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15/02/2010

Heuliez, Royal et le Front de gauche

Début janvier, Simone Fayaud, conseillère régionale sortante PC, nous écrivait : « « Dans le contexte actuel de souffrance et de régression sociale, rien ne serait plus désastreux que de voir la gauche se déchirer. » En clair, nous expliquait-elle, ne nous engageons pas dans une critique du bilan de la majorité régionale sortante dont les communistes ont fait partie. Et de nous citer l’exemple d’Heuliez comme action positive avec comme argument choc « l’action syndicale dans l’entreprise qui a soutenu ce choix ». Pour l’anecdote, le responsable syndical CFDT d’Heuliez est aujourd’hui sur la liste Royal et cette action syndicale a été saluée, sur place, par François Chérèque comme la preuve d’un « syndicalisme de responsabilité ».

 

Nous savons aujourd’hui ce qu’il en advient de cette « action positive ». Voici  le communiqué que nous allons faire parvenir ce matin à la presse locale : « Les journaux se font l’écho du risque imminent d’un nouveau dépôt de bilan, voire de la mise en liquidation judiciaire de la société Heuliez. En effet, BKC n’ayant jamais réellement versé les 15 millions d’euros promis, la société sera d’ici quelques jours en état de cessation de paiement. Ségolène Royal s’était pourtant enorgueillie d’avoir sauvé Heuliez ! La Région avait à cet effet versé 5 millions d’euros qui risquent ainsi d’être utilisés pour payer les créanciers, sans que cela ne change rien au destin de plus en plus compromis de l’entreprise cerizéenne. Mme Royal et M. Grellier ont-ils été à ce point naïfs pour croire en les promesses d’un financier peu scrupuleux ou faut-il penser que le projet industriel n’est pas suffisamment attirant pour les investisseurs sérieux ? On peut en effet s’interroger sur le pari de la voiture électrique dont le caractère social n’est pas démontré et dont le caractère écologique est fortement contestable puisque ses batteries utilisent un métal rare (le lithium) et se rechargent à l’électricité nucléaire. Dans les deux cas l’argent des contribuables du Poitou-Charentes aura été utilisé à perte par une présidente de région qui dans cette affaire n’a pas défendu d’autres intérêts que les siens. Il faut en finir avec l’utilisation de l’argent public pour satisfaire les intérêts privés sans contrôle démocratique de son utilisation et sans que les salariés bénéficient des garanties les plus élémentaires. » (Communiqué de la liste "Pour une alternative à gauche", NPA, FASE, Alternatifs)

 

Cette annonce d’un possible dépôt de bilan d’Heuliez arrive au moment même où le Front de gauche présente (enfin) sa liste en Charente-Maritime. Après le départ des « fédéraux » qui voulaient s’allier avec Royal dès le 1er tour, il ne restait plus que les « unitaires » et un PG déboussolé. Voici donc l'exploit auquel sont arrivés le PG et le PC. Faire une liste concurrente de la nôtre avec des communistes unitaires. Un comble ! Nous voilà donc avec deux listes « unitaires » qui vont se partager les 10% que nous aurions pu obtenir ensemble. Les raisons sont connues. La 1ère c’est qu’ils ont cru pouvoir faire céder le PC 17 sur ses exigences. Finalement c’est lui qui est parti. La 2e c’est qu’il fallait maintenir la fiction d’un Front de gauche comme solution. Mais un Front de gauche à 4 ou 5 %, quel intérêt ? La 3e c’est qu’il ne fallait pas faire ombrage à Royal. A 10 %, cela aurait posé de sérieux problèmes aux communistes dépendants du PS pour leurs postes d’élus. Le PC a donc sacrifié cette élection et l’unité la plus large pour des intérêts de boutiques. « Joli coup, camarades ! »

14/02/2010

Front de gauche et NPA, un échec partagé

Concurrents, les deux projets, celui du NPA de Besancenot et celui de Mélenchon vont vraisemblablement – si l’on en croit les premiers sondages – au devant d’un échec cuisant (entre 3 et 4 % en moyenne nationale). Le pire c’est qu’ils le savent et que, comme l’avait fait le NPA au lendemain des européennes, ils ne s’en soucient pas, cherchant chacun de leur côté à rejeter la faute sur l’autre ou les abstentionnistes.

 

En Poitou-Charentes, une unité NPA-FASE-Alter-PG s’était forgée sur des bases sans ambiguïté ; mais une partie du PC refusa d’entrer dans le jeu. Si le PG n’avait pas cédé, le PC seul aurait bien eu du mal à se maintenir sur sa position. Mais Mélenchon et Coquerel ont intimé l’ordre à leurs dirigeants locaux de renter dans le rang. Résultat, deux listes concurrentes qui vont en gros raconter la même chose et vraisemblablement être incapables d’arriver aux 5 %. La « gauche » social-libérale, avec ou sans Modem, peut dormir tranquille.

 

Vous me direz qu’ici la faute en incombe au PC et au PG. En Aquitaine, ce sont le PC et le NPA « identitaire » qui l’ont finalement emporté, malgré un vote à 75 % dans le NPA pour un rassemblement large. Ainsi, peu importe de savoir qui a le premier dégainé, la faute est partagée. Il ne peut en être autrement. Front de gauche et NPA sont deux projets concurrents irréconciliables. Tant qu’à l’intérieur de ces deux « blocs », les projets seront maintenus en l’état aucun rassemblement large ne sera possible.

 

Besancenot, interrogé ce matin sur Europe 1, continue ainsi à vendre le projet mort-né d’un NPA « reprenant pied dans les quartiers et les entreprises », comme si feu la LCR y avait été un jour présente (le PC, oui) et comme si l’hypothèse de construction d’un nouveau mouvement ouvrier par le bas, élément par élément, petit bout par petit bout, avait une quelconque chance de réussir. Un « voile » ce n’est pas toute la jeunesse des quartiers ; ce serait même l’exemple du refus de l’intégration au mouvement ouvrier et à ses valeurs. L’inverse de ce que l'on a connu dans les années 60 avec la jeunesse chrétienne dont ont été issus bien des cadres du mouvement social des années 70-80.

 

De son côté, Mélenchon profitera très certainement de ces mauvais résultats pour mettre en porte-à-faux son partenaire, préparant ainsi sa candidature pour 2012. Mais à trop le privilégier, refusant par ailleurs de « tendre la main » aux « unitaires » du NPA, les tenant en quelque sorte pour quantité négligeable et refusant d’admettre qu’ils n’entendent pas se rallier à son projet comme la GU, Mélenchon se prépare de durs lendemains.

 

Reste aux unitaires de tous les partis d’entrer en dissidence. Depuis 2005, c’est un concert assourdissant d’occasions manquées. Ça suffit ! Après ces élections, nous ne rentrerons pas dans le rang. Les partis craquent, il est temps désormais de s’unir malgré eux, contre eux s'il le faut.

11/02/2010

Ségolène et les « communistes »

Par honnêteté pour les vrais, nous mettrons des guillemets pour qualifier ces individus qui s’apprêtent, sans aucune honte, à rejoindre la liste de Ségolène Royal en Poitou-Charentes. Nous les avions rencontrés hier soir dans les couloirs d’un bâtiment qui tient lieu de salles de réception et de réunion dans une ville importante de la Charente-Maritime. Leurs airs de conspirateurs nous firent immédiatement comprendre qu’ils préparaient un mauvais coup. Nous n’avions désormais plus aucun doute : les « communistes » du département préparaient leur sortie du Front de gauche et leur entrée sous les ors de la Région, par la porte de derrière, celle réservée à la domesticité.

 

 

Tout le monde ici les connait. Ils doivent au PS non seulement leurs postes d’élus municipaux, départementaux et régionaux, mais également – quand ils en exercent un – leurs emplois. Pour eux c’est du pareil au même. On s’étonne encore qu’ils puissent à la fois « tenir » leur département mais également la région. On raconte tellement de choses sur eux. Ces trois derniers mois ils ont tout fait pour faire capoter une liste régionale unitaire entre le Front-de-gauche, le NPA, la FASE et les Alternatifs. Réussite totale. Ces gens ne travaillent pas pour le roi de Prusse.

 

Et que dire de leurs camarades et de ces idiots utiles du PG ? Pas plus tard que samedi, des « cadres » du PG nous affirmaient, sans rire, qu’ils leur avaient fait signé une lettre d’engament solennel comme quoi ils ne chercheraient pas à rejoindre la liste de la présidente sortante. Ils ont dû se marrer ferme les « communistes ». Le plus dur pour nous et les électeurs de gauche, c’est que malgré un vote massif des militants du PG favorables à une fusion avec notre liste, ces « cadres » appuyés par Paris ont préféré faire confiance à ces individus plutôt qu'à nous. On a les alliés que l'on mérite.

 

Au passage, un petit mot de félicitation à la presse locale. Jusqu’au bout elle a joué le jeu d’un Front de gauche uni comme cul et chemise,  tout en sachant que ce n’était qu’une fiction. Le journaliste qui s’occupe de cette élection (voir ci-dessous la lettre que j’ai fait parvenir au médiateur de Sud-Ouest) ne cache pas, il est vrai sa sympathie pour ce Front d’artifices et sa franche détestation du NPA. Aujourd’hui même il mentionnait dans un article consacré une fois de plus à la divine, un Front de gauche à 5 % ignorant que les 4 % de notre liste. Pour rappel, nous sommes (LCR puis NPA) depuis 2007 à quasi égalité dans toutes les élections avec le PC, avec même 2.000 voix d’avance sur le Front de Gauche aux européennes.

 

Mais notre journaliste, décidément plus attaché de presse du PG que jamais, ajoutait : « Par contre, celui qui, hier soir, a été beaucoup plus clair, c'est Alain Morange, secrétaire de la section socialiste d'Angoulême. Il a rejoint la liste du Front de gauche ! C'est un symbole : il représente quantité de ses camarades exaspérés par une Ségolène Royal qu'ils ne comprennent plus. « Elle est à côté de son parti, elle n'est plus dans la ligne. Je suis là pour dire qu'il y a encore au PS des gens qui veulent changer les choses en profondeur. » Attaché de presse… et conseiller politique ! Le journalisme mène à tout.

 

Mais revenons à nos Pieds Nickelés du 17. Car ils sont trois, quatre si l’on compte leur égérie. Leur départ était évident et plus on s’approchait de la date limite du dépôt des listes, plus il devenait éminent. Aujourd’hui c’est fait. Et les communistes, les vrais, portent des cornes.

 

 

Lettre au médiateur de Sud-Ouest

 

Madame, Monsieur,

 

Le 26 janvier je m'étais interrogé sur le traitement journalistique qui était réservé à notre liste aux régionales, liste unitaire conduite par Mme Rossignol et soutenue par le NPA, la FASE et les Alternatifs, en particulier sous la plume de votre confrère M. Patrick Guilloton. Je l'avais fait sans entrer dans les détails. Vous m'aviez aimablement répondu vantant les excellant états de service de votre confrère et qu'en tout état de cause la campagne ne faisait que commencer. Puisque apparemment, ce qui faisait l'objet de notre critique n'a pas évolué dans le bon sens, je me permets de vous livrer cette fois par le menu ce qui nous incite à vous écrire de nouveau.

 

Tout a commencé par un article fin novembre début décembre de M. Guilloton sur les enjeux de cette future régionale en Poitou-Charentes. Le fin de l'article concluait ainsi, en substance : "Quant au NPA, comme à son habitude il fera cavalier seul." Surpris par cette remarque qui ne correspondait pas à ce que nous avions déjà fait sur le terrain, j'envoyais un e-mail à M. Guilloton m'étonnant qu'il n'ait pas pris contact avec nous, lui expliquant qu'à l'inverse de ce qu'il affirmait, nous avions pris l'initiative de rencontres unitaires depuis quelques semaines.

