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16/05/2007

Une gauche sans leader et sans projet

Sarkozy a de beaux jours devant lui. Il n’a désormais face à lui aucune opposition crédible. Bayrou est dans l’immédiat hors jeu et le PS n’a plus ni leader, ni projet. Royal a beau s’être mis en réserve de la République, ce ne sont pas les quelques milliers d’inconditionnels – ses « gardes blancs » (Mélanchon) – qui vont désormais la suivre qui suffiront à transformer un parti déboussolé, et dont une bonne partie lui est hostile, en instrument de la reconquête. La dernière félonie, celle de Baylet prenant langue avec Borloo en vue de réunifier le parti radical, n’est pas qu’une péripétie. Quand un tel allié, dont la survivance politique n’est due qu’à la mansuétude du PS depuis une vingtaine d’années, se permet un tel acte, c’est le signe que plus personne à gauche ne se fait d’illusion.

La question de la refondation est plus complexe qu’elle en a l’air. Au PS, l’enjeu n’est pas programmatique (lisez l’intervention de Mélanchon à ce sujet au conseil national), ou tout du moins il est secondaire. C’est d’abord la question du leadership. La candidature de Royal c’était l’arbre qui cachait (mal) la forêt. Or Royal qui n’a jamais voulu se coltiner le parti, ne va très certainement pas s’y mettre maintenant. Elle n’est en outre entourée que de second couteaux (Dray, Montebourg, etc…) qui n’ont pas l’envergure nécessaire pour affronter Fabius ou DSK. Comme apparemment Hollande continue à ne pas vouloir aider sa compagne dans cette tâche de mise au pas des oppositions, on me demande bien où tout cela va les mener. Pour autant la proposition de Hollande d’un grand parti réunissant le PS, des radicaux, des Verts, des communistes pourrait être la solution, mais le premier secrétaire est aujourd’hui totalement discrédité comme chef et d’autant plus comme rassembleur potentiel. Et ni Fabius, ni DSK, tout aussi discrédités, ne pourront prendre cette place.  

De ce fait, ça laisse de la marge aux Verts, aux radicaux, au PCF pour continuer encore à se faire des illusions quant à leurs capacités à peser dans le jeu politique. La décision des Verts de refuser l’accord que le PS leur proposait ; l’initiative de Baylet de discuter avec Borloo, etc… tout cela montre que plus personne ne tient aujourd’hui le PS comme le navire amiral de l’opposition.

A la gauche de la gauche c’est tout aussi pitoyable. La LCR a bien fait des propositions il y a une quinzaine de jours au PCF, aux bovétistes, à LO pour des candidatures communes aux législatives. Refus. Il y a pourtant une opportunité politique historique pour la gauche radicale. Le ralliement de plusieurs personnalités de gauche à Sarkozy tout comme l’ouverture initiée entre les deux tours par Royal en direction du centre, démontrent que les frontières entre la gauche et la droite parlementaires ne sont pas si franches. Ce qui n’est pas le cas dans le pays. De nombreuses enquêtes l'ont montré. Loin d'être une adhésion au programme des socialistes, une partie importante des quelques 17 millions de voix qui se sont reportées sur Royal au second tour (dans les banlieues populaires en particulier), indique qu'il existe bien en France une très forte opposition à l’offensive anti-sociale en cours au sommet de l’Etat.  

Au train où vont les choses, nul doute désormais que la gauche doit s’attendre à ce que le vote du 6 mai soit confirmé. C’est l’ampleur de la défaite annoncée qui déterminera les rythmes et les objectifs de cette refondation.

Commentaires

L'analyse ici me semble bonne. À l'exception d'un point : peut-on dire que ni Laurent Fabius ni DSK ne peuvent endosser le role de leader ? Il me semble que, au moins pour le premier, c'est la force qu'il leur manque pour s'imposer. Laurent Fabius n'est pas fait pour les second rôle. Comme Mitterrand, sa force tient dans l'arrogance qui est légitime chez un chef.

Écrit par : Loïs GERIN | 17/05/2007

non ton analyse est sans fondement...
Car on aurait attendu au pire après la présidentielle, on aurait penser à des règlements de compte etc...
Le PS se prépare avant tout les élections législatifs, l'objectif est de garder leurs siège environ 150 députés et essayer d'aller à 200 députés....
Car ils savent bien que les français vont donner une majorité à leur président...
Le PS est le seul parti de gauche de gouvernement reconnu par les français et il sera l'un des principales forces d'opposition...
Ensuite c'est le travail de refondation du parti, avec des nouvelles lignes directives qui malheureusement aura du commencer dès 2002...

Écrit par : monmac | 17/05/2007

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