Avertir le modérateur

29/05/2007

Les « nouvelles responsabilités » de la LCR

La gauche parlementaire (l’ancienne gauche plurielle) est sortie de cette élection présidentielle dans un état " pitoyable ". C’est sous ce titre que paraît aujourd’hui dans Libération une tribune de Daniel Bensaïd et Samuel Joshua, deux membres historiques de la LCR. Ils ne disent là rien de ce que nous savons déjà : " Pathétique, le Parti communiste négociant au rabais sa survie parlementaire. Pathétique, José Bové, acceptant une mission royale sans même attendre le second tour de la présidentielle. " On pourrait sur les Verts en dire tout autant. Quant au PS ("Pathétique, François Hollande pleurnichant sur le débauchage de ses infidèles "), nul besoin d’en rajouter ; les médias s’en chargent .

Peut-on cependant regarder ce qui ressemble à une agonie avec l’air satisfait et goguenard de celui à qui on ne l’a fait pas, en proclamant : " On vous l’avait bien dit ! " C’est à partir de là que cette tribune devient intéressante. Deux paragraphes doivent être en effet soulignés. Celui-ci d’abord : " Face à ce paysage dévasté de la gauche, une gauche 100 % à gauche, aussi fidèle aux exploités et aux opprimés que la gauche light de gouvernement leur fut infidèle, est à reconstruire. Il y faudra de la clarté, de la patience et du courage. " Et celui là ensuite qui conclut l’article : " La LCR a désormais de nouvelles responsabilités. Si la campagne de Ségolène Royal fut inconsistante, c'est que le social-libéralisme est une impossible quadrature du cercle. Comme on ne change pas une ligne qui perd, un chœur assourdissant, soutenu par les éditorialistes du Nouvel Observateur, de Marianne ou de Libération, demande pourtant de persévérer dans la ruée au centre et exige que soit conduite à son terme la mue libérale du socialisme français. La clarification qui s'opère à gauche oblige plus que jamais à choisir. Soit un approfondissement de la logique bipartite ­ renforcée par le quinquennat ­ et la satellisation accentuée autour d'un PS aligné sur la social-démocratie européenne, soit le regroupement autour d'un projet réellement anticapitaliste, écologiste, féministe, 100 % à gauche. C'est à cette tâche que la LCR entend contribuer. "

Ces deux paragraphes auraient dû être inversés. Rétablissons donc la réflexion dans cet ordre.

1/ La " mue libérale du socialisme français ".

Cela fait plus de quarante ans que cette question là (les socialistes préfèrent parler de " modernisation ") occupe les congrès de la SFIO, du NPS (Nouveau parti socialiste), du PS enfin. Il y a une spécificité du socialisme français que tout le monde a en tête. Dans leurs textes fondamentaux les socialistes ont mis très longtemps à abandonner l’eschatologie révolutionnaire. Paradoxal pour un parti qui dès 1914 (comme la quasi-totalité de l’Internationale socialiste) choisissait contre ses principes maintes fois réaffirmés, de rejoindre le camp de la guerre. Pourtant en 1971, le "bourgeois" Mitterrand prend (encore) le parti au nom de ce qui n'est depuis longtemps déjà qu’un pieux mensonge : la nécessaire " rupture avec le capitalisme ". Son programme de nationalisation est même en partie réalisé juste après la victoire de 1981. Nul besoin de revenir sur ce qui va se passer ensuite. Non seulement il n’y aura pas " rupture " mais on fait mieux que s’adapter à " la gestion du capitalisme " ; on la magnifie. Ainsi Ségolène Royal pouvait écrire en 1996, trois ans après la déculotté du PS aux législatives de 1993 : " On avait commencé avec l’affirmation des droits de l’homme, l’abolition de la peine de mort, les lois Auroux et la cinquième semaine de congés payés. On terminait sur le mythe du franc fort, de l’inflation jugulée, de l’entreprise triomphante, de la France qui gagne – fût-ce de façon peu recommandable. La gauche était vivante, mais une certaine manière de la représenter était morte sous nos yeux (…) "(La Vérité d'une femme, Stock)

