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07/11/2006

Quelle suite au « monde de Ségolène »?

Parti à l’origine pour évaluer l’action politique d’une élue de terrain, séduit un temps par l’idée de bousculer la fable un peu forcée de la femme seule dans un monde de brutes, je me retrouvais au bout du compte avec la révélation d’un personnage autrement plus complexe et plus intéressant que celui que me proposait la " bulle " médiatico-politique, déterminée surtout à poursuivre sa réflexion bien au-delà de l’action locale. J’optais ainsi pour une méthode qui consistait à me placer, dans la mesure du possible, du point de vue des acteurs de l’histoire que je voulais étudier, mêlant entretiens réalisés par mes soins, déclarations à la presse, extraits d’ouvrages, réflexions de la géographe dont j’avais lu la thèse, le tout traité sous la forme d’un récit chronologique avec l’objectif de montrer la construction en marche d’une action et d’une pensée politique au plus près des faits.

J’avais achevé les cinq premiers chapitres de ce récit en juillet 2005. Après la parution du livre de Daniel Bernard qui confirmait en partie ce que j’avais pressenti, j’enrichissais le récit des trouvailles que ce livre me fournissait concernant l’enfance, l’adolescence et les premières années de l’ apprentissage politique de Ségolène Royal. J’avais un doute en particulier sur la date de son adhésion du PS. Daniel Bernard m’apprenait qu’elle avait pris sa carte en 1978, avant son entrée à l’ENA et donc avant sa rencontre avec François Hollande. J’avais cependant une divergence de taille avec Daniel Bernard. Il pariait sur une possible candidature de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007. J’en étais nullement convaincu. Je pensais que trop d’obstacles insurmontables se dresseraient, dans son parti, face à une telle candidature. J’en étais d’autant plus persuadé Daniel Bernard pensait que cette candidature n’était possible qu’à la condition que Hollande se mette à son service. Impensable selon moi. Je ne me trompais pas sur ce détail. En revanche, sur l’essentiel, j’étais dans l’erreur.

Mais avant même que j’apprenne comme tout le monde par sa déclaration à Match " qu’elle y pensait ", je me trouvais confronté à un autre problème. J’avais commencé cette enquête avec un collègue qui devait se charger en partie des chapitres couvrant la période 1995-2005. Dans ces nouveaux chapitres nous devions aborder une partie du récit qui devait préciser dans quelles conditions Ségolène Royal allait partir à l’assaut de la région. Nous pensions y présenter le " système Raffarin " de gouvernance du Poitou-Charentes, les problèmes de l’intercommunalité et du rapport entre les quatre grandes villes de la région, et plus généralement tout le panorama économique et social régional, avec en particulier un long développement sur la question de l’environnement. Las, ces chapitres là ne furent jamais écrits. Et pour cause mon collègue abandonnait la partie. Quelques semaines après, Ségolène Royal était candidate et les premiers sondages la propulsaient sur le devant de la scène. Pouvais-je dans ces conditions continuer seul l’ouvrage, en y introduisant cette nouvelle dimension au récit que constituait sa candidature ? Je ne m’en sentais plus capable. Surtout qu’en nous approchant du dernier cercle (celui constitué par les vice-présidents de la région et les plus proches collaborateurs de Ségolène Royal), nous avions compris que les langues se déliaient moins facilement, qu’il devenait de plus en plus difficile d’obtenir des informations utiles sans tomber dans le piège des rivalités entre les différentes composantes de la majorité régionale.

J’abandonnais donc, à regret, moi aussi la partie, cherchant cependant de quelle façon je pourrais reconvertir ce que j’avais déjà écrit, mais dans une autre perspective, plus en phase avec l’actualité. Pourquoi, me suis-je dit alors ne pas mêler à une pure fiction, le récit chronologique, traité presque au jour le jour, d’une campagne présidentielle qui s’annonçait ouverte et passionnante ? J’en acceptais l’augure. Je me mis au travail. J’y suis encore. J’ai trouvé un titre, provisoire. Ça s’appelle " Une histoire de l’art ". J’en publierai bientôt les premières pages. (à suivre)

Commentaires

je lis avec toujours autant d'intérêt votre feuilleton et j'y trouve des circonstances parfaitement exactes où j'ai été un peu mêlé. Puis je vous dire que Camille Lamberton s'est présenté aussi parce qu'il avait une dent contre la famille Jean qui lui avait fait des misères à Saint Maixent ? Le lendemain de la désignation de Jean Michel Jean comme candidat, Camille Lamberton m'a téléphoné pour me dire "si ç'avait été toi, j'aurai retiré ma candidature"...
Dans un livre dont le titre est "Nazis dans le métro" publié aux éditions de la Baleine en 1977, l'auteur, Didier Daeninckz écrit (page 72):
"Gabriel acheta une poignée de quotidiens, et son regard fut attiré par la feuille de chou locale La Voix du Marais, posée sur la tablette réservée aux mastodontes régionaux. La première page était presque entièrement consacrée à la réactivation du projet d'autoroute mutilatrice du parc régional, et au dessous des cartes de la partie de poker menteur qui opposait le maire socialiste de Niort au député socialiste de la même ville, Ségolène Royal...."
et plu loin, page 81:
"-Ce serait plausible si c'était votre Ségolène Royal qu'on avait retrouvée dans le marais..."
Le livre fait allusion à un crime qui s'est déroulé vers Maillé, une jeune infirmière avait été assassinée et le crime (à ma connaissance n'a jamais été élucidé).
J'ai bien entendu donné ce livre à Ségolène...mais je n'ai pas eu de réponse...

Écrit par : moinard | 07/11/2006

Merci du renseignement sur le livre de Daeninckz. Je vais tenté de me le procurer.
Etes vous Claude Moinard, l’ancien maire de Coulon ? auquel cas, nous nous sommes rencontrés.

Écrit par : Ajamais | 07/11/2006

oui je sui bien l'ancien maire de coulon mais je me prénomme maurice, vous en parlez d'ailleurs au début lorsque j'ai été candidat à la candidature. Et vous êtes vous parent (le fils peut être) d'un M. Suze que j'ai connu lorsqu'il était proviseur du lycée de la carrosserie?

Écrit par : moinard | 07/11/2006

Je vous prie de m'excuser pour l'erreur sur le prénom. Effectivement je suis le fils de Robert Suze.

Écrit par : GS | 08/11/2006

Pourquoi je voterai Ségolène le 16 novembre :

http://hugues.blogs.com/commvat/2006/11/pourquoi_je_vot.html

Écrit par : Hugues | 08/11/2006

pourquoi, je voterai pas pour Ségolène le 16 novemtre ... car c'est déjà ma présidente dans le Poitou Charentes.

Comme Javques Santrot, le maire PS de Poitiers, car j'ai suivi avec intérêt sa campagne victorieuse aux régionales dont le slogan était déjà la démocratie participative ... Et c'est une pro de la communication, mais derrière ce slogan sur le terrain rien ... du vent. Or comme elle vend une nouvelle manière de faire de la politique ... La déception sera à la hauteur de l'attente crée et j'ai peur de la suite pour le P.S.

Écrit par : laurent | 10/11/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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