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14/12/2006

L’exception ou la norme ?

La catégorie des ouvriers et des employés, c'est environ 14 millions d'électeurs en France. En 1978, 70 % des ouvriers votaient pour la gauche, en 1995, ils n'étaient plus que 53 % et 46 % en 2002. Cette déperdition du vote ouvrier serait donc une tendance lourde de la période. Il y a eu cependant des exceptions notables. En 1997, 60 % des ouvriers votèrent à gauche et 70 % en 2004. En 2005, enfin, ouvriers et employés se retrouvèrent massivement dans le "non" au TCE. En 2007, serons nous dans l’exception ou la norme ?

En 1995, c’est à la suite du deuxième septennat de Mitterrand et en se démarquant de l’autre candidat de la droite (Balladur) avec des accents plus sociaux (" la fracture sociale ") que Jacques Chirac réussit à s’imposer. En 2007, la configuration politique est totalement différente. Après un septennat et un quinquennat dont sept ans de gouvernement, la droite se retrouve pour ainsi dire dans la même position que la gauche en 2002. Sarkozy pourra-t-il avec sa " rupture tranquille " convaincre au-delà de son camp ? La partie sociale de son programme (limitation du droit de grève, remise en cause des 35 h, etc.) ne laisse planer aucun doute : c’est en candidat de combat qu’il va se présenter. Mais la réplique à gauche est-elle à la hauteur des intentions affichées de la droite ?

Formellement, sur le papier, le projet socialiste n’est pas un programme de combat, loin s’en faut. En outre, c’est sur un tout autre registre que celui de la vieille rhétorique gauchisante des socialistes quand ils sont dans l’opposition que Ségolène Royal a choisi de se positionner. Il est clair que ce qui n’avait pas marché en interne au PS, n’avait aucune chance de réussir en grand. Mais l’échec de Fabius est-il l’indice ou la preuve que ce parti est définitivement " tombé à droite " ?

On a déjà beaucoup glosé sur ce " tournant ", et le personnage de Ségolène Royal et ses prises de position hétérodoxe par rapport à la " doxa socialiste " sont propices à bien des interprétations allant dans ce sens. Pour la gauche radicale (la LCR en particulier), il ne fait aucun doute que cette candidature est la confirmation qu’il existe désormais deux gauches dans ce pays, une " gauche " social-libérale et une gauche anti-libérale, et qu’il n’y a pas de compromis possible entre elles. Le PCF réfute cette analyse ou tout du moins fait comme s’il y avait encore des possibilités de s’entendre avec le PS. Mais contrairement à ce qui s’était passé en mai 2005, ce débat ne divise pas les électeurs de gauche, sinon à la marge.

La faute à qui ? Essentiellement à la gauche antilibérale, incapable de saisir une chance historique de capitaliser cette perte de confiance du vote ouvrier et employé dans le parti majoritaire de la gauche, et en premier lieu, au PCF qui pense qu’il pourrait s’emparer du leadership de cette contestation sans aucune concession. Mais la responsabilité de la gauche radicale n’est pas moins grande. Si la question des deux gauches était une question réglée, à l’évidence Ségolène Royal ne pourrait bénéficier d’aucun crédit dans cette fraction importante de cet électorat de gauche qui depuis dix ans oscille entre l’abstention et le vote contestataire. Or, dans l’immédiat il n’en est rien. Penser que dans quatre mois, le potentiel de plus de 30% d’intention de vote de Ségolène Royal va s’effondrer est proprement absurde. Il ne pourrait être entamé qu’à une seule condition : qu’un accord se fasse rapidement entre la gauche radicale et le PCF. Mais un tel accord est-il encore possible ?

Commentaires

"Penser que dans quatre mois, le potentiel de plus de 30% d’intention de vote de Ségolène Royal va s’effondrer est proprement absurde. Il ne pourrait être entamé qu’à une seule condition : qu’un accord se fasse rapidement entre la gauche radicale et le PCF. Mais un tel accord est-il encore possible ?"

Et qui, sinon Sarko, en bénéficierait ?

Écrit par : Aity | 14/12/2006

La question posée est : qu’avons nous à mettre face à une droite de combat ? Le programme du PS ? Les électeurs socialistes ont choisi Ségolène Royal précisément parce qu’ils n’avaient plus confiance en leur direction et en son programme, et puisque Ségolène Royal avait apparemment le vent en poupe et qu’elle semblait vouloir s’affranchir de ce programme, ils se sont dit pourquoi pas. Les électeurs de gauche sont dans la même expectative et parmi eux les ouvriers et les employés qui cherchent manifestement depuis 10 ans d’autres perspectives. Une gauche antilibérale et unie à 10 % ou plus ne bénéficierait pas à Sarkozy. Tout au contraire, elle donnerait à la victoire de la gauche un tout autre poids. Elle signifierait que cette fois on ne recommencerait comme entre 1997 et 2002.

Écrit par : Ajamais | 14/12/2006

S'il n'y avait qu'une seule candidature à la gauche du PS, tu aurais sans-doute raison, mais, au minimum, il y en aura 3.

A ce sujet il parrait que ça tangue au sein même du PC.
Tu as des nouvelles ?

Cordialement.

Écrit par : Aity | 14/12/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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