 

Quelque temps après M. Guilloton prenait contact avec moi. Je lui livrais toute une série d'éléments sur l'état des négociations entre nous, le PG, le PC, la FASE et les Alternatifs. Puis je le tenais informé semaine après semaine de ce qu'il advenait de ces rencontres. Un nouvel article (non signé) nous apprenait que le NPA de la Charente était contre toute unité selon une indiscrétion de son chef de file local. Je rappelais M. Guilloton. Il convenait que cette information n'en était pas une, mais qu'ayant à « boucher »une colonne d’ « indiscrétions », il s’était permis d’imaginer cette info connaissant depuis longtemps les sentiments antiunitaires du NPA d’ici.

 

Quelques jours plus tard, alors que les négociations étaient rompues (15 janvier) - sans que M. Guilloton en parle une seule fois - nouvel article, cette fois-ci consacré au Front de gauche. Nous apprenions que la FASE et les Alternatifs "ralliaient" le Front et que le NPA se consultait. Information totalement fausse. Explication de M. Guilloton : "Je n'ai pas eu le temps de vous joindre, j'étais en bouclage, etc." Je dois vous dire que j'ai été journaliste pendant une trentaine d'années (Rouge quotidien, Progrès de Lyon, Matin de Paris, Libération, Courrier international, l'Equipe, etc.) et que je connais trop le métier de l'intérieur pour ne pas me laisser prendre par de telles explications.

 

Enfin, notre liste constituée, nous organisons une conférence de presse où M. Guilloton est invité. Il ne vient pas. Je lui téléphone. Il me répond que l'on ne le "convoque pas" ! Finalement le dimanche il rencontre notre tête de liste régionale et se fend d'un article au minimum syndical. Terminé provisoirement avec M. Guilloton.

 

Avec votre agence de La Rochelle, ce n'est guère mieux, si je puis dire. Nous organisons une conférence de presse. Pas de Sud-Ouest au rendez-vous : confusion de date. J'avais vainement quelque temps auparavant essayé de joindre un journaliste de cette agence (au téléphone, en rendez-vous, etc., me répondait-on à l'accueil. Six fois au total). Finalement je passe à l'agence et obtient un rendez-vous pour le lendemain. Interview et photo. Résultat, ma photo et une demi-colonne (250 signes au bas mot). Pendant ce temps là le Front national (7%) ou le Modem "canal historique" (3%) ont le droit à un quart de page. Lutte ouvrière (1%), deux colonnes. Nous nous "rabattons" faute de mieux sur vos aimables confrères des départementales de Saintes ou de Rochefort. Et puis aujourd'hui revoilà M. Guilloton qui parle du Front de gauche à 5 % dans un article sur les déboires de Mme Royal. Notre liste créditée de 4 % par la Nouvelle-République n'est pas mentionnée.

 

Nous avons évidemment quelques explications à ce traitement. M. Guilloton ne nous aime pas. Il nous l'a dit et déclare vouloir voter pour le Front de Gauche. M. Guilloton a parfaitement le droit d'avoir ses opinions. Mais il est journaliste et doit faire preuve d'un minimum d'objectivité. Le NPA a fait plus de 5 % aux européennes, le Front de gauche moins de 5 %. Question effectifs nous sommes deux fois plus nombreux que le PG. Avec la FASE et les Alternatifs nous constituons une force politique non-négligeable, 3e force politique à gauche après le PS et le PC. Contrairement à ce que pensait votre confrère de La Rochelle, M. Brosset, nous ne nous présentons pas pour nous "compter" mais pour faire le meilleur score possible que nous pouvons évaluer entre 6 et 7 %.

 

Mais ce n'est pas tout. Le dit Front de gauche est en sérieuse difficulté. Sa principale force se situe en Charente-Maritime. Par deux fois le PG de ce département a souhaité rejoindre notre liste (j'ai le nombre de votants pour et contre). M. Guilloton le savait. Il n'a rien dit. Il savait aussi que le PC 17 allait un jour ou l'autre rejoindre Ségolène Royal. Hier en réunion quasi clandestine (à Rochefort - nous étions dans une salle voisine) il a décidé de quitter le Front de Gauche. M. Guilloton, en protecteur du FdG ne l'a même pas insinué dans son article d'aujourd'hui. Désormais, il ne reste plus au FdG qu'à constituer une nouvelle liste. Je pense que demain nous aurons un article de M. Guilloton nous expliquant tout cela dans le détail, lui-même souhaitant que les dissidents du PC débarrassent le plancher. Ce qui est fait. Mais encore une fois les opinions de M. Guilloton ne nous regardent pas. En revanche nous existons et vos lecteurs ont le droit de le savoir. Nous ne demandons pas un traitement de faveur, mais le même que les autres. Pas plus, pas moins.

 

Avec mes meilleures salutations

 

10/02/2010

C’est (mal) parti !

Il arrive un peu tard le documentaire de Camille de Casabianca. Le NPA n’a non seulement pas tenu ses promesses mais il n’est certainement pas aujourd’hui ce que certains ont cru qu’il deviendrait. Car quel est l’objet du film ? Nous vendre une démarche politique, celle d’un petit groupe de dirigeants parisiens, regroupant ce qui restait du noyau de la vieille LCR (Krivine, Sabato, Bensaïd), des transfuges de LO et la jeune-garde montante autour de Besancenot. Et quelle était cette démarche ? Sur le principe, toujours la même depuis quarante ans : puisque le vieux mouvement ouvrier (années 60-70) nous résiste ou nous échappe (années 80-2000) soyons le noyau de construction d’un nouveau mouvement.

 

Hier la cible c’était la jeunesse scolarisée, aujourd’hui ce sont les « révoltés » chez les précaires et dans les quartiers. D’où ce fantasme autour du « voile ». Evidemment ce contournement (« de la périphérie vers le centre », disait-on dans les années 70) a déjà fait long feu malgré l’indéniable regain de popularité de la LCR-NPA depuis les années 2000, il est vrai dans une période où le vieux mouvement ouvrier se décompose et n’attire plus la jeunesse ouvrière. Mais tout cela reste superficiel. Si le vieux mouvement ne croit plus dans un sursaut de la gauche institutionnelle ce n’est pas pour autant qu’il se tourne vers nous par bataillons entiers. Quant à la jeunesse, celle des précaires et des banlieues, pour quelques centaines voire quelques milliers d’adhérents, combien de centaines de milliers d’indifférents.

 

Evidemment « C’est parti », de tout cela, n’en parle pas. C’est une « fiction » et un ouvrage de groupie. Dans la LCR, quand elle y militait, Camille de Casabianca était bien connue pour sa capacité à reproduire, à la virgule près, les discours de son chef de file : Gérard Filoche. Elle s’est trouvé une nouvelle idole : Olivier Besancenot. Elle pense sincèrement servir la cause, elle la dessert. La construction sur les décombres de l’ancien mouvement n’a que faire de ces constructions intellectuelles in vitro qui sont autant de raccourcis sans lendemain.

 

Il reste à faire un film sur la décomposition/recomposition en cours de la gauche. Une équipe de tournage aurait pu aller de région en région, assister aux rencontres entre tous ces morceaux éparts d’un mouvement qui se cherchent et se perdent, filmer tout cela, faire une vraie enquête de terrain. Ça ne s’est pas fait. Croyance bien établie que c’est encore dans les partis que ça se joue.

 

Premier sondage Poitou-Charentes - La liste menée par Ségolène Royal, présidente sortante PS du conseil régional de Poitou-Charentes, arriverait en tête si le premier tour des élections régionales se déroulait dimanche, indique mercredi un sondage Ifop pour La Nouvelle République, Public Sénat et Paris Match.

 

Malgré la présence d'autres listes à gauche, la liste PS recueillerait 33% des suffrages, contre 29% à son principal rival, le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, tête de liste UMP-NC-MPF, alors qu'Europe Ecologie, menée par Françoise Coutant, affiche 14% des intentions de vote, et le MoDem, derrière Pascal Monnier, 5%.

 

Par ailleurs, la liste Lutte ouvrière conduite par Ludovic Gaillard ferait 1%, la liste du NPA, des Alternatifs et de la Fédération pour une Alternative à gauche  conduite par Myriam Rossignol 4%, la liste du Front de gauche soutenue par le Parti de gauche et le Parti communiste conduite par Gisèle Jean 5%, la liste Debout la République conduite par Alain Verdin 1%, la liste du Front national conduite par Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie 7% et une autre liste 1%.

 

Au total, l'ensemble de la gauche rassemblerait au premier tour 57% des votants, le MoDem 5% et la droite 37%. Quant au second tour, s'il devait se dérouler dimanche prochain, Mme Royal l'emporterait avec 57% des suffrages face à Dominique Bussereau (43%).

 

Ce sondage a été réalisé par téléphone du 4 au 6 février selon la méthode des quotas sur un échantillon de 803 personnes.

 

09/02/2010

L'exception Ilhem Moussaid

Qu’il soit tenu pour dit que je ne demande pas le retrait d’Ilhem Moussaid de la liste sur laquelle elle se présente en tant que NPA. Je la plains même – sauf si elle est parfaitement conscience du rôle qu’elle joue là mais peut-être y est-elle « à l’insu de son plein gré » car elle est en quelque sorte l’otage d’une orientation politique que Besancenot s’est empressé de justifier dans un premier temps avant de se rétracter (cf. le communiqué de la CE). Je ne remettrai même pas en cause le choix majoritaire de ce comité du Vaucluse qui n’a fait qu’appliquer bêtement la ligne. Finalement tout le monde a été piégé : les camarades du NPA d’Avignon, Ilhem Moussaid et la CE dans le rôle de l’arroseur arrosé.

 

Les autres « victimes collatérales »  de cette affaire ce sont aussi ces centaines de milliers d’habitants de ces « quartiers populaires » qui se retrouvent malgré eux embarqués dans la tourmente. Il ne suffisait pas que la droite les prenne pour cible. Voilà désormais que les anticapitalistes, en accueillant symboliquement sur leur liste une femme portant un « léger  voile», prise ainsi comme parangon des nouveaux révoltés, les désigne comme le champ prioritaire de leur activité militante. Qui plus est les voilà tous devenus musulmans pratiquants, ce qui est loin d’être le cas.

 

Je récuse aussi l’idée que nous ne devrions pas accueillir dans nos rangs des croyants. La voie de la révolution, comme les voix du Seigneur sont impénétrables. Ce fut un pope manipulé par le pouvoir qui en 1905 déclencha la première révolution russe. Avant la révolution française, dans toutes les révolutions précédentes, la religion – en crise – fut le ferment de la révolte populaire. Enfin, lorsque le président même de cette république répète à satiété que l’Europe est une fabrication de la chrétienté et se déclare croyant lui-même, cette candidature c’est la réponse de la bergère au berger.

 

Qu’est-ce qui me gêne alors. Que des camarades en fassent un exemple. Les uns pour dire qu’il y a incompatibilité entre manifestation ostensible d’une religion et le militantisme révolutionnaire (il y a bien eu en Amérique du Sud des prêtres révolutionnaires) ; les autres pour affirmer que cette candidature est l’exemple à suivre, qu’en accueillant de tels camarades nous sommes sur la bonne voie. C’est pourquoi, pour ma part, j’aborde la question autrement. Je pense qu’il s’agit pour cette jeune femme, comme pour ceux qui la soutiennent, d’un acte politique et qu’entretenir ainsi la confusion entre religion et politique est une faute qui pourrait avoir des conséquences graves.

 

Toutes proportions gardées, nous avons déjà eu ce problème lors de la révolution iranienne quand l’église chiite, premier propriétaire foncier de l’Iran, finit par chapeauter une grande révolte populaire et démocratique. On pourrait évoquer également le tournant que prit la révolution algérienne, quand, pour mettre plus surement le peuple de son côté, elle commença à instiller du religieux dans son programme et à s’appuyer sur les autorités religieuses. On a vu, dans les deux cas, le résultat. On ne peut pas faire du cas d’Ilhem Moussaid une généralité. Elle est une exception, un pis aller dans une période confuse.

08/02/2010

« Ne nous emmerde pas avec tes syndicats ! »

Cette phrase, dite à haute et intelligible voix (c’était à propos de la retraite à 62 ans), sans que cela ne déclenche la moindre réplique  – sinon la mienne – je l'ai entendue il y a quelque jours à la dernière réunion de mon comité. Jamais elle n'aurait pu être prononcée à la LCR. Elle est aujourd’hui récurrente dans le « nouveau » parti. Elle sert de leitmotiv de ce qui serait la marque identitaire du NPA. Et que l’on ne vienne pas me dire que c’est une question de formation. Si l’on recrute sur ces bases viscéralement antisyndicales, si la question est laissée à la discrétion du militant, si ce travail n’est plus le fait que des « anciens », c’est qu’il y a une raison profonde à ce comportement.

Quand en outre un membre du CPN donne le ton et incite les jeunes à ne pas se syndiquer au prétexte que le syndicalisme c’est la trahison des luttes ; quand le ou la même explique que l’unité ne sert à rien ou qu’y travailler est une perte de temps, et que le parti suffit à tout, et que ceux qui ne pensent pas ainsi ne le construisent pas, ce n’est plus une affaire de jeunesse, de « maladie infantile », mais une ligne politique bien affirmée, et pas seulement celle de cette « fraction » venue de Lutte ouvrière. Cette orientation est aujourd'hui le plus grand dénominateur commun à l’actuelle direction du NPA.

Quand on en vient à justifier un repli religio-identitaire au nom d’une prétendue « ligne de construction du parti par les quartiers » – comme si ces jeunes femmes qui arborent ce voile étaient représentatives de leur génération –, on peut dire la même chose du syndicalisme. C’est le « vieux qui tarde à mourir contre le nouveau qui tarde à naître », aurait dit Bensaïd reprenant Gramsci. Ce qui revient à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Le voile comme repli identitaire n’a rien de neuf. L’anti-syndicalisme ? Cela sent bon feu la Gauche prolétarienne ou, pis, les Brigades rouges qui s’en prenaient aux « bonzes » syndicaux. Du « tu nous emmerdes avec ton syndicat » à l’apologie de « sainte Ilham Moussaïd » (est-ce la prochaine porte-parole du NPA ?), la boucle et bouclée.

Ce matin, je suis passé à mon syndicat. Aussi sec, on m’a interpelé sur le voile. Autrefois, l’ouvrier algérien qui voulait se battre adhérait à un syndicat. Sa fille aujourd’hui porte le voile et lui est retourné à la mosquée. Le plus comique dans cette histoire, c’est qu’elle n’aurait pas lieu d’être aux Etats-Unis ou en Angleterre, c’est-à-dire au pays du libéralisme roi, où l’on jure sur la bible dans les tribunaux. Il paraît même que là-bas toutes les opinions sont admissibles, même les pires qui soient. Oui, mais là-bas, le mouvement ouvrier n'est plus qu'un souvenir.

05/02/2010

A gauche du PS, la fin des partis

Depuis plusieurs mois, on n’entendait plus parler du NPA. Cette bouffonnerie politico-médiatique autour du voile lui permet de se relancer. Et de quelle façon, celle de la politique  de la main tendue aux jeunes musulmanes. L’émancipation  par le port du foulard ! De la part de ce parti qui se dit féministe, quelle bévue. On pourrait en rire si cela ne servait à occulter l’autre réalité, la seule qui soit consistante et qui vaille la peine que l’on s’y arrête : la fin des partis de la gauche de gauche pris dans la tourmente de la recomposition. Hélas, les médias ont sauté sur la bonne occase – eux qui ont fait silence radio sur tout le reste. Besancenot leur a tendu la perche ; ils l’ont saisie avec gourmandise.

 

Passons donc sur ce voile qui n’est, comme cette burqamania initiée par un « bonze communiste » et orchestrée par la droite, que la manifestation d’une radicalisation marginale de quelques centaines d’individus. Passons encore sur cette connivence entre le Figaro et « nous », avec cette même vision hypertrophiée des quartiers populaires. Quand on sait que les musulmans ne sont pas plus pratiquants que les catholiques, que la manifestation de leur religiosité se limite à la célébration des fêtes comme l'Aïd El Kebir ou l’Aïd El Saghir, il faut être Besancenot ou Ivan Rioufol (l’obsédé du Figaro sur la question de l’Islam) pour attacher autant d’importance à ces phénomènes de peu d’intérêt.

 

Bien plus déterminant est ce qui vient de se passer à la gauche de la gauche. Pas un parti n’est resté debout droit dans ses bottes. Eclaté façon puzzle le nouveau parti anticapitaliste ; à moitié coulé le navire amiral de Mélenchon et de Buffet. Le PC faisant le grand écart, ici avec le PS – souvent le pire,  là avec le NPA et la FASE, le Front de gauche n’est plus qu’une fiction. Tiendra-t-il jusqu'en 2012 ? Evidemment, électoralement cela risque d’être contreproductif. Trop compliqué pour les médias et plus encore pour les électeurs. Mais ce qui est certain, c’est qu’après ces élections, nul ne retournera dans son parti comme si rien ne s’était passé. Pour le PC, la fin est proche. Pour le PG et le NPA un petit tour de piste et par ici la sortie.

 

Il va donc falloir construire autre chose, trouver à toute cette ébullition un réceptacle acceptable. La FASE ? L’idée est bonne mais la réalisation laisse à désirer. Il faudra essayer autre chose, faire des expériences, débattre surtout du fond, permettre enfin à plusieurs projets de coexister ensemble. En d’autres termes, il faudra reprendre ce qui avait été le projet initial du NPA mais sans cet égocentrisme révolutionnariste qui lui a fait perdre la tête, avec ou sans voile.

Camarade Besancenot, taisez-vous !

… ou parlez un peu plus de politique. Quel étrange parti que le mien. « Besancenot : le NPA ira seul ! », titrait la presse il y a quelques jours. Précision : dans moins de la moitié des régions, nuance. Pour le reste (11 à 12 régions), tant bien que mal, contre vents et marées, dans l’indifférence générale de sa direction cloitrée dans son quant-à-soi, le NPA cherche à recoller les morceaux d’une gauche de gauche qui se décompose autant qu’elle se recompose. Or de ce phénomène sur lequel la presse fait silence et qui est pourtant le fait majeur de cette précampagne, le CPN (le « parlement » du NPA) qui s’est réuni le week-end dernier, n’en a pas parlé ou si peu.

 

Mais quand le Figaro, suivi par tous les médias, évoque cette candidature sur nos listes d’une femme « voilée » (un simple fichu comme en portaient autrefois nos arrières-grand mères dans les campagnes, mais elles, elles le faisaient par tradition pas par esprit prosélyte), alors le jeune coq se dresse sur ses ergots. Puisque, de Marie-Georges Buffet à Nathalie Kosciusko-Morizet, on nous attaque de partout, c’est que nous avons forcément raison. Dans un climat d’islamophobie généralisé, comme ils disent, « rappelant, souligne l’une de mes camarades, les pires temps de l’antisémitisme des années 20 » (pas moins), le NPA ne pouvait pas faire mieux que d’ériger cette jeune femme en victime symbolique du vaste complot médiatico-politique dont nous serions la cible.

 

La politique de la forteresse assiégée est un vieux réflexe qu’a maintes fois utilisé en son temps le Parti communiste, quand il était puissant, c’est-à-dire stalinien. Le NPA utilise, hélas, les mêmes ficèles, donnant du grain à moudre à nos ennemis. Le pire, c’est que Besancenot espère ainsi ramasser la mise dans les « quartiers ». Or, dans les « quartiers », ces jeunes femmes sont minoritaires et surtout mal vues de la majorité des musulmans sincères qui prennent ces manifestations pour de l’exhibitionnisme.

 

Hier, dans mon comité, en tant que tête de liste départementale, on m’a demandé de taire mon opinion personnelle si j’étais interrogé sur ce sujet par la presse. Oubliant que je représente non seulement le NPA mais aussi la FASE et les Alternatifs qui, eux, partagent mon point de vue. J’ai rassuré mes camarades expliquant que je savais manier la langue de bois quand c’était nécessaire. Mais dans quel étrange parti je suis. A l’intérieur on peut tout dire, mais à l’extérieur seul Besancenot a le droit de s’exprimer.

03/02/2010

Le NPA libère la femme avec juste un petit voile

« Ne dites pas à ma compagne et à sa mère, toutes les deux musulmanes, la seconde faisant ces cinq prières par jour, que je suis dans un parti où l’on accepte les femmes voilées, elles croient que je suis dans un parti révolutionnaire et féministe. » J’avais déjà, dans un précédent billet soulevé cette question importante. Elle rebondit quelques jours après la candidature de Besancenot au seul nom du NPA en Ile-de-France. Déjà je reçois de la part de nos partenaires de la FASE des e-mails interrogatifs quant à notre position politique concernant le voile et la religion. Je persiste et signe : cette question là n’est pas d’ordre religieux mais politique.

 

Cette candidature est une provocation ultragauche. Le voile n’est pas un signe religieux mais une manifestation d’un radicalisme politique : l’islamisme. Dans une formation qui, comme le NPA, s’est construite, comme l’aurait dit Lénine, sur la base d’une idéologie de petit-bourgeois pris de rage devant les horreurs du capitalisme, il faut s’attendre à tout : des camarades qui accueillent avec bienveillance un ex-terroriste non repenti quitte à en faire un martyr de la cause, et des jeunes femmes issues de l’islamisme militant. Dans les années 20 il y avait des rouges-bruns en Allemagne ; nous avons désormais nos rouges-verts.

 

Il parait que c’est la preuve, selon Besancenot, que le NPA est en phase avec les quartiers. Dans leur très grande majorité les musulmans – pas plus pratiquants que les catholiques – repoussent avec dégoût ces manifestations exhibitionnistes. Je me souviens du tollé que déclencha il y a une quinzaine d’années, lors de l’enterrement d’un ami proche, le discours radical d’un imam sur sa tombe. Ce sont les sœurs de mon ami qui s’insurgèrent les premières contre ce qu’elles considéraient comme une intervention d’autant plus déplacée dans ce cimetière que leur frère n’était pas croyant et plutôt très à gauche.

 

Cette précampagne électorale était déjà suffisamment éprouvante pour qu’il ne faille pas en rajouter dans le genre « seul contre tous ». Aujourd'hui c’est fait. Inch Allah !

31/01/2010

Nous sommes la gauche !

A quelques jours du dépôt des listes toujours aucun accord entre le PC de Charente-Maritime (17), d’une part et le Front de gauche, d’autre part ; ce qui évidemment obère d’autant toute campagne régionale. Ainsi, si le FdG a commencé à montrer le bout du nez dans la Vienne (86), les Deux-Sèvres (79) et la Charente, ici en Charente-Maritime aucune conférence de presse commune et rien sur la tête de liste, hormis les propos désobligeants dans la presse du chef de file des communistes royalistes vis-à-vis de son partenaire. Ambiance !

 

Comme quoi baisser sa garde comme l’a fait le PG régional depuis le 15 janvier ne sert à rien. De reculade en reculade il en est arrivé à perdre toute identité, acceptant de son partenaire un rôle de faire-valoir obscur. Il est vrai aussi qu’avec tout au plus six ou sept adhérents dans le 79, et moins d’une vingtaine au total dans le 86 et le 16, le PG est entièrement dépendant du PC régional. Sans compter qu’il lui faut coûte que coûte maintenir la fiction d’un Front uni comme cul et chemise. L’ordre vient d’en haut. Pour Eric Coquerel, interrogé au cours de la manif parisienne des enseignants, le PG 17 doit rentrer dans le rang. Quitte à inventer un accord de dernière minute.

 

Car il y a des militants du PG qui n’entendent pas se plier aux diktats de Paris et aux exigences du PC local. Ils sont très largement majoritaires dans la région et, samedi, ils ont de nouveau pris position sans réserve pour une alliance avec les listes « Pour une alternative à gauche » présentée par le NPA, la FASE et les Alternatifs. Eux aussi, comme de nombreux électeurs bientôt, ont compris que la gauche, la vraie, celle qui ne renonce pas, n’était pas plus du côté du PS et d’Europe-Ecologie que du côté d’un Front de gauche sous hégémonie d’un PC dont la seule ambition est de rejoindre au plus vite la majorité présidentielle régionale, c’est-à-dire Royal et ses alliés du Modem.

 

Cette partie de bras de fer entre les deux colistiers du département n’est pas gagnée, ni d’un côté, ni de l’autre. Le PC 17 joue la montre et fait tout pour se débarrasser d’un PG rétif. A l’inverse le PG se voit mal partir en campagne sous la férule d’un PC intégré à l’appareil socialiste local avec comme tête de liste prévisible une ennemie déclarée du Front de gauche. Le gros problème pour le PC 17 c’est qu’il ne peut pas y aller seul trop visiblement. Les électeurs communistes sincèrement attachés au Front de gauche, tout en tenant en peu d’estime la direction du PC local, pourraient le lâcher. Or c’est dans le département – le plus peuplé de la région – que se  fait l’élection. Nul n’est sensé l’ignorer. Pour nous – NPA, FASE et Alternatifs–, c’est l’enjeu majeur de cette élection. Aucun militant de cette gauche qui se bat ne doit manquer pour qu’elle puisse avoir, à la Région, des représentants loyaux au service de la population.

28/01/2010

Olivier, tu nous fais mal !

Tout au long cours du processus de plus de deux mois de rencontres unitaires que nous avons initiées depuis fin novembre-début décembre, le NPA de la région Poitou-Charentes s’est tu. Il aura même été le dernier (avec la FASE et les Alters) à parler publiquement, tandis que les autres (le PC et le PG) multipliaient les déclarations, tentant vaille que vaille de masquer une situation délicate, avec, il faut le dire, la complaisance des médias. Il est vrai que ceux-ci étaient tellement persuadés depuis des mois que nous allions y aller seul qu’il leur était difficile d’imaginer qu’il n’en soit pas ainsi malgré tous les éléments d’information que nous leur procurions qui prouvaient exactement le contraire. Apparemment, le cerveau d’un journaliste moyen ne peut pas penser deux idées à la fois. Ainsi nous snobaient-ils. Ou alors, insidieusement, ils laissaient entendre que, décidément, nous étions bien ce que l’on disait de nous.

 

Combien, en revanche,  était plus intéressante l’offre de Ségolène au Modem, sa cueillette des Verts en rupture d’EE (3 dans son panier à ce jour) ou le « congrès » du dit Modem de Charente-Maritime avec  l’arrivée sur la liste PS du 17 de l’un de ceux que Royal convoitise depuis deux ans. Ça c’est de la politique comme on l’aime : coups tordus, débauchages, propos lénifiants. Lundi donc, le NPA de Poitou-Charentes sortait enfin de son silence. Sud-Ouest qui couvre deux départements de la région sur quatre s’était abstenu de participer à la conférence de presse, préférant consacrer ses pages politiques à l’annonce d’une liste Lutte ouvrière et au dernier pied-de-nez de la fédération du PC 17 au Front de gauche et aux communistes de Poitou-Charentes.

 

Et le lendemain, dans Le Courrier de l’Ouest, affichait un grand titre, cinq colonnes à la une : « Besancenot : le NPA ira seul », tandis que nous, les régionaux de l’étape, n’avions le droit qu’aux pages intérieures. Et que l’on ne nous dise pas que ces journalistes sont mal informés ; qu’ils ne savent pas ou qu’ils ne comprennent pas. Pour qu’ils y voient plus clair nous leur avions préparé un « dossier de presse ». Inutile apparemment pour la plupart d’entre eux. Le NPA c’est Olivier et Olivier c’est le NPA. C’est ainsi. Comme le dit l’un de ces nouveaux adhérents qui ont répondu à « l’appel d’Olivier Besancenot » : « Je pense que nous allons faire une liste NPA […] et partir seul. Nous avons ce qu'il nous faut ; sachant que vous aviez déjà préparé votre salade depuis longtemps, vous avez trahi le NPA et le capitaliste [dixit], vous êtes proches du  dictat. »

 

Il n’est pas le seul hélas dans ce registre : « Vous ne parlez pas politiques mais manœuvres politiciennes, moi c'est du programme anticapitaliste adapté aux Régions que je veux discuter. » « A force de céder sur trop de choses on finit par vider le NPA de sa substance et donc de réduire ses luttes politiques et ses moyens humains par le découragement. La soirée d'hier a mon sens a trop fait céder le NPA sur plein de points que je ne citerai pas ici. Le ricanement de X sur les propos de Y m'a semblé déplacé quand ce dernier a parlé à juste titre de la lutte de classe et des masses laborieuses comme si après avoir abandonné l'affirmation en tête du mot anticapitaliste il faudrait s'excuser à chaque fois des luttes que nous menons et que nous devons continuer d'affirmer sur le terrain. » « Vu mon âge avancé [63 ans] et mes nombreuses occupations militantes [?]par ailleurs, je ne désire pas spécialement être sur la liste et laisse volontiers ma place à des camarades de la FASE, ALTER voire PG. » « Je ne peux en aucun cas défendre une politique qui n'est pas celle que je revendique ! La politique unitaire je dis NON ! » Etc.

27/01/2010

Leur morale et la nôtre

Philippe Dauriac du PG de Charente avait répliqué à mon billet un peu virulent Maître PC et son valet PG. Je lui ai répondu. Tout ça c'était avant notre réunion unitaire de mardi où nous avons pris les décisions suivantes :

 

1/ Nom de la liste POUR UNE ALTERNATIVE A GAUCHE, liste anticapitaliste, écologiste et féministe, présentée par les Alternatifs, la FASE et le NPA (ordre alphabétique)

2/ Déclaration d'intention – (ici)

3/ Tête de liste régionale : NPA (une femme) –  Départementales : Alternatif pour la Vienne (un homme) ; NPA pour la Charente (une femme) ; FASE pour les Deux-Sèvres (un homme) ; NPA pour la Charente-Maritime (un homme).

 

La lettre de Philippe Dauriac 

 

Bonjour Gilles,

 

Cette réponse est personnelle, elle n’engage pas le PG régional.

Tes écrits sont souvent pertinents, mais là tu te laisses aller à des jugements sentencieux, limite péremptoires. Défions-nous de la position de donneur de leçon. La stigmatisation ne me semble pas le meilleur moyen de faire avancer le projet de la création d’une alternative à gauche à vocation majoritaire. Il n’y a pas d’un coté les « justes » ou les « purs » et de l’autre les « valets » vendus à je ne sais trop qui pour je ne sais trop quoi !!!

 

Qui sommes-nous ? Pour la plupart des salariés, actifs dans des syndicats ou des associations depuis plusieurs années, qui ont décidés de s’engager dans la démarche citoyenne qui consiste à faire du politique. Notre motivation n’est pas de nous trouver une petite place pour promener notre suffisance dans les inaugurations multiples et satisfaire à notre égo. Nous voulons contribuer  à la création d’une gauche de combat à vocation majoritaire, et cela jusqu’à la gauche du PS. Pour nous, mais je comprends que tu ne partages pas cette analyse, le Front de Gauche en est l’instrument politique en tout cas pour le moment, car il a un rôle charnière. C’est un long chemin qu’on ne tracera pas en quelques mois. Nous pensons qu’il faut s’appuyer sur la dynamique unitaire impulsée par le FdG qui a abouti à une unité assez large sur le plan national concrétisée par les listes Ensemble, seul le NPA est absent. Le vote entre trois motions, dont la A  faite pour que certains militants ne votent pas la C était une stratégie de non décision et donc de blocage car une grande partie du NPA et cela est respectable ne partage pas notre projet politique. Pour eux les élections ne constituent pas un enjeu, seules comptent les luttes sociales. Nous pensons nous que les urnes et la rue sont indissociables. Les dernières manifestations le démontrent, en ce moment la rue a besoin des urnes, et donc de perspectives politiques.

 

Oui, vous avez fait preuve de courage politique. Mais pourquoi ? Car le NPA  a refusé de rejoindre la dynamique unitaire enclenchée par le FdG  qui s’est concrétisée par les accords Ensemble sur le plan national. Tu nous reproches de ne pas avoir fait exploser le FdG, mais d’une part nous en sommes un membre à part entière (à l’intérieur nous aussi nous avons fait preuve de courage politique pour débloquer les choses) et je te rappelle que nous sommes liés par l’accord du 28 octobre avec le PC et la GU et qu’à aucun moment le pc, d’ailleurs en conformité avec le vote de ses militants, ne l’a  remis en questions. Notre accord NATIONAL était donc antérieur à celui que nous aurions pu faire avec le NPA dans la Région. Si pour élargir d’un coté il fallait casser de l’autre quel intérêt pour l’objectif énoncé précédemment ? Le courage politique devait-il aller jusqu’au suicide politique ?  Quelle est la situation ? Un NPA, au fond assez divisé, entre d’un coté les personnes qui veulent l’unité et de l’autre ceux qui pensent qu’elle ne peut se faire que sur leurs positions, sans compromis car ils ne partagent pas notre projet politique (en Charente, mais je peux me tromper le résultat du vote est assez parlant : 8 A, 9 B, 2C).

 

Pour le PC, une fédération 17 opposée à l’idée même du Front de Gauche, pouvant s’appuyer sur des membres du secrétariat régional. Dans ce contexte, nous avons pensé, en toute sincérité que la solution qui consistait de décider collectivement selon les modalités d’une voix par organisation et par département de ce que nous ferions après le premier tour, en fonction de la situation politique, des rapports de force issus des urnes et du déroulement de la campagne était un compromis acceptable car il laissait la porte ouverte au NPA, et lui garantissait une liberté de vote et de décision comme à toutes les autres organisation. Débloquer cette question permettait ensuite de se mettre d’accord sur les listes, et de ce point de vue, vos propositions étaient parfaitement équilibrées et en adéquation avec la situation politique de l’autre gauche dans la région, par conséquent l’accord était assez facile à trouver. Nous avions réfléchi à peu de chose près à la même répartition : 5fdg, 2 NPA, 1 Fase/alternatifs

 

En ce qui me concerne, même si nous n’avons pas abouti (en ce sens la proposition de P. Jalladeau me semble intéressante, en tout cas j’en partage l’esprit) à créer l’alliance la plus large possible, je considère que nous avons progressé et que nous pouvons les uns et les autres garder la tête haute, modestement ! Continuons à nous parler et à travailler dans nos organisations respectives à la reconstruction d’une gauche de combat unie à vocation majoritaire, dans le respect mutuel, sans préalable et sans procès d’intention.

 

Amicalement, Philippe Dauriac

 

Ma réponse

 

Bonjour Philippe,

 

Ok, je l’avoue, j’ai été un peu leste… mais vous l’avez mérité. Je n’aime pas trop me prendre des coups par derrière de la part de personnes dont  je pensais qu’ils pouvaient être des alliés sûrs. « Donneur de leçons » ? J’admets que l’on puisse le prendre ainsi. Question de ton ? A 61 ans, on ne se refait pas. Mais « sentencieux », jamais ! Je comprends que vous vous êtes mépris sur moi. Vous m’avez pris en somme pour un « gentil unitaire », un « bon petit gars conciliant » et pour tout dire prêt à tout, « corruptible en somme », comme mes anciens camarades de la GU. Qu’oppositionnel à la direction du NPA et à son orientation, je ne pouvais que me ranger sous la banderole du Front de gauche. Je suis financièrement dans la « merde » mais j’ai ma fierté.

 

Vous vous êtes donc trompés et lourdement sur moi, et mes camarades. Je combats aussi bien les deux projets du Front de gauche (celui du PC comme celui du PG, qui pour moi ne sont pas les mêmes – je m’expliquerai plus loin) et celui du NPA. C’est ce qui me donne cette liberté de pensée et d’agir que vous n’avez pas. Pour les uns (au PC) vous entendez maintenir le PC à flot, tout faire pour qu’il ne se décompose pas trop vite et  en bon ordre (vous n’y arriverez pas) ; pour les autres (le PG) vous souhaitez – par le biais du Front de gauche, en vous appuyant sur cette planche qui prend l’eau de toutes parts – rendre visible votre projet d’un Front « réformiste radical » (je m’expliquerai sur ces termes) et finalement l’imposer à toutes les gauches, en utilisant en 2012 cette constitution que vous rejetez pourtant. Quel paradoxe que de voir Mélenchon candidat à cette candidature tout en disant, et avec raison, pis que pendre, de l’élection d’un président au suffrage universel. Je sais bien que nous-mêmes, nous nous sommes servi de cet outil diabolique. Que serions-nous sans les deux candidatures « réussies » d’Olivier Besancenot ? Mais quels dégâts aussi. Il n’y a qu’à voir dans l’état où en est le NPA. On ne joue pas avec « l’homme providentiel » sans que cela ait des conséquences fâcheuses. Je rappelle que ce NPA s’est construit « à l’appel d’Olivier Besancenot ». Ce genre d’artifice, ce n’est pas dans mon héritage. Pottier avait raison : « ni dieu, ni césar, ni tribun… » .

 

Venons-en maintenant à ce qui vous préoccupe. Vous êtes en train de vous planter grave de chez grave. On vous l’a dit, au PC comme au PG. Vous ne nous avez pas entendu et compris. Tu me dis : « le Front de Gauche en est l’instrument politique en tout cas pour le moment, car il a un rôle charnière ». Tu peux le souhaiter ou le penser mais dès le début nous vous avons dit : « ne nous entraînez pas là-dedans ; nous n’irons pas ». Ce n’est pas que nous refusons l’unité ou que nous aurions céder à notre « gauche » c’est-à-dire à ceux qui s’intitulent ainsi. Nous n’avons pas cédé un pouce de terrain, ni à vous, ni aux nôtres. Car pour nous l’unité ce n’est pas se ranger à « votre projet », c’est bien au contraire regrouper dans un même ensemble plusieurs projets à la fois. Ceci vous ne le comprenez pas, exactement comme nos camarades de la « gauche » de notre parti. Vous construisez le Front de gauche ; eux construisent le NPA ; nous nous construisons autre chose. Pour l’instant ça n’a pas de nom mais c’est ce qu’attend le « peuple de gauche », pas une coalition de partis (c’est impossible ; même dans le Front de gauche) mais une « entente large, sincère, honnête, pluraliste » (référence à « ma » déclaration du 15 décembre).

 

Donc je reprends, finalement vous ne nous avez pas suivis sur ce terrain. Vous avez voulu protéger vos intérêts de parti, comme mes camarades qui jusqu’au bout voudront maintenir « l’identité » du NPA, pure de tout scories. Voyez où cela vous a conduit. Bien que vous partagiez la même position que nous sur la question du 2e tour, parce qu’il était nécessaire de maintenir coûte que coûte la « fiction » d’une identité d’intérêt entre le PG et le PC, vous avez mangé votre chapeau. Et vous voilà maintenant dans l’embarras. Peut-être aurions nous pu nous entendre (c’est encore possible, mais il faudra aller vite et sans trop de conditions), mais il aurait fallu que vos partenaires acceptent de régler cette question de la fédération de la Charente-Maritime. Je l’ai dit clairement à Simone et Laurent : débarrassez-vous d’eux. Nous vous y aiderons. Montons ensemble dans ce département une liste unitaire avec les militants communistes qui n’acceptent  pas la férule des partisans de Hue. Vous avez voulu composer avec eux : c’est impossible. En faisant ainsi vous les avez confortés dans leur obstination à ne rien vous céder.

 

Vous jouez ce soir votre dernière carte. Vous proposez à la FASE et aux Alternatifs, que vous avez jusqu’ici traité comme des moins que rien, de vous rallier à vous et à votre accord « pourri ». Quand on commence dans la déloyauté, on y prend goût. Vous croyez qu’il n’y a pas de morale en politique. Que la « fin justifie les moyens ». Trotski a, il y a longtemps, répondu là-dessus. Il a été mal compris. Voici ce qu’il disait en 1938 : « Le moyen ne peut-être justifié que par la fin. Mais la fin a aussi besoin de justification. Du point de vue [...] [des] intérêts historiques du prolétariat, la fin est justifiée si elle mène à l’accroissement du pouvoir de l’homme sur la nature et à l’abolition du pouvoir de l’homme sur l’homme ». Vous avez compris cette maxime à l’inverse de ce qu’elle signifie. Il y a une morale en politique. Les moyens doivent être en accord avec la fin. Pas d’unité possible si l’on utilise des artifices. Le Front de gauche est un artifice, pour le PC mais également pour vous. Vous en faites là la démonstration.

 

Pouvons-nous encore nous entendre ? Evidemment oui. Mais on ne négocie plus, ni sur le Limousin ou sur autre chose. Nous l’avons fait le 22 décembre. Vous étiez d’accord. A vous de voir. La porte reste ouverte. Demain il y a à Niort une « vraie » réunion unitaire. Vous y êtes invités, PG, PC. On vous attend.

 

Gilles Suze, le 25 janvier 2010

26/01/2010

Le PG poitou-charentais OTAGE du PC 17

Le PC de Charente-Maritime qui, par la politique de la chaise vide, bloquait depuis trois mois tout le processus unitaire a enfin obtenu ce qu’il voulait hier soir dans une négociation régionale sous l’arbitrage de la direction nationale du PCF : « La direction départementale de la fédération de Charente maritime du parti communistes, respectueuse du choix majoritaire des adhérents du Poitou-Charentes, refuse tout préalable non prévu dans l’accord national qui aurait pour conséquence d’empêcher tout accord de 2ème tour avec la liste SR si celle ci arrivait en tête au premier tour. » Traduction dans le langage du responsable de la fédération du PC du 17 à propos des cinq places offertes par Royal aux amis d'Alexis Blanc : « Il s'agit d'individus qui adhèrent à un projet et, en aucun cas, un accord d'appareil. » (le journal Sud-Ouest aujourd'hui).

 

 

Tous les obstacles (présence sur les listes du NPA, de la FASE et des Alternatifs ; clause du 2e tour, etc.) à un ralliement aux listes de Royal avec ses alliés du Modem ayant été levés, tout est désormais possible pour les « huistes » du PC. Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon qui depuis dix jours ne cesse de reculer devant leurs exigences, se retrouve désormais en position d’otage. Belle démonstration de ce qui advient quand les intérêts de quelques élus (le PC avait 6 sortants élus sur les listes Royal en 2004) priment face à la morale politique. Il est vrai qu’en préservant l’illusion d’un Front de gauche reconstitué, le PG croit avoir sauvé l’essentiel. Ceux qui se font une autre idée de la politique en seront pour leurs frais.

 

Mais beaucoup de militant du PG de la Charente-Maritime ne l’entendent pas ainsi. Iront-ils jusqu’à provoquer une rupture dans le Front de gauche du département ? C’est à eux de voir. Si, pour certains, qui viennent du PS, la stratégie choisie aujourd’hui les contraint à y retourner, c'est à se demander si cela en valait la peine. Quoiqu’il en soit, les listes du NPA, de la FASE et des Alternatif, leur sont ouvertes. La dynamique unitaire est là et nulle part ailleurs, au delà c’est le marigot des petits arrangements et de l’embrouille.

25/01/2010

Déclaration à la Presse du 25 janvier

Les quatre fédérations du NPA de Poitou-Charentes, le 25 janvier 2010

 

Le 16 janvier dernier, Ségolène Royal a franchi le Rubicon. En accueillant sur sa liste de Charente-Maritime plusieurs personnalités de droite issues du MoDem, la présidente sortante de la Région a fait le choix de faire du Poitou-Charentes le « laboratoire » de sa stratégie personnelle pour la présidentielle de 2012. En ne garantissant plus désormais une « claire ligne de partage » entre la droite et la gauche, elle annonce la couleur dès à présent.

 

A cette « stratégie » qui ne peut que conduire la gauche politique, et avec elle tout le mouvement social, à une défaite certaine, comme en Italie, en Allemagne et bientôt en Grande-Bretagne, il faut opposer un front uni des gauches qui refusent cette dérive droitière et « social-libérale » et veulent rompre avec le système capitaliste et productiviste.

 

Petit historique des relations unitaires dans le Poitou-Charentes

 

C’est cette unité que le NPA n’a eu de cesse de construire depuis plusieurs mois, prenant l’initiative dès la fin novembre d’un cycle de rencontres régionales unitaires avec les partis de la gauche de la gauche. A Niort, le 22 décembre dernier, il a été acté un accord politique entre les différents partenaires : PCF, PG, FASE (Fédération pour une alternative sociale et écologique), Alternatifs et le NPA.

 

Le lendemain même cet accord était rompu par la direction régionale du PCF. Préférant la politique du pire, le PCF a préféré prendre la responsabilité de rompre cet accord et entraîner le PG dans une politique d’isolement sur leur seul accord national PG-PCF, sans les autres composantes. L’objectif était de préparer la possibilité à certains des candidats du PCF de rejoindre, coûte que coûte, les listes de Ségolène Royal avant le 1er ou entre les deux tours.

 

Le 15 janvier, après plusieurs tentatives pour revenir à l’accord unitaire initial, la rupture a été constatée sur le fond entre le PCF, d’une part, et le PG, les Alternatifs, la FASE et le NPA d’autre part. Ainsi, depuis quelques jours, le PCF et sa tête de liste Gisèle Jean, entretiennent la fiction d’un Front de gauche reconstitué : la fédération du PCF de Charente-Maritime ne veut pas de cet accord et le PG reste divisé sur cette stratégie.

 

La situation aujourd’hui

 

Le PCF et une partie du PG ont constitué leurs listes, bouclé leur programme et leurs affiches sont déjà sur les murs de la région. Le NPA ne renonce pas à sa démarche constante de réaliser l’unité la plus large, mais il est prêt à présenter ses propres listes.

 

Actuellement, des accords départementaux sont en cours avec les Alternatifs et la FASE. Aujourd’hui, le NPA reprend son appel du 15 janvier à une alliance « sincère, honnête et pluraliste » sur des bases parfaitement claires :

 

 

·     tout faire pour battre la droite au pouvoir ;

·     pas d’alliance possible avec Ségolène Royal qui fait alliance avec des personnalités de droite ;

·     affirmation d’un programme de rupture avec le système capitaliste et productiviste.

 

Cet appel s’adresse non seulement aux formations et partis qui avaient acté l’accord unitaire du 22 décembre, mais également à tous les hommes et les femmes de gauche (communistes, socialistes, écologistes) qui refusent de se laisser entraîner dans une politique de renoncement et de compromission, qui n’acceptent pas de s’enfermer dans la nostalgie de l’union de la « Gauche Plurielle ».

Le PCF nous dit : si vous vous maintenez au second tour, vous prenez le risque de faire gagner la droite. Nous leur répondons : ce n’est pas nous, mais Ségolène Royal qui a fait entrer la droite par la petite porte. Il faut laisser une chance aux électeurs de pouvoir voter à gauche le jour du 2nd tour.

 

Tout changer, ne rien lâcher !

 

Contre la droite sarkozyste et en opposition à la gauche d’accompagnement du Capital, l’urgence est de faire apparaître le pôle de la gauche de la gauche, porteur d’un programme de rupture avec le capitalisme. Pour donner des perspectives au mouvement social, à tous ceux qui contestent et qui luttent contre cette société d’oppression et d’exploitation.

24/01/2010

Décomposition, recomposition, décomposition, etc.…

Si j’avais rédigé ce billet jeudi soir, peut-être que, dans le détail, il aurait été différent. Mais le fond serait resté le même : la « gauche de gauche » est aujourd’hui dans une phase aiguë de décomposition/recomposition. Comme aurait dit Gramsci : « le vieux tarde à mourir et le neuf tarde à naître ». Qui va l’emporter ? La décomposition ou la recomposition ? Ma thèse est la suivante, les circonstances actuelles ne faisant que confirmer ce que je pense depuis plusieurs années : si nous ne sommes pas en mesure de fournir un projet politique alternatif - non seulement à celui du PS mais à celui aussi du PC, du PG... et du NPA, alors c’est la décomposition qui l’emportera comme en Italie et ailleurs.

 

En d’autres termes, s’il y a bien une dynamique unitaire, elle finira par tourner en rond, s’essouffler ou se briser face aux intérêts particuliers (politique ou d’appareil) de chacun. A moins que l’un de ces projets concurrents ne l’emporte – provisoirement – en profitant des circonstances ou de conditions spécifiques à la France : la présidentielle. Ainsi, face à un Mélenchon, candidat en 2012 à la candidature de « rassemblement de toutes les gauches », un Laurent (PC) n’aura aucune chance. Mais Besancenot, et avec lui la gauche anticapitaliste, en aura-t-il encore ? Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire qu’un « homme providentiel » impose son projet (« réformiste radical »). Pour qu’il n’en soit pas ainsi, c’est ce projet alternatif qu’il faut définir pour l’opposer à toutes les tentations partidaires ou personnels.

 

La situation en Poitou-Charentes (autour de 19 h 30, ce dimanche 24 janvier) illustre bien ce qui se passe lorsque l’unité et le rassemblement constituent l’unique objectif sans projet à long terme.

 

·                    le NPA : hier partagé sur les 3 positions A, B, C, il est depuis un mois divisé en deux : un courant unitaire majoritaire et un autre qui ne souhaite qu’un retour à des listes NPA (ouverte) sur le « programme » du NPA.

·                    Le PC : un courant unitaire minoritaire, concentré dans un département (les Deux-Sèvres) ; un autre « huiste » partisan du ralliement à Royal au 1er tour (La Charente-Maritime) ; un dernier « légitimiste » (faire appliquer la stratégie « Front de gauche » et uniquement elle). Le courant « huiste » minoritaire dans la région « tient » la direction régionale, bloque tout et contraint les autres à un accord qui lui permettrait de rallier la liste Royal entre les deux tours. En outre, il s’oppose à la tête de liste choisie au niveau national et veut imposer sa « championne », une conseillère sortante hostile au Front de gauche dont les autres ne veulent pas. A ce jour il n’y a aucun accord régional.

·                    Le PG : il a été longtemps sur les mêmes positions que les nôtres (maintien au 2e tour si 10% à cause de la présence de « personnalités » de droite sur la liste Royal) mais pour ne pas « casser » le Front de gauche, il a finalement bidouillé un accord (non admis par le PC de la Charente-Maritime) qui prévoit que ce maintien (si 10 %) ne sera discuté qu’après le 2e tour. Mais tout le monde au PG n’est pas exactement sur cette ligne.

·                    FASE et Alter : la FASE qui était déjà très majoritairement sur nos positions c’est globalement entendue il y a quelques minutes pour constituer des listes communes avec nous régionalement même si, aujourd’hui même, le PC et le PG leur ont proposé de venir sur leur liste sur la base du prétendu « accord » entre le PC et le PG.

 

Nous avons donc bien là décomposition et recomposition mais dans des conditions qui facilitent tous les coups tordus. Sans projet « stratégique », la tactique au jour le jour prédomine. Ce qui est extrêmement difficile à gérer. Demain conférence de presse du NPA et mardi réunion unitaire avec la FASE et les Alternatifs.

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Déclaration écrite faite par NPA le 15 janvier à la réunion unitaire

 

De quoi est-il question dans cette nouvelle « proposition » du PCF ? Simone Fayaud le 14 janvier dans son commentaire de la réécriture de la déclaration d’intention – qui est une proposition d’accord politique – dit ceci. Vous devez y apporter la plus vive attention : « Nous devons rester dans le cadre de la plateforme nationale du front de gauche pour pouvoir ensuite constituer les listes. Il est profondément négatif d'envoyer un message de division de la gauche face à une droite très dangereuse  pour la République, en affirmant vouloir se maintenir au 2° tour si nous en avons la possibilité. »

 

1ère remarque. On nous demande non seulement au NPA de « rallier le Front de gauche », selon la formule consacrée, mais aussi à la FASE et aux Alternatifs. Exit les listes « Ensemble… » C’est un retour en arrière après plus de 2 mois de discussion régionales et d’accords nationaux, en particulier avec la FASE et les Alternatifs.

 

2ème remarque. Simone Fayaud ne parle pas de la droite en général face à laquelle nous devons nous opposer tous, y compris avec le PS et Europe-Ecologie, mais d’une droite « dangereuse », laissant ainsi entendre qu’il y aurait des droites qui ne le seraient pas.

 

Cette remarque est décisive pour comprendre ce que nous prépare la majorité du secrétariat régional du PCF avant le 1er tour, sans le dire explicitement, car ce serait alors dévoiler son plan. Et quel est-il ce plan ? Tout le monde le sait : le ralliement du PC à Ségolène Royal, même si celle-ci accueille sur sa liste au second tour des « personnalités » du Modem. Et c’est là l’astuce. Puisqu’il n’y aurait pas d’alliance programmatique avec le Modem, alors ça ouvrirait la porte à la possibilité d’une présence sur cette même liste Royal d’autres « personnalités », celle du PCF, voire du PG. L’honneur en quelque sorte serait sauf. C’est exactement ce qu’à fait Martine Aubry à Lille où elle gère la mairie avec des élus du PCF, des verts et du Modem… évidemment sans accord politique. Ce que Martine Aubry a toujours expliqué. Oui mais ça, c’est possible uniquement si la liste Front de gauche est en capacité d’avoir des élus. Le peut-il ?

 

Pour cela il faut examiner la loi, le mode de scrutin. Or les élections régionales peuvent conduire à ce qu'un département ait un nombre de conseillers régionaux légèrement différent de son effectif théorique. Deux facteurs peuvent jouer dans un sens ou dans l'autre ; il s'agit du taux d'abstention et de l'effet mécanique de la répartition à la plus forte moyenne. Aux élections régionales de mars 2004, voici quels étaient les départements qui avaient bénéficié en Poitou-Charentes d'un nombre de conseillers régionaux supérieur ou inférieur à l'effectif théorique : Charente : 12 sortants – 12 élus – donc 0 en plus ou en moins ; Charente-Maritime, idem : 18 – 18- 0 ; Deux-Sèvres : 12 – 11  – moins 1 ; Vienne 13 – 14 – donc plus 1.

 

En d’autres termes, dans un tel cas de figure, la proposition de répartition du PC 86, avalisé par le CR du PCF le 12 janvier, au cas où il y aurait accord avec le NPA, favoriserait le NPA, qui pourrait avoir deux élus (79 et 17), le PG un seul (86), la FASE/Alternatifs aucun et 4 pour le PC (1 pour le 16, 2 pour le 17, 1 pour le 86), plus Gisèle JEAN (86). Evidemment sur la base de 8 élus et à condition d’avoir au moins 10 % de voix exprimées. En dessous de 10 %, il resterait encore au PC la possibilité d’avoir 3 élus, mais plus rien pour le PG.

 

Oui, mais ceci est impossible parce que le NPA n’acceptera jamais cet accord politique. Donc on se retrouve dans un nouveau cas de figure, celle d’un Front de gauche, élargi ou pas. Et là, le PC fait un sacré pari : obtenir plus de 5 % avec la concurrence d’une liste, soit NPA seul, soit face à une alliance du NPA avec d’autres composantes. Le NPA qui a fait en 2009 aux européennes plus de 2.000 voix de plus que le FdG (27.507 contre 25.585). Quand on parie on peut gagner mais on peut perdre aussi. Le PC va-t-il prendre le risque de tout perdre. Cela semble improbable. Ou du moins il faut envisager l’hypothèse qu’il arrive quelques jours avant le 1er tour à un accord avec Royal, évidemment sans mettre ses partenaires dans la confidence. Mais même si tel n’était pas le cas, si le Front de gauche, élargi ou pas obtenait 5, ou 6 %, que resterait-il à ces partenaires : rien.

 

C’est pourquoi nous nous adressons à tous, communistes sincèrement unitaires, au PG, à la FASE/Alternatif. Le PC vous vend une camelote frelatée. Il vous dit en substance : « notre ennemi, ce n’est pas la gauche « sociale-libérale », ce n’est pas Royal, c’est la droite dangereuse. Pour que cette gauche [qui affirme depuis 2007 qu’il faut élargir la gauche à la droite du centre]  ne perde pas il ne faut pas envoyer aux électeurs « un message de division de la gauche », un message « négatif ». En d’autres termes « sauvons le soldat Royal », sa stratégie présidentielle et pourquoi pas son programme avec puisque le ralliement à la liste Royal se fera sans accord programmatique.

 

Est-ce cela que nous devons envoyer comme message à nos électeurs : Royal est le meilleur rempart pour empêcher le retour de « la droite dangereuse ». Préparons dès maintenant notre alliance sans condition avec elle au second tour. Si c’est cela, évidemment nous n’en serons pas. Mais vous ? Que devient alors l’engagement de « changer les rapports de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale et écologique » ou ceci encore: il nous faut « construire des majorités solidement ancrée à gauche, portant des projets vraiment alternatifs à la logique du système en crise, un projet de transformation sociale et écologique que nous voulons porter jusque dans les exécutifs, à l’exclusion de tout accord avec le Modem, etc. »

 

Ne pensez-vous pas qu’il y a là comme un abandon de ces engagements puisque c’est d’abord Royal qu’il faut sauver et garder à la tête de la Région, lui permettant ainsi de s’en servir comme tremplin pour la présidentielle de 2012. D’ailleurs la déclaration d’intention du PC du 12 janvier le confirme : « Une participation éventuelle aux instances exécutives du Conseil régional est donc conditionnée à la possibilité de mettre en œuvre des les points essentiels de notre programme. » Ce  n’est plus « les » mais « des » points essentiels du programme. Lesquels ? Vous le voyez bien, tout est prévu, même dans le moindre détail.

 

Face à un tel marché de dupes, le NPA vous propose une toute autre alliance, sincère, honnête, pluraliste, sans hypocrisie et langue de bois, comme le dit Simone Fayaud, sur la base parfaitement claire de la déclaration du 22 décembre 2009 que vous avez tous acceptée, sauf le PCF : « Une participation éventuelle aux exécutifs est donc liée aux conditions  qui la rendent possible, à la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et au rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Elle sera discutée collectivement à  l'issue du 1er tour. En tout état de cause, chaque composante politique de notre coalition gardera une liberté totale d'appréciation et de décisions sur ce point, ainsi qu'une liberté de vote tout au long de la mandature. Si le PS et EE décidaient d'inclure le MODEM dans leur majorité, la discussion sur les exécutifs deviendrait immédiatement caduque : être à gauche exclut pour nous tous une quelconque main tendue au MODEM au 1er comme au 2nd tour. »

 

Vous pourriez-nous dire : « mais cela exclut les communistes, revenons à la déclaration du 9 janvier ». Mais de celle-là ils n’en veulent pas plus ! A quoi bon alors rediscuter de tout cela. Nous avons perdu assez de temps, pas à cause de la neige, comme le dit Laurent Lucquaud  dans La Nouvelle République, mais parce que depuis le début, malgré le vote des militants communistes, malgré le combat des communistes unitaires de la Vienne et des Deux-Sèvres, malgré l’accord majoritaire du NPA pour que se réalise un grand rassemblement unitaire à la gauche du PS, d’autres n’ont cessé de le combattre. Voulez-vous les conforter dans leur victoire ou souhaitez-vous mettre un terme à leurs manœuvres ? 

 

22/01/2010

Maître PC et son valet PG

Lettre ouverte aux militants du PG et du PG, transmise à toutes les composantes de feu l’union de la « gauche de gauche » en Poitou-Charentes.

 

Dois-je dire encore chères et chers camarades ?

D’un ou d’une camarade, la première chose que l’on attend c’est de la loyauté en toute circonstance. Pour le moins c’est un mot qui ne semble pas appartenir au vocabulaire de certains de dirigeants du PG et du PC. De quoi s’agit-il. D’un article de presse paru ce jour dans Sud-Ouest sous la plume de Patrick Guilloton. Je cite intégralement :

« Ressortir le vieux slogan voulant que « l'union soit un combat » est un peu réchauffé mais il est difficile de trouver mieux pour qualifier l'ambiance au sein de la gauche de la gauche. C'est bien simple, tout a failli capoter dans la nuit de mercredi à jeudi avant qu'une lueur jaillisse à l'heure où blanchit la campagne... électorale. Hier, Gisèle Jean, la tête de liste régionale, indiquait lancer sa campagne dès ce week-end lors d'une émission sur France 3, samedi en fin de matinée. En attendant de savoir quelles seront exactement les composantes des listes. Une chose est certaine, le Front de gauche - Parti de gauche de Mélenchon et Parti communiste - est préservé.