La " mue " s’est faite pendant ces années là. Le socialistes lui ont trouvé un nom : la culture de gouvernement. Dire que le PS n’aurait pas fait son " Bad Godesberg " à l’instar des sociaux-démocrates allemands est pure rhétorique de la part de tous les idéologues médiatiques qui pensent que les socialistes n’ont pas encore été assez loin dans la révision. A leur décharge, il est vrai, que les socialistes, tout en abandonnant toutes velléités de " changer la vie ", et en faisant aussi bien que la droite dans certains domaines (les privatisations par exemple), ont continué d’offrir malgré tout quelques compensations, des ersatz d’Etat-providence, à leur électorat comme le RMI ou les 35 heures. Mais la voie de ce " socialisme keynésien " édulcoré butte de plus en plus sur la double contrainte de la construction européenne (le pacte de stabilité) et de la mondialisation. Ainsi les vents portants (et dominants) conduisent de plus en plus les socialistes à calquer leur politique sur celle de leurs confrères anglo-saxon ou allemands.

Pour autant cette " modernisation " vers un social-libéralisme affiché n’est pas sans poser de graves problèmes dans le parti et dans son électorat. La spécificité française par rapport à l’Allemagne et au Royaume uni, c’est d’une part que le corps social (une majorité des salariés de ce pays) n’est pas prêt à cette mutation et qu’il a donné des signes de résistances à plusieurs reprises, et d’autre part qu’il existe une gauche radicale dont l’influence politique dépasse largement son potentiel électoral et militant. On l’a vu en 2002 quand l’extrême-gauche a obtenu près de 10 % d’exprimés et en 2005 lors de la victoire du " non " au TCE. A cette présidentielle, on pourrait penser que cette tendance s’est tari. Or non seulement Besancenot a obtenu un très bon score malgré la pression du vote utile mais on sait également qu’une bonne partie des voix de gauche se sont reportées sur Ségolène Royal moins par adhésion à son programme que dans un soucis premier de faire barrage à Sarkozy.

Le succès relatif de la candidature de Ségolène Royal à gauche (voir la composition sociale et générationnelle du vote Royal) et le fait que le vote utile ait aussi bien marché (il n’aurait pas eu le même succès avec une candidature DSK), sont enfin la preuve que le tournant du " recentrage " n’a pas encore été pris, malgré l’ouverture au centre au second tour. Certes des " forces " (mais encore minoritaires) poussent dans cette direction ; on les a vu à l’œuvre quand elles ont instrumentalisé le vote Bayrou ; elles sont aussi regroupées autour de DSK. Mais la voie " médiane " empruntée par la candidate socialiste qui n'est pas exactement celle de la " blairisation " que certains avaient souhaité qu'elle prenne, montre que rien est encore joué. Et ce pour les deux raisons invoquées ci-dessus : une partie de la gauche " réformiste " ne s’y résout pas ; la présence d'une gauche radicale toujours en embuscade.

2/ " Une gauche 100 % à gauche est à reconstruire "

Pourquoi à " reconstruire " ? Tout est à faire. D’abord la mutation inéluctable en cours de la gauche socialiste et l’effondrement sinon militant du moins électoral de la gauche communiste offrent aux anticapitalistes un espace, une opportunité, comme ils en ont rarement eu au cours de ces quarante dernières années. Le contexte politique est d’autant plus porteur qu’il s’inscrit dans une contestation renouvelée du mode de production capitaliste avec les menaces de déréglementation climatique et ses conséquences pour la population mondiale. Il y a là un nouveau terreau extrêmement fertile pour une contestation de l’actuel mode de développement. Le " programme " anticapitaliste doit s’enrichir de cette nouvelle donne qui n’était jusqu’alors que marginalement pris en compte par les courants organisés de l’extrême-gauche. Mais cela suffira-t-il à rassembler, fédérer des courants dont on a vu les difficultés à travailler ensemble dans une même direction ? Dans leur tribune Daniel Bensaïd et Samuel Joshua esquisse une sorte de programme : " Au "travailler plus pour gagner plus", il faut opposer un travailler moins pour travailler tous et vivre plus. Aux manœuvres visant à faire adopter un traité constitutionnel européen allégé, il faut opposer le mandat du 29 mai 2005 en faisant de l'harmonisation sociale et fiscale un préalable à tout nouveau traité. Au renforcement de la logique bonapartiste présidentielle, il faut opposer la convocation d'une nouvelle Constituante démocratique. A la "refondation sociale" du Medef, il faut opposer la défense des services publics et de la protection sociale. " Etc.

