Avertir le modérateur

03/05/2007

Une défaite et ses coresponsables

Dimanche, sauf surprise de dernière minute, Nicolas Sarkozy sera élu président. Les responsables de cette défaite prévisible de la gauche sont nombreux. Par ordre d’importance :

1/ Le PS et en premier lieu François Hollande. Dans l’opposition depuis 2002, le PS a attendu le dernier moment pour élaborer son projet et choisir un candidat. Les rivalités de personnes (Hollande, Fabius, DSK, Jospin, Lang) et de projets ont conduit à la mascarade de la synthèse et à la pitrerie du congrès du Mans. Pour rien, puisque finalement c’est Royal qui s’est imposée, qui plus est sur un programme sensiblement différent de celui de son propre parti.

2/ Les ténors du PS qui pendant plusieurs mois n’ont cessé de déconsidérer celle qui allait devenir leur candidate ; déconsidération relayée par les médias et parfaitement assimilée par la droite qui en a fait pendant pratiquement toute la campagne son cheval de bataille. Les arguments : " Elle n’a pas la stature d’une femme d’Etat ", " Elle n’a pas de programme ", prennent leur source au PS même.

3/ Le programme de Royal. Ce n’est pas un projet alternatif de société, seulement un ensemble plus ou moins cohérent de contre-mesures timides au projet libéral de la droite. Son seul objectif, compenser les injustices les plus criantes de l’économie libérale, sans l’ambition de s’attaquer aux racines du mal, laissant ainsi à la droite toute latitude pour déployer son programme et constituer autour une majorité d’opinion forte et déterminée.

4/ Les lobbies de la " droite de la gauche " (Spartacus, les Gracques), relayés par Rocard, Kouchner, Cohen-Bendit, qui ont instrumentalisé et crédibilisé l’opération " ni gauche, ni droite " du centriste Bayrou, entraînant des électeurs de gauche dans une impasse, affaiblissant ainsi la candidature Royal qui de ce fait n’a pu être en tête au 1er tour ou se rapprocher du score de son adversaire, ce qui aurait changé la configuration de ce second tour.

5/ L’opération Hulot, pilotée par certains militants de gauche (ex-Verts, ex-extrême-gauche, ex-socialistes) qui a enlevé à la gauche un thème de campagne très important où Royal aurait pu exceller.

6/ La gauche de la gauche qui a cru naïvement rééditer son " coup " de mai 2005, chacun pour sa propre chapelle. Même la LCR qui avait pourtant posé des règles claires à ce rassemblement s’est laissé enfermer dans cette idée illusoire qu’un rassemblement était possible sans débattre au fond du programme et des objectifs d’une candidature unique. C’est moins le vote utile que cette absence de projet alternatif au PS qui a abouti à l’effondrement de la gauche de la gauche, affaiblissant d’autant la gauche dans son ensemble par rapport à une droite sarkosiste qui avait, elle, parfaitement défini sa cible (l’électorat lepéniste) en y mettant tous les moyens.

Quant à Royal, elle a fait ce qu’elle a pu, malgré tout, et si, par aventure, elle parvenait à gagner, cette victoire elle ne le devrait qu’à elle seule.

Commentaires

marrant, la gauche a perdu parce que la gauche a été mauvaise.
vous savez, on ne fait pas que perdre une élection, on peut aussi la gagner. pourquoi ne pas dire aussi : sarkozy a fait une excellent campagne et
son programme de droite était cohérent et construit.
Patrick Buisson.

Écrit par : o o | 04/05/2007

On ne saurait nier ce constat accablant. Ajoutons que la victoire est (aurait -été ?) d'autant plus difficile que les médias et instituts de sondages, aussi bien privés que publics, ont mis en oeuvre une formidable entreprise de manipulation d'opinions au service du candidat de l'ultra-libéralisme, entreprise rôdée lors du référendum de 2005. Là aussi la critique a été bien molle, voire absente. C'est un comble que ce fût Bayrou qui l'ait faite.

Écrit par : Denis | 04/05/2007

La violence des attaques de Nicolas Sarkozy contre les chômeurs, les pauvres, les fonctionnaires, les gens de gauche témoigne s’il en faut de la pathologie grave qui touche le candidat de la France d’en haut : la partialité et le goût du mensonge.

Non content de diffuser des contre-vérités à longueur de discours, non content de vivre dans le passé, non content de s’être enrichit grâce à l’argent du contribuable il s’ingénue à flatter les plus bas instincts de la vieille France, il s'ingénue à stigmatiser telle ou telle catégorie de français. En opérant cela, il espère rassembler le pays derrière lui !

La France mérite autre de chose que de la racaille politique, que des criminel en col bleu ou en col blanc. La France mérité un rassembleur conscient de cette histoire millénaire qui le contemple.

En conséquence, Nicolas Sarkozy, même en cas d’accession à la présidence sera le candidat d’un clan, celui des fraudeurs, celui des réactionnaires, celui des copains et de l’intérêt bien compris. Il sera le candidat qui souhaite conserver leur avantage acquis par l’héritage et non par l’effort.

Dans ce contexte, quoi qu’en disent les moutons de l’UMP, rien ne garantit une véritable pérennité du pacte sociale et rien ne garantit pas le bon fonctionnement de la République.

Mais au jour d’aujourd’hui, la messe n’est pas dite. En cas de victoire de la droite à cette élection, les forces progressistes et les électeurs éclairés pourront se mobiliser pour les élections législatives afin de mettre en place un véritable contre pouvoir à l’assemblée nationale.

A cette heure, rien n'est joué. Le sondage ne fait pas l'élection.

Dans le cas contraire, il appartient aux électeurs de gauche de se mobiliser pour les législatives de juin.

Écrit par : peckinpache | 04/05/2007

Je suis surtout d'accord avec la responsabilité de François Hollande : ce dernier n'aurait jamais dû conserver la direction du parti quand Lionel Jospin a démissionné. Car il n'avait pas la carrure d'un chef. Or, la gauche avait besoin d'un véritable chef. Jospin n'avait pas voulu rester, Fabius était l'héritier logique. Sa mauvaise image ? Comme tout grand homme politique, il aurait su la tuer, reprendre le dessus. Laurent Fabius est comme François Mitterrand : il est fait pour être chef, car cela donne de la force à une façon de parler calme et ironique face à des excités comme Sarkozy.

François Hollande porte la plus grande responsabilité dans cet échec. Avec un leader, la gauche aurait pu imposer des thèmes de campagne réellement de gauche, et non surfer sur les thèmes de Sarkozy, que ce dernier a imposé, a martelé pendant 5 ans.
François Hollande n'a aucun charisme. Il aurait dû l'admettre et laisser sa place. Au lieu de ça, il s'est senti pousser des aîles quand le PS a remporté les régionales. Pourtant, c'est là véritablement que Chirac a dû laisser du champ à Sarkozy. Et c'est là qu'un leader comme Fabius aurait dû émerger pour contrer les attaques de NS contre les valeurs de gauche. Au lieu de ça, Hollande n'a cherché qu'à s'imposer comme candidat, laissant tout le loisir à Sarkozy de s'exprimer sans opposition...

Écrit par : Loïs GERIN | 05/05/2007

Il y a 15 jours le blog Mitterrand 2007 a été "en panne"
Pourquoi ne pas y proposer dès ce matin, votre blog comme refuge
Nous nous sentirions chez nous

Écrit par : Maghnia | 06/05/2007

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu