l'échelle de l'Europe, mais là encore ce n'est pas demain la veille vu la faiblesse politique du "mouvement ouvrier" pour reprendre une vieille formule et l'orientation encore plus néolibérale de ses dirigeants.
L'avenir apparaît quelque peu bouché et à l'heure actuelle seules des résistances très localisées semblent pouvoir limiter les dégâts.

Écrit par : mbj | 17/06/2007

Royal Interview sur France Inter:
http://www.marianne2007.info/docs/audio/royal-franceinter-18062007.mp3

Écrit par : Kreelin | 18/06/2007

Sarkosy veut lutter contre les délocalisations, alors que fait-il sur ce sujet prècis ?
Mais qui peut vraiment lutter contre les délocalisations ? Ha oui j'oubliait la tva sociale biensur !!

Écrit par : flying v | 19/06/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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