On pourrait discuter point par point de ce programme, mais est-ce c’est TOUT ce que l’on attend aujourd’hui de la gauche radicale ? Cette surenchère ? Ce plan d'urgence sociale? Ce programme "minimum" ? La victoire du " non " a montré toutes les limites de cette tactique dont on perçoit pas l’objectif à terme (La révolution ? Le socialisme ?) et surtout les moyens pour y parvenir. En clair, la " promesse du socialisme " qui était inscrite dans le programme de la vieille social-démocratie et dans le communisme triomphant des années vingt aux années cinquante, les fameux " lendemains qui chantent ", est aujourd’hui moribonde. Nous connaissons les raisons de la " fin de cette illusion ". Mais la gauche anticapitaliste en a-t-elle tirer toutes les conséquences ? Evidemment non. Le fait qu’une partie de cette gauche là continue à revendiquer son héritage " trotskiste ", et d’être ainsi qualifiée dans les médias, n’est pas forcément un bien, même si c’est parfaitement honorable. Pour au moins deux raisons : la question du " processus révolutionnaire " tel qu’il avait été pensé dans les années dix et vingt du siècle dernier est-il encore valide ? La mise eu œuvre d’un programme de rupture avec le capitalisme (l’expropriation des moyens de production) est-elle encore aujourd’hui la meilleure voie possible pour aller vers un autre mode de production moins destructeur pour la planète et les populations ?

Les réponses à ces deux questions, déterminantes pour la construction d’un parti de gauche, réellement de gauche, c’est-à-dire révolutionnaire, sont partielles, non abouties, incertaines, peu crédibles. Bref TOUT ou presque est à réinventer, pour ne pas recommencer les erreurs du passé, pour éviter les pièges dans lesquels une partie du mouvement ouvrier révolutionnaire s’est fourvoyé jusqu’ici.

La LCR ne peut prétendre seule remplir cette tâche immense. Cependant ses responsabilités eu égard à un tel chantier sont grandes car elle seule, dans l'immédiat, est en mesure de commencer ce long travail de refondation. Elle devra prendre des initiatives dans ce sens et proposer des étapes, dont l’une d’elle pourrait être celle de la construction nouveau parti dépassant les clivages actuels de l’extrême-gauche, ouvert à toutes les tendances de la gauche anti-libérale, sans ostracisme.

Commentaires

Cher A Jamais

Tant que vous passerez indiféremment d'une ligne à l'autre de: anti-libérale à anti-capitaliste, comme parfaits équivalents, que les mots ne feront pas sens et que les litotes règneront, vous n'irez pas bien loin.

J'aime bien Bensaïd mais s'il est quelque chose de pathétique c'est son texte mal fichu et incantatoire. Votre texte de "réponse" est exactement a sa hauteur. Dommage.

Écrit par : Romuald | 29/05/2007

je me mèle de ce qui ne me regarde pas mais quand je vois dans une même circonscriptions ... un gars de la LCR face à un autre Gauche antilibérale... je pense que le chemin est encore long... je n'ose même pas vous reparler de la pantalonade sur candidat unique des présidentielles.
J'ai bien trouvé ton article très interessant.

Écrit par : marc | 29/05/2007

@marc

Sur des candidatures communes. Dans ma région, nous avons réussi de telles candidatures dans les Deux-Sèvres et la Vienne. Echec en revanche en Charente-Maritime où les ex-bové ont finalement décliné notre offre et ne se représentent pas. Enfin nationalement la LCR a proposé des candidatures communes au PCF, à LO et aux ex-bové, sans succès.

Écrit par : Ajamais | 29/05/2007

@Romuald
"Tant que vous passerez indiféremment d'une ligne à l'autre de : anti-libérale à anti-capitaliste, comme parfaits équivalents, que les mots ne feront pas sens et que les litotes règneront, vous n'irez pas bien loin."

Je n'ai employé anti-libéral qu'UNE seule fois à la fin du billet. Effectivement je n'aime pas trop ce terme. Il n'empêche qu'il a une signification "journalistique".