La Fase et les Alternatifs devraient probablement partir avec eux. Quant au NPA, il fera connaître sa position en fin de semaine après avoir consulté ses adhérents. « Il y a chez eux des gens de bonne volonté », souligne Christine Antoine, responsable du PG 79 ; « s'ils ne veulent pas suivre, ils prendront leurs responsabilités ». En fait, ce qui a été décidé hier, c'est que, dans l'optique du second tour, au matin du 15 mars, une réunion rassemble toutes les parties prenantes, qui décideront collectivement de la marche à suivre.

« D'accord, nous démarrons notre campagne tardivement, mais ce ne devrait pas être un obstacle insurmontable tant nos listes répondent à une forte aspiration, surtout en fonction de l'ouverture à des gens de droite pratiquée par Mme Royal », explique Mme Antoine, estimant que les difficultés vécues depuis des mois illustrent bien tout le travail qu'il convient de faire pour la recomposition de la gauche... de la gauche. »

 

Evidemment, tout ce qui est dit dans l’article, pour ce qui nous concerne mais également pour la FASE et les Alternatifs, est faux. Si nous avons bien été avertis, par téléphone par Christine Antoine hier vers 11 h 30, puis par Jean-Yves Angst par e-mail en début d’après-midi d’une énième et ultime proposition du PG au PC, on ne nous a jamais prévenus qu’un accord allait être signé en fin de journée entre ces deux partis, et eux seuls, sans nous en prévenir.

 

Je ne jugerai pas de l’utilité ou non pour le PG de maintenir la fiction de ce « Front de gauche » qui apparait bien pour ce qu’il est au fond, une simple opération politicienne pour préserver les intérêts de « boutique » de l’un des deux « partenaires » : garder coûte que coûte ses élus. Tout le reste est, comme le disait Simone Fayaud il y a quelques jours à propos d’un amendement de Christine Antoine, « hypocrite et langue de bois ». Le PG a donc choisi, lui qui ne s’est jamais présenté seul aux élections (que pèse le PG ?), de se ranger sous l’aile de son protecteur, le PC.  Ce qui me désole en outre c’est cette phrase pour le moins condescendante de la principale responsable de ce coup bas, Christine Antoine : « Il y a chez eux des gens de bonne volonté », dit-elle à propos du NPA. Elle confond « bonne volonté » et courage politique,  volonté de rassembler le plus largement possible sans « esprit de parti ».

 

Pour ce qui me concerne, mais je ne suis pas seul, le NPA n’est pas mon objectif. Il n’est pour moi qu’un outil pour rassembler et non exclure. Laurent Lucaud du PC de la Vienne, après le 15 janvier, lorsqu’il apparaissait que le Front de gauche avait éclaté, m’envoyait un e-mail : « Joli coup, camarade ! » Il n’avait rien compris. Nous ne faisons pas des « coups », nous laissons ça aux politiciens professionnels, surtout aux plus corrompus d’entre eux. En l’occurrence, cet accord PC-PG est un « coup », mais de Jarnac. A l’inverse, parce qu’au NPA nous partageons d’autres valeurs, nous essayons tant bien que mal, malgré l’adversité, jusque dans nos propres rangs, de faire en sorte que le mouvement social relève la tête. C’est bien pourquoi  nous sommes des militants acharnés de l’unité. Le PC et le PG en se comportant ainsi à notre égard trahissent ces valeurs. Les électeurs de gauche en seront informés. N’oubliez pas, qu’en 2009, le NPA est arrivé en tête aux européennes dans la région devant le Front de gauche. Je mènerai campagne avec mes camarades pour qu’il en soit de nouveau ainsi en mars, et après nous ferons les comptes.

 

Gilles Suze, le 22 janvier 2010.

PS. : J’ai eu ce matin des explications de Christine Antoine qui ne m’ont pas convaincues.

 

Annexe :

Suite à la proposition du PG (en noir), j’ai ajouté (en rouge), à titre strictement personnel, toute une série « d’amendements » qui, s’ils étaient entendus, pourraient permettre, éventuellement, de se revoir une dernière fois avec le PC et le PG. (Gilles)

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Après à la proposition publique faite au cours du mois de décembre par Ségolène Royal d’accueillir sur sa liste des « personnalités » du Modem, proposition qui s’est concrétisée samedi 16 janvier par le ralliement de plusieurs personnalités de Charente-Maritime de cette formation du centre à la liste ROYAL, le front de gauche (PCF, PG, GU, R&S) conviennent :

 

·         La situation créée par Ségolène Royal pose de façon accrue et pratique la question des alliances avec le MODEM ou avec des personnalités qui en sont issues. La campagne Poitou-Charentes va donc prendre un tour différent et sera de portée nationale. Nous rappelons en effet que l'accord qui lie les partenaires du Front de gauche (texte du 28 octobre) exclut toute fusion au 2ème tour avec une liste qui inclurait la présence du MODEM ou de toute personnalité de droite. C’est sur cette même base que se sont déterminés  à plus de 58% les adhérents communistes du Poitou-Charentes.

·         Plus qu'ailleurs encore, nous devrons donc dire au 1er tour le danger que représente pour la gauche une telle alliance et expliquer aux électeurs qu'ils auront la possibilité de bousculer le rapport de force pour imposer à Ségolène Royal une alliance avec la gauche plutôt qu'avec la droite. Pour le deuxième tour, le positionnement politique sera déterminé au soir du premier tour par toutes les composantes de la liste unitaire selon la représentation suivante : 1 représentant par département et organisations soit : 4 pour le PC ; Gisèle JEAN ; 4 pour le PG ; 4 pour le NPA ; 3 pour la FASE ; 1 [?] pour les Alternatifs. Ce positionnement prendra en compte la situation politique au soir du premier tour et s'intègrera dans les accords du 28 octobre et du 17 décembre. [?]

·         C'est sur cette base que se forment les listes « Ensemble pour un Poitou-Charentes à gauche, solidaire, écologique et citoyen », qui rassembleront dans chaque département les partis et organisations qui le souhaitent : composantes du Front de Gauche (PCF, PG, GU), de l'accord national (R&S, FASE-Alternatifs) et le NPA.

 

Garanties : pour que la discussion s’ouvre une dernière fois, il est en outre nécessaire qu’il y ait entente sur les points suivants :

 

  • Accord sur les têtes de listes et la répartition. Exemple (d’autres répartitions sont possibles) : pour la tête de liste : 2 pour le PC (86 et 16) ; 1 pour le PG (79) ; 1 pour le NPA (17), c’est-à-dire 3 pour le FdG et 1 pour le NPA. Pour la 2e place : 1 Gisèle JEAN (86) ; 1 PG (16) ; 1 FASE (79) ; 1 PC (17). Pour la 3e place : 1 Alter (86) ; 1 NPA (16) ; 1 NPA (79) ; 1 FASE (17)
  • Le PC Charente-Maritime devra accepter cet accord. S’il ne l’accepte pas et met en place sa propre liste elle n’aura pas l’aval de la direction régional du PC. Dans ce cas il y aura une liste « Ensemble » concurrente avec présence de candidats du PC en plein accord avec leur direction régionale
  • Engagement écrit de toutes les têtes de liste qu’elles refuseront de donner leur accord, dans le cas où sa liste obtiendra entre 5 % ou plus et moins de 10 %, à ce que des candidats aillent rejoindre les listes de Royal et d’Europe-Ecologie.
  • Cet accord global devra être signé par : Simone Fayaud (PC) pour la Charente, Jean-Jacques Guérin (PC) et Laurent Lucaud (PC) pour la Vienne ; Jean-Pierre Gelot (PC) pour les Deux-Sèvres.

 

Nous n’avons à cette heure reçu aucune réponse de la part du PG.

 

 

19/01/2010

Régionales 2010 : Royal joue sa tête

pc poitou-charente-3.jpgLa régionale de 2010 en Poitou-Charentes n’est pas une élection comme une autre. Elle est même emblématique de la situation politique présente. D’un côté une droite qui met à profit la crise économique et le désarroi du mouvement social pour enfoncer le clou. De l’autre une gauche « social-libérale » qui entend imposer au reste de la gauche une alternative à sa crise interne. Cette alternative nous la connaissons tous : passer une alliance avec une droite entrée en dissidence pour des raisons uniquement de personne et qui entend profiter de la crise de leadership au PS pour imposer son candidat comme recours. Ajouter à cela le jeu trouble d’Europe-Ecologie et des Verts et vous avez-là tous les ingrédients d’une recomposition politique dont la « vraie gauche » et le mouvement social pourraient être les premières victimes.

 

C’est là tous le sens du combat que mène le NPA dans la région. Il ne s’agit pas pour lui d’avoir des élus pour avoir des élus, ou de « faire un coup » comme le pensent certains communistes, ou de jouer les « donneurs de leçons » de lutte de classes, mais bien de construire une force susceptible de faire barrage à l’option choisie par Royal, celle d’un futur grand rassemblement « démocrate » de centre gauche, à l’image de ce qu’a été, mutandis mutatis, le Parti Démocrate aux Etats-Unis, avec sa condition : la fin de l’autonomie du mouvement ouvrier et social. Un signe qui ne trompe pas : la présence sur les listes de Royal de deux syndicalistes, de la CFDT pour Heuliez, de la CGT pour New-Fabris, les deux problèmes sociaux majeurs de ces derniers mois que Royal a récupérés à son profit.

 

C’est bien pourquoi que, contrairement à d’autres régions (Limousin, Pays-de-Loire, etc.), le NPA fait du maintien au second tour (au cas où les listes unitaires feraient 10 % ou plus) un cas de force majeur, l’alliance entre Royal et les centristes étant actée depuis dimanche. Cette position du NPA est partagé par le PG (l'autre composante du FdG avec la GU), la FASE et les Alternatifs. Or, les communistes de la région eux-mêmes se sont déterminés eux-aussi sur cette base à plus de 58 % (89 % dans la Charente ; plus de 70 % dans la Vienne ; plus de 72 % dans les Deux-Sèvres) : pas d’alliance avec Royal si elle maintenait sur sa liste des « personnalités » de droite appartenant ou pas au Modem ou entrées en dissidence. C’est clair, net et sans ambiguïté : « nul besoin d’en rajouter », disait un courrier du PCF de la Vienne.

 

En effet, d’où l’embarras du PC régional. « Cela veut-il dire, explique-t-il par la voix de Simone Fayaud, que nous prenons le risque de faire passer Bussereau ? ». Et si ce n’était qu’un prétexte ? Avant même l'arrivée de Royal, la gauche était déjà majoritaire dans cette région. A sa dernière élection Raffarin n’a été élu que parce qu’il avait débauché une « personnalité » de gauche. Tout au plus Bussereau peut-il recueillir 35 % au second tour, à moins de s’allier avec le Front national qui fait ici des scores avoisinant les 10%. Or ça c’est une toute autre affaire. Ainsi Royal est déjà assurée par son alliance au second tour avec Europe-Ecologie de faire un bon 45 %. Où est le danger ?

 

C’est le principal allié du PC dans le Front de gauche qui porte aujourd’hui l’estocade dans une lettre ouverte aux militants du PC. Cette lettre dit ceci : « Plus qu'ailleurs encore, nous devrons donc dire au premier tour le danger que représente pour la gauche une telle alliance et expliquer aux électeurs qu'ils auront la possibilité de bousculer le rapport de force pour imposer à Royal une alliance avec la gauche plutôt qu'avec le Modem. Au cas où comme nous l'espérons nos listes atteindront les 10 % le PS aura alors une lourde responsabilité : conserver l'alliance avec des composantes du centre droit ou changer d'alliance avec notre liste. Dans le cas contraire nous devons annoncer dès maintenant que nous prendrons nos responsabilités politiques pour permettre à la gauche, représentée alors par notre seule liste, d'être présente au 2ème tour. » Maintenant il est urgent que le PC fasse le bon choix : ou appuyer la stratégie présidentielle de Ségolène Royal ou lui faire barrage.

