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18/05/2007

Les dames patronnesses

Les patrons du CAC40 ont eu leur président, les « exclus » auront donc leurs ministres. Hirsch et Boutin pour l’intérieur ; Kouchner pour l’extérieur. Le bouclier et les allègements fiscaux plus les commandes de l’Etat pour les premiers, la compassion très chrétienne plus les tentes pour les autres. « L’idée de mettre Martin Hirsch me semble très emblématique (…) C’est l’héritier de l’abbé Pierre, il apporte cette tonalité compassionnelle sur laquelle le nouveau président semble vouloir jouer. (…) Il s’agit de toucher la corde sensible du public qui peut s’émouvoir de ce nouveau pouvoir de la même manière ou presque que quand il regarde la Star Ac’ ou une émission de télé réalité. Sarkozy avait une image dure, clivante, de chef de guerre et là, il change de style…, il ferait presque pleurer dans les chaumières. » Dominique Reynié (professeur à Sciences Po) a vu Hirsch, il a oublié Kouchner qui va jouer au gouvernement un rôle identique à celui du successeur de l’Abbé Pierre pour la France, comme une sorte de Saint-Bernard planétaire. Car n’en doutons pas, Sarkozy sera le véritable chef de la diplomatie française.  

Décidément Nicolas Sarkozy pense à tout. Non seulement il réalise cette ouverture en trompe l’œil que Bayrou (puis Royal) avait rêvé, mais il reprend à la gauche, l’accentuant même jusqu’à la caricature, cette posture de super-assistante sociale que la candidate socialiste avait cru bon afficher. Un comble pour quelqu’un qui n’a eu de cesse pendant toute sa campagne de fustiger cette France qui préfère vivre de l’aide sociale plutôt que de travailler. Il fallait bien ça pour donner le change quelque temps et masquer le caractère de classe hypertrophié d’un tel pouvoir.

Humiliée, trahie par les siens, la gauche ne trouve même pas la réplique. Comment le pourrait-elle ? N’a-t-elle pas appelé elle aussi à la réconciliation des Français avec l’entreprise ? Deux avocats d’affaires, l’un à la présidence, l’autre à l’économie, président désormais aux destinés du pays. DSK devrait être ravi, ses vœux sont exaucés. L’Entreprise France est en de bonnes mains. Les dames patronnesses veilleront à ce que la pilule ne soit pas trop dur à avaler.

Commentaires

Kouchner, quel homme! Je savais qu'il finirait ministre dans un gouvernement de gauche.

Écrit par : estelle | 18/05/2007

Je ne vois pas en quoi DSK devrait être ravi de l'accession au pouvoir d'une droite aussi dure que perfide.

Lui qui a fait plus de meeting que la candidate elle-même pendant cette campagne (36 contre 28), il s'est toujours prononcé pour une politique industrielle forte, jouant sur l'offre ET sur la demande. Lui qui aurait pu porter un projet crédible et efficace, et que la candidate n'a daigné "sortir" que lorsque les sondages étaient mauvais ou que le centre devenait trop dangereux.

Il ne sert à rien de tirer sur les "éléphants" dont Ségolène a voulu se démarquer à tout prix, prenant le risque d'apparaître isolée dans son propre camp.

Et qu'on ne me parle pas de ce comité politique annoncé le 11 Février, regroupant tous les éléphants, et qu'elle n'a jamais voulu réunir.

Il n'est pas temps d'instruire des procès entre nous, il s'agit désormais de s'engager pleinement dans la bataille des législatives.

Écrit par : Kris(31) | 19/05/2007

C'était ironique. DSK est le plus visé parce qu'il insiste très lourdement sur cette question alors que ses prédécesseurs n'avaient pas eu, me semble-t-il, de politique hostile au monde de l'entreprise. Déjà dans les années 80 le ton avait été donné. C'est doublement ironique puisque prenant en main les destinées de l'entreprise France, Sarkozy laisse aux transfuges de la gauche le soin de soigner les petits bobos. Sarkozy manie d'ailleurs à ce propos l'ironie. Devant Gallois, il s'est dit "président de gauche" face à un "patron de droite." Bref Sarkozy se moque de la gauche. Dur !

Quant à Royal, je ne l'ai pas oubliée. Relisez le texte.

Écrit par : Ajamais | 19/05/2007

Un PS médusé en effet, condamné à de vagues bredouillements voire au silence pour ne pas laisser parler sa cacophonie. Pourra-t-il encore présenter des candidat(e)s aux législatives capables de tenir un langage commun ? Aura-t-il les moyens d'appeler au rassemblement ? Le pire (Bérézina) est à craindre.

Écrit par : Denys | 19/05/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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