Écrit par : Ajamais | 29/05/2007

Bonjour, ce texte me plaît plutôt et s'il existait une gaucfe telle qu'elle est décrite ici, cela pourrait me plaire de m 'y intéresser de plus prêt. Je suis complètement d'accord en particulier avec le fait qu'il y a une nouvelle donne anticapitaliste car désormais c'est l'espèce qui est menacée par cet ordre du monde.

Et je fais mienne cette question : "La mise eu œuvre d’un programme de rupture avec le capitalisme (l’expropriation des moyens de production) est-elle encore aujourd’hui la meilleure voie possible pour aller vers un autre mode de production moins destructeur pour la planète et les populations ?"

Mais celle que reste également pendante est la question des formes d'organisation pertinente. De ce point de vue, aucun parti ne me semble au point.

Écrit par : Juliette dze | 29/05/2007

Mes excuses pour les fautes, j'aurais du relire avant de valider.

Écrit par : Juliette dze | 29/05/2007

Jeune sympathisant du parti communiste, je suis tombé par hasard sur une analyse historique
qui explique pourquoi le score du PCF decline d'élections en élections. Pouvez vous me dire si cette analyse vous parait pertinente.
Merci d'avance.
http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=588&Itemid=60

Écrit par : marc | 31/05/2007

@marc

C'est rapidement dit, mais c'est hélas juste. Je dirai même que le PCF souffre d'avoir été à la fois la caution gauche du PS de 1981 à 2002 et d'avoir tellement tardé à dénoncer le stalinisme et ses avatars qu'il en était devenu quasiment le dernier soutien en Europe (le "bilan globalement positif" de l'URSS de Marchais). Ce grand écart qu’il a prolongé jusqu’à ces dernières années, avec un replis très net (comme toute la gauche) sur les salariés du secteur public, fait qu’il a très mal négocié le tournant des années 80. Tant il est vrai que la classe ouvrière du privé n’a aujourd’hui plus aucun parti de référence et est ainsi en déshérence idéologique. Qu’est-ce que le socialisme aujourd’hui pour cette « classe ». Rien. A ce titre reconstruire un authentique parti ouvrier anti-capitaliste est une tâche prioritaire sachant que nous repartons de pratiquement zéro.

Écrit par : Ajamais | 31/05/2007

@Marc et Ajamais

L'analyse proposée par le site historia-nostra me semble particulièrement insuffisante et finalement ne dépasse pas les limites journalistiques telles qu'on les trouve dans Libération.

Si on ne que peut déplorer la fidélité quasi-sans faille au stalinisme -au moins jusqu'en 1968-, je ne crois pas que ce soit la principale cause du déclin du PCF, même si cela a indéniablement contribué à dévaloriser le PCF dans la classe intellectuelle, à entraîner de nombreuses démissions ... et à permettre à des groupes "gauchistes" (dont un qu'Ajamais connaît bien) à naître et à prospérer, comme un ver dans le fruit, dans le sillage et le prolongement de mai 1968 qui n'a pas contribué à améliorer l'image du PCF (et de la CGT) dans la jeunesse ouvrière et estudiantine.

L'inféodation au PS a été aussi très néfaste, surtout qu'une bonne partie de la base ouvrière du PCF n'a jamais vraiment eu d'"espérances millénaristes" (révolutionnaires) pour reprendre l'expression de deux politologues Guy Michelat et Michel Simon auteur ed'un très bon ouvrage : "Les Ouvriers et la politique. Permanence, ruptures, réalignements".
Ce sont finalement les métamorphoses du salariat depuis trois décennies qui me semblent le mieux à même d'expliquer les déconvenues du PCF. Outre les auteurs cités on peut aussi s'appuyer sur les travaux de Stéphane Beaud et Michel Pialloux auteurs d'un livre capital - lucide, mais finalement assez désespérant- "Retour sur la condition ouvrière : enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbeliard". Ils y montrent comment les ouvriers -car s'il existe encore des ouvriers, existe-t-il encore une classe ouvrière ?- sont frappés par une crise d'identité sans précédent, ce que Michelat et Simon appellent "l'implosion identitaire du groupe ouvrier". Implosion accentuée par les effets de la crise, de la baisse des salaires, de l'atomisation du collectif de travail (recours massif à la sous-traitance, à l'intérim, à l'externalisation) de l'arrivée massive dans les usines de techniciens formés dans les lycées techniques.

