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09/02/2007

Dimanche, se sera BHL ou moi

Contrairement à d’autres intellectuels médiatiques qui ont rallié Nicolas Sarkozy ( Glucksmann, Bruckner, Gallo, Finkielkraut - mais lui dit que c'est faux) , Bernard-Henri Lévy fait durer le suspens. Récemment on avait cru comprendre qu’il en pinçait pour François Bayrou, cette bonne conscience de tous ces " people " de gauche qui n’osent pas s’avouer qu’ils ont définitivement rejoint le camp d’en face. Il y a quelques jours, BHL dînait justement avec Ségolène Royal. L’homme de lettres nous en a fait part dans le bloc-notes qu’il tient chaque semaine dans le Point. Rien ne ressort d’essentiel de cette conversation mondaine, si ce n’est cette dernière remarque : " Je la quitte, toujours perplexe, mais avec le sentiment qu'on a peut-être été injuste - moi le premier - avec cette femme ; et qu'elle ne ressemble guère, en tout cas, à l'image qu'elle s'est donnée. "

Nous voilà donc guère rassurés, si j’ose dire. Q’un BHL se désespère de la candidate du PS, aurait été un bon point pour la gauche, l’indice qu’il y aurait enfin quelque chose de cassé entre cette gauche de salon dont BHL a été le porte-drapeau durant plusieurs décennies et la vraie, celle des salariés modestes, des smicards, des femmes seules, des petits retraités, des chômeurs en fin de droits, bref de cette population dont les conditions de vie difficiles ne semblent guère préoccuper le philosophe. Qu’en revanche il se prenne à louer ses compétences et sa capacité à gouverner, signifierait qu’elle lui aurait laissé entrevoir une inclinaison inverse.

Apparemment, Ségolène Royal s’est bien gardé de dévoiler ses batteries : " elle écoute avec un air d'humilité qui tranche avec sa réputation de maîtresse d'école autoritaire. " Très bien. Elle n’a même rien lâché quand l’amateur de concepts lui a reproché d’avoir remplacé " les droits de l’homme " par " les droits humains ". Bof ! Ce n’est pas exactement ce que l’on attend d’elle mais c’est déjà ça.

Ce matin, BHL revenait sur cette rencontre chez Jean-Pierre Elkabbach à Europe 1. En l’écoutant on a compris, sans surprise, qu’il ne s’y retrouvait pas dans cette gauche des " tabous " et du " non ", en clair dans cette gauche qui parle " vie chère ", licenciements, retraite et droit du travail. Ainsi, pour ne plus l’entendre cette gauche là, il lui plairait que Ségolène Royal devienne " le Tony Blair d’un socialisme à la française " au lieu de nous re-fabriquer – ce sont ses termes - " une machine archaïque ", " nostalgique " d’un certain " tiers-mondisme ". Et pour un peu, il serait prêt à y croire, à ce destin qu’il lui prête.

Dimanche, nous serons fixés. Dimanche, Ségolène Royal devra choisir, se sera BHL ou moi.

Commentaires

Au final, qui a t'elle choisi?
Ou a t'elle choisi de ne pas choisir?

Écrit par : christian lehmann | 11/02/2007

A-t-elle choisi d'être le Tony Blair d’un socialisme à la française " ?

Il ne me semble pas.

Blair est impossible en France sans un Thatcher français. Et Sarkozy ne vient pas à la cheville de la "dame de fer".

Écrit par : Ajamais | 11/02/2007

Ajamais, il semblerait que finalement, sous toutes réserves, BHL choisisse Royal aussi...

Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi! (je parle pas d'arnaud)

Écrit par : bilbo-le-hobbit | 13/02/2007

BHL a choisi, oui !
Après les Glucksmann et consorts, en voilà un qui regagne un peu (j'a dit un peu) de ma sympathie ! :-)))

Écrit par : filaplomb | 15/02/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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