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29/10/2006

Le monde de Ségolène (5ème chapitre - 04)

Le jour même où s’achève, par une victoire de Bellec, le premier acte de la crise de la gauche niortaise, Ségolène Royal participe à la deuxième fête du Chabichou en compagnie de trois de ses enfants. Maigre consolation. La situation de la seule députée socialiste de la région n’est en effet pas des plus confortables. La victoire écrasante de la droite l’a prive pour plusieurs années de tous ces leviers parisiens dont elle s’est servi pour faire avancer ses projets locaux. Elle craint également de perdre bientôt la bataille du Marais poitevin. Certes, dans l’immédiat, Bernard Bosson, le nouveau ministre de l’Equipement, semble encore tenir au tracé de l’A83 par Saint-Liguaire. Mais pour combien de temps ? Elle sait que Brossard multiplie les rencontres et les interventions au plus haut niveau pour que cette option soit abandonnée. Elle s’attend surtout à une grande offensive des Pays-de-la-Loire et de la Bretagne pour un retour au tracé par le Marais. Elle ne s’avoue pas battu par avance - elle ira jusqu’à Bruxelles s’il le faut – mais les chances d’un sursaut à gauche sont tellement problématiques, qu’elle n’espère pas voir de si tôt une issue favorable à ce dossier qui lui tient tant à cœur. Reste Niort. Elle connaît l’analyse de Fredon. La droite attend que la ville tombe comme un fruit mûr. Une seule solution pour l’éviter : " Rassembler ! ". Mais comment ? Bellec lui apparaît de plus en plus comme l’obstacle à ce rassemblement qui doit inclure aussi " Réussir Niort ". Le problème de Fredon c’est que pas plus sa démission, que celle de Perrin-Gaillard, n’ont eu d’effet positif sur la crise. On peut même considérer que Bellec s’en est finalement bien sorti. Ségolène Royal devra attendre les cantonales pour y voir plus clair.

Comme elle l’a prévu, son élection en novembre à la tête de la fédération n’a été qu’une formalité. Grand seigneur, elle a même proposé à François Panen de rester. Il a cependant décliné l’offre. Autre relative satisfaction, Jean-Pierre Raffarin s’est prononcé en janvier pour que l’autoroute contourne Niort par le nord. : " Il ne faut pas que l’autoroute revienne diviser le Marais ", a-t-il déclaré. Fin juillet, la décision prise par Bosson d’abandonner l’option par Saint-Liguaire et son intention de soumettre à une nouvelle enquête d’utilité publique un tracé " sud-sud amélioré ", l’avait fait sortir de ses gonds. Elle avait menacé de saisir le conseil d’Etat et les instances communautaires. Mais elle avait noté aussi la position favorable de Michel Barnier (qui lui avait succédé à l’Environnement) à un tracé nord. Tous les espoirs sont donc permis. La machine à succès se serait-elle remise en marche ? A Melle, Paul Grégoire et Jean Bellot ont fait une mise au point à propos du projet de création d’un pôle d’écologie industriel, une initiative qu’elle avait prise quand elle était encore à l’Environnement. On doit y investir 30 millions de francs, une promesse de France Déchets, une filiale de la Lyonnaise des Eaux (via le groupe SITA), spécialisée dans le traitement des ordures ménagères et des rebus industriels. Ce pôle pourrait générer entre 30 à 60 emplois. Elle a noté aussi avec satisfaction que les écologistes faisaient le forcing pour s’opposer au projet de barrage de la Touche Poupard. Quand elle était ministre elle avait demandé de surseoir à la déclaration d’utilité publique de l’ouvrage au grand dam de nombreux élus du département. Mais sur ce dossier, elle ne se fait guère d’illusion, le barrage sera construit. Elle peut se réjouir en revanche du succès de l’OGAF-environnement (opération groupée d’aménagement foncier) dans le Marais, une opération qu’elle a initiée en tant que présidente de la Charte : 6 millions de francs ont déjà été versés aux agriculteurs depuis son lancement. Enfin, elle a pu annoncer aux éleveurs qu’elle a rencontrés au lycée agricole de Melle que le label pour la vache parthenaise, " c’est pour bientôt ! ". " ça lui semble bizarre à François que je réussisse malgré mon comportement ", a-t-elle confié à Mireille Dumas au cours de l’Emission " Bas les Masques " le 9 février. Elle pense seulement que c’est la juste récompense de son inlassable activité : " Un élu n’en fait jamais assez. "

Toutes ces nouvelles sont bienvenues à un mois des cantonales. Grégoire s’est déjà déclaré à Melle ainsi que Jean-Luc Drapeau pour le canton de Saint-Maixent-1. Mais l’affaire qui défraie la petite chronique locale, c’est la décision de Ségolène Royal de ne pas soutenir Claude Juin, le candidat du parti socialiste dans le canton de Frontenay-Rohan-Rohan. Le maire de Bessines, conseiller général sortant, est pourtant réputé être un proche de la députée ; ensemble ils se sont opposés dès 1988 au passage de l’autoroute dans le Marais. Mais Ségolène Royal lui a préféré Joël Misbert, le maire divers gauche de Vallans, qui fait parti de son équipe rapprochée, et qui lui semble certainement mieux disposé à défendre ses projets au conseil général. Si " ses " trois candidats l’emportent, elle s’y sentira moins seule. Une autre candidature retient encore plus l’attention, c’est celle Jacques Brossard, le vainqueur de Bellec, dans le canton de Niort-Nord. En face de lui il aura Roger Rougeau, le candidat de Bellec, élu de justesse la dernière fois. L’enjeu est de taille dans ce canton très peuplé (20.385 inscrits) qui mord à la fois sur Niort et sur Chauray, où le combat gauche-droite a toujours été âpre : c’est ni plus moins la mairie de Niort que Brossard a en ligne de mire. C’est du moins ce qui se dit.

Un an après son succès aux législatives, Jacques Brossard confirme en effet le 20 mars 1994 qu’il est la figure politique montante de l’agglomération niortaise. Elu dès le premier tour avec 53,59 % des voix, il a très nettement devancé Roger Rougeau (27,67 %). Un nouveau revers pour Bellec. Pour Ségolène Royal c’est presque le grand schlem. Elle soutenait quatre candidats, trois ont été élus : Jean-Luc Drapeau, dans le canton de Saint-Maixent-1, dès le premier tour ; Paul Grégoire à Melle ; Joël Misbert à Frontenay-Rohan-Rohan, de justesse certes au second tour, mais avec le soutien de Claude Juin. Seul Gérard Gaillard, qui était en concurrence avec un divers gauche à Beauvoir-sur-Niort a été battu, dès le premier tour. Il n’en faut pas plus aux journalistes de La Nouvelle République pour écrire que " l’image de Ségolène Royal plane sur l’hôtel de ville ".

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