Cette implosion identitaire traduit le déclin de "la culture ouvrière classiste" des années 1950-1970, époque où l'on était fier d'être ouvrier alors qu'aujourd’hui les enfants de ces mêmes ouvriers n'osent plus l'écrire sur les fiches de présentation à l'école.

C'est sur cette revendication d'appartenance identitaire de classe que prospérait le PCF qui a vu corollairement à cette crise d’identité les ouvriers se détourner inexorablement les ouvriers de son électorat, mais aussi de sa direction (Robert Hue était infirmier, MG Buffet prof d'hist-géo alors que Georges Marchais était ancien ouvrier -au parcours contesté il est vrai). Ce n'est pas pour rien que Sarkozy a multiplié les visites sur les lieux de travail et exalté ceux qui se lèvent tôt.

Une partie des ouvriers s'est dirigée vers le PS, une autre vers l'abstention, mais aussi vers le votre frontiste, et finalement vers le vote sarkozyste. Le Pen et Sarkozy exploitent, en dressant les classes populaires les uns contre les autres, ce que Michelat et Simon appellent "un syndrome autoritaire et xénophobe" :
Le Pen principalement contre les ouvriers étrangers, Sarkozy contre les étrangers et les "assistés qui ne se lèvent pas tôt" et qui auraient des revenus équivalents en ne travaillant pas.
(cf Annie Collovald et Olivier Schwartz).

A ce stade, je rejoindrai donc Ajamais en disant qu'on est obligé de partir de zéro mais quant à l'appellation d'"authentique parti ouvrier capitaliste", il reste à ne pas se crisper sur le mot ouvrier. Car cela peut conduire à une impasse, je préférerai, même si c'est vague, la notion de travailleur qui permet d'englober la multiplicité des statuts (qui se caractérise aussi par de nombreux sans-statuts) ainsi que les différents lieux et secteurs de travail, car ces dernières années avec les nombreuses luttes de tous les « sans », la prise de conscience altermondialiste ont montré qu’il y avait encore des raisons d’espérer… et de militer.

Écrit par : mbj | 31/05/2007

@mbj
Je suis entièrement d'accord avec cette analyse. La vieille culture de classe a implosé et il n'y a rien eu pour la remplacer. Elle a très certainement implosé à cause du discrédit dont ont été frappés le PS et le PC au fil du temps. Plus d'objectif (le socialisme), donc plus de culture de classe qui était, il est vrai, favorisée par la forme d'organisation du travail : concentration, ouvriers qualifiés, etc. Mais ce n'est pas qu'une question de sociologie, c'est aussi une question politique. Entre la seconde moitié du 19ème et la première moitié du 20ème, le travail a changé, mais pas l'objectif, et c'est l'objectif qui a été structurant. Ne pas oublier également l'environnement. On est passé, du moins en France, d'une société de pénurie à une société d'abondance relative, et la "classe ouvrière" a fini par accéder à des mondes qui lui étaient refusés auparavant. D'une certaine façon il y a eu dilution de cette classe dans une masse de salariés, avec plus aucun signes distinctifs.

Écrit par : Ajamais | 31/05/2007

"Vous ne me direz pas que j'estime trop le temps présent ; et si pourtant je n'en désespère pas, ce n'est qu'en raison de sa propre situation désespérée, qui me remplit d'espoir."

Le jeune Marx à Ruge, en mai 1843.

"Pour parler clairement et sans paraboles, - nous sommes les pièces d'un jeu que joue le ciel. - On s'amuse avec nous sur l'échiquier de l'Etre, - et puis nous retournons un par un dans la boîte diu Néant."
Omar Khayyam.


Je ne suis ni viril, ni correct.

Écrit par : yvan chteglov | 02/06/2007

Bon ce n'est pas tout ça Ajamaisµ... mais je t'ai fait de la pub alors t'as intérèt à pondre régulièrement des articles non mais... même si je sais que ton temps t'es précieux... Courage camarade

Écrit par : marc | 03/06/2007

Et pourquoi ne pas reconnaître que le capitalisme et le liberalisme ont permis de d'ameliorer le sort des "classes laborieuses" mieux que n'importe quel autre système?
Ce serait honnête non?