 

 

La photo est celle de "l'état major régional" du PCF, tous "pro-Royal" sauf au centre Simone Fayaud, la seule "légitimiste" qui a tenté de négocier avec le NPA, le PG, la FASE et les Alternatifs un accord unitaire que ses "amis" ne voulaient pas.

18/01/2010

« La chèvre et le chou »

La rupture entre le PCF d’une part et le NPA, le Parti de gauche, la Fédération et les Alternatifs de Poitou-Charentes d’autre part est consommée. Provisoirement ? Nul ne le sait encore. Mais vendredi soir, autour de 22 h 30, alors que le concierge refermait les portes de la salle où les délégations s’étaient réunies, tous ceux qui espéraient encore un accord, faisaient grises mines. Il n’y avait pourtant pas de mystère, pas de formules miracles qui auraient pu marcher et que nous n’aurions pas trouvées. Tous désignaient les coupables. Pas la délégation communiste, qui, pour la plupart, espéraient encore trouver une solution mais les autres, ceux qui pratiquent depuis des mois la politique de la chaise vide –  la direction de la fédé du 17, autrement dit la Charente-Maritime – sous l’ombre tutélaire du vieux chef, Paul Fromonteil, ancien secrétaire de Marchais. Toute une école.

 

Evidemment, dans ce genre de situation, il y en a toujours qui sont prêts à se réjouir de l’échec d’un tel rassemblement. Ils étaient rentrés dans le processus à reculons, en espérant qu’il échoue ; enfin arrivés au terme, « passons aux choses sérieuses » ! pensaient-ils très certainement. Sauf que toute cette histoire ne fait que commencer. Le PC, aujourd’hui nu comme un ver, aura fort à faire pour se tirer d’affaire. Même plus de supplétifs, la Gauche unitaire ayant elle aussi tourné casaque. Reste Gisèle Jean, la tête de régionale désignée d’en haut, ex-responsable national du SNESUP, ex-PC, aujourd’hui directrice d’une UIFM à la tête de listes désormais PC pur jus, candidate « d’ouverture » alors que toutes les portes se referment. Une claque !

 

Il faut dire que le PC nous a pris au début pour des amateurs. Leur objectif : profiter des quelques 27.000 voix engrangées par le NPA aux européennes (contre 25.000 pour le Front de gauche) en détachant d’un NPA hostile par principe selon eux à l’unité, quelques « personnalités » qu’ils pensaient plus conciliantes, voire corruptibles. Et c’est ainsi qu’ils sont tombés sur des professionnels autrement plus qualifiés qu’eux pour déjouer leurs pièges. Il est vrai aussi qu’il aurait fallu être aveugle pour ne pas les saisir tellement la manœuvre devenait grossière. Le plus beau c’est qu’ils ont réussi à refaire l’unité dans nos rangs, alors que chez-eux, ce dernier coup va très certainement ouvrir une crise.

 

Il est vrai aussi que dans ce long processus (près de deux mois et demi) nous avons eu affaire à un parti qui n’était pas monolithique, loin de là. Que nous avons découvert de vrais communistes, sincèrement unitaires, ayant les mêmes objectifs que nous : pas rassembler pour une opération électoraliste sans lendemain (pour faire un « coup » comme dirait Besancenot), mais bien pour faire barrage à l’opération de centre gauche de Ségolène Royal. Avec certains d’entre eux, pas une feuille de papier à cigarette nous sépare. Des communistes comme ceux-là ou ceux du sud-Saintonge en conflit ouvert avec leur fédération, on en redemande. Sans eux nous ne serions arrivés à rien. C’est eux qui les premiers ont contré l’opération téléguidée par Fromonteil et le 17 pour aller sur les listes de Royal au premier tour. Eux qui sont allés dans les sections et qui ont fait du porte à porte pour convaincre leurs adhérents de faire des listes indépendantes ouvertes.

 

Mais entre les « communistes royalistes » et les unitaires, il y avait les hésitants, tous ceux embarqués dans l’opération de sauvetage de l’appareil : le Front de gauche. Ni franchement hostiles, ni tout à fait et sincèrement unitaires, ils ont toujours voulu ménager « la chèvre et le chou », en l’occurrence Ségolène Royal et l’électorat de gauche. A cette politique de l’entre-deux, Ségolène Royal et ses alliés du Modem ont finalement porté, dimanche dernier, le coup de grâce. Le PCF se retrouve dés lors dans une situation délicate, vis-à-vis de ses adhérents et de son électorat. Devra-t-il maintenir ses listes ou pas ? Ou attendre le second tour pour rallier la liste Royal, toute honte bue. Mais passeront-ils seulement le cap des 5 % ? Deux pistes cependant pour le PCF : voir du côté d'Europe-Ecologie que la présence du Modem sur les listes « royalistes » n'effraie pas ; et la discidence socialiste à l'opération « royaliste ». Un coup à droite, un coup à gauche. Panique à bord et toujours le même syndrôme de la chèvre et du chou.

12/01/2010

Un mécréant qui croyait en la révolution

J’ai rencontré Daniel Bensaïd pour la première fois en décembre 1968. Il était venu là – c’était dans un café du quartier de la gare de Clermont-Ferrand  pour enregistrer l’adhésion de notre petit groupe, une dizaine d’étudiants, aux « cercles rouges », la JCR ayant été dissoute et la Ligue communiste n’ayant pas encore été créée. C’est Michel Rotman, qui l’accompagnait, qui empocha nos chèques. Après la création de la Ligue – en Allemagne où j’étais l’un de ces délégués de province perdus parmi tous ces « anciens » des barricades du quartier latin –, je le croisais souvent lors de meetings que nous organisions. Très vite il était devenu notre « théoricien ». Je ne dis pas que ce qu’il disait ou écrivait était « parole d’évangile » mais presque. Plus que Krivine ou Weber c’était lui l’âme de notre petit groupe.

 

Quand je débarquais à Paris en 1977 pour collaborer à Rouge quotidien, je le voyais alors quasi quotidiennement. Je n’eus pourtant jamais de conversation avec lui en tête à tête. Je ne m’en sentais pas capable. Comme il me semblait un peu au-dessus du lot, l’approche n’était pas facile. Tout comme pour Jeannette, ma préférée, qui avait connu le "Che". C’était beaucoup plus aisé avec Krivine ou d’autres, Verjat, Toussaint... moins connus du public, mais qui étaient à mes yeux tout aussi « prestigieux ». Bien plus tard, c’est sa compagne qui m’invita un jour chez lui mais il était absent. Premier rendez-vous manqué.

 

Quand je revins à Paris au milieu des années 80, j’avais beaucoup changé et la Ligue aussi. Ce n’était plus ce parti vibrionnant et « triomphaliste » (la formule était de Daniel) des années 70. C’était le temps des tendances figées dans leur « quant-à-soi » avec leur « petits chefs » indéboulonnables. Le débat tournait à vide. J’avais participé à la création d’une cellule de camarades travaillant dans les médias. Il y avait là l’un de ses plus proches amis, Antoine Artous, dit Tony, de Toulouse comme lui, Toulouse qui était un peu notre Mecque. Je le harcelais de questions, évoquant de plus en plus en plus ce que j’appelais notre « échec ». J’élaborais de vagues solutions. Tony me disait souvent : « Va voir Daniel ! ». Une fois encore je reculais devant l’obstacle. Deuxième rendez-vous manqué.

 

Puis en 1985 – à moins que ce soit en 1986, je quittais la LCR, par lassitude, ne trouvant plus là les réponses aux questions que je me posais. Près de vingt ans après, juste après la victoire du non au référendum sur le TCE, je ré-adhérais. Les circonstances s’y prêtaient. Un espoir se levait. Mais le déclic, ce fut la lecture de sa « Lente impatience », plus qu’une autobiographie, c’était notre histoire commune que Daniel avait magnifiquement restituée. Autant j’avais été déçu par son « Pari mélancolique » – le socialisme n’est pas pour moi de l’ordre du pari, c’est un objectif à atteindre par des moyens rationnels –, autant là je m’y retrouvais, enfin.

 

J’avais surtout trouvé là ce qui nous séparait, notre divergence fondamentale. Daniel se disait mécréant mais au fond il croyait encore et toujours au Grand soir. Moi pas ou plus. Je pouvais désormais me « confronter » à lui. J’avais des choses à lui dire. J’attendais mon moment, un livre à écrire : une réfutation de la Révolution telle qu’il l’avait imaginée. Je revis Daniel une dernière fois lors de l’avant dernier congrès de la LCR. Je lui demandais qu'il me dédicace son dernier livre, Eloge de la politique profane. Il se prêta gentiment à l’exercice tandis que nous évoquions des souvenirs communs, de Tony surtout qui avait falli mourrir : « A Gilles, cette politique profane en fidélité à nos aventures mécréantes de 68 à nos jours… et ensuite… ». Il n’y aura pas de suite, Daniel Bensaïd est mort aujourd’hui.

10/01/2010

Le Front de gauche « élargi » en désordre de bataille

Ça pourrait commencer comme ça :

« Bonjour à toutes et tous, Contrairement à une information erronée reprise par Le Figaro et autres, je ne représenterai pas la FASE au meeting de dimanche avec le Front de Gauche, notamment en raison de l'état des négociations en Ile-de-France. Je ne suis pas la porte-parole de la Fédération, puisque nous avons choisi à plusieurs reprises de reporter la désignation de nos porte-parole. Même si l'hypothèse que je participe à ce meeting pour la Fédération a été évoquée et proposée par des animateurs de la FASE (très honorée que l'on ait pensé à moi... merci !), je n'avais pas donné mon accord. Mais d'ici dimanche, la situation sera peut-être bouleversée... Un miracle est si vite arrivé, dit-on... Que cela ne lèse en rien la motivation des uns et des autres à faire cette campagne des régionales.... Amicalement », Clémentine Autain ;

 

Ce « poulet » de Clémentine adressé au Front de gauche donne une idée, sans acrimonie pourtant, de l’état des négociations dans la coalition « Ensemble pour des régions à gauche, solidaire, écologique et citoyenne ». En gros ça tourne au vinaigre, le PC national considérant que la piétaille PG, Alter et FASE doit être tondue et ne pas demander son reste. Etat confirmé par « nos » observateurs. Ainsi se dévoile peu à peu le projet du PC : se servir du Front de gauche uniquement pour rester à flot ou tout du moins garder la tête hors de l’eau. Pari idiot et qui confirme la dégénérescence ultime de l’ancien « grand parti de la classe ouvrière », incapable d’imposer ses quatre volontés à un tout jeune parti comme le PG. Bref si Mélenchon continue à penser qu’il va construire avec lui son « Die Linke » à la française, c’est mal barré.

 

Nul ne doute qu’au NPA, là haut, à Montreuil, on commence doucement à rigoler de cette opération qui « se barre en couilles ». Déjà, P.F. Grond s’en réjouissait presque vendredi dans Libération. Peut-être même pensait-il que c’était une bonne leçon pour tous ceux qui, dans le NPA, tentait de s’accrocher à une telle « planche pourrie » : « On vous l’avait bien dit ; nous avons eu raison, etc. » Que le Front de gauche peine à s’entendre, c’est normal mais ce n’est pas son échec qui doit nous interpeler mais les conséquences que ne manqueront pas d’avoir sur notre électorat ce désordre unitaire. A quoi bon en effet voter pour des partis décidément incapables de s’entendre. Autant s’abstenir ou voter PS ou Europe-Ecologie dès le premier tour.

 

Entre un NPA en hibernation – le temps s’y prête – et un « Front de gauche élargi », rebaptisé « Ensemble », seule concession accordé aux Alters et la FASE, la France des travailleurs choisira le « vote utile ». Propos amers ou excès d’impatience ? La première confrontation entre le NPA et le Front avait donné un léger avantage au second lors des européennes et… quatre élus. Quelle victoire ! Si le PS et EE n’accumulent pas les bourdes et si la droite continue à regarder le train passer, il est bien possible que nous assistions à un remake du 2004. Il faudra en tirer les leçons. Mais la prochaine fois, la France des travailleurs nous écoutera-t-elle encore ?

 
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