Écrit par : Alain | 03/06/2007

a chef de file de la gauche a fait le tour hier de cinq circonscriptions d'Ile-de-France pour y soutenir les candidats socialistes aux législatives. Chaude ambiance dans les quartiers qui l'avaient plébiscitée lors de la présidentielle.

* 9 h 30, TREMBLAY (SEINE-SAINT-DENIS). Placardée à l'arrière d'une voiture, l'affiche de Christophe Borgel est rouge. On lit en gros : « le candidat de Ségolène Royal ».

Ce qui fait sourire de la part de ce fidèle lieutenant de... Dominique Strauss-Kahn. Dans la 11e circonscription du 9-3, le député PCF François Asensi tremble devant l'offensive de son concurrent PS. Cours de la République, Royal s'engouffre dans une boucherie halal. Une petite foule tente de la suivre, retenue avec peine par le service d'ordre. « N'entrez pas tous, sinon ça va finir en bataille de saucisses », plaisante Royal. Aux fenêtres des HLM qui bordent la rue, des habitants ont tendu des banderoles « Tremblay avec Borgel-Royal ». Debout sur des palettes, la vedette du jour appelle à la mobilisation pour les 10 et 17 juin.

* 10 h 35, EPINAY-SUR-SEINE (SEINE-SAINT-DENIS). « Bonjour Mama Ségolène », crie une plantureuse Africaine. Au centre commercial du quartier Orgemont (qui a voté le 6 mai à 68 % pour la candidate), il y a foule. Bruno Le Roux, le député sortant PS, présente à sa camarade des « acteurs de terrain » comme Raphaël, qui « aide aux devoirs ». « C'est important, félicite Royal : c'est mieux que de mettre les enfants en prison à 16 ans. » Avant de repartir, l'Africaine lui souhaite bon vent : « Dieu va la garder jusqu'à loin. »

* 12 h 5, PARIS XXe. Au coin du boulevard de Charonne et de la rue de Bagnolet, George Pau-Langevin répond à des interviews. La candidate PS d'origine guadeloupéenne parle « diversité », « France métissée » et « modernisation de la vie politique ». Dans son collimateur, Michel Charzat, qui se présente en dissident et vient d'être exclu du PS. Pour avoir détourné le site de campagne Internet de sa rivale, le maire du XXe vient en plus d'être condamné en référé à 1 500 € de dommages-intérêts. Une bousculade a lieu entre ses supporters et les fidèles de George Pau-Langevin. Sous le regard de l'UMP Raoul Delamare, qui grince en voyant arriver Royal : « Elle est là, la gourdasse ? » Juchée sur une chaise de café, l'intéressée prévient les électeurs : « Il n'y a qu'une candidate socialiste, il ne faut pas se tromper ! J'ai besoin que George soit élue. » Puis Royal s'enquiert des difficultés d'une mère d'enfant handicapé. A cette occasion, elle demande à Nicolas Sarkozy de « tenir ses engagements de campagne afin qu'à la prochaine rentrée scolaire tous les enfants handicapés soient accueillis à l'école ». Elle est ensuite repartie sur le marché, en compagnie de Patrick Bloche, candidat dans la 7e circonscription toute proche.

* 13 h 45, TRAPPES (YVELINES). « Elle est venue manger à Trappes, ça, c'est fort ! » s'exclame une jeune Maghrébine. Royal sourit en avalant une cuillère de semoule dans la salle Jean-Baptiste-Clément du quartier des Merisiers. Quelques instants plus tôt, on a frisé l'émeute sur le marché quand elle a débarqué, accompagnée de Safia Okotoré, la candidate du PS dans cette 11e circonscription des Yvelines actuellement détenue par la droite. Des femmes lui jettent leurs bébés dans les bras. « Je veux t'épouser ! » lui lance un jeune. Ici, on a voté à plus de 70 % pour Royal, qui monte sur une chaise : « Vous avez voté pour moi, votez pour Safia ! » lance-t-elle. En aparté, celle qui est devenue la vraie patronne de la gauche laisse filtrer deux informations importantes. Sur la manière de s'opposer : « La droite parle de façon différente. Il nous faut être beaucoup plus dans les contre-propositions. La théorie de l'opposition frontale (NDLR : prônée par Fabius), je n'y crois pas du tout. » Et sur l'analyse critique de sa campagne, elle promet d'organiser durant l'été un « séminaire de travail » pour examiner « les points forts et les points faibles ».

* 16 h 20, SAINTE-GENEVIÈVE-DES-BOIS (ESSONNE). La fête annuelle dans le parc Saint-Pierre bat son plein. L'ambiance est à la kermesse plus qu'à la politique. Julien Dray, le député PS sortant, proche de Royal durant la campagne, a l'air morose. Un gamin de 10 ans au look de Poulbot hèle la visiteuse : « Hou ! Hou ! Ségolène, j'ai voté pour vous ! » Fin de la visite à 17 h 12.

Écrit par : Olkainfri | 03/06/2007

à à jamais
il en reste encore quelques uns de ces communistes dont vous souhaitez la disparition définitive et j'en suis; Aidant un camarade candidat à tenir son blog ,j'ai eu un commentaire d'un certain Robert, "jeune communiste sympathisant" renvoyant à l'article d'historia nostra etc...ll se trouve que cette revue est d'extrême droite et que l'auteur fait partie d'un groupuscule Europea Gentes qui défend les racines chrétiennes de l'Europe....A jamais, dont je lis les interventions sur le site de Birenbaum, vous,grand laudateur de Besancenot,vous vous retrouvez en accord avec des analyses d'extrême droite...Il faut dire que l'anticommunisme n' a pas de frontières. Je profite aussi pour vous dire(à propos de ce que vous écrivez aujourd'hui 4 Juin sur le blog NRV, que vous êtes gonflé d'accuser le Pc de l'échec de la candidature antilibérale, pourriez vous me rappeler quel a été le rôle positif de Besancenot dans l'essai de la construction de cette candidature.???Il a joué les purs et durs, en faisant des procès d'intention de collaboration auxles communistes.Jamais il n' a désiré une unité quelconque; Ce qu'il désirait c'était apparaître comme le parti d'extrême gauche le plus important. Voilà pourquoi il a refusé dès de départ de participer à l'essai de construction d'une candidature et l' a saboté;J'ai participé à un comité antilibéral et je sais de quoi je parle.Quant aux déclarations de votre "petit facteur" hier ,tendant à vouloir à ramener à lui les antilibéraux, en en excluant le PC, elles sont tout aussi gonflées et malhonnêtes.Penserez vous un jour ,vous, les trotskistes à une autre finalité que celle de tondre la laine sur le dos des staliniens? Je me sens tout aussi antilibérale et révolutionnaire que vous, je ne me suis jamais sentie d'atomes crochus avec le PS, mais à quoi sert de rester dans sa forteresse à clamer sa pureté, alors qu'il y a tant de gens qui sont en difficulté. Sur quoi comptez vous, un troisième tour social peut-être...cela ne me déplairait pas, mais il faut être réaliste..

Écrit par : lisa | 04/06/2007

@Lisa

Vous êtes de mauvaise foi. Je ne souhaite pas la disparition du PCF. Ce n'est quand même pas de notre faute si MGB a fait ce score là. Si le PCF ne s'était pas accroché aux basques du PS depuis plus de vingt ans peut-être n'en serait-il pas là, même si le déclin de votre courant n'est pas dû qu'à ça. Il n'empêche vous avez d'une certaine manière, et vous continuez, à payer le glissement "social-libéral" et cette gestion "honnête" du capitalisme, des gouvernements auxquels vous avez participé. Apparemment, en écoutant MGB ce matin sur Europe 1, vous persistez dans l'erreur. C'est précisément pourquoi il était impossible de faire candidature commune avec vous. Pour nous, anticapitalisme et indépendance vis à vis du PS marche ensemble. Vous me reprochez enfin d’utiliser une brochure d’extrême-droite. Je vous ferai remarqué que c’est votre ami qui me cite ces gens là, qui disait des choses d’ailleurs parfaitement censées.

Écrit par : Ajamais | 05/06/2007

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu